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Tome troisieme. K - P.
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MACEDOINE.

( t j Valezles Penséesdiverses furlés Comè-tes, num.

riz.

(Z) C’est-à-dire les 7{e-marques

<-*)> W,

& (C) desm ^Article,

(4) Plu- ■tarch, 14Alexandro,pag. 667.

(j) Le Che-val Encé-phale,

(6) Plu-tarch. dcTranquillí-tate Animi,peig, 466.

une longue guerre ne gagne que peu de pais, auroit subjugué un grand Empire s’il avoir eu àcombatre contre les Perses. Ce sont des excuses, ce sont des consolations peu solides. La ra-pidité avec laquelle Alexandre se ser'voit de l’occaíion, 8c profitoit de ses avantages, lui eût faittrouver une moisson de triomphes, où bien d’autres Rois ne peuvent rien conquérir. C’est àlui que l'on pouvoit dire après ses premieres victoires, Je fattens dans deux ans fur les bords deF Euphrate. Je ne prétens pas donner ici un Abrégé de fa vie ; car outre que les autres Dictio-naires sont assez prolixes fur ce sujet, il n’y a rien de plus conu à toutes sortes de Lecteursque l'Histoire d’Alexandre le Grand. II semble même que ce seroit un travail bien superflu,que de donner 'son caractère (C). On le conoît assez j personne n’ignore que les grandes ver-tus 8c les grans vices y entrent également. II n’y avoit rien de médiocre en fa personne que lataille; tout le reste bon ou mauvais étoit excessif. Son ambition alloit jusqu'à la fureur (D). 11prenoit pour un crime que l’on doutât du succès de ses desseins ( E ). D’un côté il étoit assezimpie pour vouloir qu'on le regardât comme un Dieu (F) 3 8c de l’autre il étoit superstitieuxjusqu’à la soiblesse féminine (G). Quelque louange qu’il ait méritée en certaines occasions

par

vouloir faire des conquêtes, se font des illusions. Je croi (E) ll prenoit pour un crime que l'on doutât du succès debien que contre un Sefostris, contre un Cy rus ( z ), con- ses entreprises.'] Ceux qui par son ordre avoient tué Par-tre un César, les grans desseins d*Alexandre auroient pil menion, ne lui allèrent pas rendre compte de ce serviceéchouer de fond en comble; mais combien y a-t-il eu de important, fans quelque sujet d’inquiétude; car ils furentgrans Rois, qui, avec des troupes plus nombreuses 8c plus suivis par des Députez de la Province qu’ils avoient gou-aguerries que cesses d*Alexandre, n'eussent sait qu’un pe- vernée, lesquels avoient ordre de les accuser de plusieurstit mal à Darius ? Ainsi tout ne dépendoit pas des occa- crimes. On étala les pilleries de ces Gouverneurs, les sa-lions. Voiez nos Remarques fur Jules César (3). crileges qu’ils avoient commis,leurs attentats fur l’honneur

(C) Ce seroit un travail bien superflu que de donner son ca- des Dames ( 13 ). Alexandre, aiant examiné cette Accu-raíïere.] Renvoions à un Ouvrage que tout le monde peut sation, déclara que les Députez avoient oublié le plus atro-consulter aisément, 8c qui est d’un grand débit. Voiez, ce, c’est que les accusez avoient cru qu’il ne reviendraitdis-je, Mr. de Saint Evremont, dans le Jugement fur une jamais de l’expédition des Indes ; car s’ils avoient cru, di-Tragédie de Mr. Racine intitulée, Le Grand Alexandre, soit-il, que j’en reviendrais, sis n’auroient pas eu la har-au I Tome de ses Oeuvres mêlées, 8c dans la Comparai- diesse de se porter à ces violences. Rex, cognita caufla, pro-snn .U rvdir íkr rl’ Alpv-jnrlre on mpmp Tnmp Vnip'7 1 p nunciavit ab accusatoribus unum zy id maximum crimen esse

son de César 8c d’Alexandre au même Tome. Voiez leaussi au second Tome à la page 97 de l’Edition de Hol-lande 1693.

(D) Son ambition alloit jusqu à la fureur.] Son pere nese trompa pas, lors qu’il crut que la Macedoine étoit troppetite pour son fils (4). II dit cela âpres qu Alexandreâgé d.’environ seize ans eut domté l’un des plus terribleschevaux du monde (;). Comment est-ce que la Mace-doine lui auroit suffi , puis que toute la terre même nelui paroissoit pas un Roiaume assez étendu ? II pleura lorsqu’il entendit dire au Philosophe Anaxarque qu’il y avoitune infinité de Mondes (6) ; ses larmes vinrent de ce qu’ildésespérait de les pouvoir conquérir tous, voiant qu’il n’a-voit pu encore en conquérir un. Juvénal exprime cetteambition fous une image très-vive. II se figure Alexandresuant d’être logé à l’étroit dans un Roiaume aussi grandque toute la terre :

(7) Satyrajuven. X,Vers. 168.

