LUCRECE.
(h) Tiré deTire Live,
a la fin dul Livre, Chap,LVH. &suiv.
(c) Sext.TarquihiusGabios tan-quam in fiiumregnum pro-fcSus , ab ttl-torìbus vete-rum fimulta-tum quai fibiipfie cadibusrapinifqueconciverat ,ejlinterfetlus.Livius,
Libr. ì, Cap,>Ut.
(j) Dion.Halicar-nass. Libr,IV, Cap.LXXX.
(4) Dion.Halicar-nass. Lib. V,Cap. XII.
(s) Idem,ibid. Cap,XIII.
(6) Idem,ibid. Cap.XIX.
(7) Divin»,Libr. II,Cap. VIII& XVI.
(8) Idem,ibidem,
Cap. XV.
(9) VoiezSigonius inFastis, aiann. 24$.
(10) Livius,Lib. XXVII,Cap. V.
<11) Aute-lius Victor,de Viris il-lustr. Cap.LXIY.
(12) Ciceto,in Bruto,Cap. XLVIII.
siz) Cassai,de BelloCivili, Libr.I,pag.m.
237 3 & Libr.
III, pag. 307.
(14} Valer.Maxim.
Libr. VI,
Cap. VU.
(15) Dio,Libr. LIV.
(16) Cieero,in Bruto,Cap. XLVIII.
(17) Le Barondes Coutu-res , Vie deLucrece.
(rs) Voiez,POnomas-ticon deGlandoip,fag. 557 .
(tí) Voiez.Tire Live,ì» Epit. Libr,LXXXV 1 II<t LXXX IX,<$• Patercu-lus , Libr. II,Cap. XXVII.
{20) DionyLHalic. Libr.
IV, Cap. .LXXIII,Notez qtt’ilobserve queSextus ae-iompagna desermons sespromejfes &ses mcMftit
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eût été de bonne guerre, & conforme aux Loix de la belle galanterie. La Dame plongéedans une afreufe tristesse fit prier son pere qui étoit à Rome, & son mari qui étoit au siégéd’Ardée, de la venir trouver promptement. Ils le firent : elle leur fit entendre le malheur quilui étoit arrivé, & les pria de la venger. Ils le lui promirent, Lc la consolèrent le mieuxqu’ils purent j mais elle ne voulut point être consolée, & tirant un poignard qu’elle avoit ca-ché sous ses habits, elle se renfonça dans le cœur. Brutus, qui fut présent à ce spectacle, ytrouva l’occasion qu’il cherchoit depuis long-tems de délivrer Rome de la tyrannie de Tarquin;Sc il fit tellement valoir cette: occasion, que la Roiauté fut abolie ( b ) : Sc ainsi la mort de Lu-crece fut la cause de la liberté du Peuple Romain, ce qui a donné un grand relief à la mémoi-re immortelle de cette Dame. Les Historiens raportent diversement son Avanture (F).L'E-pitaphe que l'on trouve en Italie, Sc que 1,’pn prétend lui avoir été dressée par Collatin sonmari (C), est sans doute une Piece fupofée. Son violateur ne fut pas long-tems exposé ouaux remords de la conscience, ou aux durs reproches de fa Famille dont il causa la perte tota-le. II se retira dans la ville des Gabiens où il avoit commandé, Sc y périt peu après (c). Lesréflexions qui ont été faites par quelques Ecrivains sont, non seulement de mauvaises plai-santeries, mais aussi de vaines chicanes de Sophiste (D). L’on a dit ailleurs que la Religion
n’avoit
Nuraa Pompilius, aiant été créé Roi de Rome, se mariaavec une femme qui avoit nom Lucretia. Si elle étoitde la Famille dont je parle ici, comme il est fort aparent,quelle preuve n’aurions-nous pas de l’Antiquité illustre decette Maison ? Spurius Lucretius après la mort de fa fillefut créé Interrex , 8 c nomma au Consulat Brutus, Sc songendre Collatin (3). Celui-ci fut contraint bientôt aprèsde renoncer à fa charge, 8 c de se retirer à Lanuvium (4),où il passa tout le reste de sa vie qui fut fort longue. Va-lerius mis à fa place fe donna pour Collègue Spurius Lu-cretius (3), après que Brutus*eut été tué; mais ce Col-lègue mourut dans très-peu de jours (6). Je trouve unTitus Lucretius, qui fut Consul 1 année suivante,8 c peu d’années après (7); 8 c un Pub 11 