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Tome troisieme. K - P.
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L O U 1 S Xît

Çuabìe par de grans événemens, les uns heureux, 8t les autres malheureux (Cji maïs à toutprendre il fut un des plus illustres que l’on eût vus depuis quelques siécles. La Républiquede Venise étant devenue fort puissante, & la fierté qui accompagne le grand pouvoir nianttrop paru dans fa conduite, plusieurs Etats fe liguèrent pour la mettre à la raison (D).Louis XII, qui entra dans cette Ligue,eut presque lui seul toute la gloire d’avoir humiliécette puissance (£), qui s’étoit rendue formidable & odieuse à tous ses voisins. Après un sibeau succès ce fut contre ce Monarque que l’on se ligua, par les intrigues d’un Pape (£), quiétoit non seulement un grand guerrier, mais aujsi un fin politique. Louis terrassa de telle

sorte

(é) Jules

ï I. Votez,son ^Article «

-, • Aération daíis une injure si sensible fut admirable. Ainsinúsmc L raison veut qu’on ajoûte plus de foi à sa parole, qu’auxWx a scrmens de son mari. Or il est certain qu’elle déclara auxS ’étoit abs- Commissaires, avec toute la modestie que fa vertu 8c soncoas de ^ exe éemandoient, que le mariage avoir été consommé.^ matiage " J eanne àe France interrogée à son tour sur les mêmesVatili. Hist.' „ articles, répondit.que l’honnêteté ne lui per-

de Louis „ mettoit pas des s’expliquer nettement fur le troisièmej Livr - », article (6), 8c que néanmoins fa conscience l’empê-' 21 ‘ „ choit d'en demeurer d'accord ( 7 ) ”. S’il étoit vrai,

comme un Jésuite l’assure, qu’il parut de grans prodiges

(r) Li-mi- lorsque ce mariage fut déclaré nul, il ne faudroit point

7nt ‘ douter des injustices, & du parjure de Louis XII. La

déclaration de la rupture sut suivie, ou du moins accompa-

(s) Louis Z n ^ e de prodiges furieux , comme de tremblement de terre,de Eon-y. forage, de tempeste > de tonnerre, c? fur tout d'une obscurité

st grande , qu en plein jour on sut obligé, dit cet Auteur (8),. , . t de fe servir de flambeaux pour pouvoir lire la sentence de sepa-des sávans ration, cr de cette nullité de mariage (9). Voilà des faitsà 7 n» surprenans, 8c dont les Auteurs contemporains n’ontpoint dû fe taire: leur silence général seroit un prodige//Vie“dek plus étran S e siue ceux-là. II faut pourtant qu’ils n’aientBjeme Jean- r ' en dit là-dessus; car s’ils en avoient parlé, la connois-ne de Fian- sance dune telle chose ne se seroit pas si mal conservée,« Vtepar qu’il n’y a presque personne qui ne la regarde commeBony V une nouvelle découverte dans le Livre du Jésuite. Ra-sai,; ‘ * portons ici la Réflexion d’un Auteur moderne. Com-ment fe peut-il faire, dit-il (10), qu un événement de cette> . nature n ait pas été connu d Brantôme , ni à Mr. Varillas,

velles^d°e U ~la. 6nt ^ u tant de Mémoires secrets ? On doit remar-

îtépub. des 1 uer cette petite dipference entre eux deux, que le dernier dit net-ï-ettres , tement que la Reine Jeanne a fait des miracles, au lieu queà-- de Sep- le premier s'est contenté de ces paroles, on la tenoìt pourstsir' IS 8 4 - Sainte , & quasi faisant miracles. En ces matières, plus on7îî ' est éloigné de la source, plus on en st ait. Notez que le peu-ple de Paris murmura hautement de ce que le Roi avoit repu-z«ai Me K - ^‘ é sole de Louis XI, & qu’;/ y eut des Doéleurs frrupu -gé. a ciuono- s UX , l’ en blâmeront dans les chaises (11). Jugez par làlog. Tome “ l’on se fût tû sur les prodiges. On pourroit dire que41*. àpuis la mort de Brantôme il s’est fait plusieurs miraclesau tombeau de cette Reine ( n), 8 c qu’ainsi Mr. Va-lu) Hila íì! as - 3 P , u . etre P lus Positif que Brantôme ne l’avoit été.ìioi, L Quoi qu 11 en soit, la Sentence qui déclara nul ce ma-Coste, eio- riage aiant été prononcée le 22 de Décembre 1498 (13),£« des Da- le Roi épousa Anne de Bretagne le 8 ( 14, de JanvierL,à- suivant.

