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Tome troisieme. K - P.
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LUTHER.

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O^s) Idem,ibidem, col. r.

Ç) Justus

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rìen dit de son mariage, parce que j’en ai parlé amplement ailleurs (Z). Ses plus grans ennemis ne íauroient nier qu’il n’ait eu des qualitez éminentes ; & FHistoire ne fournit rien de plu„surprenant que ce qu’il a fàit : car qu’un simple Moine ait pu fraper sur le Papisme un si rudecoup {A A), qu’il n’en faudroit qu’un semblable pour renverser entièrement l’Eglise Romaine,C’eit ce qu’on ne peut assez admirer. II y a des gens qui attribuent à une certaine position desastres la Révolution qui se fit par son ministère {BB). II n’est pas vrai, comme quelques-uns

l’assû-

ïtécedem-A'ent nom-Calvi-Sils.

(US) Jo-ie p h Hall,ApologiePoux l’hon-*eux du Ma-* la ge desinformes^Uésiasti.

i x '^,pag. 4 s.

tres lieux, duquel voici la substance. Luther dangereuse-ment malade désira de communier, 8c mourut dès qu’ileut reçu le viatique. II demanda en mourant que soncorps fût mis fur l’autel afin d’y estre adoré ; mais cettedemande fut négligée, on l’enterra. II s’éleva une si fu-rieuse tempête lors qu’on l’enterrait, qu’il sembloit que lafin du monde fût à la porte. La terreur fut universelle.Ceux qui levèrent les yeux vers le ciel s’aperçurent quel’hostie que le défunt avoit osé prendre étoit suspendueen l’air: on la recueillit avec beaucoup de vénération ; 8con la remit dans un lieu sacré, 8c la tempête finit : ellerevint la nuit suivante avec encore plus de fureur , &remplit d’effroi toute la ville. Le lendemain le sépulcrede Luther fut ouvert, on le trouva vuidê, & il en sor-toit une odeur soufflée que personne ne pouvoit souffrir.Les aíiìstans en furent malades, 8c plusieurs d’entr’eux serepentirent, 8c rentrèrent dans le giron de l’Eglife Catho-lique^!^). Cet Imprimé étoit en Langue Italienne, 8cl’on y marqua avec des airs de triomphe, qu’il contenoisun miracle en l’honneur de Jesus-Christ, pour la terreurdes médians Sc pour la consolation des gens de bien ; Scqu’on avoit sçu cet événement par des Lettres de l’Am-bassadeur de France (124). Luther, aiantlu cette Rela-tion lé 21 de Mars 1545 ,1a fit imprimer, 8c y joignit uneApostille. Quelques Catholiques Romains, confus decette imposture, voulurent en éviter l’infamie par uneautre fraude. Ils tâchèrent de persuader que Luthçr, oubien quelcun de ses Amis, étoit l’Auteur de ce Roman; mais-on a des preuves très-authentiques du contraire. Ruerunt exadverfa parte, quos protervi figmenti puduit , ex ideo inven-torem ejus ipfum Lutherum jùbstituere voluerunt, vel aliquemex fuis; impudenter utique e 7 verne. Extant ehim . , literaLandgravït ad EleSlorem Saxonia d. 12 Mart. authentica, inquibus ei relationem iftam Italicam mifit, fignificans, se eamab Augustano quodam , cujus literas etiam adjunxit, accepijfe ,ex quibus percipìtur typis exeufam schedam illam Neapoli exmultis aliis lods suisse (125). Quel scandale pour ceux quisavent de quoi il se faut scandaliser, que d’apréndre detelles suites du faux zèle de Religion !

(Z) J'ai parlé amplement ailleurs du mariage de Luther.]C’est-à-dire dans l’Article B o r e. II ne me reste à fairequ une Observation, 8c je la destine à relever une fauterfc U ,nv- ebrc /ofeph Hall Evêque d’Exceter. II dit qu’unAalicieux Apostat (f) assure que Luther avoit-esté le jourprécédent Moine, lejour suivant promis, le lendemain Mari,CZ le jour d âpres Pere (126). Mon Détecteur (127) , conti-nue Joseph Hall, maintient ce dernier , par letefmoignaged’Erasme (J), lequel en une sienne Epistre à son ami Da-niel Mauchius de Ulme , descrit la mesme histoire en plusde mots. LeSleur, je te prie de voir tout ce gros volume desEpistres d Erasme, Refut. p. 28. 29. , ex s'il ne s’y trouve

