244 MACEDOINE. MACHIAVEL.
(4 Dms Amazones ait fait un trés-long voiage pour coucher avec ce Roij & {d) que la Mer de Pam-
s ‘^ ,íid \ phylie ait abandonné le rivage, pour faciliter la marche de l’armée Macédonienne. Si pour ra-
ruAsins. ^ troupes il s’étoit servi d’une corne dont le son portoit jusqu’à deux cens stades, quelqu’un
des Historiens qui nous restent en auroit parlé, 8c nous n’aurions pas besoin de chercher cela dansun Manuscrit du Vatican (e ). Je ne mets point au nombre des fables ce que l’on raporte du mé-pris qu’il eut pour un homme, qui lui donna des preuves d’une adresse extraordinaire (S).
(e) Le Pere Kitcher, in Arte magna Lucis & Umbrœ, Libr. II, Part. I, Cap. VII, dit que ce Manuscrit traite de Secietis Aristotelisv ' ad Alexandrum. Volez, les Mémoires des Arts & des Sciences de Mr. Denis, z de Mai 1671, pag. m, m.
Et tramant avec foi les horreurs de la guerreDe fa vaste folie emplir toute la terre.
Heureux ! fi de son tetns pour cent bonnes raisonsLa Macedoine èût eu de Petites Maisons;
Et qu un sage Tuteur l'eât en cette demeure,
Par avis de Parent, enfermé de bonne heure.
Le Critique se fondoit entre autres choses, fi je m’en sou-viens bien, fur ce que Monsr. Despreaux loiioit ailleursAlexandre, & le comparoir à Louis XIV. II ne tint pasà Des-Marêts qu’o n ne convertît fa Censure en Accusationde Crime d’Etat, capable de faire perdre à l’Accusé lesbonnes grâces du Prince. Le public étoit tellement pré-venu en faveur de Mr. Despreaux, & fi reconoissant deserre bien diverti aux dépens de plusieurs personftes à lalecture de ses Satires, qu’on ne fit nul cas des Remarquesde Des-Marêts. Quand elles eussent été toutes très-solides&. victorieuses, on les auroit méprisées: la saison ne leurétoit pas favorable; & c’est à quoi un Auteur ne doit pasmoins prendre garde qu’un jardinier. On peut apliquer à(si p or un- cela ce que je cite (8r ).
Jmecariîâti § («) n devoit dire, en 1674, d Paris, in 4. Rem.homimm, ne Crit.
temere in eos (§) T.e mépris qu’il eut pour un homme . .... d unedicas qui ii- afctjfi extraordinaires On lit ce fait dans plusieurs Mo-clcera' de dernes. Voici de quelle maniéré Monsr. de la Mothe leo rat. libr.11. Vayer s'en est servi dans son Instruction de MonseigneurCap. 'lviii. le Dauphin ( 82 ) : Il y a des Arts de fi peu de considération ,& qui consistent en des subtilisez, fi inutiles, que les Princes ontMothcle ^° rt ^ mne - S race de les ignorer, er ne doivent pas feulement en
Vayer, Ton. f a * re e fi at > nt reconnoifire ceux qui y ont mis leur estude ,
I, par. 226 qu avec des récompenses auffi legeres que font leurs ouvrages.Edit. in Un homme fe présent a devant Alexandre {*j, fi adroit à sai-si, r68r. re passer un pois chiche par le trou dune aiguille , qu’il en
. jet toit d’une affez. grande distance beaucoup ïun après l’autre
Libr // W ' fans y manquer. Alexandre récompensa son industrie, en luyInstit. ’ faisant distribuer un boisseau de ce mesme legume. Cet exemple
cap. X X. suffit pour prescrire la réglé de ce qui doit efìre pratiqué par tous
les Souverains en de semblables rencontres. Le Livre & le
Chapitre de Quintilien sont bien citez; mais les parolesfont très-mal traduites. Voions-les en original. MarxtoTtxríccquoque est quidam, id est, fupervacua artis imitatio, qu* ni-hìl fane nec boni nec malt habeat, fed vanum laborem ; qualisillius fuit qui grana ciceris ex fpatio distante miffia in acumcontinuo cr fine frustratione inferebat, quem cum fpeâlaffietAlexander , donaffie dicitur ejusdem legumìnis modio. Gjuodquidem pr&mium fuit illo opéré digniffimum. L’adreffe de cethomme-là ne corrfístoit pas, comme l’assûre Mr. de laMothe le Vayer, à faire passer un pois chiche par le troud’une aiguille, en j estant ce pois d’une ajjez. grande distance.