ìl >pag. 20, ( c ) 5 o* Régné fut remarquable par des . événe-

•in que 1^^ mens . . . malheureux.) II faut mettre entre les plus grans

•A. / / / . maihpnve T /\t,V n "V T T , 1

mets miracles . ' — r-—*"- 1 - ^ ueux pertes; mais on ne la

au sépulcre de pouvoit pas attribuer toute entiere aux fourberies de laU Heine , Cour d’Espagne. Les François furent batus en plusieurs

Jeanne,écri- rencontres; ainsi l’on peut dire que la Cour de France fescsflsp™ Lissa jouer vilainement par celle d’Espagne, 5 c que lespeur u dtu- soldats François fe laissèrent battre par les soldats Espa-Ter bienhtu- gnols. La mauvaise conduite des Généraux de Louis«“p’^ XII,cause manifeste de ces disgrâces, n’est pas un sujet»<• ’<*« "cVm- df consolation & d’apologie ; c’est plutôt une autre mor-rpìffòires faur tisication pour ce Prince : cela témoigne qu’il choisissoitmjormer de mal ceux qu’il emploioit à ses affaires. L’autre perte, jeracles, veux dire celle du Milanez, témoigna visiblement ce dé-faut. II en donna le Gouvernement à un homme fortÍ’O An- haï (15), 8c qui dans ce poste fe rendit plus odieux qu’ilGe e> Hist - ne l'àoit; & qui entre autres fautes commit celle desouffrir que les François provoquassent la jalousie des ha-bitans, par les libellez qu’ils fe donnoient auprès des fem-mes (16). Encore cette fois-là on eut la consolation deG4) Lk-m:. recouvrer promtement le Milanez, de quoi l’on fut re-Me’zefj- 128 ’ devable à un coup de perfidie qui est très-rare parmi lesA W g é Suisses (17); mais jamais Louis XII ne put réparer lesÇhronoi. autres pertes de ce païs-là. Ce fut en vain qu’il mit furpT' lv% Pied de grandes armées pour fe venger duRoi d’Aragon;dit £ ig’ h échoua par tout, 8c en Italie, 8c dans la Bifcaie, 8cdans le Rouísillon. Le déplaisir qu’il eut de tant de mau-bs) vais succès , de la perte de fa réputation, est de ne pouvoir de-

nv alce. velopper toutes ces fourbes Espagnoles , fut si grand qu’il luicausa une maladie qui le mit à /’extrémité (18).

Me- (D) Plusieurs Etats fe liguèrent contre la République deAl,re ' "àfe, pour la mettre à la raison. ] Louis étoit fort enCTo^hxon. colere contre les Vénitiens, à cause d’une vintaine d'of-^•'íîo.’ì qu’ìls lui avoient faites (19). Le Pape,l’Empereur,

"**• ’sôo. K so Roi d’Espagne, ne les hdijfóient pas moins pour diffe-

qsîisf jr t0 ”‘b‘r Ludovic Sforce entre les mains des François, quoiIsóa ia&c! - V«>î. Mezerai, là-même, pag. 421, à l’ann.

* P m», ijo/ M- 43?» à l’ann, JJ04, (iyj U-même

rentes causes, L? particulièrement parce qu ils avoient empiétédes terres fur chacun dieux (zo). Toutes ces puissances fi- (to) Là-ml-rent une Ligue contre eux fi secrètement à Cambrai Pan mc ’ a 1 ann ‘1508 (zi), que tout habiles qu’ils étoient, ils if en apri- 1507rent la conclusion que quand elle commença d’être exe- / 2I \ Lì-mê-cutée (zz). L’Ambaffadeur de France (zz) déclama con- me,à i’am.tre eux d’une terrible maniéré, dans une Harangue qu’ilprononça devant ì’Empereur Maximilicn l’an tjio. Ilraconta /’ origine, les progrès, les desseins, ses artifices, or les (vz) Meze-moiens de regner de cette République (2,4). Mais il faut se -nume,

souvenir qu’un Orateur, qui veut animer à la guerre ceuxà qui il parle, ne se pique pas trop de l’exactitude d’un ( 23 ) LouisHistorien. Quoi qu’il en soit, cette République avoit été ndian.déjà maltraitée autrement que par des paroles. C’est cequ’on verra dans la Remarque suivante. la p^d

