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Tome troisieme. K - P.
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LOUIS X l.

dinage, & c’étoit quelquefois la réglé de ses faveurs & de ses bienfaits (N). Comme if avoitune pamon démesurée de prolonger sa vie, il n’y eut personne qui se ressentit autant de ses li-béralisez

TART1CU-IÁRITEZdu Procèsde Mr. deThou.

Us) Ré-ponse SuxMémoi-xes de Mr.le Comlede la Chas-tte,pag. m.3 a ir fuiv.

contient des circonstances bien particulières du Procès deMr. de Thóu. Je ne ferai que le Copiste de Mr. le Com-te de BrieHne, qui a été' Ministre. 8c Secrétaire d’Etat.Le vray sujet de ma liaison avec Monsieur le Chancelier,dit-il ($5), fut la parole qu’il m avoit engagée, (jr qu il metint fort fidèlement de contribuer-tout ce qui desfendoit : fie luypour tirer de peine. Monsieur de Thou : & de f dit, il , s’y portadvec tant de foin , qu encore qu il y eufi une oràtínn'ance fousLouys XI, qui déclarait que áluy de tous fes fujçts, qui au-rait connaissance d'une conjuration faite Contre fa', perfonrie oucontre son. Efiat, ey qui ne viendrait pas. à la reveler,.feroitpuny comme les autheurs mefme du crime, csr encourer.oìenttes mefmes peines queux de la perte des biens èr de la vie :quoy que , dis-je, un Magistrat, auffi consommé que Mon-sieur le Chancelier en la cônnoíjfdnce des ordonnances de nos -Roy s, rien pût ignorer une de cette importance, neant'moins-il dissimula de là ft avoir,. ct 1 fe conduisit en cette rencontre,comme s’il n eufi pas fait estât de cette Loy ; car, aprés avoirsouvent adverty Monsieur de Thou, lors quil fut interrogé,& quil fe laiffoit emporter en son naturel vif er prompt, defe donner le temps d’efcouter Ce qui lui estoit démandê, ztr deconfiderer.ce quil devoit’- refpondre, il ne feignit ’ point- de diretout haut, L? de déclarer mefme au Cardinal de Richelieu ,pour le : preparer à son absolution ; quil ne fe trouvòit aucuneordonnance qui condamne à la mort celuy qui avoit eu con -naissance d,'une conjuration formée contre l’Estât, s'iTriy avoitauffi adhéré ; qu auprès de l'accufé il paroijfoit à la vérité queFont’railles à son retour d'Efpagne luy en avoit donné quelquelumière, mais quil en avoit désapprouvé le dessein, cy quilavoit blafmé ce Gentilhomme d'avoir fervy d'instrument pourengager Monsieur en une fi odieuse affaire. Le Cardinal de Ri-chelieu ayant esté surpris de ce discours s en entretint avecquelques urts des Commissaires de la -Chambre, l un defquelsluy ayant rapporté l ordonnance dont j ay fait mention, il lafit extraire du corps de la Loy <& la monstra en particulier dMr. le Chancelier : mais quoy quil fuft pressé de la forte parce Ministre, de qui la manière d'agir en telle rencontre n'estque trop connue, il ne fe relafcha pas heantmoìns du projetquil avoit fait de donner lieu au criminel de fe delivrer dusupplice; mais il affaiblit encore cette ordonnance, en disantquelle n estoit pas en usage au Parlement de P arts,ou il avoitesté eflevé, je ne puis-pas désavouer qu ayant rec'úeilly les opi-nions, il ne fut de l’advis de l’Arrefi; mais comme son suf-frage ne pouvait absoudre Monsieur de Thou, aussi ce ne futpas celuy, qui forma fa condamnation; & tout homme-, quifçait le devoir d’un Président, reconnoifira, quil ne fe peutdépartir, ny d’une Loy, que tous les Juges tiennent valide,ny moins du consentement de leurs advis , lors qu’ils les ont

donnez, dans les formes : c est aujfi une grande erreur, gv de

laquelle je fuis fort éloigne avec tous les Jurisconsultes, quilsoit en la liberté d’un Juge de prononcer comme un arbitrepacifique selon F équité, e? non pas selon la rigueur de la Loy,car outre que son ferment F oblige de rendre la justice, la qua-lité de Juge le rend, non pas le Maifire , mais le Conserva-teur ey le Ministre de la Loy cjr des Ordonnances.

