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Tome troisieme. K - P.
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MACHIAVEL.

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quisitiori le condamna (F). Machiavel publia sept Livres de l’Art militaire, qui le firent paíTer (>) *

dans l’esprit du Duc d’Urbin pour un homme très-capable de mettre une armée en bataille; i°s Javansmais il eut la prudence de n’oser jamais eflaier fa théorie, non pas même fur un escadron (G). d» » jY-On a publié depuis peu une nouvelle Version Françoise de la plupart de ses Livres (//). Sa v “ r I6<Ss ’Nouvelle de Belphegor, Piéce très-ingénieufe, fut publiée par Monfr. le Fevre de Saumur l’an (o p a g. sS1^554 (*)• On trouve dans la Suite du Menagìana (k ) une chose très-curieusc, fur la finesse d sf l fff ,mitdont Machiavel fe servit en composant la Vie de Castrucio Castracani. Cette Vie a été traduiteen François par Mr. Guillet. On prétend qu’elle fut écrite de mauvaise foi (/); & on fait le 0 ) Jovìus,même jugement de son Histoire de Florence (/) ( K ). Vous verrez ci-dessous quelques Lxxxvuf

Contes P a s- Z °s.

_ (E) Possevin , qui ne l’avoit saint lu, fut I . cause que louable d’avoir résisté aux exhortations du Duc d’Urbin (54}. (s4) U énhVInquisition le condamna.] Ce Tribunal s’avisa bien tard de Nous ignorerions peut-être cette particularité, si Cardan fils de Pierrecondamner cet Ouvrage. Le Prince de Machiavel fut pu- n’en eût fait mention. Machiavellum feculi superions Dofío- d s Mti,a -blié environ l’an 1515, 8c dédié à Laurent de Medicis ne- rem qui tot csr tanta de militari Romanorum disciplina diser- ^ ncvc,t eveu de Léon X. II ne fit nul tort à l’Auteur auprès de ce tijsìm'e scripferat, ne unam quidem cohortem, quantumvis eumPape, qui néanmoins est le prémier qui ait menacé de l’ex- id ut tentaret, XJrbìni Princeps hortaretur , instruere ausumcommunication ceux qui liroient un Ouvrage défendu, esse Cardanus testatur (55).

Uec tamen à Papa ìsthoc vel liber ullo fuit Jiniftro verbo no- (H) On a publié une nouvelle Verjion Françoise de la plú- 7 /1 de Uti»

tatús (quamvis Léo omnium primus intenderit vìm librorum part de ses Livres. ] C’est le Sieur Henri Desbordes Librai- verlf**- *prohibitoriam , vetttis legi dijjìdentium scriptis omnibus fub re François à Amsterdam qui l’a imprimée en six Volumes pienda , d-

excommunicationis pcena, quod haftenus carebat exemplo ) vel in 12. Le 1 parut l’an 1691, & comprend les.deux pré- sme Besol-

aúâlor pristino gratis, loto motus (46) ; ce que je remarque miers Livres des Discours fur Tite Live. Le troisième Li-afin de faire conoître que l’impunité de ce Livre de Ma- vre de ces Discours fait le second Tome, 5 c parut l’an 169a.chiavel ne doit pas être attribuée à quelque relâchement L’Art de la Guerre fut imprimé l’an 1693. L’Histoire de

général du Pontificat de Léon,par raport aux mauvais Li- Florence en deux Volumes fut imprimée l’an 1694, Sc le

vres. Le Pape discontinua si peu de témoigner son amitié Prince 8c quelques autres Opuscules l’an 1696. On a tra-à F Auteur, qu’il l’emploia à faire un Livre qui deman- duit ce dernier Livre, quoi que Mr. Amelot de la Hous-doit le secret. II lui fit faire un Traité sur la maniéré de saye l’eût publié en François depuis peu d’années; on Fa,réformer la République de Florence. Valuit in tantum apud dis-je, traduit nonobstant cette raison, parce qu’on a cruLeonem, ut hujus jujsu arcanam dijsertationem concinnaverit que le public seroit bien aise d’avoir de la même main toutde reformatione Reip. Florentins, quam manuscriptam in le corps des Oeuvres du Florentin. Elles méritoient d’êtreBibhotheca Gaddiana superejse testatur Jacobus Gaddus (47). traduites tout de nouveau en notre Langue; car l’ancienneHadrien VI, Successeur de Léon X, laissa en repos l’Ecrit Version Françoise n’a plus de grâces. Je F ai vue d une Edi- 4S j' ’de Machiavel. Clement VII, Successeur d’Hadrien VI, tion de Paris postérieure à l’an 1630; mais c’étoit une nou-fit plus que cela: car, non seulement il trouva bon que velle Edition: car on y trouve des Vers François composez (57) c'estMachiavel lui dédiât son Histoire de Florence; mais auiîì par le Sieur des Essars Traducteur de l’Amadis. Monfr. de à T “ arc Lil accorda un privilège (48) à Antoine Bladus,pour impri- Beauval (j6) nous a fait savoir le nom de celui (57) qui a

