M A G N L
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prétend qu’il se voulut attribuer l’inventîon de celles de Torricelli (L), & qu’on le convainquitd'être Plagiaire. II écrivit contre Aristote violemment (a). Mais je ne íai s’il y a rien qui lefasse tant conoître, que l’usage que l’on a fait de l’une de ses pensées dans les Lettres Provincia-les (C). II eut dé grandes querelles avec les Jésuites (£) ), & y perdit fa liberté. II fut l’undes Convertisseurs du Prince Ernest Landgrave de Hesse (b). Je pense qu’il donnoit trop d’é~tendue à son caractère de Miíïionaire Apostolique aux Pais du Nord*
II étoit d’une Famille noble, illustre, 6c nombreuse dans le Milanez, 6e il naquit versl’an if87 (c). „ Ce né fut qu’en recevant l’habit de Capucin qu’il prit le nom de Valeriett. II„ fut long-temps Maistre des Novices 6c souvent Gardien des Maisons de son Ordre. Il protesta3 , austi la Philosophie 6c la Théologie, 6c comme il estoit sort expérimenté dans la Controverse y„ le Pape Urbain VIII, qui avoit beaucoup d’estime 6c de considération pour luy, le fit Mis-„ sionnaire Apostolique par toute P Allemagne, la Pologne, la Boheme, & la Hongrie, 6c le,, déclara chef des Missions du Nord. On estoit persuadé qu’il n’estoit pas moins expérimenté,, dans la Politique que dans la Théologie : c’est ce qui porta les Puissances de l’Europe à l’en-voyer en diverses Ambassades. II se trouva par ces routes fort près du Cardinalat (E) > mais le
,) £ ene "
3)
(a) VetéZ. tâXà (B)<
(b) Il disputd-pour cít tjfnvetbalemcnt
à 1{hinfdctsTan 1651avec Habep*korn pro -fejseur Lu-thérien enThéologie âGiejfe.
(c) Baille!,ati 1 Totïícdes Anti,p, 357 , 85 ».
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1 * l E túreest
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(B) O» prêtentl qu il fe voulut attribuer l'invention . ..de Torricelli. ] Mr. Baillet nous va instruire de cette af-faire. „ Le Pere Vaíerien Magnt ... ne s’étoit avisé de„ faire l’expérience de Torricelli, qu’après avoir publié à,, Warfovie son traité de l’ Athéisme d’Aristote, qu’il avoit„ dédié (*) au Pere Mersenne; & sédition de ce Livre„ étoit postérieure non feistement à l’Imprimé de M. Pas-„ cal, mais encore à la mort de Torricelli. Quoi que le„ p. Capucin n’eût fait autre chose que repeter l’experien-„ ce de Torricelli fans y rien ajoûter de nouveau , il ne„ laissa pas de fe l’attribuer, comme fi elle luy eût été
ver, & de remarquer cependant que ce genre d’hommes, quine souffrent pas la moindre des injures qu ils peUvCht repous -*fer , font semblant de souffrir tres-patiemment celles dont ilsne fe peuvent deffendre , c? couvrent f une fau fie vertu leurvéritable impuissance. C’est pourquoy j’ay voulu irriter plutvivement leur pudeur , afin que les plus groffers reconnoiffent ,que s’Us fe taisent, leur patience ne fera pas un effet de leurdouceur , mais du trouble de leur conscience. Mr. Pascal n’apas plutôt raporté cette méthode du Pere Vaíerien, qu’ils’en sert en faveur des Jansénistes. Ce pere, dit-il (8), atrouvé le secret de vous fermer la bouche ; c est ainfi qu il
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propre, dans le récit qu’il en fit imprimer l’année fuivan- faut faire toutes les fois que vous accusez les gens fans preu-.r _9.._>«11 i. a.a r.:._ t.- i:. o _ _ _ t... ' .1. _ j. - .. , r ..
b) Baillet,Vie de Desv-artes,
Tum. //,í«g- 3*9, ii’tm l«47.
