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Tome troisieme. K - P.
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LUCRECE.

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lí! Sex -tum Tarqui-nium mala lì-hdo Lucretixp ER VIMfipprandx ca~&*• Livius,Lii> r. Z, Cap.

L VII.

polir Lucrèce, il résolut de recourir à la force (d). Cela fàit voir, ou qu’en ce tems-lá onn’en contoit point à des femmes mariées, ou que la vertu de celle-là éclatoit de telle forte furson visage, Sc sur sa conduite, qu’aucun homme n’osoit espérer aucune saveur (<?). Cela faitVoir encore combien les tems changent j car aujourd’hui les Princes, les grans Seigneurs, Sctous les Galans en général songent d’abord à déclarer ce qu’ils sentent, Sc à préparer des ca-joleries. Ils ne songent à rien moins qu’à se servir de la force, ils ne s’imaginent pas qu’ils enaient aucun besoin. Et au pis aller ce ne seroit que leur derniere ressource, Sc ce fut la seuledu fils ainé de Tarquin, un puissant Roi en ce tems-lá. II fit fa prémiere déclaration d’a-mour l’épée à la main, la menace de la mort en bouche.

,, Lucrèce, voire Lucrèce violée, fut meilleure que les,, Dieux de Rome. Ce ne fut pas l’amour du plaisir ,„ n y la crainte de la Mort, qui la firent faillir; ce fut,, l’amour de l’hpnneur, & la crainte excessive qu’elle„ eut de le perdre. Et si elle n’eut pas la fermeté de Su-„ faune, qui ne plia ny fous la Mort, ny fous l’infamie,„ il suffit de dire pour l’excuser, qu'elfe ne croyoit point„ au Dieu de Susanne ; 8c le miracle euít esté trop grand,

1 si une Payenne eust égalé une des plus hautes Vertusdes Fideles, fans la Loy 8c fans les Grâces qui fai-foient les Fideles. Ne feignons donc point de louer, Lucrèce. .... Ne pouvant de ses seules mains resis-, ter à la force armée, elle la repoussa de l’Efprit: &, son Ame s’esteva autant qu’elle pût, pour n’estre point, tachée de l’impureté qui souilla son corps (85)

(<) Consent,ce que dtjfusCitation ( 10Jde C ^Article

de Judith»

($5) Lt PereLe Moyne,Galerie desFemmesfortes290.

LUCRECE, cn Latin Titus Lucretius Carus (A ), a été un des plus grans Poètes de sonfíecle. II naquit selon la Chronique d’Eusebe l’an 2 de la 171 Olympiade (Z?), Sc il se tua

lui-

0) Cam tic °ntmtíne to-famil윫gnomen mit

Vefpìlionis ,Ofellt ,«gnomenfart aeiejsu-J £f , vel prop-tngenii

na &nitudincm“ c prastan-*'am, velt r °pter mo-tKm suavita-t,m & comi-tttem , velpropter aliqnìdsale. Lam-«mus, inLucre-

tii.

Dansla Vie deXucrece, au‘devant de fa.TraductionFrançoise dete Poëte im-piméc à Pa-Pan 1685,

0) Lambi-

^s 5t ’nVita

1-Ueretii.

( 4 I Lambin,Gifanius,Daniel Pa-reils inVitaLucre-tii, faprou-vent.

(s) Dans Ude Lu-îtece.

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(A) Titus Lucretius Carus.] Lambin conjecture quenotre Poëte étoit, ou de la Famille des Lucreces sur-nommez Vesfillo , où de la Famille des Lucreces sur-nommez Ofella, 8c que le surnom de Carus ,fut en lui un -quatrième titre, qui marquoit ou son grand génie, ou ladouceur de son naturel, ou quelque chose de cette natu-re (1). II produit quelques exemples de gens qui avoìentdeux surnoms. Mr. le Baron des Coutures passe plusavant (z) ; il affirme comme un fait certain que Lucrècefut surnommé Vespillon ou Ofelle, farce qu il tiroit aparem-ment son origine à'me de ces deux Maisons. Le même Lam-bin conjecture que Lucrèce étoit ou frere , 011 cousingermain, des deux Orateurs dont Cicéron parle , l’unsurnommé Vespillo , & Vautre Ofella, ou bien de Lu-cretius Vefpillo dont parle Jules César. Ce dernier Lu-crèce étoit Sénateur, mais cela n’empêche point qu’il nepût être proche parent de notre Poëte; car il y avoir desFamilles où quelques-uns s’élevoient à la dignité de Sé-nateur , pendant que les autres demeuroient dans le rangdes Chevaliers. Pour le prouver, Lambin se sert dunefausse suposition. II dit que si le frere de Cicéron n’eûtpoint aspiré aux grandes charges, on auroit vu deux frè-res , l’un Sénateur, Vautre simple Chevalier ; mais il reco-noît que le frere de Cicéron ne fit point cela. Tinge exbis duobus fratribus alterum se ad honores petendos , e? Remp.gerendam contuliste : alterum luce populari carere , suum nego-ttum agere, intra pelliculam se contìnere voluijse (quod tamens ec ft faílum est ) sed finge ita evenijse, procul dubio is quiidilltatem majorem, prituram , consulatum adeptus ejset , ' utMarcus , Senatoriï ordinìs faHus ejset: ille alter qui nullumMagistratum gejfifset , m equestri ordine manfijfet (3). Monfr.le Baron des Coutures passe encore ici plus avant; il af-firme que notre Lucrèce resta toujours dans l’Ordre desChevaliers, 8c qu <i-Cicéron, quipojfeda toutes les plus consi-dérables charges de la République, eut toûjours &uintus Tul-lius son frere dans l’Ordre des Chevaliers.