us Lucre-tius Collègue de Valerius, lors que celui-ci étoit Con-sul pour la troisième fois (8). On juge que ce Titus Lu-cretius est le pere deLucius Lucretius Tncipitin,Consul l'an de Rome 1.91 (9). Je passe sous silence plu-sieurs Lucreces qui eurent ensuite les prémieres Chargesde l’Etat, avant qu’il eût été décidé que les plébéiens yscroient admis. II n’est pas nécessaire de donner tout cedétail,afin de prouver que les Lucreces Tricipitinsétoientd’une Famille patricienne. Ce que je raporte est sufilantpour cela. II n’est pas certain qu’on puisse dire la mêmechose des Lucreces qui portoient le surnom Vespillo ouOfilla , ou quelque autre ; & il y a même des Lucrecesdont le surnom est ignoré, qui étoient d’une Famille plé-béienne: car nous voions un Marcus LucretiusT ribun du Peuple au tems de la seconde Guerre Puni-que (10). Notez que Quintus Lucretius, le pre-mier qui fut surnommé Vespillo , eut ce surnom a caulequ’il jetta dans le Tibre le corps de Tibenus Gracchus:Cujus corpus Lucres» Mdilh manu m Tiberim mìffum; mâtille Vespillo diêlus (u). Cicéron (n) parle avec éloged’un Quintus Lucretius Vespillo, bon Juriscon-sulte 8 c bon Avocat. II y eut un Quintus Lucre-tius Vespillo , Sénateur, qui suivit le parti de Pom-pée (13), & que la fidélité de fa femme préserva de lafureur des Triumvirs qui l'avoient proscrit (14). C’est apa-remment le même que celui qui obtint le Consulat l'ande Rome 734 (15). Cicéron parle de LucretiusO fella comme d’un Orateur qui étoit plus propre à fairedes Harangues au peuple, qu’à plaider des cmfes,aptiorconcionibus qttam judiciis (16). Mr. Moreri a traduit celapitdiablement. U étoit plus propre , dit-il, à faire des Ha-rangues, qu à prononcer des jugemens . Un autre (17) afir-me que Cicéron le représente beaucoup plus propre à eftr »Juge que grand Orateur. On croit (18) que ce LucretiusOfella ne difere point de celui qui aiant quitté le partide Marins fe joignit à Sylla, 8î reprit Preneste, où ilcontraignit Marins le jeune à fe faire donner la mort. Ceservice n’empêcha pas que Sylla ne le fît tuer au milieudu forum, parce qu’il avoit demandé le Consulat contrel’intention de Sylla (19).
(B) Les Historiens raportent diversement ïAvanture deLucrece .] Denys d’Halicarnasse & Tire Live font ceuxqui en ont donné la plus ample description. Ils vivoienten même tems, 8 c ils consultoient avec bien de 1 exacti-tude les Auteurs qui les avoient-précédez. Cependantils ne s’accordent que fur ces trois ou quatre points géné-raux. 1. Que Sextus entra de nuit dans la chambre deLucrece.' z. Que cette Dame aiant résisté aux menacesde la mort, aux prières, Lc aux promesses, céda enfinIon qu’elle se vit menacée de l’infamie. 3. Qu’elle setua le lendemain. 4. Que Brutus se servit de cette occa-sion pour changer le Gouvernement. Le premier de cesdeux Historiens donne des détails plus précis & plus éten-dus que l’autre; car par exemple il articule que Sextuspromit à Lucrece de l’épouser, moiennant quoi elle se-roit Reine dès le jour même dans la ville des Gabiens, &puis dans Rome après la mort de Tarquin, dont il seroitinfailliblement le Successeur en qualité de son fils ainé(zo).Tite Live se contente de ces expressions générales ; Striílog adto ad dermientem Lucretiam venit ,finistraque manu mu-herts peílore oppresse, Tace Lucretia, inquit, Sex. Tarqui-mus Jum , ftrrum in manu est ; moriire, st ermftris vottm.
