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Tome troisieme. K - P.
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MAHOMET.

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I e parce qu’il promettoit atix hommes un Paradis sensuel (M). La principale cause de ses progrèsàt fans doute le parti qu’il prit de contraindre par les armes à se soumettre à sa Religion ( N)ceux qui ne le faisoient pas volontairement. Par là nous conservons à la Religion Chrétienne l’une

des

(41) î'IEgile àe St.Matthieu,fl»],. VII,Vos. 14 .

(41) Sì »»-dtm feemsdítì qtticqttidimam ifftt ,jî ubi fiera.

son prochain, celui d’être charitable, celui de renoncer àla vanité, celui de ne faire tort à personne, 8 c enfin celuiqui est l’abrégé de la Loi 8 c des Prophètes (42.) > faites àvôtre prochain ce que Vous voudriez, qui vous fût fait (43).

C’est donc se faire illusion, que de prétendre que la Loide Mahomet ne s’établit avec tant de promtitude, 8c tantd’étendue, que parce qu’elle ôtoit à l’homme le joug desbonnes œuvres, 8c des observances pénibles, 8c qu’elle luipermettoit les mauvaises mœurs. Si je ne me trompe, lesseules choses, en quoi elle lâche le nœu que l’Evangile aferré, font le mariage, 8c la vengeance; car elle permetla polygamie, 8c de rendre le mal pour le mal: mais les

pudiques, 8c les plus gourmans > aimeront mieux suivre lePrédicateur Chrétien que l’autre, quand même on supose-roìt qu’ils ajoutent autant de foi aux promesses du Maho-métan, qu’aux promesses du Chrétien ? Ils feroient fansdoute ce que l’on volt faire à un soldat, qui sait les of-fres de deux Capitaines dont chacun leve du monde. Quoiqu’il fe persuade qu’ils sont tous deux bien sincères, c’est-à-dire , qu’ils donneront tout ce qu’ils promettent, il nelaisse pas de s’enrôler fous celui qui offre le plus. Tout demême ces Païens préféreraient le Paradis de l’Evangile àcelui de Mahomet, quand même ils feroient persuadez quel’un 8c l’autre de ces deux Prédicateurs feroit trouver à fe:

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J u rfs à les Paiens n’y gagnoient guere, ils étoient en pos- Disciples la récompense qu’il auroit promise (52.)- Car il

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session d'un usage qui ne les gênoit pas beaucoup à cetégard. Hottinger (44) nous donne une longue Liste desAphorismes moraux,ou des Apophthegmes des Mahomé-tans. On peut dire fans flater cette Religion, que les plusexcellens préceptes qu’on puisse donner à l’homme pour lapratique de la vertu, 8c pour la fuite du vice, font con-tenus dans ces Aphorismes. Hottinger ne fait point diffi-culté de relever cette Morale au dessus de celle de plusieursMoines (45). Mr. Simon n’a point parlé, moins avanta-geusement de la Religion Mahométane par raport à la Mo-rale. Elle confise, dit-il (46), à faire le bien, v à éviterle mal : c est ce qui fait qu ils examinent avec foin les vertuszr les vices, zy leurs Cafuifies ne font pas moins subtils que lesnôtres. Après avoir raporté quelques-uns de leurs principestouchant la nécessité de la foi, 8c la confiance en Dieu,8c l’humilité, 8c la répentance, 8cc,il ajoûte (47): Je pajjefous silence le refle de leur Morale, à' autant que ce que j’en airapporté suffit pour monflrer quelle elle efl; zyjepuis assurer, qu ellen'est point fi relâchée que celle de quelques Cafuifies de noftrefiecíe. J'ajouterai feulement, qu'ils ont quantité de beauxpréceptes touchant les devoirs des particuliers envers leur pro-chain , où ils donnent mefme des réglés de la civilité. Ilsont auffi eferit de la maniéré dont on fe doit comporter enversson Prince ; z? une de leurs maximes est, qu il n'est jamaispermis de le tuer, ni mefme d'en dire du mal fous prétexté qu ilest un Tyran.

