LOUIS XI.
(n) Voici,eî-dçjsoìís , Ci-tation (m ) >
(îo 6) Là-mime ,pao.
Z8U
(Ì07) /,<!-même >pag,382.
(108) Z.*-même
383.
(109) £«-anime , Chap .
z 86.
(no) £á-métne.
( 111 ) Dansle Chapitre .XII du VILivre -, pag.397 d? fiìv.
(m) Co-mines >Chap. XIIdtt VI Livre,F-'L- 3 99*
178
heur surpasse sort le bonheur («?). II fit un acte de Religion sur lequel un Auteur moderne u, paroles daa pensé des choses qui méritent d’être examinées (Ï7). Ceux qui ont dit qu’il ne savoit rien, evàer,
Lc
de tout le monde , éb* avolt peur que l’on ne lui ostast ou dimi-nua/l son authorité (106). ff, fit de bien estranges
choses dont ceux qui les 'voioient le tenoient a eftre âefhue desens, mais ils ne le connoijfoient point . - - - tl fiavoit nestrepoint aimé des grands personnages de ce Roiaume ne de beau-coup de menus, zy fi avoit plus charge le peuple que jamaisRoi ne fit (107). . . . . ainfi ne se faut esbahir s il avoit plu-sieurs pensées zy imaginations, & ’s il penfoit de nestre point
bien voulu, zy s’il avoit grande peur en cette chose .
En premier lieu il n’entroit gueres de gens dedans le Plejfis-du-parc ( qui estait le lieu ois il se tenait ) excepté gens domestiques,zy les Archers , dont il en avoit quatre cens, qui en bon nom-bre faisaient tous jours le guet, zy se pourmenoient par la pla-ce z? gardaient la porte: Nul Seigneur, ne grand personna-ge , ne logeait dedans, ne ri y entroit gueres compagnie de grandsseigneurs : Nul ri y venait que monseigneur de Beaujeu , deprésent Duc de Bourbon, qui estait son gendre : Tout à l’en-viron de la place dudit Plesfis il fit faire un treillis de grosbarreaux de fer, Z? planter dedans la muraille des brochesde fer, ayant plusieurs pointes, comme à Ventrée par où Vontut peu entrer aux foffez dudit PlesfisAussi fis faire quatremoyneaux tous de fer bien espais , zy lieu par où l on pouvaitbien tirer à son aisezy ■ estait chose bien triomphante ; e?cou ft a plus de vingt mille francs : z? à. la fin y mit quaranteArbalestriers : qui jour zy nuiêl estoìent en ces foffez zsravoientcommiffwn de tirer atout homme qui en approcherait de nuiêTjusques à ce que la porte fut ouverte le matin : Il luy sembloitdavantage que ses ■ su b jet s estaient un peu chatouilleux à en-treprendre authorité, quand ils en verraient le temps (108);Comines aiant parlé amplement de François de Paule con-tinue (109): „ Nostre Roy estoit en ce Pleffis, avec peu„ de gens, sauf Archers, & en ces suspicions dont j’ay„ parlé : mais il y avoit pourveu : car il ne laissoit nulshommes, ny en la ville ny aux champs, dont il eut„ suspicion, mais par Archers les en faisoit aller & con-„ duire. De nulle matière on ne luy parloit, que des,, grandes qui luy to-uchoient : II sembloit mieux à le voir„ homme mort que vif, tant estoit maigre: ne jamais„ homme ne l’eut creu: 11 se vestoit richement, & plus„ que jamais n'avoit accoustumé paravant : & ne portoit„ que robbes de satin cramoisy, fourrées de bonnes Mar-„ tres: & en donnoit à ceux qu’il vouloit fans demander :„ car nul ne luy eut osé demander, ne parler de rien :„ 11 faisoit d'asp-res punitions, pour estre craint, Sc de„ peur de perdre obeyfíance: car ainsi me le dit luy mes-,, me. II r’envoyoit officiers, Lc cassoit Gens-d’armes,„ rongnoit pensions, Sc en oftoit de tous points: 8c me„ dit, peu de jours avant fa mort, qu’il paffoitrtemps a,, faire 8c deffaire gens : 8c faifoit plus parler de luy par-„ my le Royaume, que ne fit jamais Roy: Sc le faisoit„ de peur qu’on ne le tint pour mort : car comme j’ay„ dit, peu le voyoient: mais quand on oyoit parler des„ œuvres qu’il faisoit, chacun en avoit doute: & ne pou-„ voit l’on à peine croire qu’il fut malade”: II faisoitacheter de toutes sortes de bêtes dans les pais étrangers,Lc en donnoit un prix immense : tout cela afin d’empê-cher qu’on ne crût qu’il étroit malade (110). L’Historiencompare (m)les maux zy douleurs que souffrit le Roi Louisà ceux qu il avoit fait souffrir a plusieurs