LUTHER.
429
qu’il eût mieux valu n’en rien dire (S). La maniéré dont Monfr. Claude parle de ce grandRéformateur est très-judicieuse (T): il l’a justifié entre autres choses fur un point qui a donnélieu à divers Ecrits * c'est fur la Dispute avec le Diable au sujet des Messes privées (£7). Lu-ther
(«jOVariUas,
Hitt. de
1 Hérésie,
L'vr. X/z,t “S. 87.
î?°)
grillas,‘“•mìmi , dr%>”sr. deJ ea UX, Hlst.f' s Variat.•«t/r. Vl
j
Hsi n '
foO m, (toh
la Maison* Hesse,
On) Volez. UL.Í Lettre d «Tableau du
Socinianis-tue,pag. 3oj& suiv.
(53) Mr. deJleaux, Dé-fense deJ Hist. des' a áations.
C 9 4) Volez.r. 'Article
Lambert,
V*. (m).
(9j) Votez, la\cmarqtte(D)de C ^Article
Ales.
(ss) Je ne
t*rie pas d e ,c ‘ttes ij U i mtV s ‘ttgroffées5 ° ks troniefedt marias
iwnr »‘U *r rendu\ on • celles-
f Moment
(cuvent „ a^ rr <'t <pnipaonnethom We a
V°«ser, ‘
t U ^ceíl°" 4 i
\T sl ' a *
Ze ^ Li '
de lac^ eHr
CÏÏS-
fifiteur.
U
CmK al de
$$!:
'S?"-
leur esprit & de leur tempérament, ils gâtent les meilleu-res causes.
Ce que j’ai dit du refpebl que l’on doit porter à la tres-il-luftre Maison de Hejfe , ey à la mémoire d’un Elebleur refor-mé, ne ferait pas bien intelligible à tout le monde, íi je n’yjoignois une Explication. Les Actes de ce second maria-ge ont été tirez des Archives de Ziegenhain communs à labranche de Hejfe-Cajfel, cy à celle de Hejfe-Darmjlad ( 89 ).Le Prince Ernest de Heffe-Rhinfelds, aiant embrassé lafoi Romaine, fut ravi qu’ils vissent le jour, parce qu’ilcrut que cela feroitdu tort à l’Eglise qu’il avoit quittée (90);& il est visible qu’ils font un grand tort à Luther, à Me-lanchthon, à Bucer, &c. 11 n’y a dope nulle aparenceque les Landgraves de Heffe-Caffel, & les Landgraves deHesse-Darmstad’, ceux-ci Luthériens, ceux-là Calvinistes,eussent gardé le silence,s’il y eût eu quelque soupçon queces Actes fussent suposez. On ne pourroit assez blâmerces grans Princes, si aiant quelques soupçons là-dessus, ilsn’eussent rien fait pour s’opofer au dessein du LandgraveErnest nouveau Catholique. C’est donc manquer au res-pect qui leur est dû, que de douter si ces Actes font lé-gitimes; car c’est prétendre qu’ils soufrent que sous l’au-torité de leurs Archives,on calomnie publiquement leursRéformateurs, & qu’on les flétrisse très-injuslement,pourfaire tomber le déshonneur fur l’Eglise Protestante. Com-me ils ne sont pas capables d’une tiédeur qui leur seroitfi injurieuse, il faut être très-certain que le silence qu’ilsont gardé prouve clairement la validité des Actes. Et pource-qûi est de l’Electeur Palatin, de quelle honte né le cou-vrìroit-on pas, íi l’on faifoit voir qu’il a donné ordre àl’un de ses Conseillers de publier de faux Actes de cettenature ? Je lai bien qu’il lui importoit qu’ils fussent très-légitìmes, parce qu’il a fait tout fop possible pour légiti-mer son mariage avec une Dame qu’il avoit entretenuedu vivant de l’Electrice son épouse, ce qui avoit été causeque cetfe Princesse le quitta,,& ne voulut plus être fafemme: mais enfin il avoit trop d’honneur, & trop dpprudence, pour. vouloir «'autoriser d’un fait supose, &dont la supositipn auroit pu être prouvée facilement parses parens de Madame l’Electrice (91).
(S) ... . Il eût mieux valu rien rien dire.] L’Auteurdes Pastorales s’est fort étendu fur la pratique de quelquesEtats (çz). C’est donner lieu à trois instances ; car I, sesAdversaires (93) n’ont pas manqué de s’en prévaloir, com-P 16 j es Loix civiles des P rote! tans lâchaient trop la bri-de a 1 homme fur les causes matrimoniales, 8ç comme s’iln y avoit qu un petit nombre de particuliers qui Poussentdesaprouve, pendant qu st a pour lui la pratique générale.
