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Tome troisieme. K - P.
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LUPERCALES. LUTHER.

endormis, & que cela lui donneroit lieu de faìre son coup.Il va de côté 8e d’autre à tâtons ; tant qu’enfin il rencon-tra le lit d’Omphaíe ; mais il n’a pas plutôt touché la peaude lion, qu’il recule tout effraie'. Un peu après en tâ-tonnant il trouve le lit où étoit Hercule, Le jugeant à ladélicatesse mouelleuse des étoffes qu’Omphale étoit là, i]se couche tout de son long, Le plein d’ardeur il com-mence à trousser la jupe; Le sans se rebuter de ce qu’il(17) Conk- trouve des jambes horriblement velues (27), il se met enrez. f Article train d’achever. Alors ce Héros , lui donnant du coude,4 * Hercule , ] e f a j t f auter hors à lit (28 ). Omphale s'éveille, apelle^tmarq. ( ). à monde, demande de la chandelle : on en aporte, &l’on volt Faunus par terre qui a de la peine à se lever ; &chacun se moque de lui. Ovide prétend que c’est là l’unedes raisons de la nudité des Luperques : Faunus, aiantpris en horreur les habits qui l’avoient trompé, voulutque ses Prêtres n’en portassent point pendant les cérémo-nies de son culte.

Comptons présentement les fautes que Mr. du Boulaia faites dans l’espace de vingt & une lignes. I. II ditqu’Hercule passoit par les,quartiers du mont Palatin, lorsque fa femme donna de l’amour à Faunus : mais s’il avoitlu Ovide (29), il eût apris qu’Hercule étoit alors en Ly-die. 11 . Il ne fait si la femme, qui accompagnoit Hercu-le , étoit Iole qu Omphale. Le texte d’O vide, fans lais-ser aucun lieu à l’alternative, nous doit fixer à Omphale.

III. II dit qu’Hercule se retira dans une forêt, pour évi-ter l’ardeur trop véhémente du soleil. Ovide le fait reti-rer dans une caverne, 8c seulement quand il fut tard.

IV. II dit qu’en se couchant Omphale comme la plus fril-leuse or peureuse prend la peau de lion que portoit son marifour se couvrir , or la massue même pour se defendre des bêtes.11 n’y a pas un mot dans Ovide fur aucun de ces motifs;

& d’ailleurs quelle inconséquence, d’un côté une saisonoù l’ardeur véhémente du soleil engage les gens à se re-tirer dans une forêt; 8c de l’autre une nuit si froide, qu’ilfaut qu’une jeune femme se couvre d’une peau de lion,si elle ne veut pas transir de froid ? V. II dit que Faunusprit garde à tout hormis au changement d’habit. Ovide ®

ne le fait prendre garde à rien, Lc ne l’envoie dans la ca-verne qu’à minuit, lors que tous les domestiques d’Her-cule dormoient déjà. VI. II dit qu 'Hercule éveilla fa fem-me, or se fit allumer du feu pendant qu il tenoit cet insolent.

Dans Ovide c’est Omphale qui crie, Lc qui commande,non pas que l’on allume du feu, (ce n’est pas ainsi qu’ons’exprime en ces fortes d’occasions) mais qu’on aportede la lumière. (30). De plus Hercule ne fait que jetter cet ( 30 j imU-insolent hors du lit; il ne le tient pas. VII. II dit qu’on mat cumins ,frotta Faunus d’importance. C’est de quoi Ovide ne dit ir laminapas un mot. VIII. II dit que cette Avanture fut cause Mmms ,7/4.qu’Hercule se leva tout nud : mais au contraire, selon le tìTifiiiìs ‘récit d’Ovide, il avoit été toute la nuit vêtu des habits acU patent.d’Omphale. Quelle aparence qu’il se soit déshabillé,pourse lever dans une rencontre comme celle-là ? IX. II ditqu’Hercule garantit fa femme de la violence. Cela est faux •car le galant, aiant pris le mari pour la femme, n’entre-prit quoi que ce soit contre celle-ci. X. II dit qu’à causequ’Hercule s’étoit levé tout nud, & avoit garanti sa fem-me de la violence, il ajouta la cérémonie de la nudité auxautres qui se pratiquoient à la fête de ce Dieu, pour l’apaiserdu traitement qu il lui avoit fait. Tout cela est faux &absurde: les deux causes de l’augmentation des cérémo-nies font chimériques, comme on vient devoir; Lc cene fut pas Hercule, mais Faunus ou Pan, qui établit lacérémonie de la nudité.

(28) 1 Adscm-dit jspondaquestbi pyopiorarecumbit :

Et rigicìo cor-nu durius in-gum erat.Jnterea tuni-cas or d. fubdu-cit ab ima ,Horrebantdtnsis afperacrura pilis.Catera tentan-te?» cubito Ti-rynthiusÍJeros

Heppulìt : èfummo deciditilìe toro.

