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L U C I L I U S.
que l’on eût raison de blâmer Horace du jugement qu'il faisoit de ce Poëte satirique (K). Pom-pée du côté maternel étoit petit-fils, ou plutôt petit-neveu de Lucilius (L). Je remarquerailes sautes de Monsr. Moreri (M}-, & celles de quelques autres Ecrivains ( N ), & nommémentun Anachronisme d’Etienne Pasquier (O). II y a des Vers assez anciens qui témoignent, que
l’on
(30) VsUz. U Ouvrage (30); mais il le lui ôte au I Livre de ~Fimlus(yi).
(F), Quintilien le lui donne fans rétractation: je le citerai dansami™ (18). j a Remarque suivante.
(K) Je ne pense sas que l’on eût raison de blâmer Horace£j' ì ?s‘s' l ‘ í du jugement qu il faisoit de Lucilius.] On en murmura, 8caution (i»). il s’en justifia. Voions ses paroles, en commençant par laCritique, 8c en finissant par 1 Apologie.
Eupolis, atque Gratinas, Aristophanesque poèu,
A t que alii, quorum comœdia prifea virorum est:
Si quis erat dignus deferibi, qu'od malus, aut fur ;
&ieod mocchus foret, aut stcarius . aut alioquiFamofusmulta cum libertate notabant.
Hinc omnis pendet Lucilius, hosce secutus :
Mutatis tantìim pedibus, numerisque facetus :
EmunBs. naris, durus componere versus.
Nam fuit boc vitiofus: in horafœpe ducentos,
Ut magnum, versus diôlabat flans pede in uno :
Cum flueret lutulentus, erat quod tollere velles :Garrulus, atque piger scribendi ferre laborem:
(tz) Horat. Scribendi relie: nam ut multum, nil moror (31).
Satir. IV ’ j
n L Nous allons voir de quelle maniéré Horace se justifie.
Nempe incompostto dixi pede currere versusLucili : quis tam Lucili fautor inepte est,
Ut non hoc fateatur ? at idem, qu'od sale multoUrbem defricutt, charta laudatur eadem.
Hec tamen boc tribuens, dederim quoque casera, nam stç(ìì) Horat. Et Laberi mimos, ut pulchra poémata, mirer (33).
Sat. X f. 1.
Libii n répond en s u i te au x admirateurs de Lucilius fur le mé-lange des mots Grecs avec les Latins, 8c proteste qu’il neprétend pas lui arracher la couronne qui lui est si juste-ment due.
(34) tbu.
Vers. 4«.
fis) E"‘d.
Vers. j o.
(}i) Ibid.Vers. 64.
(37) SurHorace Sat.I V, Livre I,pag. 3 n duVII Tome.
(38) Quin-Iil. Libr. JC,Cap. s,fag.m. 472.
O9) Horat.Z/H?//' 74 ‘
(40) ^SpuiFranciscumDouzam,îiotis in .Keiiquiasr.uciliij peg.97 , «/• r.
Hoc erat, experte frustra Varrone Atacino,
Atque quibufdam aliis, melius quod feribere postes »,Inventore miner : neque ego illi detrahere aufimH&rentem capiti multa cum laude coronam (34),
II demande la même liberté à l’égard de Lucilius que cha-cun se donne à l'égard des plus grans Poètes,& que Luci-lius a prise par raport à Ennius; 8c il soutient que si T Au-teur qu’il a censuré vivoit encore, on le verroit réformerfes propres Ouvrages, 8c travailler avec plus de peine.
At dixifluere hune lutulentum , sape ferentemPlura quidem tollenda relinquendis, âge, quafi,
Tu nihd in magno doilus reprehendis Homero tNil comis Tragici mutât Lucilius Atti ?
Non ridet versus Enni gravitate minores,
Cum de fe loquitur, non ut majore reprensts ?
%uid vetat, cy nofmet Lucili feripta legenteisQuarere , num illius, num rerum dura negaritVerstculos natura magis f altos , cy eunteisMollius (33) ì .
Comis z? urbanus : fuerit limatior idem ,
Quàm rudis, cy Gr&cis intalli carminis aulîor ,Quamque Poëtarum feniorum turba : se d ille ,
Si foret hoc nostrum fato dilatus in avumDetereret fibi multa ; recideret omne, quod ultraPerfellum traheretur : cy in vers u faciendoSetpe caput feaberet : vìvos cy roderet nngueis (36).