I I. Tous les exemples qu st allégué, ou qu’il pourroit al-léguer, font hors de l’espece dont il s’agissoit. Ce ne fontpoint des mariages d’un homme avec deux femmes lo,gées chez lui en même tems, comme Pétoient les deuxfemmes du Landgrave. III. Enfin, ce n’est point fur lapratique tolérée pat les Souverains, qu’un Çasuïste fe doitreg er. Où font les gens qui ignorent les abus extrêmesque les Loix civiles ont autorisez ou tolérez dansleChris-àà peànt phàurs siécles à l’égarddu mariage (94VL Eglise a tenu bon, & par ses opofitions elle a fait chan-ger ce qui ne s’accordoit pas assez avec l’Evangile. Où eijferpit-on, si les Casuïstes vouloient aprouver tout ce queles Souverains permettent ? Ne laissent-ils pas impuniepresque par tout la fornication (95) ? S’il arrive quelqueprocès entre une fille 8 c celui qui lui a fait un enfant, lepis quelle puisse craindre est qu’on ne condamne pas cethomme à lui donner quelque argent (96) : pour des cen-sures, ou d’autres peines, elle n’a que faire de les redou-ter. Les Juges se remettent de tout cela à son Confesseur,à ses parens, à son Consistoire. Et la comédie n’est-ellepas non seulement tolérée, mais munie de la protectiondu Souverain ? A Paris les Acteurs de l’Opera n’ont-ils pasun corps de garde tiré des troupes de la Maison du Roi ?Cependant, les Prédicateurs cessent-ils de tempêter con-tre ces Spectacles ? Et dès qu’il s’éleve quelque AuteurEcclésiastique qui ose écrire en faveur de la Comédie,n’est-il pas tout aussitôt accablé d’Ecrits contraires, &contraint de sc rétracter (97) ? Ainsi un bon Moraliste neréglera point ses opinions fur l’usage du Droit civil, quandil s’agira d’un relâchement.
Qui voudra voir une Réponse aussi bonne qu’on enpouvoit faire à Mr. l’Evêque de Meaux, furie mariagedu Landgrave, fera bien de lire Mr. Sectíendorf (98).
( f) La maniéré dont Mr. Claude parle de Luther est très-judicieuse.] Voici ses paroles: „J’avoue qu’il seroit à sou--> haiter que Luther eût gardé plus de mesure qu’il n’a-- frit dans fa maniéré d’écrire; & qu’avec ce grand 8c>> invincible courage, avec ce zèle ardent pour la vérité,»» avec cette inébranlable fermeté qu’il a toûjours fait pa-” r °itre on eût pû voir en luy plus de retenue & de mo--> deration. Mais ces défauts, qui viennent le plus sou-" ^ent du tempérament,n’empêchent pas qu’on n’estime». les hommes, lors que (bailleurs on volt en eux un bon" fond de Dicté, & des vertus tout-à-fait héroïques, com-
tion,
Partie , Chap*pag. 331Edit . deHollande , fo12.
„ me on les voyoit reluire en Luther. Car on ne laisse„ pas de louer le zèle de Lucifer Evêque de Cagliari, ni„ d’admirer les grandes qualitez de Saint Jerôme, encore„ qu’on reconnaisse trop d’aigreur & d’emportement„ dans leur stile. Et peut-être même, qu’il y avoit quel-„ que nécessité particulière, au temps de la Reformation,
,, d’employer la force des expressions pour retirer plus,, facilement les hommes de ce profond assoupissement,
,, où ils étalent depuis si long-temps. Quoy qu’il en soit,
„ je veux bien demeurer d’accord que Luther devait,, être plus retenu dans ses termes, & si l’Auteur des Pré-„ jugez se fût contenté de se plaindre de Pacreté de son,
„ stile, on se fût aussi contenté, pour toute réponse, de,, le prier que déformais il n’imitât plus luy-même ce„ qu’il condamnoit en autruy (99)”. Tout cela est beau Claude,& solide. Je remarquerai seulement qu’une méthode gé- Défense denérale de justifier les gens, par la raison que leurs quali- ^forma-tez étoient fort propres, vu l’état où était le monde, a >produire de bons effets, seroit un grand fonds d’illusion.
Personne ne doute que la Providence ne sache choisir lesmoiens les plus efficaces pour parvenir à ses fins ; maiscomme les mauvaises qualitez des hommes font plus pro-pres en certains tems que leurs vertus à P exécution desDécrets de Dieu, ce seroit très-mal raisonner que deconclure que la violence & Pemportement sont louables,fous prétexte que la corruption du monde a besoin .d etredurement traitée. La sagesse de Dieu, je Pavane, éclate (100) Dansdans l’emploi de tels instrumens; mais les instrumens pour- l s trticl ‘ dcraient fort bien être un très-grand vice. J’ai remarqué J UIESI Lci-dessus (100) que le Cardinal Palavicin a excusé JulesII fur le besoin que l’Eglise avoit alors d’un Pape qui fûtguerrier.
