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Tome troisieme. K - P.
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(l;) Confirez*ce que dessusÀ U » fin de luKsmurque (F)de l'<Article

Lognac.

QUI SONT

ceux quidoiventfaire atten-tion LUXmaux

qu’ont pro-duit lesC uerresCiviles deReligion,

(î) t'est-k-dire de•Marot.

{2) Vaiil-las, Hist. del'Héiéíie,Terne V,

Livr. XXI,fag.m.so,

51 . It met enmarge J’aiapris ces.particulari-îez du ía»Vant M t.louillaut.

f 3 ) Vit* cet-

itbi, parîter& tlulìctepcrtAfní ,ttxorera du-Xít , civtmsuas» .

mertnimtjueptis & ami-eorum versi-tus . . .eemmendavtt ,ptfceftis ex eafítriufyttefexut literie ./jír. I, .m,

2 fO

MAÇON. MACRIN.

Ces sauteries ont été mieux immortalisées que celles de T Ile de Caprée (D).

nellement entre les mains les Histoires de nos Guerres ci-viles, où l’on ne voit que satcagemens, que profanations,que massacres, qu’autels renversez, qu’affaffinats, que par-jures, que fureur. La bonne intelligence eût été moinsdigne d’admiration, st tous les particuliers eussent ignoréce que les Histoires de chaque Parti reprochent à l’autre.

Ne peut-on pas donc me dire qu’il semble que j’aie des-sein de réveiller les paissons, Sc d’entretenir le feu de lahaine, en répandant par-ci par-là dans mon Ouvrage lesfaits les plus atroces dont l’Histoire du X VI Siecle fassemention: Siecle abominable (1 y)» & auprès duquel la gé-

prenent tant de plaisir à innover, jettent continuellementla vue fur les Guerres de Religion du XVI Siecle. LesRéformateurs en furent la cause innocente, nulle considé-ration ne devoir les arrêter, puis que selon leurs principesil n’y avoir point de milieu, il faloit ou laisser damneréternellement tous les Papistes, ouïes convertir au Pro-testantisme. Mais que des gens, qui font persuadez qu’uneerreur ne damne pas, ne respectent point la possession, 8cqu’ils aiment mieux troubler le repos public que su primerleurs idées particulières, c’est ce qu’on ne peut assez dé-tester. Qu’ils considèrent donc les suites de leurs nouveau-

nération présente pourroit passer pour un Siecle d’or,quel- tez, & de Faction qu’ils intentent à l’usage: & s’ils peuque éloignée qu’elle soit de la véritable vertu. II est juste vent s’y embarquer fans une absolue nécessité,il faut qu’ilsque je satisfasse à cette difficulté. Je dis donc que tant aient une ame de tigre,& plus de bronze autour du cœur,s’en faut que j’aie dessein d’exciter dans l’esprit de mes que celui qui hazarda le prémier fa vie fur un vaisseau (16).Lecteurs les tempêtes de la colere, que je consentirais Tl -’** - —J — r - : -volontiers que personne ne se souvînt jamais de cette espe-ce d’événemens, si cela pouvoir être cause que chacun é-tudiât mieux, Sc remplît mieux ses devoirs dans le silencede ses passions: mais comme ces choses font répanduesdans un trop grand nombre d’Ouvrages, pour espérer que

II n’y a point d’aparence qu’il s’éleve jamais dans le seindes Protestans aucun Parti qui entreprene de réformer leurReligion, de la maniéré qu’ils ont réformé FEglise, Romai-ne, c’est à-dire sur le pied d’une Religion d’où il faut sor-tir nécessairement, si l’on n’aime mieux être damné : ainsiles désordres qu’ils auraient à craindre d’un Parti innova-l’affectation * de n’en rien dire dans celui-cî pût aporter au- teur seraient moins terribles, que ceux du Siecle passé, les