10 Pascal,«V LettreBtovinciale,1 %. ot. ara.
__ te, fans reconnoître qu’elle eût été faite en Italie & en„ France avant luy. L’Ecrit du Pere Valérien surprit les,, connoisseurs qui découvrirent son usurpation : 8e sa pré-„ tendon fut repoussée incontinent par M. de Roberval,„ qui se servit de l’Imprimé de M. Pascal comme d’une„ preuve indubitable contre luy. 11 le convainquit de„ n’avoir même fait son expérience,que sur dénonciation,, qu’il en avoit vue dans l’Ecrit que M. Pascal en avoit,, fait envoyer en Pologne comme dans le reste de l’Eu-„ rope: 8e la Lettre Latine qu’il luy en écrivit luy ayant été„ rendue par l’entremife de M. de Noyers Sécrétaire des„ commandemens de la Reyne de Pologne, ce bon Pere
11e fit point de réponse, & l’on prit son silence pour un", désistement de son usurpation (2) ”. j’ai un Livre de ceCapucin imprimé à Varsovie l’an 1648. C’est un Recueilde Traitez Philosophiques dédié à la sainte Vierge, de Peri-patu ; de Logica; de per se notis ; de Syllogisme démonstrative ;Expérimenta de incorruptibilitate Aqtu ; de Vitre mirabili-ter fraOlo. On y a joint une Lettre d’un Jésuite, où l’onsoutient Expérimenta vulgata non vacuum probare , sed plé-num anûperìstastm ftabiltre. II avoit publié à Venise,l’an 1639, Ocularis Demonfiratio Ucì fine locato, corporis suc-tejfîv'e moti in vacuo, ©* luminis nulli corpori ìnhétrentis - 8 cà Rome l’an 1642 de Luce mtntium c? ejus imagine.
(C) L’usage que l’on a fait de l’une de ses pensées dans lesLettres Provinciales.'] Cette pensée est une méthode sûrede pousser à bout les médisans & ks calomniateurs, quicherchent une retraite dans des termes vagues. Ne fimble-t-il pas, dit Mr. Pascal (z), qu on ne peut convaincre £ im-posture un reproche fi indéterminé r Un habile homme néan-moins en a trouvé le secret. C’est un Capucin qui s'apellele P. Vaíerien , de la Maison des Comtes de Magnis. Vousapprendrez par cette petite Histoire comment il répondit à vostalomnies. Il avoit heureusement ré'újfi à la conversion duLandgrave de Harmstat. Mats vos Peres , comme s’ils eus-
ves. On ria qu à répondre à chacun de vous comme le PereCapucin, mentiris impudentiffime. H rcnouvella limita-tion quinze jours après. „ II faut parler, mes Peres, il„ faut le nommer, ou souffrir la confusion de n’être plus„ regardez que comme des menteurs indignes d’être ja-„ mais creus. C’est en cette maniéré que le bon P. Va-„ lerien nous a appris qu’il faloit mettre à la gesne 8 c„ pousser à bout de tels imposteurs. Vostre silence là-„ dessus fera une pleine 8e entiere conviction de cette ca-„ lomnie diabolique. Les plus aveugles de vos amis lé-„ ront contraints d’avouer que ce m sera point un effet de„ vostre vertu, mais de vostre impuissance (p) ”. Depuisce tems-là Monsr. Arnaud s’est servi plus d’une fois de lapensée du Capucin, 8e enfin elle est passée dans quelquesLivres des Protestans. Elle a paru dans la Cabale Chimé-rique (10), 8c n’a pas produit un autre effet que dans leLivre de son inventeur; car le Dénonciateur de cette Ca-bale n'a point íelevé ce défi, 8c s’est obstiné à se taire.Mais quoi qu’il en soit, le nom du Pere Vaíerien s’est
(p) Le mr-tne f llical,Lettre XVI ,pag. Z 7 S.
(jo) Impri-mée à 'gal-tcr dam, 1691,P“g- 357 ,358 , de U
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fait conoître de toutes parts a la faveur de cette mven- seconde uvtion. tim \
(D) Il eut de grandes querelles avec les Jésuites.] Ceque j’ai cité des Provinciales ne nous permet pas d'eiidouter; mais on n'y volt point qùe ce Capucin ne tiraaucun avantage d’avoir trouvé le secret de faire taire sesCalomniateurs; il fit conoître leur impuissance de prouverleurs Accusations, & il ne laissa pas dette emprisonné.
Cè fut, dit-on, à cause qu’il accordait aux Protestans,que la primauté & l’infaillibilité du Pape n’étoient pointfondées fur l’Ecriture, mais seulement sur la Tradition(xi). In aftu difputationis eò fe abripi paffus homo est, ut sua Valet,
vineta graviter cttdens, quod. res est, feriberet, Pnmatum le Passade dt& infallibilitatem Romani Pontificis ex Scripturis probari son Uvre danon poste, sed soja Traditione constare. èpuod Maiedati homme in*
®Uíod Majeftati .
