LOUIS XI.
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(h) dms u, b'eralitez que íon Médecin. II lui laissa prendre une autorité absolue (Ò). II eut beaucoupAàer r * de crédulité pour PÁstrologie ; mais je ne sai ce qu’il faut juger d’un Conte que certains Au-teurs ont publié, qu’il préféra enfin un âne à ses Astrologues (P),8c qu’il jura que cette bêtelui tiendroit lieu déformais d’oracle, quant aux prédictions qu’il prétendoit de ces gens-là. jene répéterai point ce que j’ai narré ailleurs {h) touchant la fausseté de fa dévotion. Pafquieren juge sainement, &C n’a pu être censuré qu’avec injustice sur ce qu’il a dit de ce point-là & -jde quelques autres (z). II n’y avoit jamais eu en France aucun Roi dont la conduite cruelle u s ,n -.
diverses futles Comè-tes , U '. lï ' l .tsz, IJ4.Poiei aulïi
Varillas,Histoire deLouis XI,L ^r. X,í% 330.
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hardiesse de f enfer , de dire , d’escríre , que son Roy fut unsot, ou.subjet à des sottises St fadaises, c est une outrecui-dance cr un desvoyement de plume, qui mériterait chastiment.(65) J$ tne souviens bien de l’invention de quel-ques vieux mesdifcms, lesquels, pour flaistrir Vhonneur d’unbrave Empereur , disoient de sa religion, que, aliam lìbi ,aliam scrvabat imperio, qu il avoit deux religions en famanche, l’une de parade, z? Vautre de conscience, tune pourle cabinet , çr Vautre pour la sale, l’une pour soy , Vautre
pour ses subjets .(66) Qu un sujet nous descrive
son Roy comme un impie, qui se joué de Dieu cr de la Reli-gion , qui en faste un brodequin de Theramenes , qui se serve, des pèlerinages pour canoniser ses impietea : je ne sai si les Mi-
\ae\ss%s’'' nt ft res en ont jamais tant efcrit de Charles IX. .(67)
’ *' ' C’est avoir Vesprit desnaturé ZX Vhumeur bien sauvage. Laréponse qui fut faite à cette invective de Garasse ne pou-voit que le confondre : on lui montra quel est le devoird’un Historien (68); 8t on lui soutint que le premier scan-dale provient de celui qui fait le mal, & non de celui qui leraconte, 8c que Pafquier n’avoit rien dit qu’il n’eût trou-t*g. 181 ir vé dans les Histoires de Louis XI. On n’oublie pas les]»mwíT. paroles de Tacite (69), qui nous aprenent que le pre-
mier but de l’Historien doit être de conserver la prémoi-re des bonnes actions, St de faire craindre l’infamie auxmauvaises.
Je laisse les quatre Récits que l’on trouve dans les Col-loques d’Erasme; car quoi qu’ils marquent une méthode ,bien singulière St bien inégale de récompenser, ce fontplutôt de bonnes preuves de dextérité à découvrir les ar-tifices d’un escroc, ou le véritable mérite, que des signesde bizarrerie. Indiquons seulement le précis de l’un deces quatre Contes (70). Un païsan chez. qui Louis XIdans le tems de fa disgrâce avoit quelquefois mangé desraves fut très-bien récompensé d’une grosse rave dont.illui avoit fait présent depuis qu’il l’eut vu fur le thrônè.Cela fit croire à un Seigneur de la Cour, que s’il donnoitau Roi un beau cheval, il recevroit une récompense ma-gnifique; mais le Roi ne lui fit donner autre chose quela rave du païsan.