(2.9) JamBacchaa nt-mus Tmolivingt a Unebat.

(?) f

cite à tout lemonde d*y sé-parer le bongrain £ avecla paille : C estpourquoi jeréexaminepoint les fau-tes que cet^Auteur peutavoir commi-ses dansst ^Article de

Luther,

(1) Maim-bourg > His-toire duLutheran. »Lìvr. /,pag. 23, 24,Votez.SpondaniAnnalesFarm. IZI/,nm» í 3

LUTHER (Martin) Réformateur de PEglisc au XVI Siecle. Son Histoire est siconue, & se trouve dans un si grand nombre de Livres, & nommément dans Moreri («),queje ne m’amuserai point à 1a raporter. Je m’arrête principalement aux mensonges qu’on a pu-bliez contre lui. On n’a eu égard en cela,ni au vraisemblable, ni aux réglés de l’art de médire;8c l’on s’est donné toute la hardiesse de ceux qui font très-perfuadez que le public adopteraaveuglément tout ce qu’ils débiteront, quelque absurde qu’il puisse être. On a osé publierqu’il étoit né du commerce de sa mere avec un esprit incube (-/?); 8c l’on a falsifié même lejour de sa naissance, afin d’avoir lieu de lui dresser un Horoscope désavantageux (B). On l’ac-avoué qu’aiant combatu dix ans contre fa conscience, il étoit enfin venu à boutir point du tout, 8c d’être tombé dans l’Athéisme (C). On ajoute qu’il disoit lou-

euse d’avoirde n’en avoir

vent

quatre-vingt trois, le v'mgt-deuxiemt OHobre âpres Midy, ítenue heures trente six minutes. . . . Plusieurs disent qu’il■vint au monde k deuxtefmt de Novembre veille de Saint Mar-

(Aj On a osé publier qu'il étoit né du commerce ... Sunesprit incubes Le P. Maimbourg a été assez équitable pour

r^ r / et Ir ÎOt fU I’ 11 naq f f a d’un I«xub7 ìl ainsi *‘ n > 0 UÌ donna s u J et * f es P arens de donner ce nom dt

Comte de Mamftld l an 1483 , mn pas d un Ma J n; ceUi p tltt . e st re , a causé cette diversité : car il n y a

-pif- ír- W*——*

- mes, or l’on n’en a jamais douté que depuis qu'tl devint he- curiosité ont tire j a nativité, ne s en fussent informez au vray.

’ “ - r -—-- — —■— L - r -— - Suffi, dit Cardan qui le fait naifire le vingt-deuxiesme Octo-

bre : c est icy la vraye nativité de Luther. Le mesme dit Jonc-tin.Et encor qu il y ait quelque diversité entre ces deux Astro-logues , fur ÌHoroscope de Luther, fi est ce qu elle est si pettte ,qu’elle ne mérité eftre considérée. Car en l'unt or en l'autreles Planettes demeurent aux mesmes maisons, la Lune en toutesdeux se trouve en la douzÁesmt, Jupiter, Venus or Mars en 'la troisiesme, le Soleil, Saturne or Mercure en la quatriesme.La diversité de ces deux fameux Astrologues ne fut pasfi grande que celle de quelques autres,qui diferérent d’uncannée entiere quant au jour natal de Martin Luther. Jevous cite mon Auteur (8). ,, II y aura autant de Themes„ ou Figures (9) comme il y aura eu de spectateurs à di-„ verses heures: & chaque Astrologue par ce moyen fe-

„ ra la sienne differente. Us se rencontreront

„ pourtant, nonobstant cela, je vous en asseure; com-„ me firent autrefois deux de ces Meilleurs en Alle-„ magne , qui, en faisant l’Horoscope de Luther néne s’en souvenoit pas bien ; elle savoit seulement le jour » 10 Novembre 1483, trouvèrent tous les accidens

& l’heure (5). On veut donc que ce soit par malignité, ,» de fa vie & fes qualitez personnelles, quoy qu’ils fus-que Florimond de Remond a mieux aimé dire que Lu- „ sent differens l’un de Vautre pour son aage d’une annéether naquit le 22 d’Octobre. II a cru confirmer par là „ entiere; tant il est certain qu’on trouve tousiours ccles Prédictions Astrologiques de Junctin, qui par l’Ho- „ qui est arrivé par cette belle Science”. La diversité en-roscope de ce jour a diffamé autant qu’il a pu Martin Lu- treGauric 8c Cardan est d’une année complété à quelquesther y Cet Astrologue fut fortement réfuté par un Pro- heures près. Gauric met la naissance de Luther au 22fesseur de Strasbourg, qm fit voir que selon les réglés de d’Octobre 1484 à une heure Lc dix minutes après midi,

