MA CHIAVEL, MAÇON.
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íï) LeJournal ^dc Leipûc
^6§8, p&g.
f»» ^ do mití Extrait,
chesini, Jésuite Italien, Consultcur de la Congrégation des Rites. Voiez son Saggìo délia fcìoc-chezza di Nicolo Maccbiaveltí , imprimé à Rome l’an 1697 {q). L’Auteur de l’Appendix duTraité de Littèratorum Infelicitate a placé Machiavel dans son Catalogue (>), & n’a pas eu tort;car ce Florentin fut persécuté de la mauvaise fortune autant qu’un autre (£Í).
0) Bifl.Mer. W, :
s) Ibidem.
f 78 ) Ame-î? 1 de la
«oussaie,
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* «nce,Vlri U sin.
„ Discours,où il parle très-fortement contre les Tirans. Et„ le Nardi (-f), son Contemporain, dit, qu’il fut un de ceux,,, qui firent des Panegiriques de la Liberté, 8c du Cardi-„ nal Jules de Medicis, qui, après la mort de Léon X,„ feignoit de la vouloir rendre à fa patrie : 8c qu'il fut„ soupçonné d’être complice de la Conjuration de Jacopo„ da Diacetto, Zanobï Buondelmonti , Luigì Alamanus , &„ Cofimo Ruccllai , contre ce Cardinal, à cause de la liai-„ son étroite qu’il avoit avec eux, 8c les autres Libertins.„ ( C’est ainsi que les Partisans des Médicis ( J ) appelloient„ ceux qui vouloient maintenir Florence en liberté ) 8c„ probablement ce fut ce soupçon, qui empêcha,qu’il ne„ fût récompensé de son Histoire de Florence, quoi qu’il„ l’eût composée par l’ordre du même Cardinal, comme,, il le marque tout au commencement de son Epitrc De-„ dicatoire (78).
(SJ_) Il fut persécuté de la mauvaise fortune autant qu'unautre . J Si j’emploic un plus long Passage de Jaques Go-hory que mon Texte ne demande, c’est afin d’y remar-quer une assez grosse bévue. ,, Aufíì ne fut pas grande-„ ment foustenu ny enrichy par les Princes & Seigneurs„ de son temps, comme le Pape Clement vij, auquelil
„ dédia son Histoire de Florence, ne du magnifique Lau-„ rens de Medicis à qui il envoya son Livre du Prince,,, lequel remit sus le ìiede doré des disciplines de icvn„ temps en Italie, favorisant & secourant tous les person-„ nages doctes comme Marfilius Ficinus, qui luy a dédié,, ses traductions 8c commentaires fur Platon, Angélus Poli-„ tianus , Hìeronymus Donatus , 8 t plusieurs autres desquelz,, les Epistres se voyent au Recueil intitulé EpifloU Virorumv illujlrium. Aufli s’en plaint Machiavel à luy , implo-,, rant taysiblement son ayde en la Dedicatoire de son,, Prince en ces termes : Et.fe vostra magnificenza d’ail' ap'tce,, délia sua altezza , qualche volta volgera gli occhi in queflt„ luoghi bajfi, cognoscera quanto indignamente io sopportì una„ grande cr continoua malignità difortuna (79)”- Ces pa-roles Italiennes ont été ainsi traduites par Monsr. Amelot :Et fi', du lieu éminent, oh vous étés, vous regardés quelque-fois en bas, 'vous connoitrés, que c est a tort, que je soufre unefi rude w fi longue persécution de la Fortune. L’ erreur crassede Gohory est d’avoir cru que Laurent de Medicis, le pa-tron 8c le fauteur de Politien 8cc, étoit le même Laurenà qui Nicolas Machiavel dédia son Prince. Ce Prince Lau-rent étoit petit-fils de T autre.
(r) VotezCornéliusTollius, inAppendiceaa PieriumValerianum,*®>
(79) Goho-ry, dans ÌAVie de Ma-chiavel.