Puisque mon Dictionaire est nbn feulement Historique,litais auffi Critique, il me doit être permis de faire quel-ques réflexions ' fur ce narré du Comte de Brienne. Jedirai donc quil me semble que l'on y trouve des chosesqui ne font pas trop d honneur a Mr. le Chancelier. . Cequ’on allégué, pour 1 excuser d avoir c te de l advis deÏArrefi, a beaucoup de force ; mais d’autre côté celamême peut servir de conviction contre lui: car s’il a dûêtre le Ministre de la Loi & des Ordonnances, il n’a pointdû-s’engager à tirer de peine Mr. de Thou, c'est-à-direà invalider TOrdonrtance de Louis XI. 11 saloir, ouqu'il refusât la fonction de Juge, ou qu’il se dépouil-lât de toute amitié auffi bien que de toute haine pour lapersonne accusée , 8c qu'il n’eût point d'autre but que dedécouvrir - le fait, 8c de donner son sufrage selon l’Or-donnance.- Au lieu de cela, Ion nous dit ici qu’il fitsemblant-d’ignorer qu'il y eût des Loix qui fussent con-traires à l’accufé, 8c qu’aiant ete averti qu’il y en avoitde telles', il répondit quelles n’ëtoient pas en usage. Pour-quoi donc s’y conforma-t-il en opinant? Pourquoi fut-illeur Conservateur 8c leur Ministre? On ne sauroit le dis-culper, ou d’opreffion de l’innocence, ou de prévarica-tion; car si la Loi de Louis XI étoit tombée par lenon-tisage, Mr. de Thou pouvoit passer pour non infracteurdes Loix, il faloit donc le déclarer innocent. Que si enle déclarant coupable, on ne fit rien que selon la Loi, sts’ensuit que l’Ordonnance de Louis XI avoit conservé faforce, 8e par conséquent que Mr. le Chancelier remplis-soit très-mal fa Charge lors qu’il tâchoit de faire acroirequ’il n’y avoit aucune Loi de cette nature dans le Roiau-me, 8e lors que ne le pouvant nier, il alléguois qu’ellen’étoit pas observée au Parlement de Paris. On a lieude soupçonner que c’étoit une défaite, 8c qu’il ne parlaainsi qu’afin de ne point palier pour ignorant de l’Ordon-j al l5 e de Louis XI ; car quelle aparence que le Parlementde Paris air dispensé les sujets de l’obligation de révélerles crimes d Etat ? Celte obligation ne semble pas sépara-nte du serment de fidélité que l’on prête au Souverain.

Mr. du Maurier (;6) raporte qu’un des fils de Barneveltfut décapité à la Haie, pour avoir feeu la conjuration queson frere avoit tramée contre le Prince Maurice, esr mV avoir pas revelée ; ri ayant été chargé f aucun des Conjurezqui surent , exécutez en grand nombre dans toutes les villes de

Hollande .(57) II eut la même destinée que Mr.

François de Thpu, qui mourut pour n avoir pas révélé le des-sein que Mr. de Cinq Mars grand Ecuyer de France luyavoit communiqué. Sur cette matière, Mr s. -Dupuy fes Il-lustres Parent firent imprimer un Discours, ou, pour prou-ver Finiquité; de ce jugement, ils fie font servis ent f autres dece Passage de Gigas Jurisconsulte Milannois: Qui confiliumadversus Majestatem Principis initum ' cognoverunt, necprobare possunt, non tenentur revelare: 8c qui taies con-demriant , non sont Judices, sed carnifices. Ceux qui ontconnaissance d'une Conjuration contre le Souverain, & ne laft auraient prouver, ne sont pas tenus de la révéler: ey ceuxqui condamnent ces gens-là, ne font pas des Juges, mais desbourreaux. N’en déplaise à ce Jurisconsulte Milan ois, lesJuges de Mr. de Thou dévoient faire ce qu’ils firent (58) :mais la Courme fit pas ce qu’elle devoit; car jamais unefaute de cette espece ne fut plus digne de grâce que cellede Mr. de Thou. Je n’ignore pas le beau Distique queMr. Ménagé attribue faussement à Grotius (59). Mr. deZuylichém en est l’Auteur : c’est la fia d’une Epigrammede huit Vers intitulée Epitaphium Fr.Augusti Thuani.V oiezla page 180 de fes Momenta defultoria, k l’Edition deLei-de, ,1644., m 8.

