LOUIS
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leur donna lieu de travailler à de nouveaux agrandissement Cette Critique étoit mal-fon-dée (S). II mourut le 30 d’Août 1483, après de si longues & de si dures incommoditez decorps & d’esprit ( 7 "), qu’il n’y a guere de personnes assez barbares pour souhaiter un pareilétat à leur plus cruel ennemi. On peut bien le mettre au nombre des Princes en qui le mal-heur
fsi) Phi-lippe deConfines,Livr. v.Map. XII,m. Zvo,à l’ann. 1476.
í*í) Lk-mê-pag. 3 or.
( 9 }) Lk-mê-> Chap.X Mt,pag.303.
(94) Vaiez.i’ ..ArtìdeÏERICLES,
3 \tmarq. (/).
(95) Horat.Ipist. II
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Í 96 ) Volez,5t cida, akC or »?nencement* fin His-toire de laGuette desPaïs-Bas :tl dit entre^ttres chosesÇtte Mors faitdts promena-des ailleurs, drlà son séjourordinaire tplane ut inalias tétraspetegrinati•Mars, ac«ircumferreveNunt, lûcarmorumftdem fixis-* e videatur.
<97) Varil-las , Préfacedit Tor.t. Vde /’Hitt. deTHeicíìc.
(98.) C’est-à-dire la Hol-lande contre leV à'Esta- .&e.
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les choses far le bout qu il les devoit prendre,pour en -venir audessus , Ct pour joindre à fa couronne toutes tes grandes Sei-gneuries , où il ne pouvoit prétendre nul bon droiít : Ce qu ildevoit faire par quelque traité de mariage , m les attraire àsoy par vraye est bonne amitié : comme aisément il le pouvoitfaire: veule grand déconfort , pauvreté, est debilitation enquoy ses Seigneuries estoient. Quoy faisant il les eust tirez, horsde grandes peines , ct par mefme moyen eufl bien enforcy son
Royaume, ct enrichy par longue faix (91). Quand le
Duc de Bourgogne estait encores vivant , plusieurs fois me par-la le Roy de ce qu’il feroit, fi ledit Duc vernit à mourir: estparlait en grande raison pour lors , disant qu il tascheroit àfaire le mariage de son fils ( qui est nostre Roy à présent ) ctde la fille dudit Duc ( qui depuis a esté Duchesse d'Autri-che)-, est fi elle n'y voulait .entendre, pource que monseigneurle Dauphin estait beaucoup plus jeune quelle, il essayerait dluy faire espoufir quelque jeune Seigneur de ce Royaume , pourtenir elle ct ses subjets en amitié, ct recouvrer fans débat cequ il prétendait e(lre sien : ct encores estoit ledit Seigneur en cepropos, huift jours devant qu il fieust la mort dudit Duc. Cesage propos, dont je vous parle, luy commença ja un peu àchanger, le jour qu il sceut la mort dudit Duc de Bourgon-gne (91). II s'exprime encore avec plus de précision dansle Chapitre suivant; car il dit tout net que Dieu aveuglace Prince ,afin de punir ceux qui ne méritoient pas d’êtreheureux. „ Le sens de nostre Roi estoit st grand, que„ moy ,ny autre qui fut en la compagnie, n’eussions sceu„ voir st clair en ses affaires, comme luy-mesme faisoit:,, car sans nulle doute,il estoit un des plus sages hommes,„ 8c des plus subtils, qui ait régné en son temps. Mais,, en ces grandes matières, Dieu dispose les cœurs des,, Roys & des grands Princes (lesquels il tient en fa main)„ à prendre les voyes selon les œuvres qu’il veut condui-„ re aptes: Car fans nùlle difficulté, st son plaisir eust„ esté que nostre Roy eust continué le propos, qu’il avoir„ de luy-mesme advifé devant la mort du Duc de Bour-,, gongne, les guerres qui y ont esté depuis 8c qui font,„ ne fussent point advenues : mais nous n’estions encores„ envers luy, tant d’un costé que d’autre, dignes de re-„ cevoir cette longue paix, qui nous estoit appareillée :„ 8c de là procede l’erreur que fit nostre Roy, & non„ point de la faute de son sens; car il estoit bien grand,„ comme j’ay dit (93)”. On ne peut rien voir de plussensé que ce discours-là. II faut dire de cette faute deLouis XI ce que les Médecins disent de certaines mala-dies,il y a là quelque chose de divin, Ot“m ti. Hérodote lediroit plus franchement que tout autre, lui qui se plaisenta