(xj Votez. la%em. ( G ).
(49) Tho- 'mas Cteech,iri PrafiitioneLucietiiOxonìi editi eTbeatro Shel-doniano 1695in r.
(50) PoíTe-vin. Bìblio-thec. Se-lecta. Tom.II, Libr.XVII, Cap.
xxu'r,
fag. ze.
(ji) Idem,iHd.pag.43}.
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LUCRECE:
cette Hypothèse (H), & se fut fait fort d’expliquer physiquement cette afaire-là. Ceux quiont écrit Va Vie assûrent qu’il étoit parfaitement honnête homme (a). Quelques-uns veulent
que
Finissons par le bel éloge qu’un excellent Commenta-teur de Lucrèce vient de lui donner, Rien ne prouvemieux ce que je viens d’affirmer dans le Texte de cetteRemarque. Huic caiumnia ita profligata succéds alia ela-tior aspeílu , e" voce truculentior ; clatmtans vefanum ejfe ,immodestum , impium i, voluptatis magtstrum , omni deniquespurcitie , quee decet porcum ex Epicuri grege , inquinatum .-Ego verì numquam animum meum tnducere potui ut credam,.Pomponii Attici, caftijfimi v'tri familiarem , utriusque Ci-ceronis delìcias , L? exitnium atatìs omamentum tot vi-tiis (de impies ate aptior erit dicendi lotus ) fadatum . Testes,igitur qmro , fed nullibi inveniam ; scripta evolvo , at in il-lis emnìa longe-dijfimiliamulta adverjus metum fortiter, in-temperantiam severe , libidinem ceijìe disputantur , qua borta-rì ad virtutes , ab avaritia , ambitione , luxuria pojfmt de-terrere plurima : & Mms pracepta vitam moresque
componìt, illum prhati habebunt integerrimum ayìicum, ci-vem Respublica (49).
Le Jésuite Possevin, tout rempli qu’il est de scrupules,8c quelque foin qu’il ait pris de recommander que l’on nefasse pas lire aux Etudians certains endroits de Lucrè-ce (50), ne laisse pas d’être d’avis qu’on leur montre lesbeaux Préceptes de Morale qui font dans ce Poète fur lemépris de la mort, fur la fuite de l’amour, & fur lesmoiens de réfréner les passions, 8c d’aquérir la tranquil-lité de l’ame. Non negaverim perlegi pojfe in Lucretio quetde morte contemnenda , de amore fugiendo, de coercendis cu-piditatibus, de sedandis animorum motìbus , de mentis tran-quillitate comparanda . disputât (yi).
(H) ll eût reconu peut-être un je ne fat quoi qui se plaît a,chagriner les petites conditions, mais peut-etre aujjt qu il eutrejette cette Hypothèses] II y a très-peu de gens qui n aientpris garde que l'on fe plaint que 1 infirmité 8c la morts’attachent plus ordinairement aux personnes cheres,qu’aux personnes indiférentes, ou haïes. Voiez un tel,vous dit-on, il aimoit fa femme, & il avoir raison del’aimer: il l’a perdue dès la seconde année, il en est in-consolable ; 8c pendant qu’il pleure cette triste séparation,beaucoup de maris soupirent depuis vingt ans après 1 étatde viduité, 8c fe croient menacez de 1a longue vie deleurs femmes. Voiez cette veuve, elle pleure nuit & jourun bon mari que la mort lui a enlevé dans la fleur de fajeunesse. Cent autres maris fe portent bien depuis long-tems, 8c vivront encore plusieurs années, 8c continue-ront à mal traiter leurs épouses fans sujet 8c fans raison.S’ils mouroient, la patience ne seroit plus nécessaire dansleur logis. La consolation, le repos.l’épargney régneraientagréablement, & c’est pour cela que l’on doit croire qu ilsvivront beaucoup. On vient d’enterrer un enfant, un fils.unique, les délices de son pere 8c de sa mere. II pro-mettoit