Notez que Jean le Maire de Belges, Indiciaire, & HÌs- anc itZs-toriographe de la Reine Anne de Bretagne femme de Louis gue dans uXII, fit un Livre qui étoit pour le moins aussi satirique TraduSionque la Harangue de l’Ambassadeur. II l’intitula La Le-gende des Vénitiens. II observe dans son Prologue, quel’on tenoit alors pour toute assûrée l'entiere ruine de leur 1577,^République, 8c qu’on alléguoit certaines prophéties (z j), or a- qu’on joignisclés, ct vaticinations fur ce sujet, Z? prognofiications d’astro- a u Lraduc-logie, apparences de signes , estranges éclipsés, comètes, fuimi- Squíitl-nations, tremblemens de terre , monstres > portentes , cr prefa- nio déliages divers. . Je me fuis mis en peine, continue-t-il, Liberta Mo-

de faire un recueil cr decours sommaire de toutes les histoires n ® ta t. T í"' fcr chroniques des Vénitiens, lesquelles fay réduit en trois sjss 1 ”’''poinâls principaux: c? ay trouvé par iceux,que fi aucunes Pro- Hollande,pheties, vaticinations , ou prognostiques ont esté divulguées àe avec /’Hìs-leur ruine, ce ha esté prévision cr preadmonitton de la juste toire dujudicature divine : ce que je pretens prouver par lesdits troispoinéls ou articles. II est utile de marquer ceci afin que l’on Venise, com -ait des preuves : 1, de la fanfaronnerie des Nations qui pos e par Mr,voient un heureux commencement à leurs entreprises: d «

2, de la crédulité avec laquelle les peuples ramassent 8c p 2 . US "apliquent les pronostics: 3, de la promtitude avec laquel-le la Providence confond ces discours superbes 8c super- ( 2J ) n mstitieux; car la République de Venise ne fut pas long tems spécifie m benà fe relever. nombre,

(E) ... il eut presque lui seul toute la gloire d’avoir hu-milié cette puissance.) „ Les Vénitiens le virent en même,, tems delà les Monts avec 40000 combatans leur com-» mencer là guerre, 8c le Pape les foudroyer de ses ex-,» communications, qui font grande impression fur les„ peuples, quand esses font fortifiées par la terreur des„ armes. Le Roy, ayant passé la riviere d’Adde, pour-,, suivit de si prés leur armée,qu’il la combatit le !4jour,» de May,8c gagna cette mémorable journée de laGiera-„ d’Adde, prés du village d’Aignadel à quatre milles de„ Caravaz. Toute leur Infanterie y demeura, & leur», General Alviane ayant perdu un œil fut fait prisonnier.

,» En quinze jours de temps le Roy, presque sans COUp„ ferir, conquit toutes les places qu’ils lui detenoient.

„ II eustbien pû prendre encore Vicenze, Padoue, Ve-„ ronne, Trevis, Sc toutes celles qui appartenoient à„ l’Empire ou à la Maison d’Austriche, s’il eust moins„ eu de justice que d'ambition. II renvoya les Députez„ de toutes ces villes qui luy apportoient les Clefs, à„ l’Empereur, qui les receut fous son obéissance, 8c f„ mit quelques garnisons. Le Pape avoit fait entrer une„ armée de 10 à iz mille hommes dans la Romagne (z6) ( 2 6)

..Le Roy Ferdinand n’avoit qu’une petite armée rai, Abré-

„ navale dans le Golfe,8c s’attendoit à profiter, comme ge Chron.

„ il fit, du travail 8c de la depenfe des François. Or la .s 1„ feule perte de la bataille d’Aignadel mit la Seigneurie ^sann. '

„ de Venise dans une telle consternation, que defefpe- i 50 ,.

„ rant de pouvoir rien garder dans la terre ferme, elle„ résolut de se resserrer dans les Isles de son Golfe; Et„ dans ce désespoir este commanda à tous les Gouver-„ neurs des places qui avoient esté au Pape ou a Ferdi-„ nand de leur ouvrir les portes, 8c rapella ses Magis-„ trats de Veronne, Padoue, Vicenze,8c autres fur qui„ l’Empereur avoit prétention. Voilà comme ces trois„ Potentats par la valeur des François, plustost que par„ leurs forces, recouvrèrent tout ce qm avoit été empié-té fur eux- Et comme l’ambition des Vénitiens, pour" n ’avoir point eu de bornes, vit restrecir en moins de„ rien celles de leur Seigneurie jusqu’au bord de leur Ca-„ nal (27) ”. C’est un Historien François qui parle, me (27) Lk-mi-dira-t-on: il est suspect de flaterie, en attribuant à Louis me >K- 44^,XII tous les effets de la Ligue de Cambrai: citons doncPaul Jove, qui reconoit que 1 Empereur n avoit presquefourni que des Envoiez, lors que l’armée de Franceavoit déjà confiné toutes les forces des Vénitiens dansleurs canaux, Citons, àje 3 Paul JoVe, qui, pour ex-Z 3 cuser