(M) . . . zy parce qu il promettoit aux hommes un Para-dis sensuel .] II faut convenir que cette promesse pouvoirêtre un leurre pour les Paiens, qui n’avoient que des idéesconfuses du bonheur de l’autre vie : mais je ne fat si elleétoit propre à tenter les Juifs, 8c je ne croi pas qu’elle ait

pu rien opérer fur les Chrétiens; 8c cependant combien yeut-il Hp - - C. . V - - - 1

f J 2) Ctci stdoit entendreen mettant à

c ft par undon de Dieu,& par lá fa-veur du SaintEsprit, queE on choisitla vraieEglise, Nousparlons ici

ne faut pas s’imaginer qu’un voluptueux aime les plaisirsdes sens, uniquement parce qu’ils découlent de cette four- part u Doc-ce : il les aimerait également s’ils venoient d'ailleurs. Fai- de Utes-lui trouver plus de plaisir à humer l’air dans une caver- sfifsfiilfsf*ne, qu a manger de bons ragoûts, il quitera de bon cœur fir.t direles meilleurs repas pour aller dans cette caverne (;zh Fai-tes-lui trouver plus de plaisir à examiner un ProblèmeGéométrique , qu’à jouir d’une belle femme , il quiteravolontiers cette belle femme pour ce Problème : 8c parconséquent on feroit déraisonnable, si l’on suposoit qu’unMahométan entraînerait après lui tous les Auditeurs volup-tueux ; car puis qu’ils n’aiment les plaisirs des sens, queparce qu’ils n’en trouvent point de meilleurs, il est clair film u’sii-qu’ils y renonceraient fans aucune peine pour jouir d’un positionbonheur encore plus grand, Que m’importe, diroient-ils,que le Paradis des Chrétiens ne fournisse pas les plaisirs dela bonne chere, la jouissance des belles femmes, Sec, puisqu’il fournit d’autres plaisirs qui surpassent infiniment toutce que les voluptez de la terre ont de plus sensible. Je croidonc qu’il ne se faut pas imaginer que les espérances, queMahomet a données du bonheur de l’autre vie,aient attiréà fa Secte les Chrétiens qui s’y engagèrent. Disons à-peu-près la même chose à l’égard des Juifs; car il paraît parplusieurs Pseaumes de David, qu’ils se faisoient une idéemerveilleuse du bonheur de l’autre vie. Les Paiens étoientplus aisez à leurrer, à cause que leur Religion les laissoit .,dans des ténèbres fort épaisses fur ]e détail des joies duPa- ÊclogV II,radis : mais ne tient-il qu’à dire aux gens qu’après cette vie Vcr f-ils jouiront des voluptez sensuelles avec beaucoup plus desatisfaction que dans ce Monde? Et qui êtes-vous,deman-deroit-on, qui nous promettez cela ? qui vous l’a dit ? d’oùle savez-vous? II faut donc suposer avant toutes choses que

l*on ne con-sidéré que lesmotifs d’in-térêt oti d*a-mour propre ,qui determi-nêroient Usgens au choixd*megion,-

(53) Trahitsua quemquevoluptas,Virgilius,

de Chrétiens que cê faux'Prophète fit tomber dans Mahomet .indépendamment des promesses de son Paradis,I Apostasie? Je veux qu’il faille prendre à la lettre ce qu’il ^ Wî sllt ' ^ ^’ liri Pronnete: & au avant

disoit des voluptez de son Paradis, que chacun y auroit laferce de cent hommes pour fe satisfaire entichement avec les

n. g ' î’Evangile à celui de Mahomet, pourveu qu’elles ajoûtent soumettre à fa Religion . ] II ne faut point chercher ailleurs

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Cap. II

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femmes, aufii bien que pour boire zy pour manger (48) : celane balanceroit point l’idée que l’Ecriture nous donne dubonheur de l’autre vie ; car elle en parle (49) comme d’unétat dont les délices surpassent tout ce que les yeux ont vu,tout ce que les oreilles ont ouï, 3 r tout ce qui peut mon-ter au cœur de l’homme. Dès qu’on ajoûte foi à l’Ecri-ture, on se représente le bonheur du Paradis comme quel-que chose qui surpasse l’imagination, on n’y donne pointde bornes. Tâchez de vous fixer à quelque idée, vousn’en venez point à bout, vos espérances vous portent plushaut, elles s’élancent au delà de toutes bornes. Mahometne vous laisse point cette liberté : il vous renferme dans decertaines limites; si multiplie cent fois les plaisirs que vousavez éprouvez, 8c vous laisse là. Qu’est-ce que cent foisen comparaison d’un nombre où l’on ne trouve jamais ledernier terme? Mais, dira-t-on, l'Ecriture ne vous parleque de plaisir en général, 8c si elle se sert d’une image cor-porelle , si elle promet que l’on fera rajfasté de la graijje dela maison de T)ieu , que l'on fera abbruvé au fleuve de fesdelkes (50), vous êtes avertis tout.aussitôt que ce font desMétaphores, qui cachent un plaisir spirituel. Cela ne tou-che pas les âmes mondaines comme si on leur promet-toit les plaisirs des sens. Je répons que les âmes les plusplongées dans la matière préféreront toujours le Paradis de