concevoir la Divinité comme une nature jalouse & ma-ligne (94) s car 1 événement a montre que ce fut pour lapunition des peuples, que Dieu permit que le mariagede Marie de Bourgogne & du Dauphin ne se fit pas. Cefont eux qui ont porté la peine de la fole Politique deLouis XI: jamais il ne fut plus vrai de dire, Quidquiddélirant regespleftuntur Achivi (95). Le mariage de cet-te Princesse ayee Maximilien d’Austriche fut la naissanced une guerre qui a duré plus de deux cens ans, & qui ala mine de durer encore beaucoup. Elle a été queseuefois interrompue par l’épuiscmem des combatan" ^ce n a été que pour revenir à la maniéré des fievres in-termittentes dès que la matière dissipée a pu se renouvel-les. De là sont sortis des fleuves de sang, 8c une inimi-té de brûlemens, de faccagemens, & de miseres. U ya dequoi s’étonner qu’un pais de si petite étendue ait pufournir pendant deux fiecles un ample théâtre de guer-re (-) à tant de nations (96) : la France 8c la Maisond’Autriche,les principales parties qui ont.disputé ce mor-ceau de terre, ont engagé à cette dispute la plupart desPrinces Chrétiens. Car lors que la derniere a été trop enétat de se maintenir on a secondé la prémiere dans sesattaques ; 8c lors que celle-ci a été trop en état de con-quérir , on a secouru l’autre vigoureusement. LesOrientaux , qui ne savent pas la nature du pais, ni leconcours des obstacles, se moquent de ce que tantde batailles gagnées, tant de villes prises , n’ont pasterminé encore ce différend. La conquête de troisou quatre Provinces est parmi eux une affaire de peud’années; leurs Historiens n’ont besoin que de trois ouquatre pages pour la raconter. Que diroient-ils s’ils fi-voient que deux chameaux ne porteroient pas toutes lesHistoires qui ont été composées fur les Guerres du Païs-Bas ? Les Historiens des troubles qui ont donné lieu àl’érectioh de la République des Provinces-Unies font enfi grand npmbre, que lors que Mr. Varillas vint à Parisil n’y avort que Mr. Naudé capable d’en faire le Catalo-gue (97). Ce n’est là qu’une petite portion des Guerresdu Païs-Bas depuis Charles VIII. On dit qu’un Empe-reur Turc s'étant fait montrer dans la Carte le petit Etatqui soustenoit la guerre contre un fi puisant Monarque (98) ,djt , quefi c étoit son affaire, il y envoieroit un bon nombrede pionniers, ct feroit jetter ce petit coin de terre dans la(99). Ces gens-là fans doute ont pitié §c de xeuxT 9 M. III.
qui ont perdu quelque chose, 8c de ceux qui n’ont pastout pris dans une si longue fuite de guerres. 11s ne trou-vent pas qu’il soit glorieux de se barre fi souvent pour lesmêmes villes: on les prend, on les restitue deux ou troisfois fous le même Régné: c’est toûjours à recommencer.Mais que diroient-ils, s’ils avoient assez de génie pourréfléchir fur l’effet des pertes? La Maison d’Austrichen’auroït plus rien en ce païs-là, si elle, n’en avoir perdula moitié au XVI fíecle. Elle a éprouvé que les Anciensont dit avec beaucoup de raison que la moitié vautmieux que le tout (100). Ce qu’elle perdit alors lui aservi, 8c lui servira déformais, à sauver le reste: finscela, elle n’auroit aujourd’hui, ni ce qu’elle a conservé ,ni ce qu’elle ne put reprendre. Le mal est pour les Ffi-mans, comme disoit très-bien Confines, qu’ils font tou-jours ceux qui soufrent : mais par le mariage de leur Prin-cesse avec le Dauphin sis n’eussent aparemment vu laguerre que de loin ; elle se feroit faite ail delà de leursfrontières, 8c c’est un avantage inestimable. Tant qu’ilrestera un pouce de terre à gagner, ils feront toûjoursla partie soufrante, ce sera un levain, 8c un ferment in-faillible de nouvelles guerres.
5 - (*) B y a longtemps qu’on en a dit tout autant de1 Italie. Et Galli ct Helvetìi, ct Hispani ct Teutonici ,omneseorum pugnas veniunt committere in Italia, cum maxima Ita-lorum discrimine, dit Jean Nevifin, L. XI. n. 36. de faForêt nuptiale. Rem. Cri t.
