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Tome troisieme. K - P.
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LUTH

E R,

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00 Garas-se i DoctrineCurieuse,t% iH.

rent qu’il renonceroit à ía part du Paradis (Z>) } pourveu que Dieu lui donnât en ce mondecent ans de vie agréable. On soutient impudemment qu’il a nié l’immortalité de l’ame (E).On lui impute d’avoir eu des idées basses & charnelles du Paradis (F), & d’avoir composé des

Hymnes

„ set aiguillon pénétrant que son Athéisme lui plànttìit„ jusques au vif de fa malheureuse ame (i i) Une telleAccusation demandoit que l’on citât les propres parolesde Martin Luther : cependant Garasse s’en est dispensé »il ne cite pas même dune façon vague les Oeuvres decet Auteur ; mais dans la page 968 de son Livre il n’a pastant négligé ses obligations, il a cité quelque chose. Voicice qu’il a dit : Luther, qui fut un parfaiff Atheïste, tesmoì-

que je m,ontre ici comment il cite Prateolus. La doSirmede Calvin , dit-il (15), tient Z r ‘ doit tenir la mortalité del'ame, st elle veut parler avec quelque entrefaite, zy du Preaul’avoit fort bien recogneu en son livre des Herefies , verboAthei , car il remarque la dedans, que s’estant faille uneAJfemblée generale à Geneve, de tous les Estais, pour délibé-rer fur le fait du Purgatoire, un des plus habiles a? considé-rables dit expressément quand ce vint à son rang pour opiner,

gne dans ses Colloques de Table,rapportez, par Rebenstok ,quil Purgatorium cum Missá 8c Romano Pontifies melius

avoit demeuré dix ans devant fa conscience, autant que lesGrecs devant la ville de Troye ; car c estait fa comparaison :mais que par fa diligence , il en estait venu à bout, b qu ilavoit emporté cela fur son esprit, qu'il ne fe souciait plus d'au-cun scrupule. Il pouvoit d, mon advis appliquer toute l’histoire<y la prise de Troye à la prise de fa conscience ; car tomme cefut par un cheval de bois que Troye fe perdit, aujst fut ce parun cheval de bois que Luther prit fa propre conscience, zy es-touffd toute cette vermine de scrupules : car deflors il devintcheval, fi jamais il y eut cheval au monde, es? son discipleAurisaber depofe , comme tesmoing auriculaire, qu il avoit ouyde la bouche de Luther en plein Sermon, que grâces à Dieu ilne sentait plus les inquiétudes de fa conscience, cy que parmyses disciples il commençait à voir les fruit t s de son Evangile.Nam post revelatum Evangelium meum, dtfiit-il, Vir-tus est occisa, justifia oppressa, temperant'ia ligáta, Ve-ritas lacerata, fides clauda, nequitia quotidiana, devotiopuisa, haerefís reli-cta. J'ay tant fait par mes journées, que

aboíere non possumus, quàm si dicamus, simnl animamcum corpore extingui: tel fut l'advis de Monsieur. Et puisaprés , pour confirmer cette dotìrine , sortirent au jour desThèses publiques imprimées, zy disputées dans Geneve l'anMDtxvnii jui portoient ces parolles : Quicquid de anima-rum habetur immortalitate, ab Antichristo ad statuendamsuam culinam excogitatum est. Tout ce qu on dit touchantl’immortalité de l'ame, dijoit ce Proposant , n’ést autre chose ,qu une invention de /’ Antéchrist pour faire bouillir fa marmi-te. Du Preau (16) n’a fait autre chose que citer Linda-nus, qui a dit que les Protestans Italiens réfugiez à Ge-neve aiant consulté un jour sur les moiens d’abolir le Pur-gatoire, le Papat, 8c les autres Dogmes de l'Eglise Ca-tholique , l’un d’eux opina qu’il saloir dire que l’amemeurt avec le corps. Par ce moien, continua-t-il, nousdétruirons le Purgatoire, la Messe, 8c le Pape tout à lafois. Lindanus (r7) cite les Actes du Procès de Valen-tin Gentilis. C’est un Livre où les Réformez se plaignent

l'O Garasse,Doctrine

Gu i»use,

ï“l 889,890.

sîî) M'étantetperçu troptard d'un ou-bli des Impri-meurs , jemets ici lafanie U plus

nécessaire du* a Jfaie de

Eì cela jeRipons,f M, que*es Lutne-ri eas ontgrand tort.... àcause queLuther pro-teste sou-v ent, autapport deRebenstok

dans sesstu’U re-

n °nccoitVolontiers■t toutes s esPatentions,^k°nr!

