LUTHER.
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(O V-Atl-tmr fe nomme
ChristianusJuncker,
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Les Nou-J ea «x Dia-Lgues des
«**« S ptrifiïs i<îP4 s° us Titre de Lucien en belle humeur
perdre, je n’en aurois pas été surpris j mais je n’ai pu m’empécher de l’être quand j'ai vu qu’unCardinal d’un íî grand nom se laissoit aller à une pareille témérité. Les curieux ne seront pas fâ-chez d’apprendre un petit chagrin que l’on fit à Monsr. Arnauld au sujet d’une Citation de Lu-ther (FF). II lui fut impossible d’en faire la vérification par les Livres originaux. Cela meconduit à faire cette Remarque, c’est qu’il n’y auroit rien de plus commode pour ceux qu’on ac-cuserait d’avoir mal cité ce Réformateur, que d’avoir la liberté de se servir de la très-curicuse
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Avertissement
t , parlé de cet illustre personnage
ia- au Lecteur une Liste de ceux qui ont composé ou son Eloge, ou son Histoire. On y trouvetu; aU ^ Réfutation des faussetez d’un Anonyme dont le public a vu les Dialogues imprimez l’anlis,;s tdp4 fous le Titre de Lucien en belle humeur. Je ne touche cette circonstance que pour avoir lieuìn ’ssjf à dire qu’on ne devoit pas être en doute siMonsr.deFontenelle est l’Auteur de ces Dialogues (i).Juncker,' 1 "» On pouvoit afirmer positivement qu’il ne Test point,& q#il n’est nullement capable d’une Pro-• lta duétion aussi imparfaite que celle-là. On montre à Rome, dans la Bibliothèque du Vatican (k),t® 1 ,* une Bible en Langue Allemande, que l’on dit être de la Traduction de Luther,& écrite de fa propremain. Mais cela est hors d'aparence , vâ V extravagante Priere (/) qui efi à la fin, & qui paroíft eflre■nan, de la mefme main que le refte. Pendant que les troupes de Charles-Quint séjournèrent à Wittem-
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fous peine du dernier suplice de rien attenter de cette nature (HH). Luther avóit fait de gransprogrès dans la Scholastique, & avoit même suivi la Secte des Nominaux qui étoit celle qui íub—tilifoit le plus les Questions abstraites ; cependant, il n’y eut jamais personne qui so déchainât au-tant que lui contre la méthode de philosopher que l’on suivoít en ce tems-là,& jamais personnene s’est plus emporté que lui contre le grand Aristote. Vous verrez des preuves de tout ceci dansles Extraits que je donnerai d’une Invective du Pere Gretser (//), destinée à la preuve de cette
Propo
â'honneur de Luther a esté st grande,que combien qu il fitst stm-ple prebstre er Augustin, apostat, e-r decuculétoutesfois s’estattribué Voffice 13 “ la dignité épiscopale. Car estant quelque soisen la ville de Lisbonne (145), présuma d'ordonner deux prebs-tres en VEglise de Sainél André, en leur imposant les mains ,©* en chantant l’anthienne , Veni sancte Spiritus. Plus se faì-soit , ou permettoit porter en un chariot ou litiere pompeuse,comme un gros Prince, environné çr accompagné de gentilz. hom-mes & gendarmes. Et en son entrée aux villes, se destachoyentartilleries, zsr gros canons. Cela nestoit pas imiter Jesu-Christ,
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K p e équivoque ses apostres, & les Sainélz, docteurs de l’Eglise, qui ont preschéridicule , y & monfiré par exemple, toute humilité <&simplicité. Bien estnt en P„r- - • • - -- »- > - ’ a t——-..