cun bien, je n’ai point voulu me contraindre, & j’ai cruque je devois prendre librement tout ce que je trouveraisfur ma route, & me laisser conduire par la liaison qui fe-rait entre les matières. Mais je ne dois pas oublier, quecomme toutes choses ont deux faces, on peut souhaiterpour de très-bonnes raisons que la mémoire de tous ceseffroiables désordres soit conservée soigneusement. Troisfortes de gens auraient besoin d’y jetter chaque jour lavue, 8c de s’en faire un songez-y-bien. Ceux qui gouver-nent se devraient faire dire tous les matins par un Page :Ne tourmentez personne sur ses opinions de Religion , er n éten-dez pas le droit du glaive fur lu conscience. Voiez ce que Char-les IX cr son Successeur y gagnèrent ; c est un vrai miracle quela Monarchie Françoise n ait point péri pour leur Catholicité.Il n'arrivera pas tous les jours de tels miracles , ne vous y fiezpoint. On ne voulut pas laisser en repos l’Edit de Janvier, wil salut âpres plus de trente ans de désolation , après mille &mille torrens de sang répandus, mille mille perfidies & in-cendies, en accorder un plus favorable. Ceux qui condui-sent les affaires Ecclésiastiques font , 1 a seconde espece degens qui doivent se bien souvenir du X VI Siecle. Quandon leur parle de tolérance, ils croient ouïr le plus affreux& le plus monstrueux de tous les dogmes; 8c afin d’inté-resser dans leurs passions le bras séculier,ils crient que c’estôter aux Magistrats le plus beau fleuron de leur couronne,que de ne leur pas permettre pour le moins d’emprisonner& de bannir les Hérétiques. Mais s’ils examinoient bience que l’on peut craindre d’une Guerre de Religion, ils

animositez pourraient être moins échauffées qu’en cetems-là, vu principalement qu’aucun des Partis ne trouve-rait à détruire dans F autre aucun objet sensuel de supersti-tion; point de Divinitez topiques, ni de Saints tutelaires àbriser ou à monnoier, point de reliques à jetter au vent,point de ciboires, point d’autels à renverser (17). Onpourroit donc être en dissension de Protestant à Protes-tant , fans avoir à craindre toutes les fureurs qui parurentdans les Démêlez du Protestant 8c du Catholique; maisle mal serait toujours assez funeste, pour mériter qu’ontâche de le prévenir, en apliquant ceux qui aiment troples Disputes à la considération des maux horribles qu’ellesont causez, Se en leur représentant avec quelque force quela plus funeste intolérance n’est pas celle des Souverains,qui usent du droit du glaive contre les Sectes : c’est celledes Docteurs particuliers, qui hors les cas d’une très-ur-gente nécessité s’élèvent contre des erreurs protégées parla prévention des peuples 8c par l’usage, 8c qui s’obstinentà les combattre, lors même qu’ils voient que tout est déjàen feu.

(D) Les sauteries de Mâcon ont été mieux immortaliséesque celles de l’Ile de Caprée .] Et néanmoins un célèbreHistorien les a insérées dans son Ouvrage, 8c en quelquefaçon l’on montrait le lieu comme l’une des singularisezde l’Ile. Carnificina ejus (Tiberii) ostenditur locus Ca-preis, unde damnatos post longa & exquisita tormenta pruci-pitari coram se in mare jubebat, excipiente clajsiariorum ma-nu & contis atque remis eliàente cadavera , ne cui refidui

/ftffííwf Ì.A.rT-*. /.û\ HÍ.’ .. r • r

seroient plus modérez. Vous ne voulez pas, leur peut-on Jpiritus quidquam inejfet (18). Mais enfin je ne croi pasdire, que cette sefie prie Dieu à fa mode, ni qu’elle prêche que les Anciens puissent être comparez aux Modernes, enses sentimens ; mais prenez garde, si l’on en vient aux épées fait de transporter les mêmes choses de Livre en Livre,

tirées , qu’au lieu de parler V d’écrire contre vos dogmes, el-le ne renverse vos Temples , C ne mette vos propres personnesen danger. Que gagnâtes-vous en France cr en Hollande enconseillant la-persécution ? Ne vous fiez point à votre grand

nombre. Vos Souverains ont des voisins, & par conséquent A

vos Seêlaires ne manqueront, ni de proteâieurs, ni d’astistance, On se souviendra peut-etre en lisant ceci deS Remarquesfujfent-ils Turcs. Enfin, que ces Théologiens remuans, qui de F Article de L E u c a d E. ^

& par conséquent les sauteries de Mâcon se lisent èn plusde lieux; 8c ont plus de monumens pour gages de leur

immortalité, que celles de l’Empereur Tibere. 11 n’étoit

pas honorable à ceux qui se servirent de ce suplice dans leXVI Siecle, d’avoir marché fur les traces d’un tel Tyran.

(s 6 ) l!U ru”iur ér g,triplexCirca petfustrat quipfra»gilem trittiCommifìtyelago rattmPrìmus , 72ectimuit prdit*pìtem zAfri-cum

DecertantemiAqt*ilombîiS 9Nec tri'flti$Hpadus , necrubiem Noti*.

Quem mor -,tis timuit

Qui fiaisofulis monfir*ndtantia.

Qui viditmare surgi-dum frJnfameisscopulosz'ícroccrau*nia ? Horat,Od. IIILibri /.

Vers. 9 .