Cum pavida c fomno mulier nullam opem , prose mortem im-mìnentem videret; Tum Tarquinius fateri amorem , or are :mifeere precibus minas: verfare in omnes partes muliebremanimum (21). Mais pour conoître les diférences qui setrouvent entre ces deux Historiens, st faut seulement sesouvenir que Tite Live narre la chose comme on la voltdans le Texte de cet Article, & prendre garde aux faitssuivans. Je les tire de Denys d’Halicarnasse. Sextusaiant été envolé à Collatie par le Roi Tarquin, pour desa faires qui concernoient le siégé d’Ardée, fut loger chezson parent Collatin qui étoit alors au camp, & trouvaque l’occafion étoit bonne de satisfaire la paillon qu’stavoit conçue pour Lucrece dans une visite précédente.L’Historien ne parle pas de la dispute des jeunes Princestouchant la beauté de leurs femmes; de cette dispute ,dis-je, qui les obligea à venir à Rome & à Collatie pourvuider ce diférent. Cette circonstance étoit néanmoinsassez singulière, pour mériter que Denys d’Halicarnassela raportât, Lc c’étoit un incident fort capable d'embelUrla narration. Lucrece accablée de chagrin monta en ca-rosse dès que le jour fut venu, & que Sextus fe fut reti-ré. Elle prit un habit de duest, 8 c un poignard fous farobe, & s’en alla à Rome, le visage tout abatu, Sc le*yeux baignez de larmes, 8 c fans rien dire à ceux qui luidemandoient la raison de sa tristesse. Dès qu’elle fut ar-rivée à la maison de son pere elle se jetta à ses genoux ,elle pleura fans dire mot , 8 c enfin elle le pria de faire ve-nir ses parens & ses amis ; Sc dès qu'ils furent venus, elleleur conta son Avanture, & pria les Dieux de la retirerbientôt de ce monde (zz), 8 c se poignarda. Valerius futauffitôt dépêché au camp, pour porter cette nouvelle àCollatin, & pour travailler avec lui à faire soulever lesloldatï. II rencontra proche de Rome Collatin & Bni-tus, qui ne savoient rien de ce qui s’étoit passé. Voilàdes variations un peu surprenantes, Sc qui prouvent queles prémiers Historiens, la source de Tite Live Sc de De-nys d’Halicamasse, ne prirent pas toutes les mesures né-cessaires pour s’instruire exactement.
Voici encore quelques variations. Servius a nomméArans le violateur de Lucrece: les autres Historiens lenomment Sextus, Sc donnent à un autre fils de Tarquinle nom dAruns (zz). Le même Servius supose quepour vuider la dispute on alla premièrement chez Lucre-ce à Collatie, Sc puis à Rome. II veut que l’esclaye quifut amené dans la chambre de Lucrece ait été un Ethio-pien (24). Je ne parle point d’Ovide, qui a raconté (z;)l’infortune de Lucrece avec plusieurs circonstances dontaucun Historien ne fait mention. II s’est servi du privi-lège de la Poésie, il a inventé ce qu’il a cru de plus propreà orner la narration. 11 y a même inséré ce que lesGrecs avoient dit de Polyxene (26), qui eut foin de bienétendre ses habits pour empêcher qu’en tombant elle nefît rien paroître de ce que la pudeur défend de montrer.
Nec mora , celato figit sua pettora firro :
Et cadit in patrios fanguinolenta pedef.
Tune quoque, jam moriens, ne non procumbat honeste ,
Keff icit : h&c etìam cura cadmtts erat (2.7).
Mais comme il ne servoit de'rien aux décorations de direque le violateur de cette Dame étoit le plus jeune desfils de Tarquin, st faut croire qu’en cela il suivoitunetradition, Sc qu’ainfi les Historiens s’étoient divisez sur«point particulier : la plupart dirent que l’adultere étoitlainé des fils de ce Prince, Sc quelques autres le prirentpour le plus jeune.
( C ) L'Epitapbe que l’on .... prétend lui avoir été drejféepar Collatin son mari. ] En voici les paroles : CollatmusTarquinius dulcijjimi conjugi <&• incomparabili , pudicitU de-corl > mulierum gloria, vixit annis xxn. mens. iii. d. vi.proh dolor, qua fuit carijstma (z8). On dit que cette Ins-cription fe volt à Rome, Sc au Diocèse de Viterbc (29).
(-D) Les réflexions . ... de quelques Ecrivains font nonfeulement de mauvaises plaisanteries , mais aujjt de vaines chi-canes de Sophiste.’] Un Auteur moderne s’imaginoit aparejn-ment qu’st débiteroit une pensée bien fine, en observant
que
(21) Titd»Livius, Libr.I, Cap.LVIII.
(n) enté
Tï nui ha.C-poaiv ebljei.fiévif T«-jjtïav eevTÍf
SoSvai rìjvàxocM.wyijeroC filou.Comprecata-que deos ÍTitmonas utfo cito è vit.eximerent.Dionyí.Halicarn.Libr. IV,pag. 2 í 3 .
(23) Notez,pourtant qtfiisemble queFlorus LivtI, Chap. X,le nomme
(24) ExSetvio inyEneid. Libr.VIII, Vers.
646.
(25) A» 1 *Uvre desFastes.
(26)
\marq.
de
OLYMPE*
Œï£*
Libr. U- ..
(28) Gl* n *,
doip. Ono-inast. í a £'555 -
(2p) làerre,ibidith.