{B) Il naquit l’an z de la 171 Olympiade. ] C’est uneopinion assez commune (4), que Lucrèce vint au mon-de ?ouze ans après Cicéron , fous le Consulat de LuciusLicinius Crassus, 8c de Quintus Mutius Scevola, fan deRome 658. Mr. le Baron des Coutures (5) est le premierque je sache, qui ait mis la naissance de Cicéron douzeans après celle de Lucrèce. II marque bailleurs, pour lanaissance de l’un 8c de Vautre , les Consulats qui fontmarquez par les autres Ecrivains. Lambin fait ici troisfautes. II dit qu’Eusebe a mis la naissance de Lucrèce àl’Olympiade 171, c’est-à-dire fous le Consulat de Cn. Do-mitius Enobarbe, 8c de Caïus Cassius Longinus, Van deRome 657 ; 8c que d’autres la mettent à VOlympiade172, c’est-à-dire fous le Consulat de L. Licinius Crassus,8c de Q. Mutius Scevola,Van 6;8 :d’où il paroît.ajoûte-t-il, que ce Poëte étoit plus jeune de douze ou onze ansque Cicéron, qui naquit fous le Consulat de Q. ServiliusCepion, & de C. Attilius Seranus. I. Eufebe met la nais-sance de Lucrèce à l’an 2 de la 171 Olympiade. Or Do-mitius Enobarbe 8c Cassius Longinus furent Consuls Van-née d’auparavant. 11 . Leur Consulat 8c celui de LiciniusCrassus , 8c de Mutius Scevola n’apartienent pas à l’O-lympiade 172, mais à l’Olympiade précédente. II est unpeu étrange que Lambin nous distingue si froidementl’Olympiade 171 8c VOlympiade 172 , par les an-nées 6 57 8c 658 de Rome. III. Puis que le Consulatfous lequel Cicéron naquit tombe k Van de Rome 647 , jlfaloit dire que Lucrèce étoit plus jeune que Cicéron dedix ou douze ans, 8c non pas de douze ou de onze. Gi-fanius , 8c son Copiste Daniel Pareus (6), en mettant lanaissance de Lucrèce à Van 6y8, ont tort de le faire naî-tre douze ans avant Cicéron.

J’ai compté jusqu’à huit fautes dans huit lignes du Pe-re Briet (7). Il veut que Lucrèce soit né Van 2 de la 175Olyrnpiade, 8c que cette année-là soit la 543 de Rome.II veut que Lucrèce soit mort l’an de Rome 584, à l’âgede trente-fix ans, ou plutôt à l’âge de quarante sous leT Q M. iu.

