MAHOMET.
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Çhadighe, ou trompée, ou feignant de Pêtre, s’en alloit dire-de maison en maison que son mariétoit Prophète, & par ce moien elle tâchoit de lui procurer des Sectateurs (d). Son valet & 00 Vm ' !r - uquelques autres personnes qu’il suborna travaillèrent a la même chose ; & cela avec tant de suc- î<v ‘ w 'cès, que les Magistrats de la Meque craignirent une sédition. Afin donc de prévenir les désor-dres que la naissance d’une Secte a coutume de produire, ils résolurent de se défaire de Mahomet.
II en fut averti, & il prit la fuite. Le tems de cette évasion est l’Epoque des Mahométans ( A),
& c’est de là qu’ils comptent les années de VHegire. II se retira à Medine, accompagné de peude gens j mais il y fut joint bientôt après par plusieurs de ses Disciples. II ne tarda gueres à faireéclater le dessein qu’il avoit pris d’établir fa Religion par les armes. II donna son grand étendaità son oncle Hamza, & l’envoia en parti avec trente hommes (e). Cette prémiere tentative n’eut 0) Hottm-aucun succès. La seconde fut très-heureuse : il chargea avec 319 hommes une Caravane d’environ oriémaî 01 ’mille Koreischites, & la bâtit. Le butin fut considérable. II perdit quatorze hommes, qui ont m- -«/- «été honorablement placez au Martyrologe Mahométan (G). Après plusieurs combats bien plus Elmacmo «importans, il se rendit maître de la Meque l’an 8 de l’Hegire (/). II mourut trois ans après â (/) um>,Medine, à l’âge de soixante trois ans selon quelques Historiens (g). II n’est pas aisé de savoir le t a í-vrai détail de ses actions; car si les Ecrivains de fa Secte ont inventé mille fables pour l’hono- Iim .rer, il n’y a point d’aparence que ses Adversaires aient fait scrupule de débiter des mensonges íw» ’contre lui. C’est une chose bien notable qu’il disoit lui-même qu’il ne faisoit point de miracles,
& cependant ses Sectateurs lui en attribuent beaucoup (H). Ils prétendent même que fa naissan- & Parricide,
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un mot, 8c non pas pour la propagation de fa foi. II negagna point l’aífection de ses épouses, ce furent elles, dit-on, qui lui ôtèrent la vie (19). II leur étoit infidèle, &il les batoit; 8c il fit même une Loi qui permettoit auxmaris de batre leurs femmes, quand cela seroit nécessaire.II allégua cet Edit lors qu’il eut batu lune des siennes, 8cqu’il eût vu que les autres en murmuraient; 8c de peurque cette raison ne suffit pas à les apaiser, il y joignit unplaisant Sophisme, un distinguo ridicule. Je ne l’ai pasbatue, dit-il, entant qu’elle est mon épouse, mais entantque c’est une très-mécliante vieille. Lkentiam verberanda-rum uxorum , ex proprio dabat exemplo , nam quum aliquandodurìus excepijfet mulierum fiuarum aliquam, e? entera ìndigna-rentur , ipfe tum legis patrocimo usus fuit , tum talì diftinílio-ne: quod illam verberajfet, non quatenus uxor ejus, fied quodexecranda effet vetula ( 20 ).
(F) Le tems de cette évasion est VEpoque des Mahométans.']Ils la nomment Hegire. Ce mot signifie Fuite ; mais afinque leur Epoque portât un nom honorable, ils affectèrentde prendre ce mot dans un sens particulier, je veux direpour un acte de Religion , qui fait que l’on quitte fa pa-trie, 8c que l’on cede à la violence des persécuteurs de lafoi (21 ). Les Koreischites regardent Mahomet comme unséditieux, 8c comme un impie, qui s’enfuioit afin d’éviterle juste suplice qu’o n lui préparoìt. Lui, au contraire, &p S . compagnons de son exil, prétendirent être de saintselenns » 8c des fugitifs pour la Religion, 8c pour la causes U - V1 ' al 1 „ eu -, J 1 Y avoit déjà long-tems que Mahometfaisoit le Prophète, lors qu’il abandonna fa patrie, 8c ilavoit paíle bien des-j ours dans une caverne pour préparerses Prophéties. Quod autem fiedìtionem hmc metuerent Mec-tbani, prnvemenium his censuere motibus novis, Muhamme-demque steditionit , fitb religionis prntextu mots., accusatum,conviflum zy condemnatum é rnedio tollere confiituerant, nistMuhammed de ptrkulo admonittis folum ac cìvitatem vertis-Jet , quod anno ntatis ipstus quinquagefimo quarto contigit, cumjam 15 per annos Pfeudoprophetiam in speluncá GarherÁ (utiA uma cum Egeria) prope Mecham , tn quà multos ad crepufcu-tum ujque délit uer at foles , ( J j ) partim constaffet , partim invulgus fparfist'et (22). Cette fuite tombe au 16 de Juillet622 (23). .
