LUTHER,
Çí) Dam UTtçmarq. (P),
ÎÎ9) Vl'kîlCarnpiani,
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(fio) Voiez.*t'dejfns*'W. (50).
ft) Or/g.
** Joann,^c?. 21.í- 371.
(t) Euseb.
m. t. z.
(D Micron,de Script,
^ ecl. in Jacob.
(°I) D aillé,Réponsea Cottibi,1 U Pan.
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contre cette Epître, ce seroît sans doute avantsons ci-dessous (b). On a long-tems ignoré lade Hesse eût deux femmes tout à la fois ( gq,
perfonam triumphantì perte j am mendac'to, vel ìnvitì fuis ìpfimanibus âetraxere (59). Plus on examine ces choses, pluson sent que c’est un travail d’Hercule que d’entreprendrede démêler la vérité au milieu de tant de déguisemens,8c de tant de supercheries.
Ce que j’ai à dire contre Mr. l’Evêque de Meaux n’ar-rêtera pas beaucoup mes Lecteurs. II assure (60), quefans aucun témoignage de VAntiquité Luther a écrit quecette Epistre ne parois pas de Saint Jaques , ni digne del'Efprit Apostolique. Cette Observation est fausse , vousn’avez qu'à la comparer avec ces paroles de Mr. Daillé:„ Origene (f) avoit écrit plusieurs siécles avant Luther,„ que quelques uns rejettoyent cesse Epître, ce qu’Eu-„ sebe (j) témoigne aussi pareillement, 8c dit qu'il y avoit„ peu d’Anciens,qui en eussent fait mention, 8c S. Jeros-„ me (|) après luy rapporte que l'on ajfeuroit, que ce n’es-„ toit pas l’Apôtre, mais un certain autre, qui V avoit écrite„ fous son nom , bien que peu à. peu avecque le temps elle euft,, été receu'é 8c authorizée (61)". Whitaker, dans fa Ré-ponse à Duraeus , prouve fort au long que l’Epitre deSt. Jaques fut suspecte à bien des gens dans l'ancienneEglise.
(P) ... Ce feroit fans doute avant Vannée 1515.] Nousavons vu (6z) que l’épithete siraminea se trouve dans unePréface qu’il fit imprimer cette année-là. Or il est furqu’il avoit été moins circonspect les années précédentes.On peut donc croire,que se modérant peu-à-peu,il adou-cit & modifia en 1515 ce qu’il avoit avancé de trop scan-daleux, le Passage par exemple que Campian, & Duraeus,8c Fitz Simon,&c,lui reprochent, & qui fut entièrementeffacé dans les Editions postérieures à l’an 1515. J’ai ob-servé que Cochleus fous l'an 152.2. l’accuse d’avoir publiédes Préfaces outrageantes à l’égard de quelques Livres duCanon des Ecritures. Optímis quibufque vìdebatur Lutherus,nimis malitiose grajjari in sacras literas Novi Teftamenti. Lquorum Canone, audati censura reiciebat Eptftolam ad He-braos, Epìstolam Jacobi, Epistolam Juda, ex ApocalypstmJoannts. Sjuas fane ex atroûbus infamabat calumnïis in fuisPrafationibus. In Prafatione vero générait, etiam in facratis-Jima Evangelia audacijpme manum mittebat : volens in pri-mis repudiandam este vetustifimam hanc ©* omnibus Christìa-nis notam ac receptam opìmonem O* fententiam, Este fcilicetQuatuor tantum Evangelia, totidemque Evangelistas (63).Vous vous souviendrez s’il vous plaît que ce Cochleus aété l’un de ses plus grans Adversaires ; mais enfin, puisque l’on ne peut nier l’existence du siraminea , il est apa-î?u"e Passage de Campian a existé dans quelqueancienne Préfacé; car au fond les autres épithetes ne fontpas plus injurieuses que celle-là, & semblent même ne1 etre pas tant. Whitaker s est prévalu en habile hommede ce que les Apologistes de ce Jésuite ne pouvoient re-présenter l’Edition qui leur étoit nécessaire. II s’est bienservi de ces avantages, il a très-bien su mettre à profitla restriction de Luther, quoi qu’elle n’ait pas toute la
iv C ï 16 ì ou s’imagine, 8c qu’elle ne soit qu’un remede
En Sl lf i car ..ss ui dit ss ue l’Epitre de Saint Jaques est uneLpitfe de paille en comparaison des Epîtres de Saint Pauldit réellement quelle n’est point canonique, ni la pro-duction d’un Ecrivain inspiré de Dieu. II feroit absurdede prétendre que les Ecrivains inspirez de Dieu n’ont pastous une égale autorité , & que les uns font plus croia-bles que les autres. Ne seroit-ce pas dire que le- SaintEsprit en négligeoit quelques-uns, 8c qu’il les abandon-noit à leurs opinions particulières, vraies ou fausses ? Onne peut admettre cela, & par conséquent l’on est obligéde dire qu’ils font tous à notre égard d’une même autori-té ; 8c ainsi, quand on assure qu’en comparaison des