J’ai cru devoir raporter tous ces longs Passages, parcequ’ils feront conoítre à mon Lecteur le caractère de Lu-cilius, 8c qu’on ess bien aise de ne se pas détourner pourcourir après des renvois, quand on lit la Vie d’un hom-me illustre’. Mr. Dacier n’a jamais donné de meilleurespreuves de son bon goût, que quand il s’est déclaré (37)pour Horace contre Quintilien; car il est étrange que cethabile Rhéteur n’ait pas aplaudi au jugement de ce Poë-te. Nous verrons dans fes paroles la prévention prodi-gieuse où plusieurs étoient en faveur de Lucilius. Satiraquidem tota nostra est , in qua primus instgnem laudem adep-tus est Lucilius, qui quofdam ita deditos fibi adhuc habetamatores, ut eum non ejufdem mod'o operis autoribus, fedomnibus poetis pmferre non dubitent. Ego quantum ab illis ,tantum ab Horatio distentio, qui Lucilium fluere lutulentum,cy este aliquid quod tollere pops, putat. Nam e? eruditio ineo mira, libers as, atque inde acerbttas, zsr abunde fa-lis (38).
(Z) Pompée .... étoit petit-fils, ou plutôt petit-neveu deLucilius.] Porphyrion fur ces paroles d’Horace, quidquidJum ego, quamvis infra Lucili censum ingeniumque (39), ob-lerve que Lucilius étoit frété de l’aieule de Pompée, &cpar conséquent grand onde maternel de Pompée.Acron (40), autre vieux Interprète d’Horace, dit queLucinus etoit aieul de Pompée. Ce dernier sentiment est
moins vraisemblable que le prémier; car si Lucilia merede Pompée avoir été fille de Lucilius (41), je ne pense Í4 1 ) Fuit hûpas que Velleïus Paterculus eût oublié de le dire. 11 faut ( Fompejus )donc croire qu’elle étoit fille d’un frété de Lucilius, 8c ^àlLftírpi*qu’ainsi Porphyrion ne marque pas bien le fondement de jm.-.torU.la parenté. C’est ainsi que le savant Antonius Augusti- îaterculus,nus (42), & François Douza raisonnent 8c conjecturent. L v r s I 1 I \ c Uí '
(M) Je remarquerai les fautes de Mr. Moreri.] I. Luci- X X 'lins n’étoit point natif de Suessa Pometia. II. Cette vil- ,
1e n’étoit point au pais des Auronques. III. II n’est pas de Familíis*certain que ce fut lui qui composa le premier des Satyres en Romanor.vers Latins. Monsr. Dacier fait voir le contraire ; voiez a P ud P°“-ci-dessus la Remarque (F). IV. Et en tout cas, il ne cfìh' r h- U ~faloit pas prétendre, qu’outre cela il fut Y Auteur d’une quîis,?^.efpece de ces vers inconus aux Grecs. Grsecis intact! carmi- 'nisauctor, car si ces termes d’Horace (43) concernoient (43) SatyiaLucilius, ils ne feroient que lui donner l’invention de la x Liiri GSatire. V. Mais il y a long-tems que les bons Critiques Vtr ^ 66 '(44) ont vu que ces paroles se raportent à Ennius, 8c non , , casau-pas à Lucilius. VI. II n’est pas vrai que la 169 Olym- bon drpiade tombe en la 631 année de Rome: une Olympiade Théodoreenferme quatre ans. Marfíle,«-
(N) . . . 8c les fautes de quelques autres Aateurs.] Voiez c]e/su?HÔ-ci-dessus (45) celles du Pere Briet. L’Abréviateur de race, Tam.Gesner s'est trompé grossièrement lur l’âge de Lucilius , Vi, pag.
ou Lucillius comme il l’apelle, floruit, dit-il (46) , fecundibelli Punici temporibus. Glandorp (47) a cru que celui |4 s)-Dansdont Cicéron parle, comme d’un Auteur qui ne vouloir ^ni des Lecteurs ignorans, ni des Lecteurs très-savans , " U ‘ '
n’est point le même Lucilius <jui a composé des Satires. ( 4 s) Epit.C’est une erreur. Charles Etienne a commis la même Bibiioth.*faute: Lloyd, 8c Hofman l’ont gardée, 8c ont d’ailleurs Oesneri. .prétendu que notre Lucilius naquit en la 53 Olympiade, s j°’
8c qu’il mourut en la 69, à Page de quarante-six ans,ab- >t ' li 3 ‘surdité qui saute aux yeux. Ils citent Quintilien 17. 21, ( 47 ) Ono _qui est une Citation chimérique. mail. p. jjz,
(O) . ... cy ... un Anachronisme d’Etienne Pasquier.]
