LUTHER.
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preuve le déchaînement de Luther contre les Univeríîtez, & les expreffions burlesques dont il scservit pour se moquer des Académies, 8c de leurs Docteurs (LL). Ces airs goguenards pou-voient être censurez sans doutez mais ils n’étoient pas inutiles, Sc nous savons qu’on a dit qu’E-
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femme; que Dieu soufre le froid 8c le chaud; que Dieumeure; que Dieu soit homme en un mol? Et ne seseroit-il pas trompé dans cette assertion? Or depuisqu'on fait que l’opofîtion qui se rencontre entre l’idéede Dieu, & l’idée de l’homme, n’empêche pas queTunde ces êtres ne soit véritablement afirmé de l’autre, nefaut-il pas dire que rien n’empêche que l’homme & lapierre ne soient l’un le sujet, l’autre l’attribut, dune pro-position afiimative très-véritable ? Disons donc que le Jé-suite , qui a tant crié contre Luther, së brouille pitoiable-inent, 8c se fâche mal-à-propos. On diroit qu’il assûrequ’absolument il est impossible que deux natures crééessoient unies hypostatiquement; 5 c ne voit-il pas que si unefois cela étoit impossible, on en concluroit la même chosecontre le Mystère de l’Incarnation, pour lequel il s’échaufetant contre Luther? Audite, dit-il (169), ey obftupescite ,vel potius execramim ; non tantum imperitìam , fed & mtolera-bilem blafphemiam. Nec minus, inquit Lutherus , imo magisdisparata est prsedicatio; Deus est homo; quàm si dicas:homo est aflnus. An non hac Luthert impia thefis totum in-carnationis mysterium ex imis fundamentis evertitì Si magisdisparata esi illa ; Deus est homo ; quàm ifta Homo est aii-nus: tune magis eût falsa illa; Deus est homo, quamifta:Homo est asinus qu*. Jìmplìciter falsa est : cujus falsttas oriturex disjunblione Prsedicati à Subjecto; quia enim nullus peni-tus nexus esi Praedicato cum Subjecto; fit, ut Prœdicatumnon nifi mendaciter de Subjecto affirmetur. Si igitur ìn illa-,Deus est homo; tanta, imo major, est Subjecti à Prîedi-cato, ey vice versa, disjunftio, V, ut fie loquar, âisparatio ;falsa eût illa propofitio ; Deus est homo; fie ut ct* hue: Ho-mo est asinus ; quia disparata non pojfunt de se mutuo asstr-tnari; quamiiu nullo communi nexu copulantur. Si autemSubjeSlum ey Pradicatum illius proposttionìs; Deus est homo,vero, reali, substantialì & hypostatico vinculo colligantur;sequitur, mentiû Lutherum, cum Subjectum & Prsedicatumejus aque, imo magis, ac Subjectum ey Preedicatum hujuszHomo est asinus; distare es 1 difparptri pronuntiat. §ualis ergoLutherus Scholasticus Theologus; qui stupiditate ey fatuitate suatetam divini verbi œconomiam Jubruit ey prosternit ; imo Tur-cice prorfus, inficiatur ; es? inficiari volentibus non rimam, fedipfas fores latijfime aperit ? II ne faut que considérer ce Pas-sage, pour bien conoître l’injustice 8c l’emportement aveu-gle de cet Ecrivain.
