LOUIS XIII.
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me iî voudroit ( X ), s’il rompoit entièrement avec elle. On le sollicita souvent, ou de don-ner ordre, ou de permettre, qu’on tuât ce Cardinal ( Y) ; mais on n’obtint point cela de lui.II ne voulut pas mên* qu’après la mort de ce Ministre fa famille perdît rien de son éclat j Lc
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ce font les termes d’une Déclaration du Roi (ir;) > qu fi-fres avoir pardonné au Comte de Solfions, noflre Coufin, lamauvaise frastpue qu il fit contre noftreservice en 1636, lorsque nous confiions nos armes entre fies mains , il se fât embar-qué de nouveau z?c. Volez ce qui a été dit ci-deffus (126)touchant la levée du íìege de Fontarabie.
On a vu au commencement de cette Remarque quele Cardinal de Richelieu irrita Cinqmars en l’empêchantd’épouser une Princesse. N’engageons point le Lecteurà la fatigue de consulter un autre Ouvrage : disons icique cette Princesse étoit la même Marie de Gonzaguequi épousa le Roi de Pologne quelque tems après. Elleavoir été aimée duDuc d’Orleans frété unique de fa Ma-jesté; mais la Reine mere, pour empêcher qu’il ne l’é-pousât, la fit mettre dans le Bois de Vincennes (127).Cette détention finit peu après par ordre du Roi,qui pro-mit en 1631 à son frere qu’on lui permettroit de l’épou-ser (118). Le Duc d’Orleans ne profita point de cesofres; il méditoit une rébellion qui fut réprimée dès fanaiffmce, 8c il se sauva dans les pais étrangers, 8c s’en-gagea avec une sœur du Duc de Lorraine. L’une dessix choses, qui donnèrent à Cinqmars une furieuse aver-sion pour le Cardinal de Richelieu, fut qu’en lui parlantde la Princesse Marie de Gonzague, il ajouta que sa merele vouloir marier avec elle. Vôtre mere, répondit son Emi-nence , est une folle-, zv fi la Princesse Marie a cette pensée ,elle est plus folle que vostre mere. Aiant été proposée pour fem-me de Monsieur , auriez-vous bien la vanité zvla présomptionde la prétendre ? c est chose ridicule (119). Notez que l’Au-teur des Galanteries des Rois de France a débité unechose diaboliquement satirique touchant ces amours deCinqmars.
(r) On le sollicita souvent de donner ordre, ou de permet-tre , qu on tuât ce Cardinal. ] J’ai raporté dans la Remar-que précédente la Réponse que fit Louis XIII à la pro-position de disgracier le Cardinal. Cette Réponse fit con-clure à son jeune favori (130), que quand il auroit tué leCardinal , le Roi fierait bien aise tt>ut le premier d’en être dê-
rest du Conseil de ce même jour douzième de May, par lequeltrès-expresses inhibitions 8c défenses estoient faites à la-dite Cour de Parlement, de mettre à l’avenir en délibé-ration telles 8c semblables Déclarations, concernant lesaffaires d’Estat, Administration 8c Gouvernement d’ice-luy, à peine d’interdiction de leurs charges, 8c de plusgrande, s’il échéoit: 8c pour la faute commise en ce re-gard par ladite Cour, elloit ordonné que lesdites Lettresde Déclaration seroient retirées d’icelle , avec défensestrès-expresses de prendre aucune juridiction ny connois-sance du contenu en icelles. II n’y eut jamais personnequi fût mieux instruit des Loix du Roiaume que le Chan-celier de l’Hôpital. Volez néanmoins de quelle maniéréil fit parler Charles IX (119). Bodin vous aprendra quece Prince fit un Arrêt le 24 de Septembre 1563, pourdéfendre au Parlement de Paris de mettre en dispute sil’on vérifieroit ou non les Edits que Sa Majesté leur enver-roit (120). François ! avoit fait une semblable Ordon-nance l’an i;z8 (121).