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diferente la vie des vrays Chrestkns & des antéchrists heretic-ques. La vie des apostres G? des SainSls doâleurs de l’eglise estaithumble,sobre, chaste ,pudicque,& dévote, mais la vie dufaulxdocteur esr apostat Luther eftoitsuperbe, gourmande, impudic-que, infâme,ççy charnelle : car à tous est notoire esr evident, queayant faulsé ses vœux de religion &• la continence ecclefiasticque,a prms P°ur femme ou paillarde une moniale, de laquelle a eutrots bastards <& spunes. La cause de sa grande incontinence,ce a este sa grande gourmandise: car comme dit S. Hierosme,Venter mero aestuans, facilè despumat in libidinem. Etau vray dire,Luther se debvoit plustost appeller le prince & doc-teur des yvrongnes cr gourmands, que des Saxons & Allemans.C'estoit le second Epicurien ou Sardanapale. Veu que vulgaire-ment on lit de luy que en tous difners er soupers , il beuvoit unjeptier de vin doulx esr excellentijstme : çsr mengeoit viandes ex-quises & délicates. Ce que a continué jusques À la fin: car ile st mort Joubdamement, tout saoul, âpres avoir amplement soup-f i+í) îmco- pé çr remply son ventre. Mais laissons ce malheureux (146).Soudier 6 d n i m P orte aux Luthériens, & en général aux Protestans,1 a Foi K ,lai. C que l’on redonne le jour aux impertinences fabuleuses queleurs Adversaires publioient contre les Réformateurs auXVI siecle. Cela témoigne que ces Adversaires n’étoientconduits que par une aveugle prévention : c’est un préjugéà leur charge & à leur désavantagé. Voici un Chanoine desaint Victor, qui a st peu de jugement, qu’il se sert d’uneObjection qui bat en ruine les Papes, les Cardinaux, &tous les Prélats dont le train 8c les équipages pompeux fontdiamétralement oposez à la vie des Apôtres.
§. (a) J’ai de ce Livre une Edition in iz par ZacharieDurant, 1558. Encore n’est-ce que la troisième. Le titredit : revue o 1 augmentée par l’Auteur même. Rem. C r i t.(F F) Un petit chagrin que l'on fit à Mr.- Arnauld au sujet. d'une Citation de Luther.} Mr. le Fevre, Docteur en Théo-
ss 7 ) Et »o a logie de la Faculté de Paris, a publié ce fait-là dans unOuvrage qui fut imprimé à la Haie ( 147 ) l’an 1685. Neu ‘‘ Tiff” fisouvient-ilpoint, dit-il (148),en parlant de Mr. Arnauld,qu’il y a environ quatre ans qu un Ministre lui ayant écrit qu’ilyj* 8 ) te Fe- av °‘t cité faussement des pastages de Luther pour montrer qu'ilq U ç’i®^pli- niait la nécessité des bonnes œuvres, & entr autres celui-ci : Gar-Ainaui^ 1 ' d °ns nous des pechez; mais gardons nous encore davan-?°Uk la Dé rage des loix 8c des bonnes œuvres, ne nous arrêtons quaj^se d u ' la promesse de Dieu & à la foi; Paroles qu'il citait commeMotifs 5 dm Str ™<>n de Luther fur le Nouveau Testament: il fe vit envi ncibie s n ' F‘»e de faire chercher ce passage dans tous les Luthers de Paris,Xvsu. ^ ne l’y ayant point trouvé, il ne pût faire d’autre réponce auh$ c n 'tst ’ Ministre qui lui écrivóit, qu en avouant qu’il avoit pris ce pas-s/ r - JstS» dans Bellarmin, & faisant en même tems une apologie det n Js ÍZ aJ ? d Z hé de ce Cardinal.
à, ‘ a îtttìi! e La tres-curieuse Bibliothèque du Prince Rodolphe Au-
guste Duc de Brunswic.} Ce Prince, qui a joint l’amour desLettres à toutes les autres qualiteî dignes de l’éclat de faT O M. m. - - ' --
(10 MissonVoiage d’i-talie, Tom+
J /, pao 134Edition de1698.
( l ) Monsr,Miíïon, U-mêmC) U ra -porte en sAllt mmand & en>François .
( w ) An-dréas 8 en-nemis , inAthenisWittember-gensib. afiidJunckeium,in Vira Lu-thcri Num-mis illustra-ta ,[>ag. zi 6 .
