LOUIS XII
(c) Voiez, U\em. (if).
(d) Meze-lai, AbrégéChronol.
Te m. IV,pag. W.470.
(<) . A com-menter Van-née nu I jourde Janvier,
sî8) PaulusJovius, inVira Leo-nis X, Liír,Jl. pag. m.73 > 74 -
(lp) C’est levnsmc que leDuc de Ne-mours»
(30) Meze-z ai, Abré-gé Chron.Hom. IV ,
pag. 457 3 Ài’ann. 1510.
{31) Erantfierique adeomente conster-7 ìíiti , ut Ju-
iio veluti des -peratts rébusab OjlÌA tri-rernìbus su -giendum essetrépidé sttade *vent. jovius ,in Vita Leo-íûs X, Libr.lljpag. 107.
(3ï)Me-zerai, Abré-gé Chron.Tom. IV ,pag. 460.
fzz) Dansla Remarque(Id) dcl'nAr-tic'e deLOUIS VII.
( 34 ) Me-zerai.Hìst,de France,Tom.II, pag,r-o,rsr.
i8r
forte cette Ligue, que si le Duc de Nemours n’avoit pas été tué à la journée de Ravenne^ onauroit vu ce Pape fier & belliqueux chercher un asyle hors de Rome (F). La France l’auroitmême fait déposer, nonobstant la mort du Duc de Nemours, si presque toute l’Europe n’a-voit conjuré contre elle. On n’avoit jamais vu contre un seul Roiaume un tel concours d’en-nemis (G). Auífi doit-on avouer que la France se vit réduite à de grandes extrémitez ( c ).Mais outre qu’il est fort glorieux à Louis XII que ses voisins l’aient assez redouté, pour croi-re qu’à moins que d’agir tous de concert ils ne l’arrêteroient pas,il eut encore la gloire de dis-siper cette formidable Ligue par la voie de la Négociation ( H). La paix qu’il fit avec lesAnglois fut un grand coup de partie. II est vrai que par accident elle lui devint funeste, l’aiantattiré dans un mariage qui lui causa plus de mal, que n’auroit fait une armée de cent millehommes; car ce Prince aiant épousé la sœur d’Henri VIII, jeune Princesse fort aimable ,s’abandonna un peu trop aux plaisirs du mariage (/). II ne proportionna point à ses forces ,ni à son âge, mais à la jeunesse de son épouse, les devoirs qu’il lui rendoit. Comme il n’avoitque des filles, il fouhaitoit ardemment qu’elle lui donnât un Successeur. II usa bientôt à cetexercice la délicatesse de son tempérament. II consomma le mariage le dixieme d’Octobre1714 (d), Sc il mourut d’un flux de ventre le prémier jour de Janvier iyiy (e), à l’âge de
cin-
cuser le Pape de ce qu’ií abandonna la Ligue, 8c se réd-uit avec eux, représente que c’étoit le seul moien de con-server ritalie. II ne dit pas qu’elle eût à craindre l’Em-pereur oit lé Roi d’Espagne:il ne parle que de Louis XII;íes paroles font très-fortes. In praaltis animé recejfibus gra-•viores causa pontificem cuntilis senfibus peracrem , ftrenuum ,indomitum, vehementer excitabant, ut saluti Italie maturejprofpiceret, diligentifimeque caveret, ne deletis Venetis, im-potente demum barbaro foret serviendum. Namque Ludovì-cus ubi uno secundo pralìo Venetas opes còtitrivit, ac âdemptistot urbibus continentis , gentem adverso rerum succejsu conter-ritam intra paludes , ipsasque Venetias circumfiui maris bene-ficio permunìtas compulit, cuntlis formidandus evaserat : pre-sertim quum ad id bellum Maximilianus César nihilfere pre-ter legatos z? Augusti nomen attuliffet. Noverat Julius Gai-li régis ingenmm proferendi imperii maxime avidum : noveratìnexhauftas Gallorum opes : videbat florentijfimum Mediola-7 ienfium imperium exatlis Sfortianis Gallie attributum ; Ligu-res verò suos, armés plane domitos , ac arce cervicìbus impofi-ta in servìtutem reàaSlos. Pùrro Venetos , quorum toto orbeterrarum paul'o ante summa Z 7 inveterata fuiffet aubioritas ,unius hore momento , copiis , imperio , ac dignitate penitus ejsespoliâtes. Sjuibus rébus adduBus ( uti pium equijfimumque zvverê Italum pontificem decebat ) Venetos, ne se tantis stutli-bus obrutos , plane demerjos , ac penitus extinèlos vellet, fitp-pliciter deprecantes, sublevandos censuit (28).
