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Tome troisieme. K - P.
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(i 34 ) Mé-moiresd’Arta-gnan ,p*g.

IS4,

(13 j) Elit estparmi lesMémoiresde Montre-íor, pag. 203.Voler, eíiijjifug. ISO.

(13Í) Aube-li, Hist. duCardinal deRichelieu,Livr. VI,ChapitreLXXXIII,pag. 311.

Réfuta-tion de ceque Patin adit de lacause de lamort deMonfr. deThoufils del’Historien.

(137) Patin,lettreC X XIV.fag. 486 dnl Tome»

(13Î) Lirr.î-7ìte, Lettre

ccccXC 1 I,pag. 43 z dislll T ami.

(13s) Celaparait par lesPiétés dliProcès,

194 L O IX I S X I I L °

l’on croît qu’il en usa de la sorte afin de persuader au monde qu’il ne l’avoit point élevée parune condescendance servile (Z). La même raison eût dû le portera laisser dans les prisonsou dans llexil les personnes dont le Cardinal avoit causé la disgrâce: néanmoins, sc sentantproche de sa fin, il consentit à la liberté 6c au retour de la plupart. On assure qu’il entradans cette afaire quelques motifs d’œconomie {AA). Le peu de tems qu’il survêquit au Car-dinal fut peut-être le plus désagréable qu’il eût jamais passé ; car outre les infirmitez corporel-les , il sentit beaucoup de chagrins : 6c comme il est fort probable qu’il n’ignoroit pas les intri-gues de la Reine {BB), on peut se persuader raisonnablement que son esprit fut travaillé de

mille

„ entendre les choses à demi mot, fans obliger un Roi„ à faire un commandement comme celui-la ; que c’étoit„ ainsi qu’en avoit usé le Maréchal de Vitry, quand il

„ l’avoit défait du Maréchal d’Ancre.(134) Tre-

„ ville ne fut point content du t dut de cette réponse, Lc„ bien que toutes les mesures fussent déjà prises pour fai-„ re cet assassinât, il rompit tout d’abord qu’il vit que le„ Roi ne vouloir point consentir ”. Ensuite de cela l’Au-teur raconte que Cinqmars fit faire un poignard pourtuer lui-même le Cardinal; qu’;/ k fendit au pommeau deson épée comme c etoit la coutume de ce tems-là-, que le Car-dinal averti de ce dessein se tint sur ses gardes ; que le ha-sard voulut néanmoins qu il se trouva par deux sois tête àtête axée Cinqmars durant le chemin, mais quelque résolu-tion qu eut pris ce favori, il se trouva fi interdit quand il futquestion d’executer son coup , qu il n eut pas la force de mettrela main au poignard, qu il n avoit fait faire néanmoins quepour lui ôter la vie.

Je ne prétens pas que l’on prenne pour des vériteztoutce qui se trouve dans les Mémoires de Monsr. d’Arta-gnan : mais il est sûr que son Eminence fut persuadée queCinqmars avoit résolu d’exécuter cet assassinat à Lion.Volez la Lettre qu’elle écrivit à sa Majesté le 7 de Juillet1642 (135). „ Et il est constant par la Lettre même du

„ Roy, que Cinq-Mars ne fit aucun scrupule d’attenter„ à la personne du Cardinal, 8c qu il ne proposa„ pas seulement au Roy qú’il faloit s’en défaire, mais„ s’ossrit de l’executer luy-même; dequoy fa Majesté eut,, horreur, Sc blâma une si mefehante pensée (13 6) ”,Recueillons de ceci un bon Argument pour réfuter unefausse imagination de Guy Patin. Une infinité de gensh prenent pour un fait certain, & font là-dessus milleréflexions sérieuses, tant la chose leur paroit singulière& surprenante. Voici les paroles de Guy Patin: „ J’ai„ toujours dans l’esprit le Passage de l’Histoire du Préfi-„ dent de Thou, où il est parlé d 'Antoine de Richelieu ap-„ pelle vulgairement le Moine , qui a couté la vie à son pe-„ tit-fils. II eut mieux valu ne pas écrire. Que sait-on„ fi dans quelque siecle il ne se trouveroit pas quelque„ Tyran, qui lanceroit son foudre sur ma famille, de„ chagrin que j’aurois écrit quelque vérité de ses ance-