( G ) il perdit quatorze hommes , qui furent placez au Mar-tyrologe Mahométan .] Ce font de plaifans Martyrs, quedes gens qui font tuez au pillage d’une riche caravane, &en faisant le métier de Mikelet, & de Bandi. Elmacinraporte que Mahomet ne fit cette course que pour pillercette caravane. Audiverat autem Abufiphianum filium Ha-rethì in Syriam tum magna caravana Koreischitarum opi-bus onufta contendere. EgREssus igitur est eas
direptum . Vìcerunt Mustìmìni occidentes infide-
lium 70 totidemque capientes.. Ex Mustiminis vero tanquamMartyres occubuerunt 14 (24). Les Auteurs Arabes ont fortloué ce combat : l’Alcoran même en fait mention plusd’une fois (25 ), comme d’une affaire où Dieu 8c ses An-, ges protégèrent merveilleusement la bonne cause.
(H) ll disoit lui-même qu il ne faisoit point de miracles,r? cependant ses Settateurs lui en attribuent beaucoup.] Gro-tìus s’est servi de cet aveu pour combatte leMahométisme,après avoir observé que Mahomet ne nie point les miraclesde Jesuis-Christ. Jésus visum cuis, claudis grejfum, agrotisfanitatem dédit, imo fat ente Mahumete, eiiam vitam mor-tuis. Mahumetes (*) fi mijfum ait non cum miraculis, fedcum armts. Secuti t amen [uni > qui ei c? tniracula attribuè-rent, at qualia ; Nempe quet aut arte humana facile postunteffeíla reddi, ut de columba ad aurem advolante : aut quorummtlli sunt testes , ut de camelo nottu ei locuto : aut qun fui ab-furditate refelluntur, (j) ut de magna Luna parte in mani-cam ipst us delapsta , z? ab ipfo remtjfa ad reddendam siderirotunditatem (2 6). Je m’étonne que Mr. Simon ait oubliéle beau miracle dont Grotíus vient de nous parler, cetteportion de l a Lune qui étoit tombée dans la manche deMahomet, & q Ue Mahomet renvoia au ciel, afin que cetastre ne perdît rien de fa rondeur. Voici les paroles deT O M. a z.
Mr. Simon (27). Les Mahométans attribuent quelques mi- s ; monracles A leur Legistateur. Ils ajfurent qu’il fit sortir de l’eau Histoire *de ses doigts, zy qu en marquant la lune de son doigt, il la Critique defendit. Ils disent aujst, que les pierres, les arbres, les bestes J, a Oréxucele reconnurent pour le véritable Prophète de Dieu, zy qu ils le du LevanrTsaluèrent en ces termes, Vous estes le véritable Envoyé de chap. xv',Dieu. Ils affirment de plus, que Mahomet alla une nuit de pag. 167.la Meque A Jérusalem , d'oh il monta au ciel ; qu il vit là leParadis zy ì Enfer-, qu il parla avec Dieu, quoi que cela soitréservé aux Bienheureux âpres la mort; qu enfin il descenditdu ciel cette mefme mit, zy qu il fit trouva dans la Mequeavant qu il fuft jour. Mais ne quittons pas cette matièrefans raporter la Remarque d’un docte Alleman. 11 dit quequelques Chrétiens, pouffez d’un faux zèle contre Maho-met, l’accusent de s’être vanté de certains miracles que lesEcrivains Arabes ne lui ont jamais donnez. >, II y a des„ Auteurs Arabes qui attribuent des miracles à Mahomet,
„ mais les autres les nient. Par exemple , les premiers„ font dire à Mahomet, que la Lune s'étant approchée de„ lui, il la fendit en deux. Mr. Pfeiffer remarque après,, Beidavi, que jamais Mahomet n’a dit cela, mais seuíe-„ ment, qu’avant le dernier jour, on verra ce prodige„ dans le ciel. Ils lui font dire qu’à la prise de la ville de„ Chaibar, une femme Juive lui ayant présenté un agneau„ empoisonné, l’agneau tout rôti l’avertit de ne le man-„ ger pas. Mais Abulfeda raporte simplement cette His-„ toire, comme si Mahomet en aiant goûté un morceau,
