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Tome troisieme. K - P.
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M A C H I A Y E L.

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Eiog° Ï ” Í V réiiffit admirablement, de sorte que Léon X en voulut régaler la ville de Rome. Ií fut

secrétaire, & puis Historiographe de la République de Florence. Les Medicis lui procurèrent

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(12) Pierrede Boissat,histoireqénéalo-î'que de lasaison de■'tedìcis,

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ce dernier emploi avec de bons gages, afin d’apaifer le ressentiment où il étoit de la questionqu’il avoit soutèrte (b). On la lui fît donner parce qu’on le soupçonna d’être complice des ma-chinations qui furent faites par les Soderini, contre la Maison de Medicis. II eut la force derésister aux tourmens, & n’avoua rien (5). Les louanges qu’il donnoit à Brutus & à Cassiusdans ses Discours & dans ses Livres, le rendirent fort suspect; d’avoir été le principal Directeurd’un attentat qui fut découvert (d) (C). Néanmoins on ne fit contre lui nulles procédures. Maisdepuis ce tems-là il vécut dans la mifere, fe moquant de tout, & n’aiant nulle Religion (e). Unremede qu’il avoit pris par précaution lui donna la mort l’an If 30 ( D ). Quelques-uns disentqu’il salut avoir recours à l’autorité publique pour le contraindre de prendre les Sacremens (/).D’autres assurent qu’il mourut en proférant des blasphèmes (g). Celui de ses Livres contre le-quel on s’est le plus soulevé (h) i est un Ouvrage de Politique qu’il intitula k Prince ( E ).

Plusieurs

fut bientôt dégoûté de cette Nation, à cause que les Fran-çois lui firent conoitre trop clairement qu’ils le mépri-soient. Voici un Passage de Jaques Gohory: „ Finale-,» ment il ha fait de jolys petitz Traitez » c’est aflavoir la„ Vie de Castruccio Castracani (de qui j entens qu’il y a„ un fort honneste Gentilhomme son parent aujourd’huy„ en cette ville) envoyée par luy à Luigi Alemanni, qui,, ha écrit le livre de l’Agricolatìon, & réduit le Romant„ de Giron le courtois, par commandement du grand„ Roy François, fort élégamment en ryme Italienne: le-„ quel ha laissé" deux fils en la Court de France, l’un à,» présent Evesque de Maçon doué de toutes bonnes let-„ tres, l’autre maistre d’hostel du Roy, fort adroit aux„ armes (19) ".

( D j Un remede . . . pris par précaution lui donna la mortVan 1530.] Voici les termes de Paul Jove (20): Fatofunctus efi quum accepta temere pharmaco, qut> fe adverfus mor-los pr&mumret , vití sua. jocabundus illusis*set, paulo antequam Florentin Cafariants fubaâla armis,Mediceos veteres dominos recipere c opéré t ur (21). II avoitdit peu auparavant, Fuit exsude femper inops, uti irnfor c?Atheos. II supose donc que les Medicis l’abandonnerent,dès qu’ils l’eurent soupçonné d’avoir eu part au complotde Diacettin; mais il fe trompe. Clement VII n’étoit pointencore Pape, & nous voions que Machiavel, en dédiant leshuit Livres de l’Histoire de Florence à Clement VII,avoue qu’il étoit entretenu par les libéralisez de ce Pontife.lo vengo allegro in campo sperando che corne io sono dalla hu-manisa di V. B. honorato e nutrito, cofi sarò déliearmate légions del suo fanctiffimo giudìcio ajutato e diseso.Cette circonstance du tems nous fait voir une fausseté in-signe de Varillas t il dit (22) que Machiavel écrivit les 8Livres que nous avons de VHistoire de son pais, dont le stileest fi fleuri g? si châtié, qu on V accuse de l’être trop. Et c estprincipalement en cela, qu on lui préféré la facilite es la douceliberté de Boccace. Sa narration est quelquefois maligne, essatirique-, es Marc Mufurus l’en convainquit fi clairement,qu’il n’osa lui répondre. Muíurus mourut fous le Pape LéonX: il n’a donc point critiqué cet Ouvrage de Machiavelqui ne parut que fous Clement VII. Mr. Varillas pervertit& falsifie d’une étrange forte ces paroles de Paul Jove (2 3):Pedestrem patrii fermonis facultatem à Boccacii conditoris ve-tustate difstuentem novis es plane Atticis vìnculis aftrinxerat,fie ut ille cafttgatior, fed non purior aut gravior otiosis in-génus existimetur. Selon Paul Jove le style de Boccace estplus châtié que celui de Machiavel; mais il n est pas pluspur ni plus grave. Au reste , st j’ài dit que Machiavelmourut l’an 1530,je l’ai fait pour m’accommoder aux ex-pressions de Paul Jove; fans savoir s’il vaut mieux le faireque de suivre lePocciantfqui met sa mort à Van 1526 (14).Le Feuillant Pierre de Saint Romuald l’a mise au 5 deDécembre 1530. Voiez le II Tome (25) de son JournalChronologique. Ce n’est point s’accorder avec Paul Jove.Voiez ci-dessus la Citation (20).

