LOUIS XI
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(») Volez sonLivre intituléAdditions— ('Histoirede LouisX I.
t 4 ) IntituléHistoire dela MaisonRoiale defiance.
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& qu’il ne favorisa les Lettres aucunement, ont été bien réfutez par Gabriel Naudé (n). Jene donne pas la fuite Chronologique de ses principales aérions; vous la trouverez dans Morericopiée presque mot-à-mot du Livre du Pere Anselme (0). Ce qui doit être aussi entendu desantres Monarques François. Mr. Varillas se trompe sur la cause qu’il allègue de l’antipathiedes François & des Espagnols (X). II n’a pas mal réussi à déveloper les machinations de laguerre du bien public, & les ruses avec lesquelles on les déconcerta, & l’on dissipa cette terri-ble conjuration (p). Cette matière étoit favorable à son génie, & au tour qu’il avoit donné
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„ ..Et que ce rafinement étoit réservé” à Louis XI (125).Ii soutient (126) qu 'un excez de cette nature dans un espritcomme le sien doit être plutôt réputé pour artifice que pourextravagance . . . (127) que ce trait quelque hardi qu il
paroisse doit passer prés de nous pour le fruit d’une sagesse con-sommée , •& d'une longue expérience des jugement des hommes.Quil n’y a rien d’extraordinaire à consacrer. ... le revenude ses terres au service de Dieu e? de ses Saints , a l’usage deses Ministres , à l'ornement de leurs temples, b de leurs au-tels, ni même à mettre ses Etats fous leur proteêlion particu-lière .(128) Que cela est de la lumière naturelle ; mais
non pas , de choisir des Puissances celestes , pour en faire les ob-jets de nôtre libéralité ; quau lieu de leur demander, ou defeindre d'avoir receu d'elles, on fe soit ingéré de leur donner-,comme p elles avoient besoin de nos biens, ainst que nous avonsbesoin des leurs-, quelles en pussent jouir effeâlivement, ainfique nous pouvons jouir des leurs , de leurs lumières, est 1 de leurintelligence, quand il leur plaît de nous en communiquer quel-que raion. Que cependant cela a réussi: car (129) quoi queLouis XI fit profession ouverte de n être pas fincere, comme onle voit par fa devise, il ne paroit pourtant point qu en ce tems-là personne ait soupçonné d'artifice une dévotion fi extraordi-naire : tant il est vray . que la seule ombre ,,d’interest
i, imaginaire, que le Ciel a dans ces sortes d’actions ;-> que la sainteté des noms, qu’on y mêle, peut aveu-» gler le monde,jusqu’au point de l’empêcher d’en aper-„ ce voir la hardiesse, & la moquerie. Cela est tout-à-„ lait merveilleux; mais auffi, cela découvre d’autant„ mieux la nature de l’esprit humain, par ses plus fossiles„ 8c bizarres côtez ; qu’on ne se soit point avisé, pour„ lors, de trouver étrange, qu’un homme contraélât,, avec la sainte Vierge, tout «comme avec un autre„ homme; & qu’il lui fît, du moins par fiélion, accep-», ter un présent, qu’il lui faisoit, 8e dont il ne demeu-», roit pas moins Maître, âpres cette prétendue liberali-», té, que devant. Car enfin est-ce que les Baillifs, Pre-», vôts, 8c autres Officiers de la Comté de Boulogne ,», quand on les auroit apelez les Baillifs de la Vierge, sesa , Prévôts, 8c ses Officiers, en dévoient moins obéir au„ Roi; est-ce que l’Eglise de Boulogne jouissait du re-,, venu de la terre, qu elle en étoit mieux desservie? est-” CS st ue R Roi en étoit moins Comte, pour avoir don-,, ne cette Comté à la Vierge ? non assurément. Est-ce09 que ' e Peuple d alors ne voyoit pas tout cela comme», nous le voyons? il ne tenoit qu’à lui de le voir : mais„ Louis onzième voyoit encor mieux toutes ces chosesa» que son Peuple, ni que nous : cependant ce Prince lì
j, habile dans l’Uïagé de tous les instrumens de la Politi-a, que, 8c qui avoit fait une étude lì profonde de celui„ de la Religion en particulier, qui l’avoit fait jouer de„ toutes les maniérés connues, crût qu’il pouvoit impu-" íî'PTfL em P loier encor celle-ci, âpres savoir inventée„ 1 étendre jusques-la fans danger, il jugea que les esprits„ etoient capables de la porter. II saloir connoitre leur,, nature pour se hazarder si avant ”. Je ne copie pas lafuite de ce long Passage, quoi qu’elle soit pleine de soli-cité.