Cela n’étoit guere plus praticable que ce qui est proposépar notre Seigneur Jesus-Christ comme une chose impossi-ble (83). Voici l’industrie de ce personnage: il m étroitun pois dans fa bouche, St en sondant il le j étroit versune aiguille assez éloignée, & le fichoit à la pointe de cet-te aiguille. Naudé, fans se servir des propres termes deQuintilien , a heureusement exprimé la chose (84), & nes’y est pas mépris comme l’autre Auteur que j’ai cité. Jene me souviens point d’avoir jamais lu, qu’Alexandre aitété blâmé du peu de conte qu’il fit du soudeur de pois.
Platon n’eût pas jugé plus sainement de cette adresse qu’A-lexandre; car il fut le seul qui n’admira pas un certainAnniceris, qui étoit si bon cocher, qu’il faifoit faire centtours à son chariot sans s’écarter de la même orniere lemoins du monde (8 y). Platon jugea qu’une personne, quis’est apliquée avec tant de diligence à fe perfectionner dansun art fi inutile, n’est point capable des grandes choses.
UIxtoiv > T>fi/ ùvepftéMovcruv ab rosi art ovSijv héflaAev » lîxàv àSivx-tóv tçr, tov eìç fiiKpà oVra. xxì ot/Ssvòç %%ix TcravTr.v (ppctTièaxxTXTibêti&fov , t inìp ptsyceXoiv rtvtSv o-xcvbáo-cii. orâtrav yhp avrípTÌjn Siéáioixv eìç ixtîvx ùnaTebeurm àvâyxH àXiyupeïv r&t ’ovtwv Suv-
fi&sttrtlxi Sixxlav. Plato nimiam ejus industrtam reprehendit,inquiens, fieri non poffie, ut, qui rébus tam nulltuspretii ope-ram navaret adeo diligentem , poffit magnis & praclaris negotiisullis vacare. Gfifum enim omnis cogitatio in ifta conferatur,neceffum este, ut ea negligat, qua révéra funt admirationsdigna (86).
in tam Mi-tra artis famítau díutius txircirtt. Nandous, in Syntagm. de Studio libérait. (85)Lucïan. in Encom. Demosth. pag. m. $29, SZO. Tom. II. (86) Lliau. Val, tiiftnII, Cap. XXVII.
(8;) E 5 *»-nÚTípóv Içr
K&iuthov( ou plutôtxd/itlíav)
Siìt Tftimí-ftxroq px-tpiSoç SuA-6eiv,’ù Ttlcí-triov elç rrp*Çtxmheíxotcv 0 *o 3tìireZÛeTv.
II ejì plusfacile qu’uitichameau( ou plutôtqu’un cable )passe par letrou cVuneaiguille ,qu’il ne l’e.fqu un richeentre auHpiaume ûeDieu.
Matth.
Chap. XIX,Vers. 24.
(84) Mle-xand.tr mag-nai homi-nem solo crishalitu citeraminutijfimaex main,intenallo i»acum certifii-me instgen-tem , dieravtmodio cUnarira 0 lui t , quòfe ille nugater
Libr.
la) in nuiia Mi ACHIAVEL ( N i c o n. a s ) natir de Florence , a. ete un homme de beaucoup d’eíprit ,dfomLati- êé une très-belle plume. II ne íavoit que peu de Latin (a) j mais il fut au service d’un savantnamm lite- homme, qui lui aiann indique pluíìeurs beaux endroits des anciens Auteurs, lui donna lieu deà.î les insérer dans ses Ouvrages (J). II fit une Comédie fur le modele des anciens Grecs (F),
qui
(1) Tact.jovius,JElog. Cap.LXXXVII,pag. m. 106.
(2) Idem,ibidem ,pag. 20 s.
(ìj Varil-las, Anec-dotes deflorence ,pag. 24 8 -
(4) PaulJove nommecette Comédie
N ici a : ilauroit doncfqlu imprimer*a Nicìa.Cette Pîecg neparoìt pointdans les Oeu-.tires de Ma-chiavel. Onn’y trouveque deux Co-médies : iaprémiere estintituléeMandrago-
la, ir tp se-conde Clitia.
( A ) Il sut au service d’un savant homme , qui , lui aiantindiqué plusteurs beaux endroits des Anciens, lui donna lieu deles insérer dans ses Ouvrages .] Ce fut Marcellus Virgile,comme nous l’aprenons de Paul Jove qui le tenoit de Ma-chiavel. Constat enim , ficuti ipfe nobis fatebatur , k Mar-cello Virgilio , cujus & notarìus , c? affecla publìcì munerìsfuit, Grica atque Latin* l'mgm flores accepiffe, quos feriptisfuis infereret (1).