Consulat de Pompée 3 c de Crassus ; 8c que cette année-là soit celle où Virgile prit la robe virile. Enfin, il impu-te à Saint Jerôme d’avoir dit que Lucrèce s’ôta la vie àl’âge de quarante ans. Comptons bien ses fautes. En Ilieu, il devoit mettre la naissance de Lucrèce fous la 171Olympiade, 8c non pas fous la 17$. En II lieu, VannéeOlympique qu’il marque répond à l’an de Rome 674, 8cnon pas à Van 543. En III lieu, il est absurde de direqu’un homme né Van 543,- 8c mort l’an 584, est mort àl’âge de trente-fix ans: cela, dis-je, est absurde, encorequ’on le corrige par ces paroles, ou plutôt à l’âge de qua-rante-, car outre qu’il faloit dire quarante-un 8c non pasquarante, on ne doit jamais se servir d’une telle disjonc-tive, à trente-fix ans, ou à quarante, lors qu’il est con-stant que la prémiere partie de cette Proposition est faus-se. Le Pere Briet est dans le cas : il pose fans balancerla naissance de Lucrèce à Van de Rome 543 , 8c fa mortà l’an 584; il n’a donc point dû avancer deux opinionsfur la durée de la vie. IV. Comme Crassus 8c Pompéeont été Consuls deux fois ensemble, c’est une faute quede marquer simplement qu’une telle chose est arrivée sousle Consulat de ces deux hommes. II faut spécifier sousquel Consulat. V. Crassus 8c Pompée furent Consuls laprémiere fois l’an de Rome 683, 8c non pas Van 584.En VI lieu, ou il ne faloit point parler de Virgile, ou ilcn faloit parler comme Douât, qui marque que ce Poë-te prit la robe virile le même jour que Lucrèce décéda.La plus grande force de la singularité consiste dans larencontre du jour; le Pere Briet Vénerve en se conten-tant d’observer que Virgile prit la robe virile Vannée dela mort de Lucrèce. VII. Ce fut sous le deuxième Con-sulat de Crassus 8c de Pompée, que Virgile prit cette ro-be l’an de Rome 698 (8) : il ne faloit donc pas mettre àl’an de Rome 584 la mort de Lucrèce. VIII.St. Jerômea dit clairement que Lucrèce fe tua à l’âge de quarante-quatre ans. Propria fe manu interfecit anno isatis quadrage-fimo quarto (p). Joignez à ces huit fautes celle que le Pe-re Briet a faite un peu après, eh disant qu’O vide a donnéà Lucrèce l’épithete de divin,

Carmìna div'mì tune funt peritura Lucretì ,

Exitio terras cum dabtt una dies.

II y a sublimis, 8c non divìni , dans Ovide (10). Gassendis’est étrangement abusé sur le Passage de St. Jerôme: il acru que Vannée de la mort y avoit été marquée, 8c nonpas celle de la naissance; ce qui lui a fait conclure queLucrèce étoit plus âgé que ce Zenon.l’Epicurien, dontCicéron 8c Atticus avoient été Auditeurs (n).'Mr.Creecha mis la naissance de Lucrèce k l’an 659, 8c la mort àl’an 702,8c il prétend que Virgile vint au monde le jourque mourut Lucrèce; ce qui pourroit faire croire à unSectateur de Pythagore , que l’ame de Lucrèce passadans le corps de Virgile. Vix absoluto opéré moritur, eoipso die quo natus est Virgilius, a 1 aliquis Pythagoreus cre-dat Lucretii animam in Maronis corpus tranfiisie, ibiquelongo ufu c? multo studio exercitatam Poétatn evastjfe (12).Cette faute est considérable ; car il en faudroit conclureque Virgile fit ses Eclogues à l’âge de huit ou neuf ans.Voilà comment les plus doctes brouillent leurs idées.Ils convertissent le jour que Virgile prit la robe virile encelui de fa naissance. Lambin avoit fait le même fauxpas (13).

Si l’on en jugeoit par le style » on s imaginèrent aisé-ment que Lucrèce a été plus vieux que Cicéron; maiscette réglé seroit trompeuse. Combien avons-nous d Au-teurs bien plus jeunes que Balzac, qui écrivoient en vieuxGaulois pendant que Balzac ecrivoit eloquemment 8cpoliment? Quoi qu’il en syit, j’ai lu dans quelques Mo-dernes que Lucrèce a precede Cicéron. Paula antiquiorfuit Terentio Var.rone , O? M. Tullio, ut quidam feripserunt.C’est Crinitus qui dit cela (14). Charles Etienne, Lloyd',8c Hofman Vont bien copié; mais Decimator, le co-

(8) Déciméfipttmo ann 9dtatis virìlemtogam cepitilhs Confuli*bus iterttmqui bus natuserat. Evenit *que ut eo ipfadie Lucretiuspoè’ta difeede -r et. Dona-tus, in Vit 3VirgiUi.

(b) In

Chxoníc.

Euscbii,

( 10 ) Ovid.Amor. LàbrdI, Eleg. XV.f. 13 .

(n) .Ali-quanto ve~tustior 9 fed%omx , fuit

T. LucretiusCarus 3 obiìtenim juxtaEufebiu/nOlympiade171. cumagent annumatatis qu a -dragesimumtertutm.

Libr. II,Cap. VI.

(12) Thom,CreechFr.tfu. Lu-cretii.

( r î) Volezla fin de cetteRemarque,

(H) DePoëtis La-tinis, Libr,II. f. m. 6 il.

D d

piant