{E) Un Ouvrage de Politique qu’il intitula le Prince.]Les Maximes de cet Auteur font très-mauvaises : le publicen est fi persuadé, que le Machiavélisme, & l’Art de régnertyrauniquement sont des termes de même signification.Cet Ouvrage de Machiavel a été traduit en François parMr. Amelot de la Houssaye. L’Auteur des Nouvelles de laRépublique des Lettres ( 26 ), en parlant de la troisièmeEdition de cette Version, fit la Remarque suivante. LaPréface „ est pleine de réflexions qui frapent au but. On„ y lit entre autres choses cette pensée de Monsieur de„ Wicquefort, Machiavel dit prejqtse par tout ce que les,, Princes font, CV non ce qu’ils devraient faire ( 27 ). H est„ surprenant qu’il y ait si peu de personnes qui ne croyent„ que Machiavel aprend aux Princes une dangereuse poli-„ tique; car au contraire ce sontles Princes qui ont apris„ à Machiavel ce qu’il a écrit. C est 1 etude du monde,„ & l’observation de ce qui s y pafle % & non pas une, creuse méditation de Cabinet qui ont cté les Maîtres de” Machiavel Qu’on brûle ses Livres, qu’on les réfuté,” qu’on les traduise, qu’on les commeiite, il n’en fera niplus ni moins par rapOrt au gouvernement. II faut par„ une malheureuse & funeste nécessité que la Politique" s’éleve au dessus de la Morale; este ne l’avoue point,mais elle fait pourtant comme Achille, jura negat fibinata. Un grand Philosophe de ce siécle ne sauroit souf-frir qu’on dise qu’il a été nécessaire que l’homme pe-H h 3 chast,

Ce fut à la prière du Cardinal Bibienna qui étoit bon PoèteItalien, & qui composa une Piece de Théâtre en l’hon-neur de la Duchesse de Mantoue. Poétìces e/ Hetrufca lin-gue studiofus, comœdias multo sale, multìfque facetiis refertascomponebat : ingenuos juvenes ad hïstrionicam hortabatur, escfeenas in Vaticano fpatiosts in conclavibus infiituebat. Propter-ea quum forte Calandrum comœdiam à mollibus 'argutifqueleporibus perjucundam in gratiam Isabelle Mantuani princìpisuxoris per nobiles comœdos agere ftatuijfet , precibus impetravit,ut ipfe pontìfex e confptcuo loco defpe&aret (8). Je croiroisfans peine, quoi que l’Historien ne le dise pas, que LéonX assista à la représentation du Pxnulus. C’est une Piecede Plante, qm fut jouée à la Cour du Capitule avec toutesorte de pompe Van r;iz. Eodem quoque anno JulianusMedices Leonis frater ab Senatu populoque Romane civitate do-natus est : in cujus gratiam , in area Capitolii temporariumtheatrum extrublum efi omm piílurarum varietate miri-îce cul-tum. Egere in feena Plauti Paenulunr-àecore mirabtli, V prifeaquidem elegantia Romane juventutis lepidijfimi quique, varia-que extra ordinem poémata récitât a , florentsbus non aliâs foe-cundìore feculo Poétarum ingeniis ( 9 ). Famien Strada ra-conte, que non feulement ce Pape aísistoit aux Conféren-ces des Poètes, mais qu’il aprouvoit aussi qu’ils instituassentdes combats publics dont il étoit spectateur (10). 11 estvrai qu’il se plaçoit dans une loge où l’Assemblée ne levoioit pas. In Aula omnium ordsnum frequentïa , gsr Ponti-fiais potijfimum ajj'eclis referta , nullo exedrarum , lociquediscrimine confidunt. Nom Léo Pontìfex ratas inferius estetnajestate Principis, fi je in confpeftum concioni daret ; in Aulerecestu, loculamento fe fuo fublatus in fpeculam inferuerat (n).Ne doutez point que la fiction que Strada récite ne fûtfondée fur des faits conus.

