f15) /« The-sauro Lin-guarum,
Voce Lucic-tius.
(x6) InUParte SylvxVocabulo-rum, imprì~mie à Franc •fart m 8 l'an1591 .
(17) PopeBlount,Censura
Authorura,
t“g- 39 .
(18) Voiez.ce qvlìl ditdc U Mortde Cicéron ,t*S- 4 °-
( 19 ) C’estcelle du Scho-liaste Dau-phin dc Lu-crèce.
(10) 751 aulien de 701.
11 y a. 6 s Idans C Editionde Francfort1583.
( 21 ) Dóna-tus, in VitaVirgiliL
(22) Thuan.Hiír.. Libr.
CXIII, f ag.686-, ad ann,
r 595 .
(23) Chron.Euscbii.
(24) Stat.Silv. VIIL!bri II,
Vers. 76.
(25) Votez.Bailler,Jugemensfur les Poe-,tes, Tom. 11 ,fag. 89.
(26) Lucret.Libr. I,
Vers 59.
(27) ïbid .Vtrs Í4.
(28) Ptimumejuod magnisdocco dc re-ins tr arttìsFLtlligtonumcinìmoi nodis
cxfolvere
perco. Ibid.pag. m. 30,Vers 93 °,
210
LUCRECE.
lui-meme à l’âge dc quarante-quatre ans.' Cela veut dire qu’il se tua l’an de Rome 702. Onlui avoit donne un philtre, qui le fit tomber en fureur. Cette manie lui laissoit des interval-les lucides, pendant lesquels il composa les fíx Livres de rerum natura ( C ), où il explique sa-vamment la Physique d’Epicure. La même Chronique nous aprend, que cet Ouvrage futcorrigé par Cicéron après la mort de F Auteur (D). Jamais homme ne nia plus hardimentque ce Poète la Providence divine (.£),& cependant il a reconu un je ne sai quoi qui se plaîtà renverser les grandeurs humaines (F)-, & l’on ne sauroit nier que son Ouvrage ne soit par-
piant sans bien poser les virgules, a débité un gros men-songe. Lmretius, dit-il (i;) > Poéta Latinus paulo anti-quìor Terentio, Varrone 09 “ AI. Tullio. Dans un autre Li-vre (i6) il avoit dit tout simplement que Lucrèce estplus ancien que Terence 8c que Cicéron. Un illustreAnglois (17) que je cite assez, souvent veut que Lucrèceait été contemporain de Cicéron, & de Varron, maisun peu plus âgé queux. II met en marge que Lucrèceflorissoit ioj avant Jefus-Christ. Or selon lui la naissancede Jesus-Christ tombe fur l’an de Rome 751 (18) : il croitdonc que notre Lucrèce florissoit l’an de Rome 646. IIfaut donc qu’il le fasse naître environ l’anózo. C’est biens’écarter de l’opinion ordinaire, 8c de l’opinion de SaintJerôme. La Vie de Lucrèce par Lambin, dans l’Edi-tion dont je me fers (19), porte qu’il mourut à l’âge dequarante-trois ans fous lc 3 Consulat de Pompée, l’an deRome 751, le jour que Virgile naquit. Des deux fautesqu’il y a là lune est fans doute une faute d’impreflîon (20),l’-autre est une faute d’Auteur. Lambin, au lieu de met-tre le jour que Virgile prit la robe virile, a mis le jourde la naissance: 8c quand on le reélifieroit ainsi; on nel’exemteroit point d’erreur; car ce fut fous le deuxiemeConsulat de Pompée que Virgile prit la robe virile l’an698 (21).
( C) Cette manie lui laijfoit des intervalles lucides,pendantlesquels il composa les six Livres de rerum natura. ] Ceuxqui liront dans Mr. de Thou (22), que le Tasse étoit su-jet à de grans accès de folie, qui ne l’empêchérent pasde faire d’excellens Vers,ne trouveront pas incroiable cequ’on nous dit ici de Lucrèce: Amatoriopoculo in furoremversus , quum aliquot libros per intervalla infamu confcrip-sijset (23). Quelques-uns croient que Stace a voulu par-ler de cette fureur quand il a dit, v doctisuror arduusLucreti (24) ; mais d’autres estiment qu’il n’a voulu dési-gner que l’enthoufiasme Poétique, 8c qu’il a fait allusionà ces termes du I Livre de Lucrèce: sed acrì Percujjìtthyrso laudìs spes magna meum cor. Voiez Bartliius fur cesparoles de Stace.