mer à Rome les Oeuvres de cet Auteur. Les Successeurs donné la nouvelle Traduction de Machiavel, 8c qui a mis Médecin à u

de Glement VII,jusques à ClementVIII exclusivement, à la tête du prémierVolume une Préface qui mérite d’être Haie. u c fi

permirent dans toute l’Italie le débit du Prince de Machia- lue ( 58) : elle sert d’Apologie à'Machiavel, 8c traite l’In-

vel, dont il se faisoit souvent des Editions, & des Traduc- quifítion comme il faut. La Traduction dont j’ai parlé,

tions. On savoir pourtant que cet Ouvrage déplaisait à où l’on volt des Vers du Sieur des Essars, est fans doutequelques Docteurs; car un Livre d’Ambroise Catharin (49) celle de Jaques Gohory. Elle contient le Traité du Prince,imprimé à Rome l’an 15ÇZ, contient un Chapitre contre 8c les Discours fur Tite Live; 8c elle fut imprimée à Parisles Discours 8c le Prince de Machiavel. Enfin, fous le l’an 1571 in 8. C’étoit une seconde Edition retouchée fortPontificat de Clement VI 11 , on condamna les Ecrits de ce soigneusement, 8c beaucoup meilleure que la précédente.

Florentin, après les vacarmes que firent à Rome le Jésuite L’Auteur ne mit pas son nom à la prémiere: mais il le mitPossevin, 8c un Prêtre de l’Oratoire nommé Thomas Bo- à la seconde, pour empêcher que sa Traduction des Dis-n ^ anm °íns certain que ce Jésuite n’avoit point cours de Tite Live ne lui fût dérobée par 1 un (59) desthKHé m, nce Y Machiavel. Volez le Jugement qu’il a deux autres Traducteurs du Prince (60). On dit que le-ss ‘ , s 2 \ a f e i, Ecn w ins ' La Noue, Bodin, Du Pleffis Prince de Machiavel a été traduit en Turc, 8c que SultanMornar, 8c Machiavel (50): vous verrez qu’il supose que Amurath IV le lisoit en cette Langue (61).n -rus à quatrième est divisé en trois Livres; ce qui (f) On prétend que la Vie de Castrucio Castracani futest vihblement taux. II impute à Machiavel des choses écrite de mauvaise foi .] Voffius touche cela en peu de mots.qui ne font point dans le Prince. Conringius devine très- Mackìavellus, dit-il (6z), plane multà comminiscitur in Vita 4 gj I ) ’ subien la source de ces bevues; c’est que Possevin ne conois- Castrucït : Nempe quia is hostis fuijfet Reipublics Florentins. Bibliothèque

Paul Jove se plaint vivement de cette supercherie de Ma- Universelle.chiavel. C’est dans l’Eloge de Nicolas Tegrimus Juriscon- T °™' Ì ?Y >suite 8c Historien de Luques, qui a décrit fort exactement - - ' - -les actions de Castracani. Sed Mackìavellus Florent inus His-toriens , patrii veteris oitì memor , petulanti malignitate, nonìnteritHram memorabilìs Ducts famam fabulis mvolvtt , quumVìtam acerrimi hofiis Etrufco fermone feribere orfus,tam impu-dents ,quàm astuto illudendi genere, sacrosanélam rerum gesta-rum fidem corruperit (63).

(K) ._. . i? on fait le même jugement de son Histoire de

(ss) Car-dan. Libr.

do de ArteJurequeEdli, Cap. I ,pag. Z 4,apud Tho-niasium,Pissat.

XXI, p. n?,

($ 6 ) Hist.des Ouvra-ges des Sa-Juillet

de Blois t delu famille deMr. TêtardMinistre deBlots , dont onparla beau-coup dans UsSynqdes deFrance , at$tems des Dis~pttfes de Sati*mur fur la,

Grâce uni*verse Ue,

(58) Voiez.Monfr. dfiBeauval

rrí-rr 61 Ouvrage que par la lecture de Gentillet. In eaver '° ita dijferitur, quasi k MA-

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illud Satanac organum pnoribus duobus libris, quibus dePrincipe agit, iníìpienti mundo obtrufît. Non multò poft còmdiceret; redeo ad easdem labes MACHIAVELLI, utcognita pestis magis caveatur. In margine libri notat librumtertium : quasi librô tertio M A C H1 AVE L LUS doceat,.