(C) st f M suspect, d'avoir été le Directeur â'un attentat11 en conta la vie à un Poète, & àj- f / j ., u corps, si nous en croions Paul Jove. §uum- ífXit en Brutos cr Castìos laudaret ejus conjuratio-ns architectus futste putaretur, in q„ a Ajacetus Poëta, a- A-lamanus ex tpfia turma pretoria levsstimus eques, concepts fcele-rss capste pœnas dedermt. Ces gens-là avoient eu desseinde tuer le Cardinal Julien de Medicis, qui fut ensuite lePape Clement VII. Celui que Paul Jove nomme Aja-eetus est nommé par d’autres Jaques Diacettin, ou Jacoboda Dsacetto ou Jacobus facettas. II frequentoit souvent les7 a ínXj'JrJ mS d \ Ru bcellay. les \ens de savoir, cs-

7XXL- % gers ' y e J io,em h ‘ e » venus es- entre autres

Zanobi Buondelmont, es- Louis Mamannì, es- s'entreunoieitcommunément a l entour de Cofsmin Ruscellay . . . hommeimpotent qui se faìsoit porter comme dans un berceau ; es- aveceux fe trouvoit aujji Nicolas Machiavel, qui leur faifoit voirses oeuvres, dédia ses Discours , œuvres de nouvelle inven-tion , à Cofimin. Ceux-cy qui avoient cognoìjfance des bonneslettres, es- de la Philosophie, se mirent en teste de tuer le Car-dinal , non pour aucune mal vueillance ; mais pour mettre,comme ils dìjoient, la République en liberté. Diacettin le con-fejfa ainfi devant les Juges, es- luy es- le Courrier furent exé-cutez. par Justice. Macchtavel en fut fort soupçonné .- Ala-manni fe trouva aux champs, es fe sauva au Duché d’Urbìn:Buondelmont fut forcé par J a femme de fort sr de fa maison, es-se jetta hors la ville , es je jauva en la Carfagnana, où estaitGouverneur pour le Duc de Ferrare le Pdete Louys Ariofie, quile conserva (.12). Mr. Varillas (13) supose que Léon Xétoit en vie au tems de cette conspiration : il s’abuse encela autant que dans l’intervalle *qu’il a mis entre la pro-motion de Machiavel à la charge d’Historiographe, & l’é-xaltation de ce Pontife (14). Mais les fautes de Paul Jovefont bien plus grossières. II supose que la principale qua-lité de son Ajacetus , & son caractère distinctif étoit d’êtrePoète: cela n’est pas vrai (15). II devoir dire cela de sonAlamanus, au lieu d’en faire un chevau-leger de la garde;& il ne devoir pas le mettre au nombre de ceux qui furentdécapitez. Aloiiio Alamanni bel esprit & grand Poète futqomplice de cette conspiration ; mais il n’en fut pas puni :ss se sauva au delà des Alpes, & fut très-bien reçu déFrançois I. II publia plusieurs Poèmes à la louange de ceFnnce, & fur quantité d’autres sujets; Sc il florissoit enFrance Van 1540, comme le Poccianti l’a remarqué (16);p, lan r S 44 > comme on l’a vu ci-dessus (17). II y a unapure ( 18 ) qui i e concerne dans les Ragguagli du Boc-aim. Il y e fl. biá ni é des éloges excessifs qu’il avoit don-« aux François dans une Harangue, & l’on ajoûte qu’il

(g) Blafphi-mans evommiimpvobumspìriîi'm. Th*.Raynaudus,de malisbonis Libris,num. 46,pag, 23.

{b) Théo-phil. K ay*naud , la-nterne , donneU Lijtc deplusieursv Auteurs quiont réjfuiéMachiavel*

(rs) JaquesGohory,dans U Viede Machia-vel , au de-vant de faTraduZZion

F r an f oife duPrince, irda Discoursfur Tite Pri-ve , impriméeà Paris Pan

IJ7I.

(20) Jovius,Elogior.pag. 2oí.

(21) Florencefe rendit le 9ePAoit 1530.

(22) Varil-Jas , Anec-dotes deFlorence,P»L- 24*.

(23) Jovius,Elogior.pag. zo 6 .

(24) Poc-ciantius ,CatalogoScriptoSun

Florenti-norum,

MS- U 7 -

(- 5 ) Pag. m.

59 2.

f 2 s ) Nouy.de la lCe'p.des Lettré^

Mas de J an lfier 1687 >M£. 99 .

(i?) LeChancelierBacon, d e

Augment.Scieiitiar.Libr. VII,Cap. II,pag. m. 397,avoir dit lam r è.ne chose ,Est quod*gratiasagamusBlachiavelloLc hujufmo-di Scripto-ribus, quiaperte &indilïïmu-lanrer pro-fèrent quídhominesfacere fo-leant nonquid de-beant.