(D) . . . Eusebe nous aprend que cet Ouvrage fut corrigépar Cicéron âpres la mort de l'Auteur. ] II semble que lePere L ri et le croie, puis qu’il se sert de ces paroles : infuis verpbus, duris quidem, fed valde latinis , & Tullii li-ma dìgmffimïs. Quelques-uns (25) croient qu’il a vouludire que les Poésies de Lucrèce avoient besoin de passer parla lime de Cicéron; mais d’autres jugent qu’il a voulu direquelles font honneur à Cicéron par qui elles ont été cor-rigées , ou qu’il paroît bien quelles ont passé par la limede ce grand homme.
(£) Jamais homme ne nia plus hardiment ... .la Provi-dence dìvine.~\ Car il entre en matière par cet impie début:
Omnis enim per se Divûm natura necesse estImmortali avo summa cum pace fruatur ,
Semota à nostris rébus , fejunflaque longe.
Nam privât a dolore omni, pnvata periclis,
Ipsa suis pollens opibus; nihil indiga noftrt,
Nec bene promeritis capitur , nec tangitur ira (26).
II continue par donner des louanges infinies à Epicure,qui avoit eu le courage d’attaquer la Religion, 8c quien avoit triomphé.
Humana ante oculos feede cum vita jaceretIn terris opprejja gravi fub relligione :
Qua caput à ulì regionibus oftendebat ,
Horribili super adspedlu mortalibus instant ;
Primum Grajus homo mortaleis tollere contra,
Est oculos ausus , primusque obfiftere contra :
Quem nec sama Deum, nec fulmina, nec mimtanûMurmure comprejsit edum. sed eo magis acremVirtutem mritat animi, confrìngere ut artlaNatura primus portarum claustra cupiret.
Quare relligio pedìbus subjebla vicijjìmObteritur; nos exaquat vìcìorìa culo (27).
' - ,.
II dit dans le même Livre, qu’une des choses qui 1 en-couragent le plus, est la louange qu’il espere de mériteren traitant d’une matière toute neuve, 8c en rompant lesliens de la Religion (28).
{F) Il a reconnu un je ne fat quoi qui se plaît à renverserles grandeurs humaines .] Aiant parlé de la peur qui saisitles Amiraux à la vue d’une tempête, il ajoûte que c esten vain qu’ils font des vœux, tant il est vrai qu’une forceocculte semble se jouer des dignitez de la terre.
Summa etiam cum vis violenti per mare venti
Induperatorem elafsts super ctquora verrit,
pi
semé
Cum validispariter Legionibus, atque Elephantis :
Non Divûm pacem votis adit ? ac prece qua/it
Ventorum pavidus paces, animasque secundas }
Nequicquam : quoniam violento turbine sape
Conreptus nihilo fertur minus ad vada lethi :
XJfque adeo res humanas vis abdita* quidam
Obterit, esr pulchros Tafceis, f&vafque Secureis
Proculcare,ac ludibrio sibi habere videtur (29).