tore ejfe conscriptum , es? nufquam terrarum tres in postes illumfuisse feâlum, nec in hoc libello reperiri ea, qu& inter alia cri-minatur Pojsevinus, religionem Ethnicam Christians prsferen-dam, aut Doâlores Christians Religionìs nihili facìendos. ut necquicquam hoc lìbro ( quod itidem Pojsevinus conqueritur) incle-mentius dicitur inRomanam Ecclestam,sed potius illud cap. XI,ipsum principatum Pontisttium non humants confiliìs atque arti-

Honfr. Beu-ghe:n , Bi-biiographij.Coojp. u yP a S- I 9 i, fitrompe, endisant queTraduSiondont parle 1&

belli justitiâm in ea, quam fibi quisque putat esse necejsitatem, Florence .] J’ai déjà parlé de cet Ouvrage (64), 8c j’ajoûte Universelle •collocari. At vero certo est certius, non nifi micum, e? quidem que Jerôme Turlerus Jurisconsulte Allemand en fit impri- u-même, ‘exiguum , lìbellum de Principe MACHIAVELLO auc- mer le prémier Livre l’an 1564. II l’avoit traduit en Latin; est de Mr.

8c comme Machiavel explique dans cette prémiere partie de Amc ot -

son Ouvrage les Révolutions que l’Empire Romain soufrit ^ . Gpar les irruptions des peuples barbares, le Traducteur en j au „ le q"prend occasion de faire uneEpitre Dédicatoire, toute rem- p e l, fil, *plie de mystères astrologiques 8c numéraux, qui frisaient amí de i’m-périr la Religion Mahométane au bout de cent ans, 8c mar- du

,,. j. . T . -.. . .j .__ quoient la fin du monde (65). Lazare Zetznerus Libraire 2c’, ’,a

bus,sed quâdam ìnujitatâ vi, c 7 quidem solius Dei favore, sal- de Strasbourg aiant vil que la Traduction Latine du pré- du!t s Pr!n _*vum ejfe ; quod vix quisquam Zelotici gregis affirmaverit. Nec mier Livre fe vendait bien, 8c se réimprimait de tems en ce de Ma-tamen longé petenda aut hariolanda venit causa crassi illìus tems, fit traduire le reste en la même Langue, 8c publia cl “ aveI, í|Pejjeviniani erroris, modo quis inspexerit volumen illud, quod cette Histoire toute entiere avec la ,Vie de Castracani. ’éffiT’v^ìezsAnti-Machiavelli titulo hmifiatt opposuit, hinc inde ex vari'ts L’Edition dont je me fers est de l’annee 1010 m 8. x.a Croix

fór/jMachiavellicis excerptts fintentïts, Innocentius Gentillet us. Jaques Gohory débite que cette Histoire de Florence a du Maine,

Hoc entm tres in libros est diftinflum,vin ejus duobus priorìbus été descrtpte en telle singularité & persemon, que feu Milles >- \

reprehensa sunt illa, qus duobus priorìbus de Principe libris Perrot, Maiftre des Comptes, mon proche parent (personnage ' c^haberì Pojsevinus ridicule affirmas: in tertio etiam illorum li- en son temps des plus fçavans de ce Royaume en diverses languesbrorum animadvertìtur in ea, qus ex tertio libro de Principe & sciences) l'ayant cotté plus diligemment defamain que sonfrustra repetit MAC HIA VEL LUS (31). Vt liquidé appa- Tite Live er Cornélius Tacitus, médit qtitl estmoit plus de C Epître Dí-- ", ... -n:-.. - " proffit cn fa letturc estant accommodée a l humeur de nostre dhaioln du

temps qu en celle de ses grandz. Historiens antiques tant etlon- Pr , i , nc 5> t.- rgnée denoz. meurs w façons cr présent usage (66). ■ cours sur ^

tra uits par Gohory. (si) Sagredo, Memone Historiche de’Monarchi Ottoman-ni. Ce Uvre f»t ,mpnme a Venise lan 167 ;. (6z) Voffius, de Arte Historicâ, Cap.

X, pag. 5«. («r) Jovius, Elog. àap. CXLI, pag. m . l83 _ Dans u (D).(6 s ) Centro exeentna ad alttrum termumm medmçrcm pervmiente, fpéranius adfatarxmDominum nojimm Jcfum Chrìstum , nam hoc loco etrea. crsaiiotiem mHtidi fuît. 166) Go-hory , Epistu Dédiât, du Discours fui Tite Live,

reat

. ex illo volumine Anti-Machiavellico , non autem exMACHIAVELLO;//» Poffievinumsua accepiffie,<uc (jz).v oiez en marge la réfléxion de Conringius (53).

(G) il eut [ a p rUí l ence de n oser jamais effiaierfa théorie,»°n pas même fur un escadron.] Quand on ne fait la guer-que par la lecture, on s’en doit tenir à la théorie ; car sion entreprenait d’aller faire faire l’exerciceà un régiment,n s exposerait à la risée du moindre soldat. Machiavel est