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inoignâge d Erasme. on ne 1 eut point critiqué, íì l’oneût sçu ce qui se trouve dans la page 278 des Annales deChyti'seus. Nous y trouvons que les Adversaires de Lu-ther alléguoient une certaine Lettre d’Erasme (128) nonimprimée, où il étoit parlé du trop prompt accouche-ment de la femme de Luther (129). Ainsi Joseph Hallne devoir pas faire fond fur ce qu’une telle Lettre ne pa-raît pas dans le gros Volume des Lettres d’Erasme. S’ileût prétendu la traiter de suposée il eût eu grand tort.Voiez ci-dessus (130) le même fait dans une autre Lettrede cet Auteur. Ce qu’on pouvoit dire de fort juste, c’estqu’Erasme avoit reconu la fausseté de cette nouvelle (13 r).Aprenons d’ici que c’est une charge bien pesante quede réfuter un homme sur des matières de fait; car il enfaut savoir un nombre presque infini, fi l’on veut com-batte sûrement une afirmation ou une dénégation de sonAdversaire.

(AA) &uun simple Moine ait pu fraper fur le Papismeun fi rude coup.] Combien d’Etats, combien de Peuples, neporta-t-il point en très-peu de tems à se séparer de laCommunion Romaine ? Cela fut représenté sur une tapis-serie fort heureusement, quoi que d’une façon un peuburlesque. Lisez ce Passage; il est tiré d’une Lettre deCostar : La derniere sois que le Roi fut à Chalons , on tenditdans fa chambre une tapisserie fort riche, qui vernit- de la feueReine de Navarre, où étoient representex. Luther &• Calvinqui donnoient un lavement au Pape, dont le bon Prince étoittellement émeu qu on le voyoit ailleurs travaillé d'un granddevoyement par haut GT par bas se purger de quantité deroyaumes c? de souverainesez, de Dannemarc, de Suede, duDuché de Saxe, &c. Wiclef, Jean Hus, 8c plusieurs autresavoient entrepris la même chose, 8c n’y avoient pu réiis-u. C est, dira-t-on, à cause qu’ils ne furent pas favorisezou concours des circonstances ; ils n’avoient pas moins

d’habileté, ni moins de mérite que Luther; mais ils en-treprirent la guérison de la maladie avant la crise, 8c pourainsi dire dans le croissant de la lune. Luther au contrairel’attaqua dans un tems critique,lors qit’elle étoit parvenueau comble, lors qu’elle 11e pouvoit plus empirer, & qu’ilsaloir selon le cours de la nature qu’elle cessât ou qu’ellediminuât ; car dès que les choses font parvenues au plushaut point oìi elles puissent monter,c’est l’ordinaire qu’el-les commencent à descendre (132). II sema en pleine lu- (izr) infuUne, lors que le décours allois commencer:il eut le même ìsonmbonheur que ces remedes que l’on emploie lés derniers, sisissisisis8c qui remportent la gloire de la guérison, parce qu’on stmfiiu, ní-les aplique quand la maladie a jette tout son venin. On mioqm gravesajoûtera si l’on veut que la concurrence de François I 8c ^J!ss derede Charles-Quint fut fatale dans cette affaire. Je répon- Nicfi\om*drai que cela n’empêche point qu’il n’ait falu des dons fmns. Luca-éminens,pour produire la Révolution que Martin Luther tms,Lìbr. 1,a produite. Voici tme excellente pensée de Fta-Paolo (133): Ver ^' 7I ’

,, S’il y eut quelque chose dans rétablissement de céte . . ^

„ nouveauté (134), qui causa du scandale, comme je le paolo, Hiâ„ raconterai, il se voit néanmoins, que les Prédécesseurs du Concile’„ de Léon avoient fait plusieurs concessions pareilles,par Trente,