(F) Si le Duc de Nemours n avoit pas été tué ... on au-roit vu le Pape . . . chercher un asyle hors de Rome.] Avantmême que Gaston de Poix (29), ce foudre de guerre quiauroit aparemment surpassé les deux Scipions s’il avoirvécu autant queux: avant, dis-je, qu’il eût remporté lavictoire de Ravenne, Jules II fut fur le point d abandon-ner Rome, pour ne pas tomber entre les mains des Fran-çois : 8c l’eût abandonnée, fl Louis XII ne se fût laisséenchanter par les charmes de la superstition. C’est Me-zerai qui me l’aprend. Dans cette consternation, ne voyantpas mesmes de seureté pour luy à Rome, fi l'armée du Royvictorieuse le pourfuivoit, il rechercha les voyes d’accommode-ment’. ?nais dés qu il feeut que le Roy 9 fatigué des scrupulesimportuns de fa femme , avoit mandé a Trivulce de ne pointattenter fur les terres de l’Eglise , il se monstra plus dur &plus implacable que jamais (30). La viéìoire de Ravennecausa dans Rome une semblable consternation, quoi quele Chef qu’on avoit le plus à craindre eût péri dans la ba-taille. On alla suplier le Pape de s’embarquer au plutôt& de s’enfuir (31). Les charmes de la même superstitionle rassurèrent encore, 8c le tirèrent d’affaire. L’épouvantefut fi grande à Rome , que les Cardinaux en Corps furent sup-plier le Pape de faire la paix avec-le Roy. Ferdinand lesVénitiens luy ayant un peu remis le cœur, il eut recours àses artifices ordinaires, qui efioient d'amujer le Roy par despropositions d'accommodement, zsr de faire agir la Reyne, quipar des motifs de conscience, par des caresses, intrigues, im-portunitex., le désarmait souvent Ot le ralentisfoit. (32) Quine plaindroit la destinée de Louis XII, qui avoit un en-nemi domestique fl dangereux dans la personne qui luiétoit la plus chere ? Cela confirme puissamment ce quej’ai dit ci-dessus (33) touchant les scrupules de Louis VII.II n’est rien de plus capable d’arrêter un bras prêt à ter-rasser son ennemi, ou à recueillir les fruits d’une impor-tante victoire, que les artifices ou que la bigoterie d’unConfesseur. On dit bien que le bon Louis XII imposaune fois lilence à fa femme qui ne cessoit de l’importu-ner : Hé quoi, Madame, lui dit-il, pensez-vous être plussavante que tant de célébrés Univerfitez, qui ont aprouvé leConcile de Pise! Vos Confesseurs ne vous ont-ils point dit queles femmes n ont point de voix dans l Eglise (34) Mais de-quoi pouvoit servir de dire cela une t ois ? Une femmeaussi aimée de son mari, que l’étoit Anne de Bretagne ,ne se rebute point pour trois ou quatre refus. Elle re-vient à la charge, jusques à ce qu’on lui accorde ses de-mandes. Ce font des oiseaux de lit ou de nuict, dontle,ramage est fort à craindre: il persuade tôt ou tard.L Historien que j’ai cité observe que de certains Religieux ,qui dirigeoient la conscience de cette Reine, lui remplis-stoient l ame de scrupules ,st bien quelle ne cessoit d’en importu-
ner son mari (35). Si Juvénal avoit su de pareilles choses, (?;).il auroit fait plus de peur des superstitions que de la pé-danterie d’une femme (36). La Reine dont nous par-Ions s’opiniâtra tellement à pousser fa pointe, qu’il salutenfin que son mari lui accordât tou>ce qu’elle fouhaitoit;c’est-a-dire, qu’il se soumit bassement à la Cour de Ro- .
me. Voici encore un Passage de Mezerai(z7) : L’esprit du “y
Roy se soustenoit contré toutes ces adversités! ; mais il avoit une jmtfa re-peint domestique plus grande que celle que luy faisaient tous ses ‘■ambit,ennemis. C'efioit fa propre femme , qui, touchée des scrupulesordinaires a son sexe , ne pouvoit souffrir qu il fuft mal avec tum fermant ‘le Pape, o qu il entretint un Concile contre luy. Comme rotataelle luy rompoit perpétuellement la teste sur ces deux pointés , Tarymat en-il estoitsouvent contraint pour paix avoir, d'arrester ses ar- , s’ nc f“ l , >‘smes, lors que ses affaires allaient le mieux, O 1 qu il estait furle pointé d’amener Jules à la raison. Enfin, estant tout-à- vénal". Sa-fait vaincu par ses importunitez, c par les remonstrances de t>ra VI,ses sujets quelle suscitait de tous caftez, il renonça à son Con- Ver s “Ft 5 -cile de Pise, & adhéra à celuy de Latran par ses Procureurs ,qui firent lire son mandement dans la huitiefme SeJJìon le 14 (37) Meze-'de Decembre, le Pape y prestdant (38). lai, Abrégé
(G) On n avoit jamais vu contre un seul Royaume un tel cllr °nol.concours d'ennemis!] Louis eut à soutenir la guerre tout Jâg.stepdià la fois contre le Pape, contre la République de Venise, eìm. uh,contre l’Espagne, contre l’Angleterre: ou contre le Pape,contre l’Angleterre, contre l’Empereur, & contre lesSuisses: & pour surcroît il lui salut soutenir un misérable a*?