(N) II étoit sujet à des capricès, & à des humeurs qui te-naient du badinage, ev c’étoit quelquefois la règle de fes. . .bienfaits.'] II commanda un jour à „ l’Abbé de Baigne,„ homme de grant esprit, 8c inventeur de choses nou--» vestes, quant a instramens musicaux, qui le suyvoit,,» 8c estoit a son service, qu’il luy fist quelque harmonye,» de pourceaulx, pensant qu’on fie le sçauroit jamais fai-„ re. L’Abbé de Baigne ne s’esbahyt, mais luy deman-„ da de l’argent pour ce faire : lequel luy fut incontinent„ délivré, 8c fist la chose auffi singulière qu’on avoit; ja-„ mais veuë. Car d’une grande quantité de pourceaux,„ de divers aages, qu’il assembla soubs une tante ou pa-„ Villon couvert de velours, au devant duquel pavillon„ y avoit une table de bois toute painte, avec certain„ nombre de marches, il fist ung instrument organique ,„ & ainst qu’il touchoit lefdites marches , avec petits„ aguistons qui touchoient les pourceaux, les faisoit crier„ en tel ordre Sc consonance, que le Roy, 8c ceulx qui„ estoient avec luy, y prindrent plaisir (60) Bouchetajoute à cela l’Histoire du marmiton. Le Roi, vefiu diur-ne simple robbe de laine, entra un jour en la Cuyfine de fatouche y & fit quelques questions à un' garçon qui tour-noit la broche, & qui ne le conoifíant pas lui répondit :,, Je fuis Berruyer, fils d’un tel, & nommé Estienne ,„ qui fuis au service du Roy en bas estât: 8c toutesfois„ je gaigne autant que luy. Et le Roy luy demanda ,,, que gaigne’le Roy? Ses despens ( dist le compaignon )„ ôc par ma foy j’adray rués despens de luy, comme il„ a les siens de Dieu, 8c n’emportera rien non plus que,; moy. Le Roy ( qui avantageoit aucunesfois les gens» P» fantaisie) prinst goust en ceste parolle 8c response,)> en laquelle ledict Estienne trouva sa bonne fortune :» car le Roy le fist son varlet de Chambre, & acquist de„ grans biens. Aucuns disent que ce fut Estienne l’Huis-„ lier, lequel estoyt tant aymé du Roy, que quant au-„ cunesfois luy bailloit quelque souflet en colere, il fai-„ soit le malade ou le mort, 8c incontinent le Roy luy„ faisoit donneí mil ou deux mil escuts. Ce Roy estoit„ fort familier a ceulx qu’il -aimoit, 8c desprisoit les„ pompes Royalles, 8c précieux vestemens: il beuvoitSc„ mangeoit toufiours en salle, avec tous les seigneurs 8c„ gentils-hommes; 8c ceulx qui mieulx beuvoient, 8c„ disoient quelque lascivieuse parolle des femmes, es-„ toyent bien venus (61) Un jour qu’il entroit dansune Eglise pendant que les grosses cloches sonnoient, ilvit un pauvre Prêtre qui dormoit devant la porte, 8c s’in-forma li quelcun étoit décédé, 8c aprenant qu’on sonnoitles cloches pour la mort d’un Chanoine dont le Bénéficeétoit à fa nomination, il ordonna que le pauvre Prêtreen fût pourvu, afin de rendre véritable le Proverbe,qu’àqui est heureux le bonheur vient en dormant (6z). Joi-gnons à tout cela un Passage d'Etienne Paíquier. Ores queLouis XI feit contenance d’estre plein de religion & de pieté,fi en ufoit-il, tant ost selon la commodité de fes affaires, tan-tost par une superstition admirable ; estimant luy eftre tòuteschoses permises, quand il s’estait acquité de quelque pellerina-ge. Bries plein de volontez absolues par le moyen defquelles ,fans connoijfance de cause, il appointait cr des-appointoit telsofficiers qu’il luy plaisait : c? fur ce mefme moule fe formaitquelquefois des fadaises cr sottises dont il ne vouloit eftre dédit.Comme quand il fe feit apporter tous les oyfeaux caquetoirsde Paris en fa chambre, pour fe donner plaisir de leur jar-gon (63).

, Le Jésuite Garasse a censuré ces paroles de Pasquier, 8cs est rendu ridicule. Qu un fubjet , dit-il (64), prenne la

har-

(r«) DaMáurier,

Mémoiresj)Our servita Histoirede Hollan-de,^. 373 -

(57) Là-mt-mt, 374»

ct S) VotaiI Article

Nero.

cts) Ces díHVers de Mr.Grotius fur ,lu mon deMr. de Thoufont excellentO legumsubtile ne-fas, quibuiinter ami-cos

Molle fi-dem frustrîprodere,proditioest. Mena-gima, pag.m. 313, 3t<£Notez queGrotius,Epist.DCXXVIIPun. 1. fug.S4S > raporteqidon luiavoit irtdiqule sentimentde Gigas irt

(60) Bou-chet, An-nales d’A-quitaine,folio 164*

(di) Là-mío

me, verso.

(6i) PierreMatthieu,Histoire deLouis XI,Livr. XI,pag. m. 702,dit que Cor»rozet raponc-ce Conte. H U* VerdictVau - Privas,

pag. 9 S 9 defa Biblio-thèqueFrançoise,

attribue celaà Franpois I?mais puis qu’il!dit qu’onl’as-sura que lachose s’étantpassée dansl’Eglisenostre Da-me de Cle-ry > nous de-vons penserqtCon lui don-na un qui proquo ; carLouis XIétoit assidu icette Eglise.

(63) Pas-quier, Let-tres, Lrvr.III, Tom. I.pag. IJ4, 1 SSo

(64) Garas-se , Recher-che des Re-cherches ,,pag. 7 »-

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