personnes, pource,dít-il, sue fiai efperance que les maux qu’/i afoufferts avantmourir .... Vauront mené en paradis, z? que ce aura estéune partie de son purgatoire, II met entre ces maux-là lepeu de ménagement qu’on eut pour lui annoncerla-mort.Scelle douleur luy fut d'omr cette nouvelle, z? cette sentence?car oncques homme ne craignit plus la mort, zy ne fit tant dechoses, pour y cuider mettre remede ,- comme luy : zy avoittout le temps de fa vie à ses serviteurs, z? à moy comme àd'autres, dit, zy prié, que st on le voyoït en nécessité de mort,que Von ne lui dit, forts tant feulement , Parles: peu : zyqu on Vemeufi feulement k foy confesser, fans luy prononcer cecruel■ mot de la mort: car il luy sembloit savoir pas coeurpour ouyr une fi cruelle sentence (n z). . .■ .Voila donc com-ment peu discreument lui sut signifiée cette mort. Ce que j’aybien voulu réciter, ... à fin que Von voye que les mauxqu’il endura estoìent bien grands, voué-sa nature, qui plusdemandait obéissance qtte nul autre en son temps-, zy qui plusVavoit eue : parquoy un petit mot de repense, contre son vou-loir, luy estoit bien grande punition de Vendurer: Quelquescinq ou six mois devant cette mort , il avoit suspicion de toushommes: gy spécialement de tous ceux qui estaient dignesd’avoir authorttè: Il avoit crainte de son fils , zy le faifoitestroitement garder: ne nul homme ne le voyoit, ne parloit àluy, finon par son commandement : Il avait doute à la fin defa fille, zy de son gendre, à présent Duc de Bourbon,zy vou-lait sçavoir quelles gens entroyent au Pleffis quand zy eux, Ala fin, rompit un conseil, que-le Duc de Bourbon, son gen-dre, tenoit leans par son commandement. A Vheure que fon-dit gendre , zy le Comte de Dunois , revindrent de re-mener V Ambassade , qui estoit venue aux nopces du Royfin fils , <y d e i a n e y ne 4 Amboìse , zy quils retournè-rent au Pleffìs, oy entrorent beaucoup de gens avec eux f le-^ ff&fieur > qui fort faisoit garder les portes , estant enla galerie, qui regarde *n la cour dudit Plesfis ,fit appeller Wl
de ses Capitaines des Gardeszy luy commanda aller tasteraux gens des Seigneurs deffusdìts, voir s’ils riavayent pointde Brìgandines foubs leurs robes : zy qu il le fit comme en de-visant à eux, sans trop en faire de semblant : Or regardezs’il avoit fait beaucoup vivre de gens en suspicion zy craintesoubs luy , s’il en efto'tt bien payé: zy de quelles gens ilpou-voit avoir seureté, puis que de son fils, fille, zy gendre, ilavoit suspicion : se ne dis point pour luy feulement : mais pourtous autres Seigneurs, qui defirent efire craints, jamais ne sesentent de la revanche, jusques à la vieillesse : car pour la pé-nitence ils craignent tout homme : Et quelle douleur estoit d-ce Roy d’avoir cette peur zy ces paffions (113)? Ensuite l’Au-teur raporte (114) la servitude où le Médecin tenoit cePrince; & aiant décrit (115) les précautions que le Roiprenoit pour être en sûreté dans une maison entourée degrosses grilles Lee, il dit ceci (116) : „ Est-il possible de„ tenir au Roy pour le garder plus honnestement, Sc en», estroite prison, que luy-mesme se tenoit ? Les cages,, où il avoit tenu les autres, avoient quelque huict pieds„ en carré, & luy qui estoit st grand Roy, avoit une„ petite cour de chasteau à se pourmener, encor n’y ve-„ noit-il gueres: mais se tenoit en la galerie, sans partir„ de là, linon par les chambres: 8c alloit à la messe,fans„ passer par ladite cour. Voudroit-l’on dire que ce Roy„ ne souffrit pas aussi bien que les autres ? qui ainsi s’en-„ fermoir, qui se faisoit garder, qui estoit ainsi en peur„ de ses enfans, 8c de tous ses prochains, parens,8c qui„ changeoit 8c muoit de jour en jour ses serviteurs qu’il,, avoit nourris, & qui ne tenoient bien ne honneur que„ de luy, tellement qu’en nul d’eux ne s’osoit fier » 8 c„ s’enchainoit ainsi de si estranges chaînes 8c clostures” ?Ce qu’il dit dans le Chapitre treize est merveilleux : Peud’efperance doivent avoir les pauvres zy menues gens au fai£ide ce monde , puis que fi grand Roy y a tant souffert zy tra-vaillé , zy puis laissé tout, zy ne peut trouver une seule heur apour esloigner sa mort, quelque diligence qu il ait sceu faire,se ï ay cognu , zy ay esté son serviteur à la fleur de son aage,zy en ses grandes prosperitex.mais je ne le vis onques fanspeine zy fans soucy. Pour tous plaisirs il aimoit la chasse, &les oiseaux en leurs saisons : mais U riy prenoit point tant de