beaucoup, il étoit bien digne de recueillir la suc-cession opulente qui l’attendoit; la mort l’a choisi entrecent autres qu’elle a épargnez, 8c qui font à charge à lafamille. Cet honnête homme qui faísoit un fi bon usagede son esprit, 8c de ses richesses, est mort depuis peu.Sa vie a été bien courte : il n’avoit jamais joui d’une par-faite santé, & s’il eût été vigoureux, il eût rendu encoreplus de services à son prochain qu’il n’a pu faire. II estmort, 8c vingt autres dans le voisinage se portent bien,,8c ne sont jamais malades, eux qui ne cherchent qu a in-quiéter le tiers Sc le quart, Sc qui abusent de leur santé,.& de leur esprit, & de leurs richesses, pour oprimer l’in-nocence, & pour scandaliser le public par une mauvaisevie. Voiez ce coquin, vagabond 8c sans aveu,il est tom-bé d’un troisième étage, 8c ne s’est fait aucun mal. Unfils de famille, un fils unique, un honnête homme, seserment brisé tous les os à beaucoup moins. Tous mesLecteurs conviendront qu’on entend par tout de sembla-bles plaintes, & il est même vrai qu’on dit assez ordinai-rement que les souhaits du public pour la'mort d’un mé-chant homme ont une vertu particulière de lui alongerla vie. II seroit aisé d’expliquer cela .par l'Hypothèse deces Divinisez jalouses, envieuses, 8c malignes que lesPafens admettoient. La bonne Théologie peut raison-ner là-dessus solidement, mais Lucrèce qu’auroit-il pu
y avoit des Divinisez qui se chagrinassent du bon-heur des hommes, 8c qui aimassent à les mortifier , ellesaffecteraient fans doute de faire périr a la fleur de 1 âgeun fils unique, ou un mari tendrement aime, une épousequi fait le bonheur de son époux ; & de conserver la vieà un fripon qui fait enrager son pere Sc sa mere, 8c aun mari, 8c à une femme, qui sont la croix 1 un de 1 au-tre. Si elles vouloient mettre en deuil une famille , elleschoisiraient l’enfant qui promet le plus, Sc qui est le pluschéri; Se si elles vouloient persécuter une paroisse, ellesy affligeraient ceux qui en font le soutien par leurs cha-înez 8c par leur sagesse. Elles les mettraient dans le litd infirmité, 8c puis au sépulcre, Sc protégeraient la viedes mal honnêtes gens. Elles se plairaient à mortifier lepublic en conservant les objets des imprécations, 8e endétruisant bientôt les objets de l’espérance, Sc les délicesdu peuple, les Marcellus, les Germanicus. Considérez
(sî) VírgíL
/i. Il.
VI, Vers
ce que dit Tacite en décrivant le triomphe de Germani-cus, Sc l’inquiétude que l’éclat de ce grand jour fit naî-tre dans l’esprit de ceux qui se souvinrent que l’amitié duPeuple Romain portoit malheur: Augebat intuentium vi-sas eximia ipstus (Geimanici) species, currusque quinqueliberis onustus : fed suberat occulta sormido reputantibus , hautprosperum in Hruso pâtre ejus favorem vulgi, avunculumejusdem Marcellutn fiagrantibus plebis Jludiis intra juventamereptum, brevet er insaustos populi Romani amores (;a). JnnaîChacun sait la réflexion de Virgile, que Marcellus mour- ubr. n, 'roit jeune, que les destins se contenteraient de le mon- XLI,trer, parce que les Dieux jugeraient que Rome seroittrop puissante si elle le possédoit long teins:
O (tendent terris hune tantum fata ; neque ultra
Ejfe jìnent : nìmium vobis Romana propago 1
Visa potens, Supert, propria hue fi dona fuissent ( 53 )!