„ des motifs encore moins honnêtes, Sc avoient porté Lìvr. i, pag.T , plus loin leur avarice, 8c leurs extorsions. Mais souvent„ il échape de belles occasions de faire de grandes cho-,, ses, faute de gens qui les connoiffent (J), ou qui sa-„ chent s’en servir. Outre que, pour l’execution, il faut„ attendre le tems que Dieu a destiné, pour punir les fau-„ tes 8t les dereglemens des hommes. Et tout cela se„ rencontra sous le Pontificat de Léon, de qui nous par-,, Ions maintenant”. II faut avouer que plusieurs choses Lam X.favorisèrent Luther: les belles Lettres levoient la têteparmi les Laïques, pendant que les gens d’Eglise ne vou-loient point renoncer à la barbarie, & persécutoient lesSavans, 8c scandalisoient tout le monde par une impudi-cité effrénée. Voiez la marge (r 3 j). On a eu raison dedire qu’Erasme par ses railleries prépara les voies à Lu-ther, il fut son St. Jean Batiste. Le Docteur Simon Fon-taine se plaint que par occasion Erasme a saisi plus de malque Luther : pource que Luther n'a saisi que estargir Vouvertu-re de l’huis duquel Erasme avoit ja crocheté la serrure, orl’avoit entre ouvert (iz6).

(B B) Il y a des gens qui attribuent à une certaine positiondes astres la Révolution quife fit par son ministère.] Paul Joves’abandonne tellement à cette profane pensée, qu’il im-pute à une maligne constellation, non seulement ce quiarriva en Allemagne par le moien de Luther, mais aussila conversion des Indiens dans l’Orienr Sc dans l’Occident;

8c lors qu’il songe que la soi des Peuples changea presqueen même tems aux quatre parties de la terre, les uns aiantembrassé le Mahométisme, les autres le Christianisme, lesautres le Luthéranisme, il ne saurait croire que les influen-ces des astres niaient opéré cela par des qualitez occultes tems, lìvt.8c pernicieuses. Nec multo poft exarfit in Germania, dit-il vir,sdio 9 t(137) , atíthore Luthero dira hurcfis, quz popidis, ut m Perfide f

acciderat , ad ìnsaniam versis, Chnstiam dogmatis placita , 5

ey -veteres facrerum ritus vehementisstme conturbavtt. Ita ut , . -

facile crediderim ab occulta cœli poteftate, malignoque fy de- vius Historrum concursiuproveniffe, ut religiones toto terrarum orbe ena- Libr’.Xiir,tis faSliontbus, uno tempore feinderentur, quando non Ma- f° l ‘° 39.

hometani modo Christìamque, sied ex remotijfima gentes idolo- vsr ^'latra, aut sydera aut portenta pro Diis venerantes, cum inIndia qua ad Orìentem vergit, tum in Novo orbe ad Occi-duam plagam reperto , novas facrorum opiniones induerìnt.

Florimond de Remond semble aplaudir à cette pensée:il la raporte en François, 8c se plaint d’un TraducteurProtestant qui avoit passé sous silence cet endroit-là.

„ Presque en mesme temps, dit le J ove, qu’Ismaël occu-„ pa l’Einpire des Perses, Sc changea la Religion, la bi-„ garrant d’une nouvelle superstition Mahométane, s’esle-„ va en Allemagne fous l’authorité de Luther cestemons-„ trueuse Herefie, laquelle voulut anéantir la Religion,, Catholique, 8c tout ce que l’Antiquité avoit receu,

,, comme avoient fait en Perse les peuples enragez Sc„ obstinez en leurs nouvelles folies 8c superstitions. Au„ moyen dequoy, dit-il, je recognois volontiers par une,, secrette puissance du Ciel, 8c par la maligne influence„ des Astres, qu’en mesmes temps toutes les Religions„ par tout l’Univers, commencerent a changer de face

8c de visage veu que non seulement les Mahométans,

” mais aussiles Chrestiens, voire les nations idolastres les,, plus estoignées de nous,adorant les idoles,8c en 1 Inde>, Orientale, 8c au nouveau monde descouvert depuis peu„ de temps vers l’Occident, avoient coulé Sc glissé e n„ nouvelles Religions 8c opinions. C’est ce que dit le Jo-„ ve Latin. Mais en fa Traduction Françoise est remar-,, quable la bonne foy reformée 8c la conscience religieu-5, se fie son 1 raductçtu, lequel passe par dessus tout ce

„ que

4. scion laTraduíhond*Ainelotde Ja Hous-saye.

( 134 ) t*est r

À •dire desIndulgences de

(t) Oppor-tunos mag-nis couati-bus tïanfí-tus lerurn,dit'TaciteHist. I.

(I35j>’ :gnez. à cecíles fautes cjuefit le Papismedans cette con-jontture. fenparlerai dansla derniere%emarç(ue.

(i;6) SimonFontaine,Dotteur enThéologie àParis, Histoi-re Catholi-que de nôtre