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Dieu luiv °uluft ac .jjorder cent

ne' de ^°n.n v,c -n cefonde, u! u ! donâe*f 11 quit-

sa^ k°ur/ Part d eParadis.

rf FêtasseDocttio- '

f ay estouffé les germes de vertu, j'ay opprimé la justice, j'ay de quelques membres de l’Eglise Italienne de Geneve in-efteint la sobriété, j’ay deschirê la vérité, j’ay briz.é les jam- fectez d’Arianisme, 8c que l’on chaíla à cause de leursbes à la foy, f ay rendu la mefchanceté familière, f ay banny erreurs. Jugez fi cela est propre à ternir les Calvinistes,la dévotion, f ay introduit l’herefte. II n’est pas besoin de 8c à donner auelaue atteinte à l’Orthodoxie des Gene-faire observer qu’on prend tout ici de travers : la choseparled’elle-même; 8c je suis sûr qu’il n’y a point d’hon-nête homme, quelque Religion qu’il professe, qui n’aithorreur ou pitié de l’extravagance d’un tel Calomnia-teur.

(D) On ajoute qu il difoit souvent qu’il renonceroit à fapart du Paradis, pourveu que Dieu lui donnât en ce mondecent ans de vie agréable. Cette Accusation vient du mêmelieu que la précédente (12.). ,,QuirinusCnoglerus aremar-„ qué en son Symbole Luthérien, qu’il a veu un Livret„ Alleman composé en la louange de SAINT MAR->> TIN LUTHER, qui portoit tout au long la Le-.. gende de ce nouveau Beat canonizé, par les Ministres» d’Allemagne, dans lequel il avoit leu nommément ce

» qui s enfuit. Compofiti funt duo versus in honorem caris- r .. — -- — - , .

„ jimi nostri praceptoris sancti LUT H E RI, debentque soupçons que cela est mal ra porte, il suffit de jetter les

.. omnes Pahift* ^ 1 . s 5 , A « -i i -r j - TÁC,-,!*-* cè

erreurs.

8c à donner quelque atteintevois. Admirez fur tout l’aveuglement du P. Garasse, quia converti en une Assemblée générale de tous les Etats,l’Assemblée de dix ou douze Italiens, 8c ep Thèses soute-nues publiquement, une opinion qu’un petit particulieravoit avancée dans une chambre (18). Si ce Jéiuite abuseainíì de l’autorité de Prateolus, quel fond peut-on fairefur ce qu’il nous citera des Propos de table de MartinLuther? Je ne le réfuterai que par cette voie génerâle;car n’aiant point le Livre même , je ne puis en opq-ser les paroles aux allégations de Garasse. J'ajoùtequ’il a raporté une chose tout autrement qu’un de sesConfrères ne la raporte: Articulas ille, dit un Jésuite (19),quo creditur animam esse immortalem, Luthero judice estportentum in Romano sterquilinio Decretorum quod Pa-pa condidit sibi 8c suis fidelibus. Pour avoir de justes

„ omnes Papista, ferre, velmt, nolint, ut veri Versus, zy piayt carmmasint zy maneant: funt autem hujufmodl:

IN VIT A ASTERNA,

,, Christus kabet primas, habeas tibi Paule fecundas ,

„ At locapost illos tertio., LUTHER habet”.

Vous trouverez à la marge la fuite de ce Passage (13).

(S) On soutient impudemment qu il a nié l’immortalité deÍ 4 OTí.] , Martin Luther, qui ettoit un homme tout cor-sa P o rel 8c composé de lard , enseigne en pluíieurs en-„ droits, que l’immortalité de l'ame n’est qu’une pure„ chìmere; car voicy ses propres termes du second tome„ de ses œuvres de l’Edition de Witemberg l’an m d 11,„ dans l’Article xx vix de ses Assertions: Quos Léo Pontì-„ sex definivit articuli fidei , de immortalitate anima , por-„ tenta funt : 8c au même tome de l’Edition de l’an„ mdlii, dans les Articles xxxi 8c xli il dit claire-„ ment, Nìhil est quod dicitur, Anima rationalis creanâo,, infunditur, zy infundendo creatur : melius hac in re ratio„ decernit zy Po'èta dicens, Patrem fequitur sua proies. II„ vaut mieux, dit ce gros buffle, croire ce que dit le„ Poète, que non pas ce qu'on nous enseigne dans l’E-„ Alise voylà d’où c’est que ce Réformateur puisoit ses„ Articles de Foy; des Poètes Libertins , 8c qui n’ont