s’est établi fur le pied d’un grand Prophète; 8c qu’avantque de se laisser prendre à l’apas de ces voluptez, on a étépersuadé qu’il avoir une Mission céleste pour rétablissementde la vraie foi. Ainsi les progrès de cette Secte n’ont pointeu pour cause les promesses d’un Paradis sensuel : car ceuxqui ne le croioient pas envoie de Dieu, ne tenoient nulcompte de ses promesses ; 8c ceux qui le croioient unvrai Prophète, n’auroìent pas laissé de le suivre, encorequ’il ne leur eût promis qu’un bonheur spirituel dans l’au-tre Monde. Ne donnons point lieu aux Libertins de rétor-quer contre l’Evangsie cette Objection, comme s’il n’avoic

eu tant d’efficace pour convertir les Paiens, qu’à cause qu illeur promettoit un Paradis, ou une félicité qui surpasse in-finiment tout ce que l’on peut imaginer de délicieux. Enparticulier, abstenons-nous des railleries qui feroient fon-dées fur l’or 8c les pierreries, 8c fur tels autres ornemensdu Paradis de Mahomet; car vous trouvez de telles cho-ses , & autant d’especes de pierres précieuses, que dans laboutique du plus fameux Joùaillier.dans la description quel’Apocalypse (54) nous donne du Paradis. Et qu’on ne Dms [{me dise pas qu’une ame charnelle 8c brutale croit plutôt chap, x x /,les plaisirs grossiers que les plaisirs spirituels; càí s’il y ades choses qui lui paraissent incroiables, c’est principale 5ment la résurrection : desorte que si Mahomet a pu luipersuader la résurrection, un Chrétien lui eût pu persuader ^ ^les joies spirituelles de l’autre Monde. Voiez la marge (7 5). finínil ?lU(N) Il prit le parti de contraindre par les armes à fe nier que

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la cause de ses progrès ; nous 1 ^fy^fffíreque, où les TlurnZtxne nie point que les divisions u ^.fuipliées, le mauvais SarraúnsSectes s’étoient malheureusement^prion des mœurs, ZnZ/iTétat de l’Empire d Orient, cture pour les desseins de Po i yíam u ;n’aient été une favorable c J ^ résister à des armées car íh étoient

cet Imposteur; mais enfin, c . tures ? interrogez les fin enclins

conquérantes qui exigent ^ ce mdtier y an 1685 : *

Dragons de ^nee, qm font forts de faire signer P AI- lncrcd ibilcils vous répondront qu Qurvu qn'on leur donne le tems est quo ar-

coran à toute la terre, p cmpt u e intran, contrain-ks dore apud

à à -, î

d'entrer. U Y * de fi bonnes troupes a fa dévotion, 8c lolàirprévu qu u auto ^ st > auro ìt pas pris tant de peine à sexus.

..- si destinées a ’ ^ p e do nner des airs dévots dans

face, 8tc. N’eíï-il pas vrai que les Auditeurs les pius ma Kk 1

? Q M, III,

foi historiquement à la description de la vision béatifique,quand même elles ajoûteroient la même foi à l’Alco-tan ( S i). Je m’explique par cette suposition. Représen-tons-nous deux Prédicateurs, l’un Chrétien,8c l’autre Ma-hométan, qui prêchent devant des Paiens. Chacun tâchede les attirer à foi par l’étalage des joies du Paradis. LeMahométan promet des festins, 8c de belles femmes, 8cpour mieux toucher ses Auditeurs, il leur dit qu’en l’autremonde les plaisirs des sens seront cent fois plus délicieuxqu’ils ne le sont dans celui-ci. Le Chrétien déclare que lesjoies du Paradis ne consisteront ni à manger, ni à boire,m dans l’union des deux sexes; mais qu’elles seront si vi-ves > que l’imagination d’aucun homme 11’est capable d’yatteindre, 8c que tout ce que l’on se peut figurer en mul-