( 3 ) Cette Critique étoit mal fondée.'] Elle étoit fort spé-cieuse; car généralement parlant l’esprit de la Politiqueest de s’oposer aux conquêtes d’un voisin ambitieux, 8cbien armé. Mais il n’y a point de Maxime qui ne soufrequelque exception, 8c il y a des circonstances, où bienloin de traverser son ennemi dans une entreprise, il fautl’empêchet de ne s’y pas embarquer, comme,par exem-ple , si l’on prévoir qu’il s’y trouvera embarrassé, 8c queles suites en seront de conséquence. Le Duc de Bourgogneétoit dans le cas, lors qu’après avoir conquis le Duché deGueldres, il forma de nouveaux projets contre l’Empire.Ecoutons un homme qui entendoit à miracle cette ma-tière. „ Ledit Duc ralongea fa trêve avec le Roy Sc-- sembla à aucuns des serviteurs du Roy, que ledit Sei-„ gneur ne devoit point ralonger fi trêve, ne laisser ve-,, nir audit Duc fi grand bien. Bon sens leur faisoit dite,, cela : mais par faute d’experience & d’avoir veu, ils„ n’entendoient point cette matière, II y en eut qûel-„ ques autres, mieux entendans ce cas qu’eux, 8c qui„ avoient plus grande connoissance, pour avoir esté furj, les lieux, qui dirent au Roy que hardiment prit cette„ trêve, 8c qu’il souffrit audit Duc s’aller heurter contre„ les Allemagnes (qui est chose si grande 8c st puissante„ qu’il est presque incroyable) disans que quand leditDuc,, auroit pris une place, ou mené à fin une querelle, il», en entreprendrait une autre, 8c qu’il n’estoit pas hom-„ me pour jamais se saouler d’une entreprise (en quoy„ il estoit opposite au Roy: car plus il estoit (*) em-„ brouillé 8c plus s’embrouilloit) 8c que mieux ne se„ pourrait venger de luy que de le laisser faire; & avant,„ luy faire un petit ,d’aide, & ne luy donner nulle suspi-», cion de luy rompre cette trêve : car a la grandeur d A-„ lemagne, & à la puissance qui y est, n’estoit pas pos-„ sible que tost ne fe consommai!, 8c ne se perdit de„ tous points. Car les Princes de l’Empire, encore que„ l’Empereur fust homme de peu de vertu, y donne-„ raient ordre : 8c à la fin finale audit Seigneur en advint„ ainsi (101)
( T) Il mourut . . . apr'es de . . . longues Ct de . . . duresincommoditez. de corps ct d’esprit. ] Celui qui me fournirales preuves est un témoin st valable, qsson n’en sauraitchoisir un meilleur, car c’est Philippe de Confines. IIraconte que le Roi son maître tomba malade aux Forgesprès de Chinon au mois de Mars 1480 (ioz). fi perdit detous points la parolé, ct toute connoiffance ct mémoire- ■. .. :au bout de deux ou trois jours la parole lui commença- a reve-nir ct le sens . Comme U fe trouva un peu amende ,
il commença à- s’enquérir qui estoient ceux qui l’avoient tenupar force qu il n’estoit allé à la feneftre. il lui fut dit, est in-continent les chaffa tous de fa maison, à aucuns ofta leurs of-fices , ct onques puis ne les vit. -dux autres . n ost a
rien, mais les envola (103). La raison de cette conduite,fut qu il n estoit adonques rien dont U eust fi grande craìnteque de perdre son autorité. Quel tourment ! Quel supplice !Cette maladie lui dura bien environ quinze jours, ct fe re-vint, quant au sens ct à la parole, en son premier estât: maisil demeura tres-foible & on grande suspicion de retourner encet inconvénient (104). H Y retomba l’année suivante, ilperdit derechef la parole, ct sut quelques^ deux heures qu'oncuidoit qu il fut mort. ... on le voua à Monseigneur SatnâlClaude . incontinent la parole lui revint, ct fur l'heu-re alla par la maison tres-soible fitlevoiage de Saint.
Claude çt ien retourna « Tours, ct s enfermait fort ct tantqttç peu de gens le voioient , ct entra en ttrerveillettfe suspicion-í " de
( ïoo ) Tit-îoeîjjUsssV irâv-toç. Di-midiumplus toto.Voìez. Eras-me, Chil. I,Cmiur. IX,
num. 135 ,
pog. m. 31s,319.
(*) Eolrif _dtz, dH JOaoi
(toi) Phi-lippe deConfines,Livr. IV,Chap. I ,
PfX- IS5>I9â',« l’ann. 1474 ,
(t ot.) Phi-lippe deOomines ,Livr. VI,Chap. VII ,fdg. m, 377 ,
(303) Lk-même ,
378.
(104) Lk-même ,pag,379 .
(105) Lk-m!me,pagf3S0.