MAÇON, Ville de France fur la Saône, dans la Duché de Bourgogne. César en parle (d ),6c lui donne le nom de Matisco. Les Tables de Peutinger, 6c l’Itineraire d’Aithicus en parlentaussi; mais Strabon 6c Ptolomée n’en disent rien. II y a cinq cens ans, que par une transposi-tion assez ordinaire, on changea Matisco en Maftìco ; êc c’est de là qu’est venu le nom FrançoisMascon , que l’on prononce Mâcon (b). Cette Ville se sentit cruellement des désordres que lesGuerres de Religion causèrent en.France dans le XVI Siecle. Les Réformez y dressèrent uneEglise l’an if60 (r), 6c ils y multiplièrent de telle sorte, qu’ils sc rendirent les maîtres de laVille fort facilement ( d) ì lors que le massacre de Vassi les eût obligez à songer à leur fureté.Ce fut au commencement de Mai 1762, qu’ils s’en rendirent les maîtres fans beaucoup de vio-lence, 6c fans effusion de sang. Trois jours après on aprit que les Images avoient été briséesdans la Ville de Lion, 6c il fut impossible aux Ministres 6c aux Anciens d’empêcher que ceuxde Mâcon n’en fissent autant, 6c dès lors l’exercice de la Religion Romaine y fut fuprimé. Ta-vanes tâcha plusieurs fois de reprendre cette Ville, fans y pouvoir réussir; mais enfin il y prati-qua des intelligences, par le moien defquelles il la surprit le ip d’Àoût iyóz (e). II s’en renditmaître après quelques combats assez chauds qu’il lui salut essuier dans les rues. On y exerça toutesfortes de pilleries & de barbaries (J)> & ce fut alors que se firent les sauteries de Mâcon (B),defquelles j’ai promis ailleurs (/) que je parlerois ici. Je m’aquitte de ma promesse; 6c en mêmetems on verra pourquoi jc touche ces efrroiables désordres en divers endroits de cet Ouvrage (C).
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si) Beze,*îist. Ecclé-Livr.
X^pag. 429.
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(-‘O On y exerça toutes fortes de pilleries & de barbaries .1LaOrs que les maisons de ceux de la Religion eurent été fibien nettoyées qu’il fimbloit qu’on n y eust rien laissé, Madamede Tavanes y fieut bien defiouvrir les cachettes fi subtilement,qu elleeut pour sa part du pillage environ 180 bahut de meubles touspleins, outre lefil,pieces de toiles, V toutes sortes de linge com-me linceuls, nappes L7 serviettes dont Mascon avoit la réputa-tion d estre bien meublée entre les villes de France. Spuant auxrançons, bagues, vaisselle, <s? autres joyaux on n’en a pas bienjceula valeur; mats tant y a que ceux qui avoient le maniementae tels affaires dlfoient à leurs amis, que Tavanes y avoit acquisde quoi acheter content dix mille livres de rente (i). If nefaut pas s’étonner après cela que les grands Seigneurs fo-mentassent la discordé, èc nourrissent autant qu’ils pou-voient les flammes de la persécution. C’étoient leurs finan-ces; c’étoit une maltote très-lucrative.
(B) Les sauteries de Maçon.] Je me servirai des pro-pres termes de THistorien qui a parlé dans la Remarqueprécédente. „ ( 2 ) L’exercice de l’Eglise Romaine y fut,, aufli restabli incontinent, 8c les Prestres 8c Moines re-» dreflez en leur premier estât, 8c le bordeau tout ensem--, ble (3). Pour comble de tous malheurs Sainct Poinct (4)„ (homme du tout sanguinaire 8c plus que cruel, lequel,, fa propre mere a déclaré en jugement pour defeharger„ fa conscience estre fils d’un Prestre qu’elle mefme nom-„ moit) fut laissé par Tavanes Gouverneur de la ville,„ lequel pour son passetems, après avoir festoyé les Dames,,, avoit acoustumé de demander fl la farce, qui depuis fut-, nommée la farce de Sainct Poinct, étoit prête à jouer.