Voici fes paroles. C’estoit ce (48) en quoy les Advocats de (4 8 ) c ' ! f-Rome se joúoient plus de leurs esprits, quand ils vouloient re- a ~ d,rt lveiller leurs Juges. Voyez, cette ptece de Ctceron en son plat- fimilitci de-doyé pour Milon : Est enim ha c, Judìces, non feripta, fed sinentia,nata lex, Lee. Vous la trouverez, venir au parangon des plusbeaux vers de toute l’ancienneté. Ce qui fe tourna depuis entelle affettation, cy abus, que Lucilius Poëte Satyrique s’enmocqua fort bravement en l'une de ses Satyres, dont Aule-gtlle raporte les vers au tremesme Livre de ses Veilles (49). (4») *«--Garaste ne lui pardonna point cette méprise; il faut l’en- Shf/detendre. „ En quoi je dis que Maistre Pasquier s’est fort la France,
„ bravement exposé à la risée des hommes médiocrement Lìvr. vu ■
,, versés en Chronologie: Car Lucilius, qui fut environ chap.l,peg m,, cent ans devant Cicéron, comment fe pouvoit-il mo- S9S*
,, quer depuis de ce qui fe faisoit cent ans aptes ía mort?
„ C’est comme si je difois parlant de ceíte scrupuleuse„ poëfie, limée 8c tendue, qui est maintenant en usage„ depuis Berthaud 8c Malherbe, que Marot 8c Saint Ge-„ lais la trouvèrent si déliassante, qu’ils s’en moquèrent,, par escrit 8c en firent des Satyres. Teste fut la suffi-,» lance de ce vieux Galoche raportée parSeverinusBoe-„ tius au Livre de Disciplina Scholarium, qui demandoit,, st ./Eneas n’estoit pas la femme de Jules Casfar : teste„ fut l’impertinence de ce Ministre notée par Horace„ Dolabella au Chap. 6 de son Apologie, lequel estant,, enquis Uter fuerit prior fecundum Annales Ecclefu Cons-„ tantinus an Nero ! fe deffit fort ingénieusement de ceste,, demande par les paroles de Nostre Seigneur qui disoit,
„ Non est vestrum noste tempera vel momenta. Aclor. 1,» vers 6. Et encores pense-je que ces hommes, quoy-,, que fort ignorans, s ils eussent veu la difference dusty-„ le qui est entre Lucilius 8c Cicéron, n’eussent jamais,, révoqué en doute, fi Lucilius avoir esté devant Cicc-,, ron, comme il ne faudra pas estre fort versé en Chro-,, nologie, pour sçavoir dire d’icy à cent ans, fi Alain„ Charretier, Froissard, 8c Monstrelet ont esté devant„ Monsieur du Vair; 8c seroit une ignorance bien gros-„ fiere fi je difois, qu’Alain Charretier ou Monstrelet„ ont improuvé le style, la diction, 8c les figures d’A-„ itiiót ou de du Vair (50) ”. II étoit difficile de bien (50)6^^'répondre à cette Censure : aussi voions nous que les filsdu docte Pasquier le défendirent fort mal sur ce point-là. C [’ S CJ; p.Voici ce qu’ils répondirent: Garaste dit, que Lucilius estait ’cent ans devant Cicéron : cela est trës-faux, car Cicéron cyPompée eftoient en mefme temps : Or Lucilius estât l’oncle dePompée, de façon qu il est aisé déjuger que nostre Calomnia-teur s est grandement abusé en son calcul. En second lieu ildit, qu’on le pouvoit reconnoistre par la difference du 'style. Ceste ignorance est plus insupportable que la premitre ;ta r PH ne remarque nommément, que primus fuit Luciliusqui stylum a cuisse dicitur. Horace l’appelle emunctae naris,tv dit qu’il faisoit deux cens vers en une heure , cy Sjuintilianle nomme principcm Satyricorum , jusque s là mtfmes ,qu A-drian l’Empereur le préférait à Virgile. Regardez ., je vous