Epî-tres de Saint Paul un autre Ecrit est un Ouvrage de paille,on ne peut le considérer que comme un Ecrit humain :& fur ce pied-là l’on se croit permis d’en faire tel juge-ment que les Loix de la Critique demandent, & d’enmaltraiter le style, le tour, les pensées, tout comme sil’on jugeoit des Ouvrages d’un Tertullien, 8e d’un Ar-nobe. Cela n’empêche pas que Campian ne fût obligé deraporter la restriction de Luther, s’il savoir trouvée dansl’Edition fur laquelle il fe fondoit; car autrement il tom-boit dans le Sophisme à diélo fecundum quid ad diâlumfimpliciter. Permis à lui toutefois de dire qu’en cette ren-contre les restrictions étoient seulement une aparence deménagement réel, puis que l’Epitre de Saint Jaques de-meurait toûjours actuellement & pleinement dégradée dela qualité de canonique, 8c d’Ouvrage inspiré de Dieu.
(J.) Il consentit que le Landgrave de Hesse eût deux fem-mes tout à la fois. ] Mr. Varillas a parlé au long de cetteaffaire. ,, Philippes Landgrave de Hesse eítoit d un tem-j. perament si vigoureux, qu’une feule femme ne luy» suffifoit pas: 8c les Chirurgiens,qui rouvrirent après fa» mort, en trouvèrent une cause naturelle, que la pu-« deur de notre Langue ne permet pas d’expliquer en
»> François (*).II se persuada que son infirmité le
-> dispensoit de ía rigueur del’Evangile, & luy perrnet-« toit d’avoir deux femmes en mesme teins. Rien ne luyT O M, m.
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l’année if2f (P)> J’en donnerai quelques rai-faute qu’il fit, en consentant que le LandgraveMais enfin elle est devenue publique : les Ca-tholiques
„.fit de la peine dans l’idée qu’il en conçut, que la nou-,, veauté de la chose; Mais il supposa que l’approbation„ de Luther, & des autres Théologiens les plus célébrés„ de fa Secte, la purgerait de ce défaut. II les fit affem-„ bler à Vittemberg en mil cinq cens trente-neuf en for-„ me de Concile. L’affaire y fut examinée avec toutes„ les précautions que l’on jugeoit capables d’empêcher,„ que ce qui y feroit décidé ne fût tourné en ridicule.„ L’on prévit les fâcheuses suites de ce que l’on alloit„ faire : mais enfin la crainte de désobliger le Landgrave,, l’emporta dans le sentiment de Luther, 8c de ses prin-„ cipaux Disciples, fur la Loy de J e s u s-C h r i s t , fur„ la conscience, sur la réputation, 8c sur toutes les au-„ tres raisons humaines 8c divines. Le Résultat de l’As-,, semblée de Vittemberg fut écrit de la propre main de„ Meiancthon , 8c signé par Luther, & par les autres„ Théologiens les plus fameux de la Secte. On l’exprima„ en des termes trop énergiques, pour laisser aucun dou-„ te dans les esprits, & on l’envoya au Landgrave en la” forme qui fuit (64)". Mr. Varillas met là I’Acte toutentier en Latin 8c en François. On y volt une permisiionexpresse accordée à ce Landgrave d’épouser une secondefemme, pourvu qu’il n’y eût que peu de personnes quile sussent. On y volt aussi qu’en certains cas de nécessitétout autre homme fe pourroit remarier pendant la vie defa femme; 8c voici deux cas de nécessité spécifiez par cesDocteurs. 1. Si un homme captif dans un pais éloigné nepeut conserver ou recouvrer sa santé que par le commer-ce avec une femme. 1. Si un homme est marié avec unefemme ladre. Certis tamen casibus locus est difpenfationi, stquis apud exteras naùones captivus ad curam corporis Cy fanì-tatem inìbi alteram uxorem fuperinduceret, vel fi quis haberetleprofam ; bis casibus alteram ducere cum confilio fui Paftorìs,non ìntentione novam legem ìnàueendi, sied sua necestìtati con-fdendi, hune nefeimus, qua ratìone damnare liceret (6g).Mr. Varillas raporte en Latin 8c en François le Contractdu mariage du Landgrave avec Marguerite de Saal, au-quel mariage la prémiere épouse de ce Prince donna sonconsentement. Cet Historien fait beaucoup de réfléxionslà-dessus, qui tendent à faire voir que les raisons de cesCasuïstes ouvrent un chemin fort large à l’usage de la Po-lygamie, 8c il observe que les deux Actes qu’il raporte (66)ont été fidèlement transcrits c? collationnez. par des NotairesImpériaux, fur les Originaux qui fe conservent dans les Ar-chives de Ziegenhain, communs à la branche de Heste-Castel,cr À celle de Hefe-Darmpd (67).