(D) Il fit une Comédie fur le modele des anciens Grecs. ]II y joua plusieurs Florentins qui n’osèrent témoigner lechagrin qu’ils en conçurent. Comiter astimemus Etrufcessales , ad exemplar comœdi£ veteris Aristophanis , in Nicia pra-fertim comoedìa-, in qua adeo jucundse vel in tristtbus rifumexcitavit , ut illi ipfi ex perfona feitè expreffia, in feena indudlìcives, quanquam priai té commorderentur, totam inustét notainjuriam civili lenitate pertulerint : aâiamque Florentin, ex eamiri hpôris fama Léo Pontifex , inftaurato ludo, ut Urbi eavoluptas communie n nt ur, cum toto feen£ cultu , tpstfque hifìrio-nibus Romam acciverit (2). Ces paroles de Pau] Jove nousaprenent que le Pape, aiant apris le grand succès que cet-te Piece avoit eu fur le Théâtre de Florence, donna ordrequ’elle fût jouée à Rome , par les mêmes Acteurs, 8cavec les mêmes Décorations. Je ne sai d’où Monsr. Va-rillas a pris tant d’autres particularitez qu’il n’a point luesdans Paul Jove. Voici son Narré (3 ) : Un jour que Ma-chiavel contrefaifoit les gestes LV les démarchés irregulierts dequelques-uns des Florentins, le Cardinal lui dit quellesparoì-troient bien plus ridicules fur le Théâtre, dans une Comédiefaite à l’imitation de celles d’Aristophanes. Il n en salut pasdavantage pour disposer Machiavel k travailler à Sanitia (4),ou les personnes qu il vouloit jouer fe trouvèrent fi vivementdépeintes, quelles n osèrent s’en fâcher , quoi qu’ elles affiftaffientk la premiere reprefentation de la piéce, de peur d’augmenter larifee publique en fe découvrant. Le Cardinal de Medicìs en! J* c harmé, que depuis étant Pape il fit transporter k Romela décoration d u Théâtre , les habits zv les Aâleurs mêmes , pouren donner l e divertissement à fa Cour. Non seulement Mr.Variljas raconte des choses que Paul Jove n’a point dites;mais il supose , contre le narré de cet Auteur, que la Pie-
ce fut jouée sur le Théâtre de Florence, avant que Léondixieme fût Pape. Mr. de Balzac observe que la Chris deMachiavel est une copie de la Casina de Plante, & il blâ-me avec raison ce Florentin d’avoir suivi son Original,jusques dans les choses où les matières de Religion étoienttournées en raillerie. Scriba quem nosti Florentinus . . , eLatma bonâ Hetrufcam fecit meo judicio non malam. Clitiafiquidem illius , eadem est qu* Plauti Cafina-, ex quâ nonnullainterpres fidìffimus perse ad verbum reddidit, quadam correxitcum arte, multa feliciffimè imitatus est, aliqua veto aut im-prudenter aut perversï ; velut illa Olympionis villici ad Síali-nonem herum :
Inimica est tua uxor mihi, inimicus filius,
Inimici samiliares. stal. Quid id refert tua?
Unus tibi hic dum propitius fit Jupiter,
Tu istos minutos cave D eos floccifeceris.olymp. Nugse funt istae magna;, quasi tu nesciasRepente ut emoriantur humani J oves.
Sed tandem si tu Jupiter sis emortuus,
Cum ad Deos minores redierit regnum tuum,
Quis mihi íùbveniet, tergo, aut capiti, aut cruribus?
Qíf* fie Thufcus effinxit Scena fexta Aílus tertii, ubi Pyrrhushune cum Nicomacho fermonem habet :
Hic. Ch’importa à te ? Stà ben con Christo, & fattibeffe de’ Santi ( 5 ).
Plr - Si, ma fe voi moriflì, e Santi mi tratterebbenoassai maie.
Hic. Non dubitare, io ri farò tal parte, che i Santi tipotranno dar poca briga, &c.
H*c, quod ad elegantiam, multo tnferiora funt Plautinis; in-digna vero homme Christiano, qui fanBìores Musas colit,m ludicris quoque meminiffie debet feveritatis (6).
Par occasion je dirai ici une chose que j’ai promise (7 ).Leon^ X, oubliant la dignité de son caractère, afíista unjour à la Comédie, au vu Sc au su de tout le monde.
Ce
Jovius,
Elog. ClpéLXXXVII,P“g. 20$,
VASS 0 V&
(7) P.f
i’Art’dr4 i* P n ‘