Roi dépouillé (39), qui ne l’aidoit que de la justice de sa us 11 JV "cause, ce qui ne servit de rien; 8c c’est; assez l’ordi- \>m. (’glnaire.
(40) Meze-rai, AbrégéChronol,Tom. IV,Pps- 4S7. £l ann. ijij .
(Js) . . . 11 eut la gloire de dissiper cette . . Ligue par la , .
ote de la Negoctatm.] „ (40) La France se trouva dans Jíubra rt-s» le plus grand danger où elle eust esté de long-tems. Car rfe Navam.j> d un costé les Suisses extrêmement enflez de la victoire» de Novarre y entrerent par la Duché de Bourgogne ,
„ & luy (41) avec l’Anglois l’attaqua du costé de la Pi-„ cardie. Les Suisses assiégèrent Dijon avec 25000 hom-,, mes, ausquels l'Empereur avoit joint la Noblesse de la„ Franche-Comté, 8c quelque Cavalerie Allemande„ commandée par Ulric Duc de Virtemberg. La Tre--- mouille Payant défendu fix semaines, jugea qu’il estoitj, meilleur de destourner ce torrent, qui, après la prise M c'ejí-i-», de cette place, eust tout inondé jusqu’à Paris, que de dnl„ le rendre plus violent en l’arrestant. II entra en nego- rtHr ’
„ dation avec eux, 8c la conduisit fi bien qu’il les ren-„ voya en leur pays, s’obligeant de faire en forte que le,, Roy leur fourniroit 600O00 escus, 8c qu’il renonceroit,, au Concile de Pise 8c à la Duché de Milan. II n’avoit„ point d’ordre exprès de leur accorder ces conditions •
„ mais il creut le devoir faire pour sauver la France, 8c„ leur donna six ostages, deux Seigneurs, 8c quatre„ Bourgeois (42,). . . . An meíme temps & vers la my-„ Juillet l’Empereur 8c le Roy d’Angleterre a voient as-„ siégé Terouënne avec plus de 50000 hommes. L’Ar-,, mée Françoise jetta assez heureusement un convoy de te ’ fl. u ’ CLl ~
„ vivres 8c de munitions dans les foffez : mais au retour, Ient e *
„ ne se tenant point sur ses gardes, elle fut chargée 8c„ mise en desroute. Le combat se donna le 18 d’Aoust„ près de Guinegaste: on le nomma la journée des espe-,, rons, parce qu’en cette occafion les François s’en ser-,, virent mieux que de leurs espées Terouënne capi-tula 15 jours après (43). Tournai fe rendit de bonneheure. La paix vint donc à propos : elle fut conclue àLondres le 2 d’Août 1514 (44).
(I) Il s'abandonna un peu trop aux plaisirs du mariages]
Guicciardin 8c Paul Jove font cette Remarque. CœlibiLudovico, dit ce dernier (45), supra solenne pacis ac amici-tu fœdus, Maria Henrici régis foror eximia venustatis virgo Tam°i°v~despondethr. syua m Galliam perdufta, Ludovicus incredi- pag, ' 4 ss.*bili sumptu cr mira ludorum varìetate nuptias celebravit. Seddum atatis e? valetudinis qua ei tum erat tenuijfima, pene
oblitus,
(4s) Paulus Jovius , in Vita Leonis X > Libr. III, pag. 14S. Dansle XIV Uvre dejon Histoire il parle atnfi ' Scd Rex State provessa*
■ . quum intemperantius puellaribus complexibus induisisses, infebrim incidit, neç multo post invalescente Ctiam Ptofluvio YCsl-ttiï extinctus est,
(4?) Mezé*
lai dit ici ,jue le Roiaiant refuséde ratifierce Traité,leurs têtescoururentun extrêmedanger. Lafeule crain-
rent JesSuisses deperdre lesgrandessommesd’argentqu’il leurofifroit, sau-va la vie deces inno-cent.
(43) Mezé;rai, AbrégéChronol.
(44) Là-mi-
mt, p“g. 470*