„ 8c s’étant aperçu qu’il étoit empoisonne, avoit dit après„ savoir craché contre terre; cet agneau me dit qu’il est„ empoisonné,c’est-à-dire, je sens que cela est empoison-„ né. En effet, il confesse souvent dans l’Alkoran, qu’il„ ne pouvoit faire de miracles. C’est pourquoi il faut re-„ garder comme une fable, ce qu’on dit du pigeon qui„ venoit manger dans son oreille, 8c du taureau qui ne„ vouloir rien manger qu’il ne le lui donnât de sa propre„ main. M. Pfeiffer (J.) reconoit que les Arabes n’ont fl) Pá £ ;
„ jamais rien écrit de pareil, 8c que ce font des produc- 172 ’ I73,
,, lions du zèle déréglé de quelques Chrétiens contre cet Auqus-„ imposteur (28) . tus Pfeife-
Ne pourrions-nous pas représenter à Mr. Pfeiffer que les íus, dansChrétiens en ont usé à l’égard des Mahométans, comme le vh.Vo-ceux de la Religion en usent à l’égard des Catholiques ? II lu7ne . de la -j a dans quelques Légendaires plusieurs miracles, dont'les Bibliotl ! <: 'Auteurs graves de la Communion Romaine ne parlent ja- vcrseuTmais, ou même dont ils se moquent. S'ensuit-il que les as 7. z§
Protestans soient des Calomniateurs, ou des Ecrivainstrans- p'fifififi/™*portez de trop de zèle, lors qu’ils reprochent aux Catholi- ( rouve'dsnsques l’absurdité de tels miracles? Pourquoi ne dirions-nous « Volume e stpas que les Chrétiens, qui ont raillé les Mahométans fur intitulédes miracles qu’on ne trouve point aujourd’hui dans les J. heol °-Ecrivains Arabes, avoient lu quelques Auteurs de néantqui s’étoient donné l’effor en l’honneur du faux Prophète , a tque Mu-comme font nos Légendaires en l’honneur des Saints ? Si fiammedicíel’on ne trouve pas dans les Auteurs graves tout ce que Mr.
Chevreau va nous dire, on le trouve peut-être dans des Fruâus &Ecrivains de mauvais alloi, 8c semblables à ceux qui pu- pestilentes.blient les petits Livrets couverts de bleu, que les Colpor-teurs vendent dans les rues. Laissons parler Monsr. Che- f-r>) che-vreau (29) : „ Quand les Coreíschites de la Mecque l’eu- Hlst *
„ rent (30) prié de faire un miracle pour faire connoître £- vr e *„ ce qu’il étoit, il divisa la Lune en deux pieces entre Us- Tom. ìu,
„ quelles ils aperceurent une montagne .. Ayant apelé deux ar- pag. s.
,, bres, ils fie joignirent pour aller A lui, (y fie séparèrent en se„ retirant , 'par le commandement qutl leur en fit. Dans tous (j 0 ) C’e/l-„ les endroits oh il pajfioit, il n y avoit ni arbre ni pierre, qui ‘f dir ‘ à-„ ne le saluât avec refipeéï, zy qui ne lut dit; La paix íoit„ fur vous , Apôtre de Dieu. Il faisoit sortir d’entre fies„ deux doigts des fontaines, qui dans la plus grande fiecherese,
„ fourniffoient de l'eau à tous ses soldats, zy à toutes les bêtes„ de charge de fin armée, qui étoit nombreuse. Avec un che-„ vreau zy quatre pentes mesures d’orge, ì) contenta la faim„ de quatre-vingt hommes ; en nourit un plus grand nombre,
„ avec quelques pains ; zy une autrefois rassasia généralementK k • „ toutes