Maison, ne s’est pas contenté de la magnifique Bibliothè-que de Wolfenbutel; il en a dressé une autre particulièreoù il a fait rassembler une infinité de Livres rares. C’est làqu’on trouve tous les Ecrits que Luther a publiez depuislan 1517 jusques à fa mort; les Editions, dis-je, qu’il adonnées 8c corrigées lui-même, 8c qui font préférables auxManuscrits originaux, parce qu’en relisant les épreuves, ilcorrigeoit bien des choses qui lui étoient éebapées. II estbien plus sûr de recourir à ces Editions, qu’à celles où l’ona réduit en un corps toutes les Oeuvres de Luther; carceux qui firent cette réduction fe donnèrent la liberté deracommoder, 8c de changer tout ce qu’ils trouvèrent àpropos (149): 8c de là vient fans doute qu’on vérifie fimalaisément les Citations de ce Ministre fur lesquelles il feforme des contestations. On ne peut guere recourir qu’auxVolumes in folio publiez depuis fa mort. Les Editionscomplétés de toutes ses Oeuvres ont fait qu on a négligéles Editions particulières de ses Traitez; Lc par là presquetous les Exemplaires de ces Editions particulières font pé-ris, 8c c’est dommage. Libelli à Luthero ipso edìtt diligentiusqttam faSlum est, asfervari debuissent, non tantum, quod com-modius legi poterant, quam in magnis, in quos postmodum re-daóli sunt, voluminibus, sed c? quia genuinì cr ab interpola-tion aut incuria, qua compilatorìbus tomorum dudum imputataest, securi erant (150). Le Prince dont je parle s’est servid’un Professeur de Helmstad (i;i) pour publier une idéede sa Bibliothèque. Volez le Livre intitulé Antiqua Lite-rarum Monumenta, autographa Lutheri alìorumque celebrmmvirorum ab A. IJI7 usque ad annum 1546 ,Resormatioms eta-tem çsr hìjloriam premier Tome
en fut imprimé à Brunswic l'an 1690(151), & le secondl’an 1691 (153). Les Directeurs mêmes des Bibliothèquespubliques les mieux tentées fe servent quelquefois d’uneœconomie blâmable. Ils se défont des Traitez particuliersdès qu’ils ont aquis l’assemblage de toutes les Oeuvres d’unhomme réduites en corps, 8c ainsi l’on ne fauroit plus vé-rifier dans ces grandes Bibliothèques, si un Auteur qui acité des Passages de la prémiere Edition qui diférent de laderniere y a procédé de bonne foi.
(HH) Charles-Esuint ne voulut point permettre que l’on dé-molît le tombeau de Martin Luther, & il défendit fous peine dudernier suplice d'attenter rien de cette nature .] Les Espagnolsle sollicitèrent instamment de le faire abatte, Lc ils eussentbien voulu déterrer ses os, Lc les brûler; mais J’Empereurrépondit fort sagement, je n’ai plus rien à démeler avecLuther, fi a déformais un autre Juge dont il ne m est paspermis d’usurper la jurisdiction: sachez que je fais la guer-re, non pas aux morts, mais aux vivans qui ont encoreles armes en main contre moi. violart autem fepulchrumvetuit Carolus V. Imperator Wittebergam expugnatam armisminisque ìngressus, contra quam urgebant Hispani omnes , eousque insenfi Luthero, ut cr ofâ» 1 e ì Ui ‘^vidèrent quietem , ca-que perinde, ut Huso saêíum suerai vivo, maliens cremari-,quos laudatisfimus tamen Imperator gravtstmo sermone castì ga .vit, quando dixif. Nihil mihi ultra cum Luthero, aliu mfile iudicem jam habet, cujus junsdictionem invadere nos-trum non est, neque mihi cum mortuis bellutn esse sciatis,fed cum fuperstitibus in nos armatis. Cumque animadver-tisset, Hispanos Duci Albano ç/ Eptscofio Atrebatenfi, suaden-tibusejus indignitatem fafli, consentire, severe tandem atqueetìam viu capttisque penculosanxit, invìolatum Lutheri sefiul-chrum ut effet (154).
(II) Les Extraits que je donnerai d'une Invefíive du Pere.0 S Gretser .]
(t49) Voi'tídla Citationsuivante.
(i;o) ActaEruditor.Lipíîens.1690, pcg.627.
(l$l) Mr mvon detHardt.
(152) Voiezle Journalde Leipllc,Mois de Dec •1690, pag,625 ( malmarquée601 ) ^ftiiv,
(l5Z) Eâ/Vç
le m hueJournal,Mois de Sept m1691 , pag %
422 .
( 554 ) Chris-*tianus Junc-keruf, ; nVira Luthe-ù Nummisistustrata,
pag. 218, 219.II cite J oh.Sleidanusde statu ic-ligionis &leipublicEm Germa-à,I. xix.Pag. « 65 . 8 c668. dr Mi-chael Pic-cartus inobservario-nibus histo-rico-politi-’cis, décadeVI. cap. 6 .
Je n'ai rientrouvé desemblabledans le XIXLivre de
Sleidan.