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de Devins; il ne s'occupoit que de sacrifices, que d’expia-tions, que d’augures. Ecoutons Plutarque qui ne racontepas la chose sans y aposcr sa réflexion (20). Alexanderigitur postquam semel religione obftriâlus est , tumultuante &trépidante animo pr&ditus , nulla res infolita & aliéna tainoblata exigua est quant non verteret ìn prodigium e? oftentum ,sed sacrificantium, expiantium , ctr vaticinantium erat restareserta. Adeo res est horrenda incredulitas Lf contemptio deo-rutn, horrenda item fuperstitio , qua aqua modo vergit ad de-mijfa, impies que abfurdis opinionibus er met u mort ales, uttune Alexandrum. Tant a de pouvoir , je me fers de laVersion d’Amiot, er de fiance, d'un costé la mecreatíce <&impiété de contemner les Dieux , quand elle se met es cœursdes hommes, & de ïautre costé aujfi la superstition, coulanttoufiours ne plus ne moins que Veau contre bas es âmes abais-sées e?- ravalées par crainte, comme elle remplit alors Alexan-dre de folie depuis qu une fois la frayeur l’eut saifi. II est bonde dire que les avis des Chaldéens notifiez par Nearchus,firent tant d’impreííìon fur Alexandre, qu'il n’osa entrerdans Babylone, jusques à ce que les Philosophes Grecsaiant su le fondement de ses scrupules P allèrent voir, ôclui firent reconoître par la force de leurs raisons la vanitédes Sciences divinatrices. II fit alors son entrée dans Ba-bylone (21 ). Les mauvais augures dont il fe remplit latête effacèrent les impressions que ces Philosophes luiavoient données : il revint à la grande estime qu’il avoirconçue pour la Science des Chaldéens; il détesta les Phi-losophes qui lui avoient persuadé d’entrer dans la ville, &st se fâchoit contre tous ceux qui vouloient lui faire en-tendre raison (22). Volez plusieurs choses concernant lasuperstition d’Alexandre dans les Remarques de l’Articled'A ristandre son Devin. Je les ai renvoiées là, depeur que cet Article-ci ne fût trop long: j’en ai usé dunesemblable maniéré à l’égard de bien d’autres faits; St quandl’occasion le demandera je me servirai de cette méthode.
(H) Quelque louange qu il ait méritée ..... par raportà la continence .] Dans le prémier feu de sa jeunesse il pa-rut si indifférent à l’égard des femmes, que fa mere crai-gnit que cela n’allât trop loin, 8t ne procédât d’impuissan-ce: c’est pourquoi du consentement de son mari elle fitcoucher auprès d’Alexandre une très-belle Courtisane deThessalie, afin de fondre la glace, St de réveiller le goûtdu jeune homme. Callixena (c’étoit le nom de la belleThessalienne ) fit de son mieux à plusieurs reprises pour sefaire caresser, 8t n’obtint rien (23 ). Si ce Conte est vraiil faut croire que la nature, qui en toutes autres chosesavoit été fort diligente pour ce Prince, fut paresseuse, 8cse leva un peu tard sur ce point-là. On débite ( 24) qtfilporta son pucelage en Asie, & que la veuve de Memnon
„ ar té la P rémiere femme dont il ait joui, 8c quequand il sc maria, ú n'avoit eu encore à faire qu’avec cet-te veuve. II salut même que Parmenion le poussât à lacaresser, quelque capable quelle fût de toucher un hom-me. Si cela est vrai, ceux qui nous parlent de la complai-sance d’Alexandre pour Apelles fe trompent. Ils disentqu’aiant donné à peindre toute nue la plus chérie de sesconcubines (26) à Apelles, & s’étant aperçu qu’Apelles enétort devenu amoureux, il lui en fit un présent. Cette! °‘ re , & , , celle de Plutarque sont incompatibles; car laveuve de Memnon ne fut prise que lors qu’Alexandre ferendit maître de Damas, & ce fut à Ephese qu ’il conutApelles, assez long teins avant la prise de Damas. Onpourroit rendre compatibles ces deux Histoires, si l'on fu-posoit, ou qu’Alexandre n’avoit point encore joui de saconcubine lors qu’il en fit cession au Peintre, ou qu’il la luidonna à peindre depuis la prise de Damas. Mais la 1 deces deux supositions est contre l’Hìstoire même dont ils’agit; car Pline (27) qui la raporte ne fe contente pasd’observer que cette maîtresse étoit fort belle (28), 8 í laplus aimée de toutes les concubines d’Alexandre,il remar-que encore que ce Prince céda son lit 8c son affection auPeintre. Elien qui raporte la mêisie Histoire marque cettecirconstance, que la concubine en question étoit de Laris-se en Thessalie, 8c la prémiere femme qui eût fait sentirà Alexandre ce que c’est que le plaisir vénérien (29). La2 suposition n’a nulle ombre de vraisemblance : auroit-onenvolé à Ephese une femme d’une si grande beauté, 8c qu’onaimoit si tendrement, l’y auroit-on, dis-je, envolée de filoin, pour l’y faire peindre toute nue? Et si l’on avoitikandé Apelles, ne verrions-nous pas cette circonstancedans les Auteurs qui ont conservé la mémoire de ce beauPrésent ? Outre que cette seconde suposition n’ôte pas l’in-compatibilité qui est entre Elien 8c Plutarque. Juíqu’icidonc ce dernier Auteur n’a guere prouvé la continence deson Héros; mais il nous va dire des choses qui ont b'eau-c°up pi us 4 e force. La mere, la femme, & les filles deDarius étoient prisonnières d’Alexandre: la femme étoitnne beauté achevée; ses filles lui ressembloient. Le jeunePrince qui ses avoit en son pouvoir, non seulement leurrendit tous les honneurs qui leur étoient dûs, mais aussi ilménagea leur réputation avec la derniere éxactitude. Ellesturent gardées comme dans un cloître hors de la vue dumonde ,, hors de la portée de tout objet déshonnête.
