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Tome troisieme. K - P.
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tendent qu’i.1 n’a pu parler de la forte fans fe contredire, n’avoient guere lu son Ouvrage, ou

n’avoient

quatre termes manifestement & fans équivoque (103). IIfout donc croire que PObjectìon de Plutarque n’étoit pasfondée fur la supreffion de la majeure, comme le pré-tend Aulugelîe, mais fur ce que la majeure qu on fous en-tendoit n’étoit nullement un principe dont on pût tirer laconclusion. C’est assurément la mauvaise qualité de ceprincipe, & vous voler clairement qu après avoir accor-dé la majeure & la mineure du Syllogisme que je viensde raporter, on en peut nier la conséquence. Murets’emporte là-deffus contre Epicure, & le traite d’un im-pertinent Dialecticien. Jllius artìs ( Dialectices ) ignorationerstebaí irt dicmdo: sapeque aliquìd probare aggrejfus , ea fume-bat, quibus datis ac cenctjfis , id t amen quod probare institue-rai, non toncluderetur. §ìuale est, quod cum docere vellet,rnertem nihil ad nos pertìnere, ita rattoetnabatur : O* bavxToçe âSèe trfò; rò y&pStecMÍb àvcucdhiTii. rì Sl ivxurftyTovv ovìh

srpôx ijeaç. Neque enim sequiíur, st id quod dijfolutum est ,sensu vacat; idcirco ipsam quoque dijfolutionem non sentiri.Neque. mors est vò SixMbèo, àùdc uì/TÌj H Sidtosrti;. MeritoquePlutarchus secundo librorum , qttos de Homero composait, im-perseâle , atque prspostere , a t que inscite syllogisme usum esteeum dixerat : non quod prttermtfijset illud ut , é ídvurefi}wzfc kcù edifixTOi SmIum; : quo addite , nihìlo magis efficìetur,quod ipse voluit: sedquod, sttípìditate quadam, C? craffìttt-dine ingerni , non pervidistet, quantum inter id, quoddisso-lutum est, v ipsam dijfolutionem inttrejfet ( 104). Et pournoirs convaincre que le défaut qui a été reproché à Epi-cure par Plutarque ire consiste pas dans la simple impres-sion de la majeure, il raporte un Passage d’Alexandre<d’Aphrodisée(i05), où l’Argument d’Epicure est censuréprécisément comme il supose que Plutarque le critiqua.Je ne sauroìs me persuader que Plutarque eût voulu semettre en frais pour la censure d’une chose dont les meil-leurs Dialecticiens fe peuvent servir. Rien ne leur défendde fe servir de VEnthymeme, qui est un Syllogisme mu-tilé ou de la majeure, ou de la mineure. On l’emploiesur les bancs encore aujourd’hui, íàns que les plus gransesclaves des formalitez de la Dispute y trouvent rien àredire, pourveu que îa proposition sousentendue soit tellequ’ií faut; mais quelles huées ne feroient-ils pas si elleétoà défectueuse comme celle dont il est ici question?Developons-en le Paralogisme.

Epicure & Lucrèce suposent que la mort est une chosequi ne nous concerne pas, & à laquelle nous n’avons au-cun intérêt ïls concluent cela de ce qu’ils suposent querame est mortelle, & par conséquent que l’homme nesent pins rien après la séparation du corps & de l’ame.

NUigitur Mors est, ai nos neque pertinet hìlum,

Çstuandequtdem natures Jlnimi mortalts habetur tEt ■veìut ameaSlo rní tempore senfimus tgri ,

Jíd amfkgmdum teenientibus undiqtte Poenis ;

Omnia. cum beUi trepido comujfa tumultuB.oreriâa cmtremtme fub altis etheris auris :lis dtebíoque fuit fub utrorum régna cadenâumOmnibus humants effet, terraque marique:

Sic sibi non erimus , cum Corporìs , atque AnimaiDifádium fuerit, quibus ì sunms unìter apti,

Stiiicet baud Nabis quidquam , qui non erimus tum ,Accidere omnim poterit, sensumque mevere:

Non fi terra mari miscebitur, ct mare coelo (10 6).