Mais il est venu après lui un plus fin Controversiste (68),qui a tiré du même sac une autre Piece, & qui a fait surtout cela bien des réfléxions subtiles. Cette autre Piece estl’Instruction qui fut donnée par le Landgrave à MartinBucer. On y trouve d’un côté les raisons qui portóientce Prince à ce second mariage; & de l’autre les raisonspar lesquelles il vouloit porter les Théologiens à y con-sentir. II expose qu’il n’a jamais aimé la Princesse sonépouse, 8c qu’elle est st dégoûtante, 8c fi sujette à s’eni-vrer, qu’il ne pourra 8c ne voudra jamais s’abstenir desautres femmes, pendant qu’il ne fera marié qu à elle; &que néanmoins il ne veut point encourir les peines quePHcrìture dénonce aux fornicateurs , oc aux adultérés.Cum videam epuod ab hoc agendi modo penes modernam uxo—rem meam nec pofftm nec velim abstinere (69). Les Médecins,ajoûte-t-il,savent la force de mon tempérament ;8c Tail-leurs je fuis obligé d’affister souvent aux Dictes; elles du-rent long-tems, 8c l’on y fait très-bonne chere : com-ment pourrois-je y garder la continence? car je ne puispas toûjours y amener mon épouse avec son grand train.Primo quod initio, quo eam duxi, nec animo, nec defiderioearrí complexus fuerim. Quali ipfa quoque complexione, ama-btììtate, est odore fit, V quomodo inter dum fie superflue pot t*gérât, hoc fciunt ipsius auU Prafecli ; er Virgines; aliiquepla-tes : cìtmque ad ea deferibenda disticultatem habeam , Bucer»tamen omnta declaravi. Secundo, quia valida complexione,ut Medici fciunt, fum,& sape contigit ut infâderum er tm-perii comìtiis diu verser, ubi lauti vivitur & corpus curâtur;quomodo me ibi gerere queam ab f que uxore, c ‘ ím „ non fimpermagnum Gynaceum mecum ducere pofftm , facile est conpeere z?confiderare (70). II joignit à tout cela je ne fax quelles me-naces 8c quelles promesses, qui donnèrent a penser à sesCasuïstes; car il y a beaucoup d’aparence que li un sim-ple Gentilhomme les eût consultez sur un pareil fait, iln’eût rien obtenu d’eux. On peut donc s imaginer rai-sonnablement qu’ils furent de petite foi: ils n eurent pas laconfiance qu’ils dévoient avoir aux promesses de Jesus-Christ; ils craignirent que fi la Reformation d Allemagnen’étoit soutenue par les Prmces qui en fassoient profes-sion , elle ne fût étouffée. L expérience du passe les ren-doit timides: ils voioient que la violence des persécutions,8t les armes emploiées par les Princes Catholiques contreceux qui étoient sortis de la Communion Romaine, avoienttoûjours extirpé ces Reformations naissantes. II étoit na-turel de craindre un semblable sort, à moins que la forcene fût repoussée par la force. Mais quoi qu’il en soit,F f z on
(« 4 ) Varil-.las, Hist. dcI’Héiéfic,
Livr. XII,fog. m. ,7.
(6;) Cité pafVarillas,,là-mint,p“g. 93.
(66) La Caa-filiation desThéologiens ,
& le ContraHd« Mariage .
(67) Varil-las,Hist. del’Hérésie,
Uvr. XII,pag. 86, 87.
(68) Monfr,de Meaux ,Histoire desVariations,Uvr. VI.
& fifiv.
(69) Là-mime t pag*
m . 259»
(70) Mtnfr*de Meaux >Hist. desVariations >Livr. VI,
pag. m. isM