( X) Il s’imagina que ses troupes étant commandées par lescréatures du Cardinal, il rien disposeroit pas.] Les Mémoi-res de Mr. d’Artagnan nous aprenent que Cinqmars Fa-vori du Roi conçut beaucoup d’aversion pour le Cardinalde Richelieu, depuis qu’il eut remarqué que cette Emi-nence empêchoit qu’il n’épousât une Princesse. II tâchade porter le Roi à congédier ce. Ministre ; 8c il croyaitavoir remarqué que fi Sa Majesté ne le chajfoit pas d’auprèsd elle, c étoit bien moins .manque de bonne volonté que parcequelle l'appréhendait. Elle lui avoit répondu effeélivement ,quand il lui en avoit parlé , que ce qu il lui propofoit là étoitbien difficile ; qu il ne faisoit pas réflexion que ce Ministre étoitmaître de toutes les places de son Royaume zy de toutes les ar-mées tant de mer que de terre-, que c étoit ses parens cr sesamis qui les commandaient , ZV qu il pouvoit les faire révoltercontr elle toutes fois zy quantes que bon lui semblerait (122).Joignons à cela une réfléxion. Les Favoris des Princes,ou ceux qui ont le plus de part au Gouvernement, s’a-pliquent pour l’ordinaire avec une vigilance incroiable à
se faire donner, ou à procurer à leurs parens les emplois fait, bien loin de songer % le venger: ainfi se confirmant toâ-les plus lucratifs, 8c les plus glorieux. On diroit qu’ils jours déplus en plus dans le dessein de faire périr ce premierse regardent comme les héritiers du genre humain; il n’y Ministre, il 'tâcha d’engager Treville à l’exécution,-a point de charge vacante qu’ils ne demandent ou pour ' ‘ " "
eux, ou pour quelqu’une de leurs créatures. II y a des
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gens qui n’attribuent cela qu’à une avarice insatiable, &qu’à une ambition démesurée : mais il est sûr que si aucommencement ce sont les causes uniques de ce procédé,la prudence dans la fuite en est le plus grand motif; carles envieux , 8c les ennemis d’un prémier Ministre ^'aug-mentent a mesure que son autorité se fortifie; il a doncde jour en' jour un nouveau besoin de se faire des apuis;Lc des rempars; & c’est pourquoi il ne cesse point d’éloi-gner des charges les personnes qui lui font suspectes, 8ed’avancer ceux qui se dévouent à sa fortune. Le Cardi-nal de Richelieu se maintint par là, 8e afermit de tellesorte sa puissance, qu’elle dura plus que fa vie. Vousavez vu dans le Passage des Mémoires de Mr. d’Arta-gnan, que ce fut,ce qui empêcha le Roi de satisfaire l’en-Vie de le ruiner. Voiez un peu en quel état furent leschoses après la mort de son Eminence; voiez-lc, dis-je,dans ces paroles de Mr. de la Rochefoucaud (123): J’ar-rivay à la Cour, que je trouvay dusst sousmise àsesvolon-tez (124) après fa mort, quelle 1 ‘avoit esté durant fa vie.Ses parens a? ses Créatures y avaient les mesmes avantagesqu il leur avoit procurés ; zy par un effet de fa fortune, donton trouvera peu d’exemples , le Roy, qui le hdijfoit, zy qui sou-haits oit sa perte, sut contraint non seulement de dissimuler sessentiment, mais mèsme d'authoriser la disposition que le Car-dinal de Richelieu faisoit par son Testament des principalesCharges z? des plus importantes places de son Royaume. Ilchoisit encore le Cardinal Mazarìn pour luy succéder au Gou-vernement des affaires ; zy ainfi fut affeuré de regner bien plusabsolument après fa mort, que le Roy son Maistre n avoit peufaire depuis 33 ans qu il estait parvenu à la Couronne. Maispour ne rien oublier , il faut que j'observe qu’il étoit duservice du Roi, qu’en ce tems-là les armées 8c les placesfortes ne fussent point fous la direction des ennemis duCardinal. L’habileté de ce Ministre n’éút point sufi à lemaintenir fans les bons succès qui accompagnoient les ar-mes du Roi. II eût falu nécessairement qu’il succombât,si les guerres de Louis XIII eussent été malheureuses. IIétoit donc de l’intérêt de ses ennemis que les Espagnolstriomphassent, & missent le Roiaume dans une conti-nuelle fraieur. Que n’auroit-on pas eu à craindre, fl lesGénéraux François eussent souhaité la ruine du Cardinal,8c si leur destin particulier n’eût pas dépendu de celui de« Ministre ì Ceux qui souhaitoient sa perte eurent untrès-grand plaisir des prospéritez des Espagnols l’an 1636,le Comte de .Solfions Prince du sang s’aquita très-malde son devoir, lors qu’il fut question d'arrêter cette tem-pete. C est q U ’ij n ’ aU roit pas été marri qu’elle s'augmen-tat jusques au point de forcer le Roi à sacrifier le Cardi-nal a l’indignation publique. Nous neuffions jamais cru,T O M. m ,