Pontifiaa violât a nefas interpretati Jefuita A eyópevoi, effecerunt fami P C1Í0 'fint eu quelque peine de voir convertir un Prince souverain ut Vakrianus in vincula raptus, ex ìisdem causam dicere coac- pîruV'a-sans les y apeller , firent incontinent un Uvre contre luy, (car tus fuerit ( n). II ne s’agissoit pas toujours hétérodoxie Weru"^,»» vous persécutez les gens de bien par tout,) oìt falsifiant un de dans ses Démêlez avec les Jésuites : les intérêts pécuniaires Vale trimni
. Vr *tnit)rìmí - s. -tr _ M r _ . . . ri. r r. __ .../n __ _ ^ ^ ^ 1 . . - . phali. ftaa.
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ses passages , ils luy imputent une doctrine hérétique. Ils fi-rent aujfi courir une Lettre contre luy , oh ils luy disoient:O que nous avons de choses à découvrir, sans dire quoy,dont vous ferez bien affligé ! Car si vous n’y donnez or-dre, nous serons obligez d’en avertir le Pape 8c les Car-dinaux. Que firay-je , repondit-il (4), contre ces in-
jures vagues <csr indéterminées ? Comment convaincray-je desreproches qu on n’explique point ? En voicy néanmoins le moyen.C est que je déclaré hautement Us publiquement <* ceux qui me
y furent auffi mêlez. Ce Capucin se plaint fors des piégés -qui avoient été tendus à une veuve fa parente au préjudi-ce d’un pupille. Est quoddam genus hominum grave , dit-il (tz) Hei-(13), Cf intolerabile Orb 't Christiano, -pìduis vero plis fpecia- aeggerus r
liter exittale . Neminem nomino, sed do in argumentum Hmotia;
veritatis, fi nemo omnium fit, qui non intelligat quos defigno; ; fis 'fi nemo eorum fit, qui me postules reum detraâlionis apud Ju- Notez quedicem competentem. Huìc genti, eorumque mancipiis imputo , par m Passagequ& sub nominé me& char'ïffìms, cognâtn fiunt. Hos enim nec Mema-
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menacent, que ce font des imposteurs insignes, c? de très-ha- postulante, Vir omnl exceptione major, èx meo script o monuìt, elesiastka"biles gsr tres-impudens menteurs, s’ils ne découvrent ces cri- frustra tamen, de omnibus, qm inlquiffimeperpetrantur, ve- n, sssmes d toute la terre. Parotffez donc, mes Accusateurs , çr lut ex sententìa vldua, in quam pravis artibus conantur de- Cap. XIr,publiez ces choses fur les toits’, au i ,e,i 1 ue vous les avez dì- volvere jura h&redis minorennts, futuri h&redes ipfius vidua, , 6 s T t
tes à l'oreille , c 7 que vous avez menti en affurance en les in pramium quod eam irretìerint ils artibus. 'Mm Hd-
disant à l’oreille. L’Auteur des Provinciales (y) observe ( E ) Il se trouva . . , fort près du Cardinalat .] Je citerai degger neque les Jésuites,n’aiant point répondu à ce défi, ne laissé- les paroles d’un Ecrivain Allemand qui raconte, I, Que reporte pasrem pas quelque tems après à' attaquer encore de la même ce Capucin fit une Harangue à Rome dans la Congréga- uíait.
fitte fur u» autre sujet le Pere Valérien. II fe défendit tion de la Propagation de la Foi, pour faire voir par de
auiïì de même (6). II y a peu de gens, dit-il (7), qui puissantes raisons, que l’on devoit abolir la Communauté , .
fiient capables de s’opposer à une fi puissante tyrannie. C’est de certaines femmes & filles qui prenoient le nom de Jé- Comment.ee que j’ay sait néanmoins. J’uy arrefté leur impudence, z? subisses. Elle fut abolie par une Bulle d Urbain VIII pu- de hóminaje l arresteray encore par le mesme moyen. Je déclaré donc bliée au mois de Mai mil fix cens tiente-un, II, Que les mfami per*quils ont menti très-impudemment, mentiris impu- Jésuites empêchèrent qu il ne fût promu au Cardinalat, ^ nat< ? ’l en t 1 s s 1 m e. si les choses quils m ont reprochées font quoi que Uladiílas Roi de Pologne eût écrit en fa faveur íâ.,,,véritables, qu’ils les prouvent, ou qu ils pajfent pour couvain- fut ce sujet au Pape Urbain huitième. Ille {Kortholtus ait) triomphal!,tus d’un mensonge plein d’ impudence. Leur procédé fur cela coram sacra Congregatione de propaganda fide, gravijjìmàm '86,découvrira qui a raison . Je prit tout h monde de i’obser- çt* ntrvofis Wiomm mmentis insirutiam orationem Rom& ha-
buit ,