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(n) Intitulé
Sentimens
d’Eiaûne»
Mais s’il est vrai qu’E-
í, les médisances, dont les Ouvrages de cet Auteur font„ remplis, persuadent aux Catholiques que celuy qui a des„ sentimens fl éloignez de la charité, ne sçauroit estre bon„ Chrestien, quand bien mesme il parlerait le langage des,, Anges ; auffi cette joye maligne qu il fait paroìítre dans„ ses Ecrits, ces traits de raillerie & de moquerie, aus-
(173) Senti-jnens d’E-laíme, p<%.*Si-
( 174) Là-mé-mc,png. r;S
ir imprimél’an 168 S.
x ± „ Voiez.-jr
aplanies par la mauvaise conduite que l’on tint contre ce Réformateur, 11 a reniai40c juiques a p<%. 2 4 s irsept grandes fautes dans cette conduite (MM). Voiez, l’Ouvrage du Sieur Richard Prieur deBeaulieu Sainte Avoye (n) : c’eft un Auteur Catholique. ejicurieux,&
paix & à Vamour de l’Evangile (175). La 4, en ce que l’on , ,ne voulut rien relâcher d’aucune part (176). La 5 , en ce \L 7 t)La-”»-que l’on exerça une grande cruauté fur les Luthériens par m ‘ 2 ' 4 ‘le conseil de quelques Moines Mandiants (177). La 6, en ce (1 -j^Là-mì-que les Eveques d’Allemagne, militaires/^»;- lapins me,par. 277.
_ _ , GRANDE PARTIE, ne firent point leur devoir (178). La
j, quels tout le monde reconnoift d abord tout ce qui part 7, en ce qu’on ne se mit point en peine d’appaiser la colere de (i77)Là-mî-„ de sa plume, devroient persuader aux Prétendus Réfor- Dieu far des prières publiques, or par la conversion d'une vie me >p a g- 2 %S-
„ mez qui ont quelque pénétration, qu’il n’est pas possible " ' s ^ " s --
„ qne celuy qui raille fi à contre-temps, quelque zele qu’il„ témoigne pour leur défense , soit néanmoins un bon„ Protestant. ”
(M M) Erasme. . . a remarqué jusqu'à sept grandes fautesdans la conduite du Papisme contre Luther.] J’ai marquéle Livre où l’on a donné un grand détail sur cela, 8c c’estun Livre que l’on trouve facilement chez les Libraires.
Ainsi je ferai fort court, & j’indiquerai seulement en grosle point capital de chacune de ces fautes. La 1 consistaen ce qu’on foufrit qu’une Querelle pour des quêtes entredes Moines mandians ,©-fur des Thèses d'indulgences,se trai-tât devant le peuple dans les Sermons (173). La Z, en ceque l’on op osa à Luther quelques Moines mandians qui beaucoup de gens qui s’imaginent que l’on fit beaucoup de à- fur lesn’étoient que des Déclamateurs, & des organes d’injures fautes dans le Parti de la Réforme, & que ce furent des Comeces >(174). La 3, en ce qu’on n’imposa point silence aux incidens favorables au Papisme. C’est ainsi que presque ‘ a 7 p 3 a jfa cPrédicateurs des deux Partis, 8c que l’on ne proposa point toujours les grans Démêlez se nourrissent 8t se fomentent: i es Mémoi-des personnes sages, doâîes, & paisibles, qui auroient instruit ' ' ' '
le peuple fans aucune contention, ev qui l’auroient porté ~
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véritablement penitente (179). On pourroit peut-être aug-menter encore la liste des fautes du Parti Romain. Laissonscette peine aux spéculatifs, & contentons-nous de dire que me ’? as ' zi7 'la plupart de celles que l’on articule dans les Sentimens ( 17 g)Là-ml-d’Erasme, ne se pouvoient éviter, vu Pétât où les afaires Jag. 29s.de I’Eglise étoient alors situées. L’on peut. conclure de làque le dessein de Luther fut éclos fous de favorables aus-pices. La prudence de la Cour de Rome joua bien sonrôle: mais elle ne pouvoit pas empêcher que 1e défaut deses instrumens ne gâtât l’afaire par beaucoup d’endroits; &je fuis sûr qu’il y a bien des Protestans qui font convaincusque leur Parti se soutint, & par la bonté de sa cause, & parles fausses mesures du Parti contraire. 11 y a bailleurs
chaque Parti a ses contrepoids, qui servent réciproque- resdelaRo-ment de «effource' à Vautre (180). chefoucaut.
tTT „ ddtcCTTS f C aï u s) Chevalier Romain, fut puni du dernier supliceLUTORIUS s ca pitale (xf). Après avoir reçu de Tibere une bonne récom-
pour une seute qm ne àh^p,^ J mort j e P Germanicus, il fut accusé d’en avoir composé
pense, pour un aruci n nn
<i) Amelotde la Hous-iàve, Mora-le de Tacite,de la Tlare-17,
pag. m. 30,
31. Il athmgé de sen-timent dansfa. Version desAnnales deTacite.
(2) C'est-à-dire la Loiïn famososlibelles.