VAstrologie Luther devoir être un grand personnage. Nt- Lc il trouve par cet Horoscope les mêmes abominationshilominus R&mmdus dietn 22 d’Octobris priser t , ut mail- que Cardan. Hat mira satisque horrenda. y. Planetarumtiosa Astrologi cujusdam Junctini calumnu fidem conciliant, coitiosub Scorpìi asterismo ìn nona coeli ftatione quam Arabesqui ex horoícopo illius dieì ingemum Lutherì miris modis infa- nligìoni deputabant,effecit ipfumsacrilegum hereticum, Chris-

(z) Scc-kendorf,HistoriaLutheran.Libr. /, pag,20, col . 2,avoue quefest le vraiNom de laMere deLuther.

(3) Cajeta.-nus Vieich,ThieiúdosLibr. I. Voiez.

resiarque , ce qu’il a bien pu être, fans qu'íl soit besoin pourcela de substituer tm Diable à la place de son Pere Jean Lu-der, or de déshonorer fa mere Marguerite Linierman (2) parune fi infâme naissance. On a de la peine à pardonner detelles fables, à ceux-mêmes qui ne les débitent que com-me des jeux d’esprit. C’est ce qu’a fait un Theatin Ita-lien ( 3 ) , dans un Poème où il supose que Luther, né deMegere l’une des Furies, fut envoie des Enfers en Alle-magne. Cela est encore plus monachal que poétique.

(B) On . lui a dressé m Horoscope désavantageux.]

Martin Luther vint au monde le 10 de Novembre, entreonze heures Lc minuit à Iflebe, où fa mere étoit allée àcause de la foire, Lc ne croiant pas être si proche de sonterme; car il faut savoir que son mari, homme de petitecondition , Lc qui travaìlloit aux mines, ne demeuroitpoint alors à Iflebe, mais au village de Meza (4). Lale J ournal de bonne femme, interrogée par Melanchthon touchant l’an- -Leipsic 1S86, n g e où elle accoucha de Martin Luther, répondit qu’elle

pag. 573 dans - - - -

C Extrait duSacer Héli-con dt cet

tuteur. On L" er n âquít le 22 d’Octobre,

prend dans cet u . .4 ^ . a

Extrait Tho-mas de Viasurnommé Ca-jeton , pour leFondateur desTheatins , &pour la mêmepersonne queCajeton Thu-ne. C est meErreur.

( 4 ) Sec-kendorf,

HistoriaLutheran.

Libr. /> pag+

20 , col. L. '

(5) idem,

ibidem»

(8) Petit,Disserta--tion fur lesComètes #

pag. 104,105-1

(f) C est-à-dtre tou-chant L heurede la premier*aparitíonne Comète»

mare voluit. Hune Isaacus Malleolus, Profijfor Mathem.Argentoratensis anno lóij, edita Díjsertatione de genituraLuther! refutavit (6).

Afin d’éclaircir ces paroles de Mr. de Seckendorf, jedois dire que Florimond de Remond s’est plus arrêté àl'Hypothese de Cardan, qu’à celle de Junctin. II raporteles deux dates, celle du 22 d’Octobre, & celle du 10 deNovembre. II embrasse la prémiere qui est celle de Car-àn, & il insinue que Junctin s’est réglé fur Vautre. Lu-ther , dit-il ( 7 ), nasqutt à Iflebe .... Van mil quatre cens

(6) SechcndoiLHift. Lutheran. Libr. 1, pag. 20, 2. Volez. m Livre (de

Jean Fudetic von des Strass, Ministre proche de Strmbomg ! intitulé, MemoriaTliaumasiímdri Lutherì renovata. ( 7 ) Horiin. de Remond, Histoire de l’Hélé-Sc, livr. I, Chap. V.pttg. m. 25. .

tiana religionis hostem acerrimum, atque prophanum. Ex ho-roftopi direâlione ad Martis coitum irreligiojisfimus obiit. EjusAnima feelefiijsima ad Inferos navigavit, ab Alleéìo, Tefipho-ne, or Megera fiagellis igneis cruciata perenniter (10). Ditesaprès cela que les Astrologues n’ont pas un grand zèlepour la Religion qu’ils professent. Mais notez que celui-ciétoit un Prélat.

(C) o» Va accusé d’avoir avoué, qu aiant combatu dix

ans contre fa conscience, il étoit . tombé dans l’Athéïs-

m é.] „ Martin Luther, lequel avoit tant fait par fes jour->, nées, qu’il estoit parvenu à la perfection del’Atheis-,, me, confesse neantmoins qu’il combatif l’espace de dix» ans contre soy-rnesrne, pour estouffer ou esinousser

„ cet

(ro) hucar

Gauricus,

in TractatU,AitroWco de P 1 ®'feritis moi-