II y a beaucoup d’aparence que Virgile avoit en vue lajalousie qu’on attribuoit aux Dieux. Mais nos Théolo-giens raisonnent d’une maniéré infiniment plus solide»
Us ne nient point généralement parlant les distinctionsqu’un Paien profane 8c impie aurait nommées affectationde chagriner, ou acception de personnes, ou même pu-re malignité Sc envie du destin. Us trouvent dans cesdistinctions une Providence pleine de bonté, de sagesse ,
Sc de justice. Dieu nous sépare des personnes que nousaimions le plus tendrement : il le fait afin de nous déta-cher de la terre, 8c de nous a prendre que le vrai biendoit être cherché au ciel. 11 nous laisse exposez long-tems à des malheurs domestiques afin d’éprouver notrepatience, 8c de nous purifier dans ce creuset. 11 se sertde la longue vie des médians afin de punir les péchez deshommes. C’est un fléau de fa justice. U ne fait soufrirque ce qu’on a mérité. Ainsi la bonne Théologie netrouve rien là qui l’embarrasse; mais Lucrèce ni Epicurene s’en seraient pas tirez trop facilement. Us eussentpeut-être nié le fait, 8c soutenu que ceux qui débitentles murmures, les plaintes, les observations qu’on a vuesci-dessus, calculent mal. Í1 est ordinaire à l’homme dene compter pas assez d’un côté, Sc de compter trop dcl’autre. Qu’un méchant homme, qu’un méchant mari ,meure bientôt; on y prend garde fur le champ, 8c l’onoublie fa réflexion peu après. Qu’un très-honnête hom-me, qu’un bon mari, soit fauché en herbe, on considé-ré cela attentivement, 8c on ne l’oublie pas, la mémoireest alors un bon regître. U meurt peut-être autant d’en-fans selon les désirs de leurs peres Sc de leurs meres, quede fils uniques idolâtrez. La mort de ceux-là ne faitpoint de bruit, on n’y songe que légèrement; mais lamort des autres excite mille clameurs, misse réflexions.
Outre cela, il faut savoir que les hommes sont plus en-clins à se plaindre qu’à fe louer de leur destinée, 8c qu’ilss’imaginent faussement en mille rencontres que la prospé-rité de leur prochain surpasse la leur (54). U y en a clas-sez ingrats 8c d’assez impertinens pour dire, Mon fils estmort de ses blessures-, fi f avoit été le fils d'un autre, il enseroit réchapé. Ajoutons que Lucrèce aurait recouru à faPhysique. Ne vous étonnez pas, eût-il dit, qu’un filsque l’on aime tendrement meure plutôt, qu’un fils donton n’a nul foin. Celui-ci devient robuste, il s’endurcìtau froid 8c au chaud: l’autre s’effemine par la molesse del’éducatìon, la moindre incommodité l’emporte. Un jeu-ne homme d’un esprit extraordinaire est maladif, 8c meurtavant l’âge de trente ans: un sot, un lourdaut, n’est ja-mais malade, ou bien si guérit des plus fortes maladies ,
8c devient fort vieux. Avez-vous tenu regître, répomdroit Lucrèce, de tous les Savans du premier ordre quiont vécu quatre vingts ans, 8c de tous les sots qui n’ontpas atteint sage viril? Reprenez vos jetions, Sc calculez;men, vous trouverez que vos comptes n’étoient pas jus-tes. Mais après tout pourquoi s’étonner qu’un grand es-prit ne soit pas d’une forte compléxion ? U est composéd un tissu d atomes fin 8c délié : fa résistance aux autrescorps doit donc être plus petite. Un gros païsan est pétride molécules plus massives, plus entrelassées: elles doi-vent donc durer davantage. Si les atomes de l’imagina-tion se meuvent avec une rapidité extraordinaire, ils dé-rangent, 8c ils ébranlent les parties du cerveau, sis y fontdes ôuvertures par où s’exhalent 8c s’évaporent une infi-nité d’atômes nécessaires à l’entretien des organes. IIfaut donc que la machine s’extenue, 8c que les princi-pes de la vie se gâtent bientôt. Et voilà l’explication del’Axiome
, Immodicis Irevis est «tas, & r ara seneBus (y y).
Telle est la loi du Ciel , nul excès n’est durable,
S’il passe le commun il passe promptement (y6).
U s’en faut bien que ces Réponses, que je supose queLucrèce aurait pu donner, satisfassent à tout ce qui estcontenu au commencement de cette Remarque,
(54) Ffrf/-'Uor figes ejlalienis semaitin Agris ,Vicinwnqucpecus gran-dies uber hA-
têt. Ovi<Lde Aiteamandi,Libr. I, f,349,
(ssì
tial. Ltbr- ,VI, Epig t4XXIX.
(56) VoUz.lis Lettres
deBuslïflf-butin, 1V
(Z) tin-