( 8 ) lArcbi-coraçon ,pues cupo enun rincon deltodo estemundo hol -gadamente -dexando lu-gar para otrosfeis. LorenzoGratian,

( 9 ) Sf A’0ff-vceïoi > àpxeye Tiçsv<rcti~*rs uvWmvçt )iro(iêva kiv-àvvovç sveKce

VfÁÍV £V$0-?«*« ;

£luis crcdat ,^Aihenienfis ,quanta péri -cala veflripr&conii cau-sa fubearn ?Plutarch.in Alexand.pag, 698, E.

(10) Juvé-nal. Sat. X,

Vers 1 66.

(q) Lu-cianus,quomodoconscriben-

da su Histo-ria, Oser.Toro. I,pag. 694Edit. Sal-

(12) Quint.Curtius >Libr. VIII,fié fin.

Unus PelUo juveni non sifflât orbis:

JEstuat ìnfelix artgusto limite mundi,

Vt Gyara clausus scopulis parvaque Senpho (7).

Le Monde étoit pour Alexandre ce qu’étoit une petite Ilepour des malfaiteurs qu’on y confinoit. S'ils íe trouvoientbornez dans leurs promenades, Alexandre de son côté re-gardoit la possession de toute la terre, comme le malheurd’être réduit à un petit coin. Un Auteur Espagnol en-chérit sur Juvénal; il nomme le cœur d'Alexandre un ar-chicceur , dans un coin duquel le Monde étoit si à Taise,restoit de la place pour six autres (8). Mais ne

prateritum, desperationem salutis sua , nunquam enm taliaausuros , qui ipsum ex India sospitem aut optassent reverti aut’credidijfent reversurum. Igitur hos quìdem vinxit , dc. au-tem militum qui savitia eorum ministri fuerant , interfictjustt (14).

(F) Il étoit assez impie pour vouloir qu’on le regardâttomme un Dieu.] Une fine politique l’obligea à faire croi-re qu’il étoit fils de Jupiter, & à souffrir les honneurs del’adoration. II avoit éprouvé que cela portoit les peuplesbarbares à se soumettre; 8c dans le fond, qui oserait pren-dre les armes contre un Conquérant qu’il regarderait com-me un Dieu ? II étoit donc de son intérêt que l’on eût delui cette opinion avantageuse; aussi la fomentoit-il adroi-tement. 11 étoit plus réservé là-dessus envers les Grecsqu’envers les Barbares (15) : c’est que les Grecs étoient plushabiles, & moins oposez à ses desseins. II avoua un jourpubliquement, que le bien de ses affaires avoit demandéqu’il passât pour Dieu, 8c qu’il souhaitoit que les Indiensle prissent pour Dieu. Illud fene dignum risu fuit, quodHermolaus fostulabat à me ut aversarer Jovem cujus oraculoadgnoscor. An etiam quid Dît respondeant, in mea potestateest ? Obtulit nomen filii mihi ; recipere ipsts rébus quas agimushaud alienum fuit. Utinam Indi quoque Dettm esse me cre-dant. Fama enim bella constant, zy sape etiam , quod salsocredìtum est, vert vicem obtïnuit (ró). Je me laisserais ai-sément persuader qu’à force de le dire aux autres, & d’en-tendre ceux qui le flatoient fur ce chapitre, il vint quel-quefois à croire qu’il étoit Dieu, ou à douter s’il ne l’étoitne point; car il n’y a guere de pensées de vanité qu’un bon-ds heur & ou’nne nnissnnrp extraordinaire erupr lec odr

(u) L«««

omnia profa-na spoliajseritfne sacris qui-dem abftinUt*rant :vtrgines*que tfrprinci-pesfeminarttMfiupra per-pejja » cor-porunt ludi-bria defiebant.

Idem > Libr•X , Cap. /*

(14) Idem »ibidem «

qu’il y

semble-t-il pas que ce cœur si vaste bornoit à bien peu de heur & qu’une puissance extraordinaire, avec les adresseschose sa derniere fin, puis qu’il ne se proposoit que d’etre dune flaterie sans bornes,ne soient capables d’inspirer(i7):loué des Athéniens? On prétend que les peines extraordi- mais je ne croi point que cette opinion ou ce doute aientnaires qu’il eut à passer l’Hydaspe l’obligérent à s’écrier, jamais pu prendre racine dans son ame. II dssoit que deuxO Athéniens,pourriez-vous bien croire à quels périls je m expose choses l’empêchoient de croire qu’il fût immortel, le dor-

pour être loué de vous (9) ? N’est-ce point, me dira-t-on,être tout ensemble insatiable, 8c se contenter de peu dechose? N’eít-ce pas une folie de s’exposer à tant de peines,8c à tant de douleurs, pour l’amour d’une Harangue?