» (131) Mais Treville qui étoit sage 8c prudent lui répon-„ dit quand il lui en parla qu’il ne s'étoit jamais mêlé„ d’assalsiner personne, Sc que c’étoit tout ce qu’il pour-„ roit faire si Sa Majesté lui témoignoit elle-même qu’il„ y allât du bien de son Etat. Cinqmars lui répliqua que„ s’il ne tenoit qu’à le lui faire dire, la chose seroitbien-„ tôt faite, qu’il s’en.faisoit fort avant qu’il fut deux fois„ vingt-quatre heures, 8c qu’il ne lui demandoit fa paro-„ le qu’à cette condition. Treville la lui donna fans fai-„ re trop de réflexion à ce qu’il faisoit. Cependant, soit„ qu’il ne le fit, que parce qu’il ne crut pas que le Roi„ consentit jamais à pareille chose, lui qui ne faisoit que„ dire tous les jours qu’il étoit au désespoir d’avoir fait„ tuer comme il avoit fait le Maréchal d’Ancre,ou qu’il„ se laissât un peu trop aller à son ressentiment, Cinqmars„ n’eut pas plûtôt fa parole qu’il pressentit Sa Majesté là--, dessus. Le Roi qui étoit naturel lui avoua qu'il ne se-ls roit pas trop fâché d’être défait de son Eminence, fans-> penser à quel dessein il lui faisoit cette proposition. II„ crut que ce qu’il lui en disoit n’étoit qu’une chose en,» l’air, 8c comme quand l’on demande à quelqu’un, fi» l'on seroit joyeux ou fâché que telle ou telle chose ar-,» rivât. Quoi qu’il en soit, Cinqmars, tirant avantage,, de cette réponse, fut retrouver Treville, ... 8c lui„ dit de tâter le Roi. . . , . . .Treville .... mit dès le„ même jour Sa Majesté sur ce chapitre. Elle ne lui ré-„ pondit rien qui ne fut conforme à ce que Cinqmars
„ avoit tâché de lui persuader.(132) Cinqmars qui
„ savoit déjà tromper adroitement 8c faire passer pour„ des versiez des mines 8c des œillades, crut qu’au lieu,, de faire dire à Treville tout ce qu’il lui avoit promis ,„ il lui fuffisoit de lui faire témoigner par le Roi les mê-„ mes choses qu’il lui avoit dites. Treville qui en avoit„ ouï dire tout autant au Roi, non pas une feule fois ,„ mais plus de cent, n’en fut pas fi content qu’il pensent.,, 11 souhaitta que Sa Majesté s’en expliqpât plus positi-„ vement avec lui, 8c la chose ayant traîné jusques à son,, départ, ils résolureht qu’ils exécuteroient leur coup à„ Nemours. L’un ne s’y obligea que fous promesse que„ l’autre lui fit toûjours de lui faire dire par le Roi ce„ qu’il lui avoit promis; 8c l’autre le faisant, parce qu’il„ croyoit toûjours l’amuser 8c 1 obliger insensiblement à„ faire la chose sans y faire une grande réflexion. Quand„ la Cour fut arrivée à Melun (133), Treville ayant,, sommé Cinqmars de fa parole, celui-ci le remet aFon-„ tainebleau où le Roi devoit séjourner un jour. U en„ parla effectivement à Sa Majesté 8c la pressa même d’y” consentir; mais le Roi ayant cette proposition en hor-” reur, 8c lui ayant fait réponse qu’il n’y pensent pasd'o-fer feulement lui en parler, il la cacha à Treville, Sc„ lui dit que Sa Majesté lui avoit répondu qu’on devoitB b „ entendre
(12s) Datetdu 8 de Juin1641. Voiez.les Mémoi-res deMoa-trefor, pat;,m. 367, 3 Sï.
(126) Dans laHem, (D)de L'Arlidtfònta-
rabie.
(117) Aube»ii,Hist. duCardinal deK-ichelieu,Livr. IV,Chap. VI,pap, m. 269& 270 du2 Tome.
(128) Là-P.éme, Chap.X VI, par,298.
(129) Votez, leJournal duCardinal deRichelieu,pag. 2-28 Edit vde 1648 Ùl II,
si3o) Mé-moiresd'Arra-gnan ,pag,1S1.
(131) Ai»mi mt.
ct n) Mé-moiresd'Arra-gnan ,pag,183 .
ctz ;3 Le \oiP art oit pourU Tsoujjilloìi
m 1642,