(17) Il y a d*P apparenceque les Fran mpois fr lesEspagnolsauroientbeaucoupmoins répan-du de sangProtestantqu'ils ne fi-rent , fi on neles avoìt misen fureur parle renverse-ment de leursAutels, deleurs Images »cliques , frem

fi8) Sueton-in Tibeiio,Cap, LXlk

MACRIN (S A L mon) Fun des meilleurs Poètes Latins du XVI Siecle, étoitdeLou-dun. Ce que Mr. de Thou a dit de lui, & les Additions de Monír. Teiífîer, font entre lesmains de tout le monde depuis l’Edition d’Utrecht. J’y renvoie donc mon Lecteur, & je mecontenterai de dire une chose fort singulière, mais un peu douteuse, que Monsr. Varillas avoiraprise de Monsr. Bouillaud (A). On dit que Macrin n’étoit pas le nom de famille de notrePoète ( B ).

(A) Je dirai une chose sort finguliereì mais un peu dou-teuse, que Mr. Varillas avoìt aprise de Monsr. Bouillaud. j„ Son (1) grand ami de Loudun qui a voit changé son„ nom de Mitron en celuy de Macrin, Valet de cham-„ bre du Roy, Poète Latin, & grand imitateur de Ca-„ tulle comme lui, ne fut pas plus heureux. On l’accusa,, devant le Roy d’estre de la nouvelle Religion ; & Sa„ Majesté le menaça de le faire pendre, s’il en estoit con-„ vaincu. On ne sçait s’il estoit coupable, 8c tout ce que„ l’on en peut dire, est que presque tous les beaux es-„ prits panchoient alors vers le Calvinisme. La meqace„ de sa Majesté intimida Macrin jusqucs-là, que sortant„ du Louvre,voyant de loin un poulain,instrument dont„ les Tonneliers se servent pour descendre le vin dans les„ caves, il le prit pour une potence, 8c en perdit F esprit,„ de sorte qu’il sejetta, 8c se noya dans le premier puits„ qu’il rencontra (z)”. L’autorité de Monsr. Bouillaud,natif de Loudun comme Macrin, 8c l’un des hommes dumonde qui avoir le plus de mémoire, 8c qui savoir lemieux l’Histoire des Hommes doctes, donne un grandpoids à ceci, 8c particulièrement st l’on supose que Mr.Varillas mit par écrit tout aussi-tôt ce qu’il lui avoir ouï~. re - P’autre côté, quand on songe que Scevole'de SainteMarthe natif de Loudun, êc plus voisin de ce tems-là que, £.• oouànd, assure que Salmon Macrin mourut de vieil-leiie a Loudun où il s’étoit retiré depuis long-tems ( 3 ) >

. . . domi st>* finie • fUnt unfiUm ttcìdtjsct. Sammatthanus , in Elog.

. 21, 22 .

on a de la peine à croire le récit de Varillas. Car com-ment se persuader qu’un accident si tragique demeure in-conu à tous les Auteurs qui ont parlé de Macrin ; à Sce-vole de Sainte Marthe son compatriote, qui recherchoitdes mémoires de toutes parts; à Mr. de Thou (4), qui (4) Tbuz«;.n’en recherchoit pas moins, Scc? Mettons donc ceci entre Libr - ( . XI J'‘les choses qui demandent une plus ample information, puis jj S 7«que non feulement les meilleurs Auteurs n’en parlent pas, * "mais aussi qu’ils font un narré destructif de celui-là.

(B) Macrin n’étoit pas le nom de famille de notre Poé-**.(*)•] Nous venons de voir que selon Monsr. Varillas ilchangea son nom de Mitron, en celui de Macrin; mais selon -

Monsr. Bailles (5,) il s’apelloit Jean Salmon, 8c pour sa mai- (t) J °£jo<Pgreur il ktoit souvent apellé en riant Macrinus par le Roi F r an- f ' uï ,

f ois I, desorte que voyant que son nom de Jean ne plalsoit //À n. 1point à sa femme, il s'en défit, cr s’apellapour toûjours Sal- {. r'ri-monius Macrinus.

Ceci se trouve dans la Bibliothèque de du Verdict Vau-Privas, Sc d’une maniéré qui marque plus clairement laraison pourquoi notre Macrin, aiant égard à fa femme,changea de nom: Jean Salmon, ayant laissé le nom proprequi par aventure luy faschoit à cause de sa femme, print pournom propre Salmon, çrc. ( 6 ). (tf) P®

§. («) Le nom François de ce Poète étoit Maigret. DeMacrinus, comme il s’est nommé dans ses Poésies Latines, : 7 J 4 .a été fait celui de Macrin qui lui est demeuré. Voyez Fau-chet,L ìy. IV. Ch. XIV. de ses Antiqmez. Rem. Cuit.