Voilà un Philosophe qui a beau nier opiniâtrement laProvidence, 8c la force de la Fortune (30), 8c attribuertoutes choses au mouvement nécessaire des atomes, causequi ne sait où elle va, ni ce qu’elle fait; l’expérience lecontraint de reconoître dans le cours des événemens uneaffectation particulière de renverser les dignitez éminen-tes qui paroissent parmi les hommes. II n’est presquepas possible de méconoître cette affectation, quand onétudie attentivement l’Histoire, ou seulement ce qui sepasse dans les pais de fa conoissance. Une vie médiocre-ment longue suffit pour nous faire voir des hommes,qui,étant montez par une fuite précipitée de bons succès àune haute fortune, retombent dans le néant par une fuitesemblable de mauvais succès. Tout leur réuffissoit aupa-ravant , rien ne leur réussit aujourd’hui ; ils ont part ìmille infortunes qui épargnent les conditions médiocres,posées pour ainfí dire au même chemin. C’est contreeux que la Fortune paroît irritée, c’est leur ruine qu’ilsemble qu’elle ait conspiré, pendant qu’elle laisse en re-pos les autres hommes. Je ne m’étonne donc point queLucrèce se soit aperçu d’une telle affectation, inexplica-ble selon ses principes, 8c très-mal aisée à expliquer selonles autres Systèmes ; car il faut demeurer d’accord queles phénomènes de l’Histoire humaine ne jettent pas lesPhilosophes dans de moindres embarras, que les phéno-mènes de l’Histoire naturelle. Ce qu’il y a de plus sen-sible dans l’Histoire humaine, est l’alternative d’élévation8c Rabaissement (31) dont je parle ailleurs (32), 8c quiau dire d’Esope est l’occupation ordinaire de la Providen-ce. Comment accorder cela avec les idées d’un Dieu in-finiment bon, infiniment sage , 8c directeur de touteschoses ? L’être infiniment parfait se peut-il plaire à éleverune créature au plus haut faîte de la gloire, pour la pré-cipiter ensuite au plus bas dégré de l'ignominie ? Ne se-roit-ce pas se conduire comme les enfans, qui n’ont pasplutôt bâti un château de cartes, qu’ils le défont, 8e qu’ilsle renversent ? Cela, dira-t-on, est nécessaire, parce queles hommes, abusant de leur prospérité, en deviennentlì insolens, qu’il faut que leur chute soit la punition dumauvais usage qu’ils ont fait des faveurs du ciel, 8c laconsolation des malheureux, 8c une leçon pour ceux àqui Dieu fera des grâces à l’avenir. Mais ne váudroit-ilpas mieux, répondra quelque autre, mêler à tant de fa-veurs celle de n’en point abuser ? Au lieu de six granssuccès n’en donnez que quatre, 8c ajoutez y pour com-penser les deux autres la force de bien emploier les qua-tre. II ne fera plus nécessaire, ni de punir l’insolent, nide consoler le malheureux , ni d’instruire celui qui estdestiné à l’élévation. La prémiere chose que feroit unpere, s’il le pouvoir, feroit de fournir à ses enfans le donde se bien servir de tous les biens qu’il voudroit leurcommuniquer ; car fans cela les autres présens font plutôtun piege qu’une faveur, quand on fait qu’ils inspirerontune conduite dont st faudra que la punition serve d’exem-ple. Outre que l’on ne remarque point les militez de cesexemples; toutes les générations jusques ici ont eu besoinde cette leçon, 8c il n’y a nulle aparence que les siéclesà venir soient moins exemts de cette vicissitude dont par-loii: Esope, que ceux qui ont précédé. Ainfi cette alter-native ne porte point le caractère d’un être infinimentbon, infiniment immuable. Je sai bien qu’on peut in-venter mille raisons contre ces difficultez, mais on peutaussi inventer mille répliqués : l’esprit de l’homme est en-core plus fécond en objections qu’en solutions; desortequ’il faut avouer, que fans les lumières de la Révélation,la Philosophie ne se peut débarrasser des doutes qui se ti-rent de l’Histoire humaine. C’est aux Théologiens, 8cnon pas aux Philosophes, qu’il apartient d’aplanir cela.Les Poètes du Paganisme recoururent à une Hypothèsequi fut fort goûtée des peuples : ils prétendirent que dansce grand nombre de Divinitez qui se mêlent du Gouver-nement du monde, il y en a qui portent envie aux hom-mes heureux, 8c qui, pour apaiser le chagrin que cetteenvie leur cause, mettent tout en œuvre asm de perdreces hommes-là. D’où vint que le Paganisme eut un sointout particulier d’apaiser ces Dieux jaloux: la Déesse Né-mésis, qu’on se figuroit à leur tête, avoit autant de partqu'aucune autre Divinité aux cultes 8c aux honneurs de
(29) Idem 9Libr, V. Vers*122 $.
(30) Enten*dez. ici parFortune uneDivinité quiagît avec cqtvnoijsance,mais qui e(ibiZoArrey ma-ligne » injuste aimprudentte,
( 3 i)
quid in al-tum Fêftunátulit ruiturélevat modidsrébus longì**avum tfi.Seneca ,mAgam. LePolyanthea,’au Mot For-tuna , est toutplein de tellesSentences»
(iz) DansC ArticleeCF S OPE fT^emarq, (v«