J’en trouve beaucoup à certains égards dans les reste-rions que j’ai raportées, mais vu la pratique qui a étéobservée de tout tems, 8c que Mr. l’Abbé de St. Real alouée, je ne trouve point qu’il y ait rien de merveilleuxdans cette conduite de Louis XI, ni que l’on y doivesoupçonner plus d’artifice que dans ses autres dévotions.Le Paganisme donnoit à ses Dieux, non seulement despierreries, & des ouvrages d’or 8c d’argent, mais auffides terres (izo). Les Catholiques donnent tous les joursà la Sainte Vierge les uns un coller de perles, les autresune couronne, ou une robe parsemée de diamans, 8cc.Ils se dessaisissent de la propriété de ces biens, 8c la trans-portent à la Mere du Fils de Dieu. Pourquoi ne voulez-vous pas qu’on lui transporte tout auffi facilement le ti-tre de Souveraine d’un certain fief? Est-ss étrange queLouis XI fe déclare son vassal, son homme lige, à l’é-gard d’une Comté dont il étoit Souverain ? Pourquois’étonneroit-on qu’il veuille que déformais on en fassehommage à cette Sainte? J’avoue qu’il fe réserve ledomaine utile, 8c tous les autres avantages de la posses-hon ; mais cela n’empêche pas qu’il ne cédé un droithonorable, 8c que le transport qu’il en fait n’appartienneà la même espece de libéralité que le don d’un cœur d’ar-gent , ou d’une couronne brillante de pierreries. L’Actede ce Transport, appendu à la voûte d’une Eglise en let-tres d’or, feroit un ornement auffi glorieux qu’une ita-tue d’argent. Où fera donc la bizarrerie extraordinairede la dévotion de Louis onze ? 8c pourquoi faudra-t-ildire qu’il n’eût pas eu la hardiesse de tromper de cette
forte le public,s’il n’eût conu très-profondément la sot-
T O M, III,
tise ou la foiblesse du peuple ? S’il eût consacré à la Sain-te Vierge le revenu de ce fief, afin de le faire servir àl’usage des Ecclésiastiques, 8c à l’ornement des autels, ileût pratiqué une forte de dévotion que Mr. l’Abbé de St.Real eût jugée très-solide (131). C’est donc une manié-ré louable de choisir des puissances celeftes pour en faire les ob-jets de nôtre libéralité. II doit donc être permis de leuroffrir la souveraineté d’une terre, 8c de la leur transfé-rer, afin de la tenir d’elles à foi 8c hommage; car cedroit n’est pas une chose dont on se puisse moins dépouil-ler en leur honneur, que des revenus de cette terre. Pre-nez bien garde que les viéìimes sacrifiées aux Dieux, 8ctoutes les autres offrandes de dévotion, ont été toûjoursconsidérées comme un présent, 8c que les Prêtres n'enont profité, soit pour leur nourriture, soit pour d’autresusages, qu’en qualité de Ministres de ces Puissances cé-lestes. Ils n’étoient point les donataires, ils n’avoientque l’uíufruit, 8c cela par une espece de seconde transla-tion. La prémiere coníistoit en ce que l’homme qui of-froit une victime, ou telle autre chose, remettoit auxDieux tout le droit qu’il y avoit. La seconde consistoìten ce que les Dieux transferoient à leurs Ministres l’ad-ministration 8c l’usage de ses offrandes. Ainst dans lefond la conduite de Louis XI n’a rien d’extraordinaire,8c n’est point une libéralité d’une nouvelle invention, 8cil ne faut point s’étonner que ses sujets ne s’en soient passcandalisez. On eût pu le critiquer de ce que sa dona-tion ne lui ôtoit rien; car il demeurait toûjours le maî-tre de la terre, il s’en réservoir le domaine utile, 8cc :mais on eût eu tort de prétendre qu’il ne cherchoit qu’àtromper; cet acte de Religion pouvoit être en lui de lamême sincérité que les autres. 11 est très-probable qu’ilcrut faire une donation qui plairait à la Sainte Vierge »8c qui la disposerait à le protéger, 8c à lui être libéralede lés faveurs : il y avoit un grand désordre dans ses prin-cipes 8c dans ses actes de piété, 8c néanmoins la persua-sion n’en étoit pas séparée. En voici une preuve : iln osa jamais jurer fur la croix St. Laud (132) (Ç) unechose fausse ; car il fut frapé de la tradition vulgaire, queceux qui jurent fur cette Croix z? fe parjurent meurent misé-rablement avant la fin de ïannée (133). Le Connétablede Saint Pol le pria de jurer sur cette croix, qu il ne luiferoit, ni permettroìt qu’on lui feit aucun mal (134). LeRoi répondit qu il avoit juré de ne faire jamais ce sermentà, homme vivant,. & qu il n’y en avoit point d’autres qu’ilne fit volontiers pour l’assurer (135).