(,)Th.Ray-naudus, demails &bonis Lï-btis, num.
IIZ
7a- 73 -
Mois deJuin 16 86 ,pag. 633.
f f) Tacitus,Annal. Libr.JII, Cap. L.
C’est unCrime quede consul-ter P avenirfut la viedu Souve-rain.
<«) Jul.jpaullus V.Sentent.
21. apudïoistnetumìn Tacit.Annal.
Libr. II.
(7) Forst-jierus ibid,citant Arn-mien Mai-cellin, Libr.XXIX.
(s) liba-nais, Orat.XII, apuiHarduimim
Not. inThemis-tmm,p. 4 Î 0 .
{J) Il fut puni du dernier suplice pour une faute qui ne sem-ble pas capitale .] 11 n’est pas facile d’étabìir l’espece de cetteaction. De fort habiles gens (1) croient que la faute de Lu-torius confiíloit en ce qu’il trompa Tibere, en lui présentantune Elégie sur la mort de Germanicus, laquelle il avoit faiteauparavant pour Drusus, qui étoit échapé d'une maladie dont >on croyait qu’il mourrait. D’autres croient qu’il avoit faitune Satire contre Drusus. C’est le sentiment de ThéophileRaynaud: Ex ea item lege (z), dit-il (3), Lutorius Priscusapud Dionem lib. 5-7. quod in Drufi agrotantis mórtem, famo-sum carmen scripfisset, mori jujsus est Sénatus décréta. Ces deuxSentimens me paraissent faux-.j’aimerois mieux dire qu onaccusa Lutorius d'avoir eu V audace de compter four mort lefils de Tibere, ev de composer même des vers fur cela avant letems. L'Auteur des Nouvelles de la République des Lettres,duquel j’emprimte ces papoles, ajoûte tout atMot (4): ilest certain qu on s'expose aux rigueurs de la justice, lors qu'onose déclarer en certaines occasions le jugement sinistre qtt on faitde la maladie des Rois. Le Médecin Du Val fut envoyé aux ga-lères , parce qu’on trouva dans son cabinet un papier où il avoitprédit que LouisXIII mourrait avant la canicule de l’an 1Ó31,Le fait se trouve dans certains Mémoires duDucd’Orleansqui parurent l’an i68q. Les paroles de Manius Lepidusne combatent pas autant que l’on s’ìmagìne i’opinion àquoi je m’arrête; car dans un tems de flaterie on ne faitpoint difficulté d’avancer, qu’un Poète, qui au lieu de fairedes vœux, & d’avoir de la confiance en la fortune de laRépublique, pendant que l’Héritier presomtif de la Cou-ronne est malade , chante la mort de ce Prince, & com-munique à ses amis les noires & tristes idées d'un état si la-mentable qui n’est pas encore arrivé; qu’un tel Poète, dis-je, s’occupé’ d’une pensée exécrable, & qu’il en occupe sesAuditeurs. Si pâtres conscripti unum id spefíamus quam nefa-ria voce Lutorius Priscus mentem suam & aures hominum pol-luent , neque carcer, neque laqueus, ne serviles quidem crucia-tus in eum fuffecerint (y). Ce font les termes de ManiusLepidus. Soit donc conclu que le crime, dont on accusace Poète, fut d’avoir écrit par avance sur la mort de Dru-sus fils de l’Empereur. 11 y avoit fans doute plus d’impru-dence que de crime dans cette action.
Je ne nie pas que les Loix n’aient traité comme un cri-me capital Faction de ceux qui consultent l’avenir tou-chant 2 a vie du Prince: Capitale est desaluteprincipis vel defumma Reip. refpondere aut confulere (6). Te sai qu e plu-sieurs personnes ont souffert le dernier suplice à cause decette curiosité. Valens imperator fub uno proloquio jujfit occidïomnes qui de fuo fuccejfore fpiritus consuluerant, nec modo quiconsuluerant, sed omnes qui aliqttid ea de re inaudierant, necad fe dernierant (7). L’Empereur Julianus Didius faisoitbrûler ceux qui consultoient les Devins fur la fortune del’Empereur (8). Les Loix canoniques ont condamné auxpeines de l’excommunication ceux qui se mêlent des in-ri gues d e la succession pendant la vie du Prince. C’est ceR 1 *! C °tt e ï ean Beloi représenta aux Ligneux sous leeg.ne ^ Demi IIL „ Par ces moyens ils semblent cons-„ pirer la mort, qui est en effect, se bander contre la„ nature,ies bonnes mœurs, contre la pieté Chrestienne,
Ct) r.