plaifir comme aux chiens (117). Encores en cette chasse
avoit quasi autant d'ennuy que de plaisir .- car il y prenoitgrande peine, pourtant qu il cour oit les Cerfs à force, zy filevoit fort matin, zy alloit aucunesfois loin, zy ne laiffoitpoint cela pour nul temps qriil fit .- zy ainfi s’en retournoit att-tunes-fois bien las, zy quasi toufiours couroucé à quelqu’un. 4- - - A cette chaffe estoit fans cesse, zy logé par les villages 'jusques à ce qu’il venoit quelques nouvelles de la guerre: carquasi tous les estez, y avoit quelque chose entre le Duc Char-lot de Bourgogne zy luy.zy l’hyyer ils faisoient trefues(ìiZj.• • . . Ainfi le plaifir qu’il prenoit, estoit peu de temps en l’an;& estoit en grand travail de fa personnecomme j’ay dit1Ze temps qu’il repòsoit, son entendement travailloit, car ilavoit affaire en moult de lieux : cy se sut aussi volontiers em-pefihí des affaires de fin voisin comme des siens , zy mis gensen leurs maisons , zy de party les authoritez d’icelles : Quandil avoit la guerre, il désir oit paix ou trefues: quand il avoitpaix ou trefue, st grande peine les pouvoit-il endurer: Demaintes menues choses de son Royaume se mefioit, dont il stsut bien passé: mais sa complexion estoit telle, zy ainfi vi-voit (ii9).La vie de ce Prince avant qu’il fût Roi ne futguere heureuse. Comines le montre (120), ensuite de-quoi il forme cette conclusion: „ Or en quel temps,, done pourroìt-l’on dire qu’il eut joye ne plaisir, à voir„ toutes les choses dessufdites ? Je croy que depuis son„ enfance il n’eut jamais que tout mal Lc travail jusques,, à la mort: Et croy que si tous les bons jours qu’il a„ eu en fa vie, esquels il a eu plus de joye 8c de plaisir„ que de travail 8c d ennuy, estoìent bien nombrez, qn’il„ s en trouveroit bien peu: Lc croy qu’il s’en trouverait„ bien vingt de peine Lc de travail, contre un de plaisir„ & d’aií'e (m) ”.
Il n’y a point de Lecteurs assez stupides pour avoir be-soin qu on leur commente ce qu’on vient de raporter.Chacun est capable de sentir qu’il n’y a point de condi-tion plus misérable que. celle d’un Prince malade, qui n’o-se avouer qu’il le soit, Lc qui se défie de tout, & qui estcontraint de se servir de mille ruses pour persuader qu’iln’est pas mort. Notez que Philippe de Comines montrepar l’exemple de quatre grands Princes (izz) qui étoientmorts de son tems, que c'est peu de chose que de l'homme ,zy que cette vie est misérable zy briesve, zy que ce ri est riendes grands (123). '
( U) Il fit un aile de Religion fur lequel un Auteur moder-ne a pensé des choses qui méritent d’être examinées.) Louis XIfit un Contract qui s’apelle Transport de Louis XI à la Vier-ge Marie de Boulogne, du droit zy titre du fief zy hommagedu Comté de Boulogne dont releve le Comté de Saint Pal ,poúr être rendu devant ï Image de ladite Dame par ses succes-seurs, en 1478 (124). L’Abbé de St. Real prétend que-> toute l’antiquité Grecque Lc Romaine n’a jamais vû» siue des hommes aient prétendu se faire honneur au-» Pïcs des Peuples, en faisant des libéralités, aux Dieux..
. „ Et
(llî) Li-
mênuifggr
(114) là-
même
40I.
(115) Zi~même4°3-
(116) Là*mêmt
4 « 4 ì
(n?) Li-
meme, Chspà
XI1 !,?%■>
4 °í,
(«*) là-
(ltp) Là-407.
(lïo) Là-mime , pt$r m4 <- 7 , 4 or.
(t2l) Lì-
40 S,
(122) Chtf*,les Duc deBourgogne,Edouard l V
d'yAngle*.terre , Mat-thias 7 \çi deHongrie » frMahomet lîEmpereur dit.Turcs .
(123) Co-mines ,sitrla f n du lâ-vrc VI.
(124) VtìeH,le Traite de.l’Usage deP Histoire,campes e f a r
PMèbc de SUReal, &imprimé ètP/trss Pat*