(U) ... Il l’a justifié . . . fur la Dispute avec le Diableau sujet des Méfiés privées.] II y a des Objections que lesgrans Controversistes abandonnent aux Disputeurs du plusbas étage ; mais st y en a d’autres que tous les Auteursemploient, grans & petits (101), ceux qui prêchent laControverse fur un théâtre dans les carrefours, Lc ceuxqui enseignent dans les chaires les plus relevées : l’Objec-tion dont je parle ici est de ce nombre. Le plus petit Mis-fionaire de village Pa toûjours mise en avant: Monfr. (ioi) Préja.Niçoise l’a proposée d’un air fort grave, il n y a jamais k-? se'gitì.eu, dit-il (ioz), que Luther qui ait osé se vanter dans un.
Ouvrage imprimé qu il avoit eu une longue Conférence avec le nistes , shap.Diable, qu il. avoit esté convaincu par ses raisons que les Mes- u, pag. 17.ses privées estoieftt un abus , CZ que c estoit la le motif qui Edit. del'avoit portés /« abolir. Man iesns commun a toûjours fau . .
conclure 4 tous les autres ... que c estoit un exces d entrava- Luther, tom,
6. videHospin.part. ulk.iol. IZI.
\cm. (ICJ,Citatton (42),
(loi) Onpeut apliquerici la penséede Juvénal:Exspecteseadem àfummo mi-nimoquepoëta. Sot. Z,Vers. 12.
( 103) Clad-de, Défensede la Réfor-mation,
II Part.
Chap. V,pag. 333 Ô*suiv.
gance de prendre le Démon pour maître de la vérité , er des’en rendre disciple. Mr. Claude répondit très-bien à cetteObjection (103). Ce fut l’un des quatre endroits de sonLivre ausquels les Jansénistes répliquèrent dans un Ouvra-ge qui a pour Titre, Réfutation de la Réponse d’un MinistreLuthérien sur la Conférence de Luther avec le Diable , & ilsne manquèrent point d’insérer cette partie de leur Répli-qué dans la seconde Edition des Préjugez (104). Pourvoir une Réponse complété à cette Objection , on n aqu’à Ijre TEcrit dont l’Extrait a été donné dans les Nou-velles de Ja République des Lettres, au mois de Janvier1687. Cet Ecrit (105) est une forte Réfutation d’un petitLivre del’Abbé de Cordemoi. Mr. de Meaux (106) u’ou- ( 10 4 ) c ’ e stblia point ce reproche contre Luther7mais volez ce que T.-r-,
Mr. Basnage lui a répondu (107). , . , "/t/
Les avantages que les Controversistes Romains préten- imprimée adent tirer de là font fans doute imaginaires; mais il n’y anulle aparence qu’on puisse prendre pour une espece dé fi- fifsgure , ou de parabole ce récit de Martin Luther, commeMr. Claude Ta prétendu ; car Luther avoue en plusieursendroits de ses Ouvrages, qu’il fait très-bien de quellemaniéré 1 e Diable dispute, 8 c que cela lui a fait passer demauvaises nuits. Multas nobles mihi satis amarulentas vacerbas reddere ille novit (108). II dispute, dit-il, avec tantde force, qu’on en meurt subitement. H croît que cemalheur arriva à Oecolampade & à Emserus. Le seulagrément, selon lui, qui se rencontre dans ces Disputes,est que le Diable ses expédie promtement, & ne les laissepas traîner long-tems, lors qu’il trouve un homme soli-taire dans fa maison. Diabolus sua argumenta fortiter figeree? urgere novit. Voce quoque gravi & for 1 1 utitur. Nec lon-gis c-" multis meditationibut difputationes ejujmodt tranfigun-
tur, sed momento uno W qu*stt° & re sî on f D absebuaur. Sonsi .equidem or probè exportas fat» , quam ob caujam Mud non-nunquam evenire soleat, ut sub auroram quidam mortui mftratis fuis inveniantur. Corpus Me penmere vd jugulare po-test : Nec id mod'o, vcrìtm & ammam disputationibus fuis ita onurgere,evin angufium coarâlare novit,ut m momento quoque m . frilli excedendum fit , quo fane me quoque non semel tantmn suiv.me perpulit. . . » Credo equidem quod Emserus zer Qecolam-padìus, aliique horum similes , istiusmodi ignitis Satané, t élis ey ^ oi > , 3 r u *hasiìs confofii subitaneâ morte permint. Nemo enim mortaïmm tssapuscitra singulare Dei auxilium ac robitr. Mas sustinere ey. perfer- Hosi/rian.re potefi, Jucundum equidem fese dispntando probes, sdlicet. '
Ff 3 £revibus
(lof) MenfréSeckendorf
en est Poin-teur. Voiéz./’Indice desX premiersTome duJournal dçLeipsic, frle VIII To-me, pag. 70.
sio«) Hist.de Variat.Livr. I V ,rmm. 17.
{107) Bas-nage, Hist.des EglisesReformées,
Tom . I,