Je souhaite que cette Remarque serve divertissementau Lecteur, qu’il n’y a point de pensées dont il failleplus se défier que de celles qu’on débite d’une maniérééblouissante, 8c d’un ton majestueux. Les Réfléxionsde l’Abbé de St. Real que je viens d’examiner sont lesplus propres du monde à éblouir; mais ôtez-leur les or-nemens, regardez-les un peu de près e» elles-mêmes ,vous n’y trouverez rien de solide.
(A Laudus & Lauto , Noms Latins de ce Saint, fontallusion à Leodis 8c Leodus , comme les Ecrivains Latinsdu bas-siecle appellent tout homme qui, en qualité deVassal ou d 'Homme de quelque Prince, est réputé fidele àce Prince. Gesta Regum Francorum, Cap. XIII. citez parDu-Cange, au mot leodes zv fideles ; vivat Rex, qui taieshabet Leodes. Le nom de Laudus, si approchant des motsleodis 8c leodus, venans de l’Allemand leut, qui pourtantn’a point de singulier, a fait croire aux Peuples de laLoire grands équivoqueurs, que St. Laud étoit le ven-geur des parjures; 8c comme Louis XI, qui n’abandon-noit guere ce Pays-là, avoit la louable coûtume de violerses sermens les plus folemnels, de là venoit à ce Princed’ailleurs superstitieux, le scrupule de jurer la Croix deSt. Laud. R E m. C r 1 t.
(X) Mr.Varillas fe trompe fur la cause. • • • de l antipa-thie des François & des Espagnols .] „ La plûpart des Ré-
», lations Françoises 8c Espagnoles qui furent faites à,, l’occasion de l’entrevue de Louis avec Henry Quatre,, Roy de Castille mettent pour raison de 1 étrange chan-,, gement qui s’y fit, l’extrême négligence de Louis à„ s’habiller en Prince de son rang ; & pour dire le vrayavant cette entrevue les François 8c les Castillans pra-tiquoient à l’égard les uns des autres toutes les réglésd’un bon voisinage. Ils fe secouraient réciproquement;" Us sc rendoient tous les bons offices qu’exigeoient la" bienséance 8c la charité (136)”. Mr. Varillas en rapor-te divers exemples, âpres quoi il continue de cette fa-çon , mais aprez. que la Cour de Henry quatre Roi de Cas-tille’, qui t étoit mise dans un équipage fi magnifique qu il nes en étoit point vû de semblable ny Rapprochant depuis troisou quatre cens ans, eut apperçu Louis habillé d'un drap deBerry qui n étoit pas neuf, & lu tête couverte d'un vieil cha-Z Z peau
(f) Volez, sonHistoire deLouis XI,aux Liiìr. lll
& IV,
(c)i) lifts,la pag. 238de son Livresf en ai cit éles paroles,ci-dejsvís ,Citât. (I2*)«
(m) Eiu
est à -dngertà
(133) Mat-thieu, Hist,de LouisXI, Livrà
V /, Chap .XVZipagsZ 09 . VoitZa
taisíf Vaiil-las, dans laPréface dei’Hist. deLouis X I,
(r 34 ? Lemême Mat-*thiea 9 / 4 -mime,
(135) Li-
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(i 3 «) Va-rillas , Hist.de LouisXI , Ltvr. X,
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