yeux fur le reste du discours de ce Jésuite. Si dub'ttes ,continue-t-il , an forte contagio hujus portentofi Paradoxialios c Reformat'tone afstaverit, Refpondet Joannes Brenttus {*):Etfî inter nos nulla lit publica profeíïïo quod anima limulcum corpore intereat, 8c quod non lit mortuorum reiur-rectio : ta m eu impuriffima 8c profaniffima illa vita quammaxima pars hominum sectatur, perspicue indicat quodnon sentiant esse vitam post hanc. Nonnullis etiam taiesvoces tam ebriis inter pocula excidunt, quàm ibbriis infamiliaribus colloquiis. Gjuibus déclarai, licet non publica,faltem privata perfuafione, zy licentia vita, banc mvaluistesententtam , eamque vel ipsos sobrios profiterì. Peut-on rienvoir de plus étonnant? Un Pasteur déplore la corruptionde son troupeau: Sjuoi qu’il n y art point parmi nous , dit-il,aucun formulaire de foi public par lequel nous déclarions quel’ame meurt avec le corps , zy que les morts ne ressusciterontpoint , cependant la vie impure zy profane que menent la plu-part des gens est un signe manifeste qu'ils ne croient point l’im-mortalité de l’ame. Quelques-uns même laijjent échaper detels discours , non seulement quand ils font ivres, mats aujstquand ils s’entretiennent avec leurs amis fans boire. Là-des-sus on viendra accuser toute une Eglise qu’elle ne croitpoint l’immortalité de l’ame, 8c que les mesures qu’cllegarde font seulement de ne pas faire de cela un Articlede fa Confession de Foi. Qui pourroit souffrir des con-

(15) Là

me, pag< z 75?.

(16) Ijïius -modi complû-tes ejse Gene-vx in Euiffia %quam dìcunî ,Italien , nnumillud jatis su-perque atguit Squod cum islìCalvìniflx deabolendo fe-mel P ont ifie A-tu 'ì^omano >Purgatorioextingnendo ,Aliìsque Ca-tholic# DeiEcclesia dog-,matibus dé-tendis , interfe consulta -rent, u nu sprx cateriseximie fuimagifiri men •dat’orum par-tris a ftattt.raptus:, Di-camus ant-mam , inquit juua cu/n cor-pore extingui ,fie Purgato -rium cumMijfa & %o-mano Pontifictfemel aboic-bìmus. . .

Hxc Ltnda-nus . Prateo-lus, /«Elen-cho HœreCVoce Athei,pag. m t 72.

(17) In DuWbitantio,

Dialogo //,pag. m. 2+7 ,248.

(18) , Voie:tci-dejfous IaC itât. (20).

(ip) Hemî-cus Fitz-Simon,Britanno-machia Mi*nistrorum,

Lìbr. /,

Cap . A' //,pag. n a.

(*) Bren-tius , tìomil %35 * in Cap^

20 . Lucx.

cogneu autre divinité que Venus, ny autre plaisir que séquences où l’aveuglement de la passion est fi scandaleux?.. les vilainies (14V’-. Le prémier de ces deux Passages Voiez la marge (zo). . ^ ,

est tellement mutilé, qu’on n’y peut asseoir aucun juge- (F) On lui impute d'avoir donné des idées bastès zy char-

Gitrj

Une

’euíe,

P«5.8„,

«78.

même de l’immortalité, mais les raisons absurdes fur quoion l’apuieroit, 8c les conséquences extravagantes qu’onen tireroit. Quant au second Passage, qu’y a-t-il deplus absurde que de prétendre qu’un homme enseigne quel’ame est mortelle, sous prétexte qu’il supose qu’elle estproduite par une autre ame? Ne peut-il pas être persuadéavec quelques Peres de l’Eglise que l’ame est immortelle,& qu’elle est produite par voie de propagation, ex traduceiMais à quoi est-ce que je m’amuse ? II n’y a pas moinsde foli e à prendre la peine de prouver que Luther a crul’immortalité de l’ame, qu’à l'accufef d’avoir cru qu’elleest mortelle.

Mais afin qu’on sache le cas qu’il faut faire de ce queGarasse cite des Propos de table de Martin Luther, il faut

blés au rapport de son Disciple Rebenstok, car il prefchajour publiquement , que Dieu , pour donner u p atfir a feseste J, estât résolu de créer aprés le sagement final depetrtschats zy de petits barbets, Quorum cutis ent aurea, & pù

de lapidibus pretiosis, ^ W > 1 en ionnem a tous les b,en ~heureux pour leur servir de contenance comme aux Damesqui les mettent dans leur manchon I adjouste qu tl y aurades ferpens, des crapaux, des chenilles en Paradis, maisquelles feront toutes de fin or de ducat : zy qui plus est, il yaura, dit-il, des fourmis, des poux, des pusses, zy des pu-naises en Paradis, mais elles seront toutes de pierres précieuses,zy sentiront beaucoup mieux que la civette (zz) ; car voylases parolles en termes exprès. îbi formiese, cyniphes, 8comnia fœtida, 8c maie olentia animalia, raerse delitise

erunt,

(20) Ef aï án£point présen-tement lesbibles duProcès de Vx-kntin Gentilis, tje ne puis dire

fi Lindanus

A bien raportéee qu 9 il enallégué y & fien effet il yeut quelqueItalien quiopina commtLindanusle dît ,

(zi)Garasse,DoctrineCurieuse,'pag. 320.

(2z) Cons-rez. ce qu*ona dit dansÌ* ^ArticleL O Y 01 At .%emarq. (Vfi