ïls ont raison de dire que rien de tout ce qui peut arriverà rhomme lors qu’il ne sent plus ne le concerne; car c’esttoute la même chose à l’égard de la statue deSocrate de lamettre ea pieces, ou de briser la statue de César. Puis■donc que k rupture de la statue de César n’interesse enrien la statue de Socrate, celle-ci n’a nul intérêt à fa pro-pre destruction: elle n’en voit rien, elle rien sent rien ,non plus que fi l’on brûloir un arbre fous le pôle méri-dional Mais 0s ne laissent pas dc donner dans le Sophis-me par deux endroits. Ils ne peuvent point nier que lamort n’arrive pendant que l’homme est doué encore desentiment C’est donc une chose qui concerne l’homme,Sc de ce que les parties séparées ne sentent plus, ils onteu tort d’inférer que l’accident qui les sépare est insensi-ble. (ro>7) Voilà donc leur prémiere inconséquence, ilsont conclu des parties séparées à la séparation même; cel-le-ci pouvant être douloureuse, & accompagnée de mil-le fortes de sentimens importuns, est un mal qui apar-tient proprement Sc réellement a 1 homme, Sc cela envertu même de leur principe, que si les morts n ont nulintérêt à leur état, c’est à cause qu’ils ne sentent rien. Lcsecond défaut du raisonnement de ces Philosophes estqu’ils suposent, que l’homme ne craint la mort que par-ce qu’il se figure quelle est suivie d’un grand malheur po-sitif ils fe trompent, & ils n’aportent aucun remede àceux qui regardent comme un grand mal la simple perte4e la vie, L’amour de la vie eít tellement enraciné dansle cœur de l’homme, que c’est un signe qu’elle est con-sidérée comme un írès-grand bien ; d’où il s’ensuit que decela seul que la mort enleve ce bien, elle est redoutéecomme un très-grand mal. A quoi sert de dire contrecette crainte, Vous ne sentirez rien âpres vôtre mort ? Nevous repondra-t-on pas aussitôt, C est bien assez que je soit

privé de la vie que s aime tant; & fi P union de mon corpsC de mon ame est un état qui nidpartient, C que je souhai-te ardemment de conserver , vous ne pouvez pas prétendre quela mort qui rompt cette union est une chose qui ne me regardepas. Concluons que l’Argument d’Epicure, & de Lu-crèce n’étoit pas bien arrangé, 8c qu’il ne pouvoit ser-vir que contre la peur des peines de l’autre monde. II ya une autre sorte de peur qu’ils dévoient combattre; c’estcelle de la privation des douceurs de cette vie. Ils eussentpu dire qu’à tout prendre l’inseníìbilité des morts est ungain plutôt qu’une perte; car on y gagne l’exemtion desmalheurs de cette vie. Or soit que les maux de cette viesurpassent les biens, comme l’ont cru beaucoup de gens,soit qu’ils ne fassent que les égaler, c’est un avantage qued’étre insensible; car il n’y a point d’homme bien éclairéfur ses intérêts qui ne préférât quatre heures de bon som-meil, à deux de plaisir, êc à deux heures de déplaisir ,l’un égalant l’autre (108).

Volons un nouveau Paralogisme de Lucrèce. E pré-tend que la mort ne nous concerneroit pas quand mêmele sentiment subsisterait dans les parties dissoutes, ou quandmême le haiard produirait avec le tems une nouvelleréunion du corps Sc de Paine. Sa raison est que noussommes un composé d’ame & de corps, & qu’ainfi rienne nous concerne que ce qui nous apartient, entant quenous sommes ce composé. Comme donc Pâme séparéedu corps n’est point un homme, ce qu’elle pourroit sen-tir en cet état-là, ne seroit point un sentiment d’hom-me, & sous prétexte que l’ame de Scipion seroit mal-heureuse après la mort de Scipion, il ne seroit pas vraide dire que Scipion seroit malheureux. Je me fers decet exemple, quoi qriil ne soit pas contenu dans ces pa-roles de Lucrèce:

Et st jam nostro sentit de Cerperi , postquam

Distralioést Animi natura, Antmaque poteftas:

Nil tamen hoc ad nos , qui cœtu , conjugioque

Corporìs atque Anima conststimus uniter apti (109);

II crois possible que les mêmes atomes dont un homme aété composé, &qui se dissipent parla mort, reprenentavec le tems la même situation, & reproduisent un hom-me; mais il veut que les accidens de ce nouvel homme11e concernent en aucune maniéré le prémier : l’interrup-tion de la vie,ajoûte-t-il, est cause que nous n’avons au-cun intérêt à ce qui arrivera, en cas que les siécles à ve-nir nous redonnent la même nature humaine que nousavons eue. L’état où nous étions autrefois nous est au-jourd’hui une chose entièrement indiférente: disons Icnicitie de tous les états ou nous pourrons nous trouver à1 avenir,,

, st mattrtam noftratn conlegerh «tasPefi obitum, rursumque redegerit, ut fita nunc est ;Atque iterum Nobis fuerint data lamina vit a ,Pertinent quidquam tamen ad Nos id quoque failum zInterrupta semel cum fit repetentia nofiraEt nunc nil ad Net de nobis attinet , ante%ui fuimtis , me jam de illis Nos afficit angor „

Quos de materìa nofira nova proférés átasîNam cum respicias immenfi temporis omnePraterìtum Jpatium , tum motus MateridiMultimodi quàm fint; facile hoc aderedere fojjìsjSemina sape in eodem, ut nunc sunt , or dine posta .-Nec memorìt tamen id quimus deprendere mente.

Inter enim jeílast vital pausa , vagèqueDeerrarunt pajstm motus ab Senfibus omnes (lio).

—r—- — ^ v.ta ueux pomrs aerm

fique aux personnes qui savent aprofondir une question's est mal servi de ses lumières. Voici un exemple qnous le fera voir clairement,quoi q ue je le supose à plasir. Représentons nous une montre, & Wons qu’elest animee Sc quelle sent, & qsselle conoît ce qt^ h ?,, ser U1 , Superions après cela qu’il lui annoncqu n s en va la démonter, & qu’il ne laissera pas deuroues l une proche de l’autre; mais qu’universellemeitoutes les pieces seront séparées, & mises chacune à pa:dans une boète; que le sentiment sc conservera malgrcette destruction, & que lame ou le principe de la viretiendra ses facultez par raport à la douleur, & à 1joie, &c. N’est-il pas certain dans cette imposition, qula montre se devra intéresser à ces sentimens, qu’on kdit que la dispersion de ses parties ne finira pas? Ellen’eifera point affectée entant que montre, mais il sufit pouson malheur qu’entant que substance sensitive elle soufrle chaud Sc le froid, la douleur Sc le chagrin, Scc. Elisera très-certainement la même substance, qui avoir ét<exposée à ces malheurs là' dans la montre, 8c le mal qriel-le soufrira après la destruction du composé ne sera qu’une continuation du mal qu’elle avoir soufert pendant quile composé subsistoit. Apliquez cela à notre ame, 8c vou:verrez que si elle conservoit le sentiment après notremort, il seroit très-yrai de dire que la même nature quavoit soufert 1» faim, le froid, la fievre, la gravele, Scc

flog) VoíezÈucrece,tivta U r»Ve*s 91Ì&fui vans 5 oìíil recourt ÀÍAComparaisondu Sommeilpour rjfuterceux qui allè-guent tes biensdont la mortnous prìvt .

II réfuté aujji'tres-bìen lesautres raisonsde ceux qui fcfâchent demoMTpu

(109) Lit-crei:„ ubi fit*prà , Vers.

855 >

m. 173,

(ïro) làem\tVd. VersS59.

Réfuta-tion deLucrèce àTégard dece qu’il dicdu lenti-ment quipourroit ^rester apicSla mort»