tres. On n*eût pas coupé la tête a Monfieur de Thou,„ si le Cardinal de Richelieu n’eût cherché l’occasion de„ se venger sur le petit-fils, de ce qu’avoit écrit legrand-„ Pere (137) ". C’est ce qu’il écrivoitle 8 de Novem-bre 1658 ”, II persévéra dans cette pensée, & il répétacette Observation en écrivant à un Ami le 31 de Juillet1669, avec cette seule différence qu’il prenoit pour lefils de l’Historien, Sc non pas pour le petit-fils, la victi-me du Cardinal. II conoiffoit mieux alors le dégré deparenté. L'Histoire de Monsieur le Président de Thou, dit-il (138), est belle a" plus que belle: mais elle déplut si fortau Cardinal de Richelieu, qu il en fit perdre la vie au fils aî-né de V Auteur qui étoit un fort honnête homme-, c? cela pourun passage d'Antoine Bu Pleffis de Richelieu, qui est dans le

I Tome fous François II, ïan 1560. Ce passage

commence ainsi, Antonius Richelius vulgò dictus Mona-chus («) este. La facilité, avec laquelle tant de gens ontcru ce que Guy Patin assure dans ces deux Passages,nousdoit convaincre qu’en certaines occasions il sufit pour per-suader une chose qu’elle contienne un excès de bizarre-rie, Lc de crime. Elle devient croiable de cela mêmequ’elle choque le bon sens, 6c la vraisemblance. Maislaissons cela 8c raisonnons. II est constant que Cinqmarsavoit entrepris de perdre le Cardinal de Richelieu : cetteEminence étoit convaincue qu’il vouloir se servir mêmede l’assassmat. II est constant que Mr. de Thou fut l’A-mi intime de Cinqmars, 8c que pour le moins il fut ad-mis à l’étroite confidence du dessein de ce Favori, entantqu’il étoit question de renverser la fortune du Cardi-nal (139). N’est-ce point chercher midi à quatorze heu-res , s’il est permis d’emploier cette Phrase proverbiale ,que de remonter jusqu aux expressions de Mr. de Thoul’Historien, comme à la cause de la mort de Mr. deThou le confident de Cinqmars ? Le prémier Ministre ,vindicatif autant qu’il l’étoit, pouvoit-il fonder son res-sentiment sur une phrase du pere, lors qu’il savoir queson mortel ennemi avoit eu tant de liaisons avec le fils ?N’est-ce point de cette complicité qu’a dû naître l’espritde vengeance ? Patin parle comme un homme qui assû-r «qit, que Mevius, aiant reçu des coups de bâton deTitìus, ne le châtia que parce que le pere de Titius n’a-voit point salué avec assez de respect un parent de Me-vius.

(«) C est Beze qui le premier a dit cela, Tom. II. pug.59 1 t? 795 de son Bi fl. Ecoles. il est même cité à cet

égard par Mr. de Thou, Ainsi, en toutes maniérés, GuiPatin attribue au Cardinal de Richelieu une vengeancepeu vraisemblable. Rem. C r i t.

( Z ) Il ne voulut pas que la famille du Cardinal perdîtrien de son éclat, .... afin de persuader qu il ne ïavoitpoint élevée par une condescendance servile.'] ,, L'on crus ,

„ d’abord qu’il fut mort, que comme le Roi ne savoir„ jamais guéres aimé, fa famille ne seroit pas long-tems„ dans le lustre où st l’avoit mise. Mais Sa Majesté, qui„ prevoyoit que si elle faisoit un coup comme celui-là ,

„ ce seroit témoigner trop ouvertement, comme on l’a-„ voit dit souvent dans le monde, que ce Ministre l’a-„ voit toûjours tenue en tutelle, 8c qu’il n’y avoit que„ fa mort qui l’en eut fait sortir, elle l’y maintint non-„ seulement, mais lui accorda encore de nouveaux hon-„ neurs. Elle fit recevoir au Parlement le fils du Maré-„ chai de Brefé Duc 8c Pair (140) ”. Nous avons vu Mé-

ci-dessus (141) ce que Mr. de , 1 a Rochefoucaud observe moirestouchant le crédit où il trouva les créatures du Cardinal , d’Arta-lors qu’il revint à la Cour après la mort de son Eminen-ce. Mr. de la Chastre en a parlé sur le même ton (142.). IS '

{A A) Il consentit à la liberté ou au retour de la plupart.

On assure qu il y entra. . . quelques motifs d’oeconomie.] „ Le U Hernar-,, Roy, de qui la maladie augmentoit tous les jours , que (X),

-, voulant donner dans la fin de fa vie quelques marques c!tM - 1 123 !',, de clemence, soit par dévotion, ou pour témoigner„ que le Cardinal de Richelieu avoit eu plus de part que chastre„ luy à toutes les violences qui s’estoient faites depuis la Mémoires,„ disgrâce de la Reyne fa Mere, consentit de faire reve- P a & rss.