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„ 8c bien-vueillance que nous devons à nostre Roy, au-„ quel nous sommes tenus de ronfleurs bien prier, bien„ desirer, èc bien présager, tellement que d’attendre ce„ sien accident, & infortune, ferait contre toutes loix ci-„ viles, & naturelles. Aussi ne peuvent les gens de bien,, trouver bon que contre le désir de leur Roy, & en fa„ vie, on dispute, & mette en difficulté le doute de sa„ succession, qui n’est point, tant qu’il plaira à Dieu le„ nous laisser au monde. C’est pourquoy par decret du„ cìnquiesme Concile de Tolede en Espaigne, tenu du-„ rant le siégé de Honorius premier (f), environ Pan six„ cens vingt-deux, vivant l’Empereur Heraclius,& Chin-w.
,, tillius Roy des Eipaignes, tous ceux-là font excommu- 4*/°^
,, niez qui s’informent, & font semblant d’avoir foin, ou 7î9 *-„ s’enquerir qui fera leur Roy , après celuy qui tient le,, sceptre. Doncques, dit le texte, parce qu il est contraire,, à la pieté , & dangereux pour les hommes, de penser aux cho-„ ses futures illicites, & s informer des accidens des Princes, m,, pourvoir à l’advenir > fur iceux, d autant qu il est estent, Ce”, n’est pas à vous de fçavoìr les momens, ou les temps que Dieu„ a réservez, en son pouvoir : Nous ordonnons par ce Decret„ que s’il fe trouve aucun informateur de telles choses,cy qui dù„ vivant du Roy, regarde un autre pour l’esperance au Royau-,, me, ou attire quelques-uns à soy pour ce regard, il soit chassé„ par sentence d’excommunication de la compagnie des Catholi-„ ques (J). Le même Decret fut repeté au sixiesme Con- ,,, ^
„ este tenu en la mesme ville de Toled.e, auquel est ajous- stj. f e ì„ tée une raison très-pertinente, par laquelle ceux qui font 74I„ ces discours font blasmez, comme curieux du temps ad-,, venir, auquel Dieu peut-estre ne permettra qu’ils par-„ viennent (9) J’ai lu dans .le Mercure François une U) B e1oLHistoire que je m’en vais raporter: Noël Léon Morgard, ApologieMaistre faiseur d’Almanachs,... ajfeuroit dans son Almanach Catholiquede Vannée 1614 „ que l’Estat de la France changerait; at- is- ar í'l’ v a's > ',, taquoit la personne dn Roy; &: marquoit le temps, les 7 "'"
„ mois, 8c les quartiers où il parloir de plusieurs grands„ Princes qu’il denotoit, ne transportant seulement que les„ lettres de leur nom. Cest Almanach, estant en vente,, au premier jour de l’an, fut recherché outre l’ordinaire„ par des curieux, qui a fleuraient que e’effort une Pro-„ phetie : Et ce qui luy donna vogue, fut, que Morgard„ ayant mis au premier quartier de Janvier, qu’un Martial„ jouerait un mauvais tour à son fils, il advint qu’un hom-„ me d’aage du fauxbourg S. Germain, & qui avoit esté„ autresfoís soldat tua son fils, pensant tuer une femme,, qu’il entretenois. Le murmure donc, que ces nouvellés„ prédictions apportoient entre le peuple, estant parvenu,, jusques à leurs Majestez 8c au Conseil, Morgard se veíd„ le huictiesme de Janvier mis dans la Bastille par des Ar-chers du Grand Prévost : neuf jours après amené à laConciergerie: le dernier de Janvier par Arrest de la Courcondamné neuf ans aux Galères: Et le neufiesine attachéà la chesne, pour estre emmené à Marseille, où il y sertle^Roy à tirer la rame (10).
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Chacun a pu lire plusieurs choses de cette nature ; maisje ne laisse pas de dire que Lutorius n’est pas dans le cas. f°}/[ag.ì ai "Tous ces consulteurs de Vavenir n’ont pour but que d’ ex_
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