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Quasi non tn hostium castris > verum in sacris & faníiis Veflatemplis servata, in abdito extra aliorum oculos agerent (30).
Ses visites, ses regards, ses discours, ne donnèrent aucunlieu à la médisance ; 8c à l’égard des autres Dames dePerse qui étoient aussi prisonnières, 8c dont la beauté 8cla taille étoient fort charmantes, il se contenta de dire enriant lors qu’il les vit, que les Persanes causoient beau-coup de douleur aux yeux, 8c passa devant estes com-me devant de belles statues (Zi ). H fe fâcha tout de bon DO Ucm,plus d’une fois contre ceux qui pour lui faire leur cour luivoulurent envoler de beaux garçons (32); 8c il marquadans une Lettre, que non seulement il n’avoit point vu lafemme de Darius, ni songé à la voir, mais que même iln’avoit pas voulu qu’on lui vînt tenir des < discours fur labeauté de cette Reine. E ’yà yàp olps <ss< eupxxiit evpe-
ieíqv riji/ Aapeíou ymaíxa 'ij pefiovAeviiávoç ìSêtv-, áAA’ Ov T c ròj'JAtyévTuv otepì rífe evjiopiplttç al/rnt otpoirbebeyiieooi tìv Aóyov.
Ego enim non solum non vidiffe inveniar Darit uxorem autvidere cogitasse, verum nec verba facientes de ejtts décorésufiì-nuijse audire (33). II est aisé d’accorder Plutarque avecQuinte Curce: ce dernier Historien a dit (34) qu’Alexan-dre n’avoit vu qu’une fois la femme de Darius,& cela paraccident, parce qu’elle s’étoit trouvée avec fa belle-mere àqui il rendit visite le jour qu’on les prit. Sur ce pied-làAlexandre se pouvoit vanter de n’avoit point vu, c’est-à-dire de n’avoit point visité la femme de Darius. C’est as-íbrément l’un des plus beaux endroits de fa vie par raportà la morale (35), & je ne m’étonne point que Darius l’aitadmiré, Darius, dis-je, qui avoit eu tant d’allarmes pour sonhonneur conjugal. Considérons les vicissitudes de ses pas-sions à la nouvelle que son épouse étoit morte. Prémiere-ment il soupçonna que le messager lui venoit aprendrequel’on avoit attenté à cet honneur, 8c il regardoit cela com-me le plus grand de tous les suplices. Puis aiant su lamort de sa femme, il crut qu’on l’avoit tuée à cause de sarésistance aux désirs impurs du victorieux. Cette penséelui donna beaucoup de douleur 8c de colere : il aprit en-suite qu’Alexandre avoit été extrêmement affligé de cettemort, 8c qu’il ne l’avoit pas moins pleurée que lui Dariusla pleuroit. Ce fut une cruelle attaque ; fa douleur 8c fa juge.colere s’étoient rallenties, il retomba dans une affreuse in-quiétude, s’imaginant qu’Alexandre regretoit les faveurs C3«)Ç)mnt,qu’on lui avoit accordées. Enfin,il fut assuré du contraire Cynius,
o_ ....r, 1.1 i_ ^ . , ,- JLibr. IV^
fjo) Plu-tarch. inAlexand.pag. 676.
ibidem .
(32) Idem yibidem .