(CL) Les expressions burlesques dont il se servit pour se mo-quer des Académies, cy de leurs Dotdeurs.) II plaisanta surJwf t ' tr ? S , Lc fur les enseignes de leur Doctorat. Habentores tn Academiis, ritu veteri, certa quadam infignia &igmata. Ha ent titulos cy suas quafdam appellationes, honorisV nverentu cauffa. Vocantur Magistri nostri; itemque exi-mil Magistri nostri. ln certam facultatem , -velut tn tribumquandam collefti sunt, suos habent loquendi modos ; suas for-mulas c? votes. Hinc arrepta feurrandi occafione Théologien fa-cultas est Luthero Fecultas a face (st), cy Vaccultas à vacca .X>oâIores facultatis Théologien (**), Magistrolli, nostrolli,feparatim, conjuniîim, Magistrolli nostrolli, Theologistae,eologastri, Liripipìati, Magistrolliter, Liripipia, qui triahabent Sacramenta Magistrollica; Birretum, Talarem, Li-
npipium, feu relipendium- Sed recìtemus ipsa., Lucianica
prorfus in Scholast'tcos feommata ex ludo Luthert (j-jj à Sorbonadamnati, cujus proculdubio auâlor Melanchthon, ut intelltgasquam leves, futiles cy fournies fueûnt Lutherus ey Phi lippus-,cy quàm ab omni gravitate Scholastica averfi. Decanus nosteralmae Facultatis, inquìt levijsmus ille Ludio, est sanctus Pe-trus in aima Facultate. Et ipse habet tria signa, quse co-gunt eum sic sentire, ut non poffit errare; quse sunt, Re-gistrum, Sigillum, & Almutium. Undepatet, quodvaldearroganter, & frontosè scripsit iste hœreticus contra almamFacultatem. Communia autem signa sunt haec. Et íìtsic. . . . Sìgnum autem eorum primum, & maximum,est Liripipium,feu,ut eruditi dicunt, Relipendium, quodest evidentiffimum, Sc notissimum íignum, per quod con-cluditur sic : Iste habet Liripipium, ergo est magister nosterin fide illuminatus; ergò habet Spiritum sanctum. Aliudssgnum est, quod sedent in superiore cathedra, quando dis-putant, 8c legunt. Per boc signum arguitur sic : Christusdicit; Super cathedram Mosi sederunt; quaecunque dixe-rint, servate. Ergo quíecunque dixerint, sunt vera. Sedilli sedent in Cathedra, 8c docent sic; ergo, non possunterrare. Aliud signum est, quod comprehendit multa. Etsuntsinsignia illa Doctoralia; annulus, pyrrhetum, liber,osculum, chirothecas, Sc pyrrheta distributa in aula Docto-rali: etiam candelae ardentes ; 8c super omnia; Te Deumlaudamus, quod in fine canitur. Ultimo egregium convi-vium Doctorale. Ultimum 8c fortiffimum signum est ip-troitus Domini Decani in Sorbona, quando Bedelli cumíceptris prsecedunt,8c voce magna clamant; Transcat fpec-tabilis, 8c eximius Magister noster, Dominus Decanus al-^ Facultatis Théologien cum Magistris nostris eximiis.
. ran f e at ille, transcat. Et hoc signum est valdè bene mas-ticandurn; q U j a formaliter concludit; Magistros nostrosnon posse errare, 8cc. Ptidet pigetque plura referre ; adeòprofana, Lucianica sunt,ut qmdvis istos postas fuisse• L O M, Ijl
(lí) Lmb.cont. CathaALat. 7\eg.-Aoil.dylvejtiir in libr. deMisa privât a
( 170 ) GretsiInaugurât.Dorlor. pag,3 S & seq.
Doc-trine Cu-rieuse, p a
SCO, J 2 t .
sufpicer, quàm Scholasltcop: quoi, ut magis Lúthèrus irrifuexponeret, vocabula quadam ad eorum imitationem finxit, cyfcrtptis fuis, ut feurras suos obleHaret, instruit. Cujufmodisunt Disfolutio (JJ) Cathariniffima Sc Romanissima, Tho-mistitates , Italitates, magisteria nostralissima ; magiílra-lissimse determinationes, Sylvestraliter, Thomìstraliter,Colonialiter, Lovanialiter, Catharinaliter, Latomialite?.Thomisticissimè, Thomasticiffimè, Henricissimè (170).
(st) Cette forte d’allusions a pour Auteur le bon Reuchliíïqui, poussé à bout par les Docteurs de Cologne, traita déFacilitas Diabologica la Faculté de Théologie de cette Ville-là. Voyez fa Défense contre ces Messieurs, aux feuillets2i Sc 23 de l’Edition de Tubinge, in 4, 1514- Rabelais,
Liv. III. ch. XXIII. a dit en bien plus forts termes: ReverendPere en Diable Picatûs Relieur de la Faculté Diabologique deTolette. Rem. C r i t.
François Garasse n’a pas manqué de se divertir de cettéhumeur facétieuse de Luther. Ce gros homme, dit-il (171), GJîl Gl! "„ dérivant contre la sacrée Faculté de Théologie, au To- e„ me second de ses Oeuvres, suppose certaines conclusions„ contre la Faculté, 8c puis il les condamne comme au„ nom de tout le corps de l’Université, faisant du badin,, mal à propos en chose de conséquence: le Tiltre du„ Traicté est tel. Apologia Philippi Melanllonis adverfhs fu-,, riofum Decretum Theologastrorum pro Luthero, este. LeS„ trois premières Conclusions font telles : In libro Joannis„ Majorissunt PLAUSTRA nugarum. La seconde, Sjuon-,, dam fuerunt strenut Milefii. La troisiesme. Speflabilis,, Domine Decane vos estis iratus. A ces trois Propositions„ il respond au nom de tous les Théologiens de France.