-, C’étoit comme un mot du guet, par lequel ses gens„ avoient accoutumé de tirer de la prison un ou deux-, prisonniers, Lc quelquefois davantage, qu’ils menoient,» fur lc pont de la Saône, là où comparoissant avec les-> Dames, après leur avoir fait quelques belles 8c plaisan-,, tes questions, il les faifoit précipiter 8c noyer en la ri-» viere. Ce lui étoit aufli une chose acoustumée de faire-, donner de fausses alarmes, 8c de faire fous ce pretexte-, noyer ou arquebouzer quelque prisonnier, ou quelque», autre qu’il pouvoir attraper de ceux de la Religion, leur» mettant à fus d’ùvoir voulu trahir la ville. " II fut tuéPar Achon avec lequel il avoit une querelle. II revenoitalors d e s a ma ifi n pf es de l a ville où il avoit porté environzo mille écus de pillage. Ce fut peu après la pacificationdu mois de Mars 1563. D’Aubigné (5 ) peint merveilleu-lement la barbarie de cet homme,fous limage d’une écoletom.iu, -
où pendant le dernier service de la table, au milieu des fruitsLc des confitures , on enseignoit aux filles 8c aux enfans àvoir mourir les Huguenots fans pitié. II dit ailleurs (6)que Saint Pont boufonoit en exécutant ses cruautez, 8c qu’<»«sortir des festins qu’il faifoit il donnoit aux Dames le plaisirde voir sauter quelque quantité du pont en bas. La con-duite de ce Gouverneur étoit beaucoup plus criante quecelle de Lucius Flaminius, qui donna ordre pendant qu’ildînoit que Ton fît mourir en fa présence un criminel, afinde faire plaisir à Tobjet de ses infâmes amours qui n’avoitjamais vu tuer personne (7). Mais d’autre côté la con-duite de ces Dames de Maçon étoit beaucoup plus blâ-mable que celle de ces Vestales, qu’un Poète Chrétien atant censurées du plaisir qu’elles prenoient à voir tuer desgladiateurs (8). Je ne doute pas que Saint Point n’allé-guât pour ses excuses les sauts que Des Adrets avoit faitfaire aux soldats dc Montbrison (9), comme celui-ci s’ex-eufoit fur les cruautez exercées à Orange : 8c voilà com-ment un mauvais exemple en attire un autre presque àl’infini ; abyfsus abyjsum ìnvocat. C’est pourquoi la plusgrande faute est celle de ceux qui commencent, ils de-vroient porter en bonne justice -la peine de tous les crimesqui suivent le leur. D’Aubigné n’avoit pas bien consultéles dates, lors qu’il dit (10) que le Baron Des Adrets pi-qué du saccagement d’Orange 8c des précipices dc Mâconmarcha à Pierrelate, se rendit maître de plusieurs villes,8c enfin vint à Montbrison. II paroit par Théodore deBeze (n),que Pierrelate 8c d’autres villes avoient été sub-juguées par Des Adrets avant le z 6 de Juin, 8c que les sol-dats de Montbrison sautèrent le 16 de Juillet (rz), 8c queMâcon fut pris par Tavanes le 19 d’Août ( 13 ).
(C) On verra pourquoi je touche ces ejsrotables désordres endivers endroits de cet Ouvrage.] f our 1 honneur du nomFrançois 8c du nom Chrétien, il seroit a souhaiter que lamémoire de toutes ces inhumamtez eût etéd’abord abolie,& qu’on eût jetté au feu tous les Livres qui en parloient.Ceux qui semblent trouver mauvais que l’on fasse des His-toires , parce , disent-ils (14) » qu’elles n’aprennent auxLecteurs que toutes sortes de crimes, ont à certains égardsbeaucoup de raison par raport a 1 Histoire des Guerres sa-crées. Elle paroît extrêmement propre l nourrir dans lesesprits une haine irréconciliable; 8c c est un de mes plusgrans étonnemens que Tes François de différente Religionaient vécu après les Edits darçs une aussi grande fraternité,que celle que nous avons vue, quoi qu’ils eussent éter-I i nelle-
(à) De Belo Gall.
Libr. Vil ;fin.
(b) Hadr.Valesius,Notit. Gall.fog. 512 , 323 .
(c) Beze,Hist. Ecclefi,Livr. III,
M- 214.
(4) La-mê-me , Livr,X.V,fAg. 407;
(ë) Là-mt-
(/) Dans la\emarq. ( C )dt l 1 ArticleBe AU-MONE,
(«) Cag. Z 02 l
(7) Tla-tarch. inFlamin.
3 79*
(10) Tente T,ÇAg. Z04.
( Ir ) Livr.Hll, par.2«í, ze»:
(iz) Pag.224,
(13) Pag.422.
(14) Voiez,Mafcardi,Discours suc
THistoue.