„ nir à la Cour les plus considérables de ceux qui avoient„ esté persécutez, 8c il s’y disposa d’autant plus volon-„ tiers que les Ministres prevoyans beaucoup de deíom„ dres, essayoient d’obliger des personnes de condition ,

„ pour s’asseurer contre tout ce qui pouvoit arriver dans„ une révolution comme celle qui les menaçoit. Pres-„ que tout ce qui avoit esté banny revint (143) ”. L’Au-teur qui m’aprend ces choses est de grand poids, car c’est A Rocheîun grand Seigneur qui étoit alors fur les lieux, 8c dont foucaud,l’esprit n’avoit pas moins de distinction que la naissance, pag, 7 ísi a*Une autre personne de qualité, 8c fort mêlée dans les in-trigues , nous fournira dequoi confirmer notre texte ; 8cvoici ses paroles, elles contiennent un trait satirique con-tre le Roi (144)•’ ,, Quelque temps auparavant, le Car- (144) Mé-„ dînai Macarin 8c Monsieur de Chavigny porterent le moires de„ Roy à la délivrance des Mareschaux de Vitry, 8c de la Chastre,„ Bassompierre, Lc du Comte de Cramail. Le moyen rs6,r-»z«„ dont ils se servirent en cette occasion mérité d’estre es-„ crit, n’estant pas mal plaisant; car ne voyant pas que„ fa Majesté y eust beaucoup d’inclination, ils la prirent„ par son foible, Lc luy representerent que ces trois pri-„ sonmers luy faifoient une extrême dépense dans laBas-„ tille, Lc que n’estans pas en estât de faire Cabale dans„ le Royaume, ils seroient aussi bien dans leurs maisons„ où ils ne luy cousteroient rien.' Ce biais leur réussit ,

„ ce Prince estant préoccupé d’une si extraordinaire ava-„ rice, que tous ceux qui luy pouvoient demander de„ l’argent luy pesoient fur les épaules, jusques-là qu’a-„ prés le retour de Tre-ville, Beaupuy, Lc des autres„ que la violence du feu Cardinal l’avoit forcé d’aban-„ donner lors qu’il mourut, il chercha une occasion de . .

„ leur faire une rebuffade à chacun, pour leur ester l’es- ( I4Î ) nU %„ perance d’estre récompensez de ce qu’ils avoient sous-„ sert pour luy. A la liberté des prisonniers suivit le rap- Mémoires„ pel des exilez (145) ”. Ces sortes de faits sont ceux de H , C r b J?íqui paraissent les plus dignes de la curiosité du Lecteur à 'Z’JatJbeaucoup de gens. C’est pourquoi je m’imagine qu’onaprouvera que je les enchâsse dans mon Dictionaire.

(EB) Il est fort probable qu il n ignoroit pas les intrigues de 1 * 4 ^)la Reine.] Les mouvemens qu’elle fe donna depuis la ^ ^Mr-mort du Cardinal de Richelieu jusques à celle du Roi (146), <je ia ro-témoignent qu’elle étoit fort ambitieuse, Lc que ce n’a- chefou-voit pas été fans sujet que ce Cardinal, se conformant en caud ’/ e e, jj lcela au goût de son Maître, l’avoit tenue de court: car *?r astre,^fi on lui eût permis de fe mêler des a faires, esse eût eu u R éponf eses adhérantes, Lc ses cabalistes; Lc c’eût été le moiende de Monsi-multiplier les factions, qui siéraient déjà que trop impor- le comt^tunes. Indiquons en gros ce quelle fit pour parvenir à ^/ M é-une Régence pléniere malgré les désirs Lc les volontez du m0 ; re s deRoi son époux. Le Cardinal avoit remontré à ce Pnn- m t. de lace que vu la derniere conspiration contre IEstât, ou Cinq- Chastre.Mars avoit employé le nom W Vauthonte de son Altefie Roy a- ^

le, pottr donner plus de poids cr de crédit a jajaêlion, .... beri J Hist .il ne seroit pas à propos, en cas qu’il vint faute de fa Majes- { j u cardia**té, de laijjerprendre au Duc d’Orléans, son frere, la Regen- Mazann,ce zy k Gouvernement du Royaume, ZV moins encore la tu- Ltvr. sistelle & ìéducation des Fils de France (147)- U- Roi goûta r I-

tort