( O ) Comme il avoit une pastìon démesurée de prolonger saV! ss. ’ '1 ' V ‘ tl ^ a ‘Jf a prendre à son Médecin une autoritéabjolue.j Touchant cette pastìon voiez les Pensées diver-ses fur les Comètes (71), Sc ajoûtez y cette Remarque.On croit que fa dévotion pour St. Servais ((3) étoit fon-dée fur ce que ce Saint a vécu long-tems. Les Légen-daires disent qu’il vécut trois siécles ; d’autres se con-tentent de lui donner un Episcopat qui dura plus de soi-xante ans (y). Infitâ , Belgarum maxime populis opinione ,affinem illum Christi, ejusque supparem temporìbus extitijfe ,atque inde tertiam expleviste hominum atatem , five ita fue-' ” e st»e t mm défunt, affirmare hoc aufi: feu potiìts ex lon-gtstima Eptfcopatusfut prfeSlurâ , nans ultra fiptuagmta an ,nos islam extendtt ; prodigialtter annofum , ac trificlisenemplané crediderint. Ut hìnc suspicarì forte quis pojstt, Ludo-vicum Undecimum Gallia Regem ideo fibi ornandum delegisteServatii templum, ut ab eo inter Divos maxime longavo ,longam ipse vitam, cujus erat producenda cupientijfmus , im-pétrant (71) N’oublions pas ceci. Louis XI „ avoit,, dit souvent en sa vie qu’en quelque extrémité qu’on le„ vit, on ne luy prononceast jamais le mot de mort, le
„ trouvant trop dur à l’oreille d’un Roy.Ceux qui
,, a voient charge de fa conscience attendoient que luy„ mesme se sentant deffaillir le recognut. La résolution„ de luy signifier ce jugement fut prinse entre un Theo-„ logien, son Médecin, & M. Olivier. Ils y allerent„ bien brusquement & avec peu de respect, comme„ gens qui avoient adjousté Impudence à la bassesse de„ leur condition : leur harangue fut en ces termes, Sire,,, il nous faut acquiter de la charge de nos consciences, n ayez,„ plus d’esperance à cesainél homme, ny en autre chose, car,, seurement il est fait de vous O* pensez, à vostre conscience ,,, car il ny a nul remede. Chacun dit quelque mot assez„ bref pour luy faire cognoistre qu’ils estoient d’accord,, de fa mort. II respondit, j’ay esperance que Dieu may-
„ dera . Je ne suis peut-estre pas fi malade que vous pen-
„ fez. (73) ”. Que dirons-nous des caresses qu’il faisoità François de Paule? Il le flatoìt, lesuplioit, se mettoit à•genoux devant lui : il fit baftir deux Convents de son Ordre ,le premier dans le parc du Plestìs Us Tours , le second au pieddu chateau d’Amboise, afin qu'il lui prolongeast ses jours (74).
(«s) Garas-* e , Recher-®he des B.e-®heiches >
î a g. 8j.
(66) Lí-mc-m ‘> ?--L- 85.
(68) Volez.
** Défensepoui Es-tenne Pas-quier, Livr.U, St£I. VI,
181 irSuivant.
(69) Preci--pnum mmusatnnaltumre °r , ne vir-tutcs sikan-tur, uttjue
fl 'avis diaìsfaaipjue ex
ipsteritate ir*nfamia me-*wy». Ta-à. Annal.Eibr.
«-P- L XV.
(70) Erasm.t» C0II0-
»J1110 cui.ti-»
talus Con-vïvium fa-faulosum,p<g. ra. Z 4 i.
(fi) U
Page 4«j ir,£ K ivmt.
„ tre ses draps. Ce Médecin luy disoit quelquesfois par,, bravade. Je sfay bien qu un matin vous me chasterez.,, aujfi bien que les autres , mais je jure Dieu que vous ne vi-„ vrez pas huiR jours âpres. Ce pauvre Prince au lieu de„ le* traiter comme Maximin faisoit les siens (s), luy„ donne tout ce qu’il veut, Eveschez, benefices & offi-» «s (?;)- , ,.
§. (fi) Servais, en Latin Servatìus , à servando. De làuniquement la superstitieuse dévotion de Louis XI pourun. Saint dont le nom même sembloit promettre à ses dé-vots une longue vie. Rem. C r x t.
(y) Ultra septuagìnta annos, dit Strada, à l’endroit mê-me rapporté par Mr. Bayle. Rem. C r i t.
(P j On conte . . . qu il préféra enfin un âne à ses Astro-logues.'] Voici le Conte; je le raporte tout tel que je l’aitrouvé dans un Ouvrage qu’on imprima à Lion l’an1630 (76). „ Louys XI du nom ayant en fa Cour un„ tres fameux Astrologue, estant un joùr en délibération
( 1 ) Mitxi-min l'Empe-reur comman-da qu’on tuâtses Médecins,farce qu’ilsne le pou-vaient guérirde ses playes. "
(7 s) Mat-thieu , Hist.de LouisXI, Livr.X,pag. 593.Votez, aujjìMezerai,
, d’aller à là chasse, luy demanda s’il feroit beau temps, AhtouoI
Tarn. III ,Pf,- 347,ou il dit queJaques ■Coctier legourman-aoít com-
(li) Fa-luianusStiada,deBello Belg.Decad. II,fi'ír. II,ln 't. pag. m.«S.
(73) Mat-thieu, Hist.^ Louis
P a Z* 598,599 .
{7^) Meze*
chíotoï: sé
Tom. m,Tfi- Ï 4 g, à* “»». 1483.
(j) 'Altiian-17 T 17an de1 nere vivaittelle def-
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’cc, que
ia chambre° u H-avaitnccaustumé deJucher estaitgardée par 'fi ux chiensbibles dr° Ks c ‘hx qui
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n °n,eh pnun ‘ tthelle.