„ Quant à la premiers qui dit, que daíis les Livres de Ma-„ j or, il y a des charretées de niaiseries, Hœc propofitio est„ stulté ajferta, in eo quod intendit nugas plaustris vehi; eìitn.
„ nuga Jint res spirituals & plaustra res corporalis : Puis s’es-„ tant formé cette chimere il la combat, pour en rappor-„ ter un faux triomphe comme celuy de Caligula. A la„ seconde qui dit, que les Théologiens François ont esté„ jadis vaillans comme les Milesiens : mais qu’ils ont de-„ généré, il fait que nos Théologiens respondent: Hscpro-„ pofitio est fufpella, quia feriptura esi Gruca .- cy Graci sunt,, h er et ici : Hoc est noftrum sentiment um. A la troisiesme qui„ dit, Vous estes en chòlere Monsieur le venerable„ Doyen de la Faculté, il fait que tous les Théologiens„ respondent: H&c propofitio est deriforia crscandalosa, in„ e o quod dicit, vos èstis iratus, est enim ineongrua ficut ego
{ unit , & à nobis olim damnas a; & in eo quod dicit De-ll cane vos estis, intendendo quod fumas ex cane nati, est con -„ tumeltostt. ’’
11 est sûr qu’une Réponse bien raisonnée, 8c tout-à-faitgrave, n’eût pas été aussi propre que ces Pieces maccaro-niques, à exposer au dernier mépris auprès d’un grand nom-bre de gens les Académies de ce tems-là. Mais on pour-roit être en doute s’il étoit séant à Martin Luther , Sc àPhilippe Melanchthon, de se divertir de cette maniéré, 8cde s'amuser à des jeux d’esprit,8c à des goguenarderies. Ils.dévoient se remplir uniquement, dira-t-on,del’importancede salaire qu’ils avoient entreprise ; & s’ils eussent bienpensé aux grans caractères de leur Mission, ils n’eulTentpoint eu le tems de goguenarder. Ils savoient ies periecu-rions à quoi leur cause étoit exposée en d’autres païs, ilsdévoient y être assez sensibles pour n’avoir aucune enviede s’épanouïr la rate par des compositions enjouées 8c bur-lesques. Je ne donne point cela pour de fortes Objections,
8c je fuis persuadé que ceux qui ont intérêt à les trouverfoibles, n’auront pas beaucoup de peine à y fournir desRéponses. C’est pourquoi je ne m’amuserai point à dispu-ter là-dessus. ’ Je dirai seulement qu’il y a eu beaucoup depersonnes qui h’ont pas desaprouvé les Réfléxions qu’ils ontrencontrées à la fin d’un Livre de Mr. Lrueys. „ En vérité „dit-il ( 172), „ je ne puis pas croire que ceux des Protes- ct7i)Bmey.,-„ tans de ce Royaume, qui ont véritablement de la. pieté, Cul “ s( ^u,, approuvent, quelque estime qu’ils ayent pour l’esprit 8c rieM„ pour le sçavoir de M. Jurieux, qu’un Ministre qui les a gi;f e Ca _
„ abandonnez, Lc qui s’est enfui dans un païs etranger, tholiq ue ,
,, affecte dans tous ses Ouvrages un caractère railleur 8c PfS-„ goguenard, tandis qu’il apprend tous les jours de loin„ la ruine 8c la désolation de son parti. H me iemble que miande^
,, dans les sentimens où il devroit eítre, M ^ Hit
„ paroistre dans tous ses Ecrits, d’estre hois du danger où„ ceux de fa Secte font exposez, n est pas bien naturelle„ 8c bien légitimé. 11 luy sied mal, ce me semble, de„ plaisanter en seureté, tandis que ceux a abandonnez„ gémissent dans les justes chastimens que 1 Eglise, comme„ une bonne mere, mefle aux caresses 8c aux bienfaitsq u’elle employé pour les ramener dans son sem. II me, semble que c’est renverser l’Evangile, que de rire avecceux qui pleurent; 8c que les Ouvrages de cet Auteur,quelques fins & délicats qu’ils pussent estre d’ailleurs, de-" yroient au moins se sentir un peu de l’amertume de son” cœur, s’il estoit vray qu’il fust plus sensible à la douleur” de ses freres, qu’au calme dont il j ouït en son parti-’ culier. Ainsi l’on peut dire, que si les calomnies 8cGg i „ les