Oî) ftìd.pag. 677, F»
(34) Semelomnìno comvideras quorapt a ejt t
nec ut ipsam ,sed ut Darlimatrem vi-*deret ,
miamqueputc/rr/sudi--nem form*ejus non //-bidinis ha-buer/tt inci •tamentum ,sed gloria.
Q: Curtius.dJbr. IV %Cap, x
di
(}$) c'est
^insi queDiodore dcSicile , Lìvr ^X P11 % en
Cap. XI.
(37) T‘»
parle danss^irticle
Uvr. Vif,Chap. VI „les met a»
nombre dtZ 60.
( 4 °) Exilitdomus est ,ubi non frmttka super -sunt ,
Et dominufn
8c pria les Dieux que s’ils ne vouloient pas le rétablir, ilsdonnassent son Roiaume à un si honnête vainqueur : Ludi-brïa meorum nunciaturus es , mih’t, & ut credo, ipsis quo-que , omnigravier a supplicio . Nec dubitavit Da-
rius quin interfeïïa ejfet , quia nequijset contumeliam pati....... Ob h/te ipsa amantis animus tn sollicitudinem su- 0 x A N E -
spicionemque revolutus est; defiderium captiva profesìo à con- (38 ) p a r c ; t
suetudine stuprï ortum ejfc conjeílans ._ Dit patrii pri- amure avide*
mum mìhi stabilité regnum : dûnde ft de me jam transaéíum in . te Deaest, precor ne quis Asta rex sit quàm iste tam jtistus hostis,tam v s[™' tsmifericors vider (36). _ 1, ' Vcr j[ ^
( I) . . Il s’en faut bien que fa vie n’ait été dans
Vordre fur ce chapitre .] C’est déjà une chose qui tient du (;s) Diod.dérèglement, que d’avoir épousé trois ou quatre femmes S,culus >fans être veuf (37). 8c que d’avoir donné à peindre nue Quíntí^fa concubine Pancaste. Les plaisirs de l’attouchement ne curce,suffisoient pas à fa passion, il vouloir encore repaître sesyeux de la nudité en peinture de fa maîtresse; signe évi-dent qu’il ses repaissoit auffi de la nudité originale : il don-noit donc dans l’excès, 8c dans un excès que le Dieu Marsgalant de Venus ne connoissoit pas, fi nous en jugeons parles paroles de Lucrèce (38). On pardonnerait plus faci-lement ce mauvais plaisir des yeux aux personnes qui, nepouvant avoir que cela , pascon glt aviài sguardi. Maiscette débauche d'Alexandre, quelque criminelle qu’elle fût,
n’est rien en comparaison de ce qu’il fit après ses grandes .
prospéritez. je ne parle pas des concubines qu’il voulut Mft, s-avoir au même nombre que Darius, c’est-à-dire autant A. «mat'qu’il y a de jours dans l’année; car FHìstorien (39) qui Epist. y 1*raporte que ces concubines fe présentoient chaque soir au ubn /.
Roi, afin qu’il en choisît une pour passer la nuit avec elle, Vcr s- 4 s.témoigne qu’Alexandre faisoit rarement ce choix. II estcertain que les Princes de l’Orient, 8c Salomon tout le pré- 14J1mier à leur exemple, qui fe piquoient d’avoir tant de fem- [sj™mes, ne couchoient pas avec toutes. Ils en usoient avec sucrant,elles à-peu-près comme aujourd’hui ses Sultans; ils en as- regiamscmbloient un grand nombre, afin de faire un meilleur choixde quelques-unes: les autres scrvoient à montrer leur opu-lence , comme font tant de meubles inutiles des maisonsriches dont on ne se sert jamais, 8c que meme 1 on ne co-noît pas (40). Les Rois qui se piquent d avoir les plus bellesécuries ne montent qu’un très-petit nombre de leurs che-vaux ; ils en laissent vivre 8c mourir la plus grand’ part fansjamais les essaier. Quelques-uns dressent de magnifiquesBibliothèques, 8c ne touchent jamais a aucun Livre. Ceserait donc une preuve un peu équivoque de 1 impudicitéd’Alexandre, que d’alleguer le grand nombre de ses con-cubine' • quoi qu’il soit certain que cet attirail 8c le restedu bagage ait justement scandalise ses anciens sujets (41), &doive flétrir fa mémoire; mais voici des témoignages plus % ^'"5,formels contre fa réputation. II faisoit mettre à là table c *p.' vi’.quantité de femmes de joie, 8c il accepta Bagoas qui avoit mm, %, '
H li été
impUbant Zquas spado »num gnges »fr ipfi mu-»liebria patiadsueti , fi*quebantUT*dicte luxu frperegrinisìnsiïïa mvti-bus veteresEhilippì mi~lites , rudisnatio ad vo~luptates ,aversabantur .