,, & s’il ne doutoit point de la pluye, lequel ayant regar-,, dé son Astrolabe, respondit que le jour devoit estre„ beau & serain : le Roi se délibéré donc de suivre son„ dessein; mais estant sorty de Paris, & arrivé prés de la„ Forest, rencontra un Charbonnier touchant son asne,, chargé de charbon, qui dit, que fi le Roy faisoit bien,
„ s’en retourneroit, parce que dans peu d’heures tombe- me uu valet,, roit une grande tempeste. Mais comme les paroles de de
„ telles gens font pour l’ordinaire mesprisées, le Roy n’en às Lt"" *,, fit conte, ains entre dans la Forest, òù il ne fut pas fi beaucoup,, tost, que le temps s’obscurcit, les çsclairs & tonnerres d’auttes,, çommencerent à esclater, & la pluye à tomber de tel- B. races e *
„ íe façon, que chascun tascliant de se sauver, laissèrent ^ < tems° 1S,' ìe Roy tout seul, qui n’eust autre recours, qu’à la va-,, leur de son cheval pour eschapper cesse infortune. Le ( 7 g) j. Mat-„ jour suivant le Roy, ayant faict venir à luy ce Char- cei, au. 11„ bonifier, luy demanda où il avoit appris l’Astrologie ;
„ & comment il predict st au juste le temps qui arriva ? ch °. Vl f„ alors le Charbonnier respondit, Sire, jé n’ay jamais pag.’m. 107.„ esté en escolle, & de faict je ne sçay ny lire ny escrire; & fuiv.
„ toutesfois je tiens un bon Astrologue én ma maison ,
„ qui ne me trompe jamais; alors le Roy tout estonné„ luy demanda comme s’apelloit cest Astrologue ? alors„ le pauvret tout honteux respondit, Sire, c’est l’asnë„ que vostre Majesté me vert hier mener chargé de char-„ bon: si tost qùe le mauvais temps s’appreste, il baisse„ les orestíes en advant, va plus lentement qù’à l’accous-„ tumée, & fe frotte contre les murailles; par ces signes„ donc (Sire) je prevoy la pluye asscurée, & les mes-„ mes furent la cause, qu’hier je dy à vostre Majesté dé„ s’en retourner: ce qu’entendu par le Roy, fit chasser„ son Astrologue, & donna quelque petit gage au Char-„ bonnier afin qu’il eust dequoy traicter son asne, en di-„ sent: Vivit enim Domìnus, quia deinceps alto non utar„ Mstrologo, qudm Carbonarìi afsno. Hé ! pauvres AltrO-„ logues, où en estes-vous logez, si un asne en sait plus,, que vous? ” J’ai dit ailleurs (77),qu’Angelo Cattho,qui avoit servi d’Astrologue St de Médecin à ceRoi (78), parvint à de grans honneurs. Vous trou-verez dans Pierre Matthieu le nom des autres Astrolo-gues de ce Monarque. II y en eut un, dit-on, quiprophétisa qu’une Dame, que le Roi aimoit, mour rroit dans huit jours. La chose étant arrivée, Louis Xíle fit venir „ 8c commanda à des Gens de ne pas man-,, quer, à un signal qu’il leur donneroit, de prendre,, l’Astrologue, ôt de le jetter par la terrestre. Austi-tôt„ que le Roy l’apperceut : Toy qui pretens être un si,, habile homme, lui dit-il, St qui fais si précisément le„ sort des autres, apprens-moy un peu quel fera le tien:
„ 8c combien tu as encore de tems à vivre. Soit que,, l’Astrologue eût été secrettement averty du deflein du„ Roy, ou qu’il le connût par l’étendue de sa Science :
„ Sire, luy répondit-il, sans témoigner aucune frayeur ,
,, je mourray trois jours avant Votre Majesté. Le Roy„ n’eut garde de le faire jetter par la - terrestre aprés cette„ réponse : au contraire, il eut un soin particulier de ne„ le laisser manquer de rien, St fit tout ce qu’il put pour,, différer la mort d’un homme que la sienne devort sui-„ vre de si prés (79) ”• Cet Astrologue ne fut pas moins (79) Bour-ingénieux que celui qui fe trra d’un parerl perrl au tems sault, Nou-de Tibe.e On lui avoit demandé ce que les astres lui ' vestes Let-prédifoiem pôw ce jour-là; St il répondit après quel- ""
___ _' <jrMfiriPnY . OU ll fe VOlOlf .
(77) Dans
l'Mrtícle
cattho.
(78) Vaiescci-deffus la.T^ntarqm(<A) de
l* ^ArticleÇa TTHO.
Quant à l’empire de son Médecin, lisez ces paroles'. r _— .. ^
Louis XI „changeoit tous les jours de gens, St depen- ques préambules artificieux, qu’il fe voioit menacé d’un>* doit de la rudesse de Jean Cottier son Médecin, au- danger extrême. Cette réponse fut cause, non seulement" stuel il donnoit tons les mois dix mille efeus, ne luy qu’on ne le fit point tomber du haut en bas de la maison, (80 y Voiez.
>, oioit rien refuser. St luyjrromettoit tout ce qu’il défi- . comme on l’avoit résolu en cas que sa science se trouvât Ta , cit f-? 4 Anî
trompeuse, mars aùffi qùe Tibere l’ho'nora de faconfi- £7)dence (80). xxu
L L) a
» roit, pourveu qu’il chassast le Phantosme espouvanta-« 81 e de la mort (f), au nom de laquelle il se couloir erse