- 1 demens ey sevas curre per Alpes ,

Ut pueris placeas zy declamatio fias (10).

Je consens qu’on dise tout ce qu’on voudra sur les contra-dictions du cœur de Th'omme, fur ses folies,8c fur ses ex-travagances, je ne laisserai pas de croire que la fin que seproposoit Alexandre s accordoit tres-bien avec la vaste 8cavec Timmense étendue de son ambition : il vouloit tenirà tous les siécles futurs, à la postérité la plus reculée, 8cil n’espérait cela ni d’un ni de plusieurs Mondes conquis,mais des Livres. II ne se trompoit pas; car fi la Grece ne

mir , 8c la* jouissance des femmes. Sì tuéMça tru-

viévai ôvsjròç ìbv èu roV xubsuSeiv kuì GWoveiâlstiv* íSç àtté fíixç iy~yiyófierm àa-ôevsfuç ry tpvret Kctt ri erovoCv xaì rì fibójtseov. Dìce-lat mortalem se esse intelligere se potiffmum ex somno zy con-cubitu, quod ab eadem imbecillitate naturam incefsat lasfitu-do zy voluptas (18). II raifonnoit bien, quoi que peu con-séquemment aux principes de la Théologie Paienne , quine parloit que des amours de Jupiter, 8c de ses bonnesfortunes auprès du sexe : mais comme les deux choses quilui servoient de preuve qu’il n’étoit point Dieu revenoientsouvent, je ne voi pas de quelle maniéré il auroit pu lais-ser ancrer dans son ame la foi de sa prétendue nature di-vine. Nous raporterons plusieurs choses fur ce sujet dansles Remarques de T Article Oumpias.

(G) ll étoit superstitieux jusqu à la soiblesse féminine (19).]

___ ___ . , , Jamais cela ne parut autant que l'année de fa mort; ce

lui eût fourni de bonnes plumes, il y a loug tems qu’on ne qui ne pouvoit pas être attribué au déclin de l’âge, 8c auxparlerait pas plus de lui que de ceux qui commandoient malignes influences de la vieillesse, vu qu’il n’avoit pas en-

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dans la Macedoine avant la naissance d Amphitryon. II s’intéressoit de telle forte à ce qu’on diroit de lui après famort, qu’il souhaitoit de pouvoir revenir au monde pourautant de tems qu’il lui en auroit falu, afin de conoîtrecomment on lirait ses Historiens ( 11 ). P ar cet insatiabledésir de louange il rendoit plus de justice à la valeur de sesennemis, qu’à celle de ses Capitaines; car tout ce qu il otoità ceux-ci, 8c tout ce qu’il donnoit à ceux-là, lui revenoitavec usure. Simplicius famam astimabat in hofte quam incive ; quìppe à fuis credebat magnitudinem suam destrui pas-se , eandem clariortm fore quo majores fuissent ques ipse vi-cisset (r r).

core trente-trois ans lors qu’il mourut. Cette augmenta-tion notable de superstition procéda de quelques événe-mens, qu’on lui fit prendre pour des présages d autant plussinistres, qu’il étoit allé à Babylone malgré les avis de n’ypoint aster que Nearchus lui avoit donnez , au nom dequelques Devins Chaldéens. Ce redoublement de mauvaisprésages le consterna de telle forte, qu’il se' défioit 8c desDieux 8c des hommes, ’íl crut que la protection divinel’abandonnoit, 8c que ses amis lui devenoient infidelles.Cette défiance lui troubla tellement 1 esprit, que la moin-dre chose extraordinaire qui lui arrivoit lui paroissoit unprodige : sa maison ne desemplissoit point de Prêtres, 8c

de

(ifl TdífSi E"AA)f trtfieTfíaiç xsdtíxoQeiSS/ie-.voi èavroviì-eùeíaÇev.

v Apud Gréées!vero divini-tatem ufur -pabat modtce& parcius,Plutarch. inejus Vira»?4L- 68r,^.

(r6) Quin-tus Curtius*Libr. VIlLtCap . VIILConsultez,là-dejsus leCommen-taire dcEreinshe-mius.

(17) Xilnl

e(t quod est'dere de fiNon pop 1cum laudatt* rDiis tcq#*potestas. Jub-ilai. Sat. IV»

Vers. 70.

(18) Plu-

tarch. <»Alexand.

» 677 ’fo

Voiez oiijfide vsscrun.Adulât. «C,Amict , r*6S, f -

(19) Vo ;‘ 6

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