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Tome troisieme. K - P.
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ïnatìcre d’Hérésies & de Sectes, se sont servis (h) : il ne s’est point apuié fur des intrigues de fem-me (j) j & il n’a nullement mis le beau sexe dans ses intérêts (Ê.)- H a cru cjue la valeur de

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(hj Conférés ce que dejsui , 7 Xemarque (D) de FArticle GREGOIRE I. (:) Exceptez. , st veus "voulez ., le: cons cffl.eique fit femme Chadigha lui rendit nu commencement, comme je Fm marqué ci-dejfus.

parmi les Princes Chrétiens des Conquérans qui puissenttenir la balance contre les baladins, les Gingis Chams,les Tamerlans, les Amurats, les Bajazeths, les Mahometsseconds, les Solimans. Les Sarrazins ne resserrérent-ilspas le Christianisme jusqu’au pied des Pyrénées? N’ont-ils pas fait cent ravages dans l’Italie, & jusques au cœurde la France (70)? Les Turcs n’ont-ils pas poussé leursconquêtes jusques aux confins de l’Allemagne, & jusquesau golfe de Venise ? Les Ligues, 8c les Croisades desPrinces Chrétiens, ces grandes expéditions qui épuisoientd’hommes 8c d’argent l’Eglise Latine, ne doivent-elles pasêtre comparées à une mer qui pousse ses flots depuis l'Oc-cident jusqu’à l’Orient, pour les briser à la rencontre desforces Mahométanes, comme a la rencontre d’un rivagebien escarpé ? II a falu enfin céder à l’étoile de Mahomet,& au lieu de F aller chercher dans FA fie, on a compté pourun grand bonheur de se pouvoir batre en retraite dans lecentre de FEurope? Volez ci-dessous (71) les monumenséternels que le Christianisme a élevez à la supériorité dela fortune Mahométane. On peut apliquer aux Mahomé-tans 8c aux Chrétiens ce que Salluste remarque des Athe- ,niens & des Romains : Athenienfium res gèst&sficut ego existì-mo , satis ampU, magnificaque fuere, verum aliquanto mino-res tamen, quam fuma feruntur : sed , quia provenere ibi mag-na scriptorum ingénia , per terrarum orbem AthenienfiumfaSìa pro maximis eelebrantur. lia eorum qui ea fecere, virtustanta habetur , quantum verbis ea potuere extollere praclaraingénia. At populo R. nunquam ea copia fuit: quia pruûen-tijjimus quisque riegotiosus maxime erat. lngenium nemo fineeorpore exercebat. Optimus quisque facere , quam dicere ; suaab aliis benefaâía laudarì, quam ipse alìorum narrare, male-bat (72). Les Mahométans, plus apliquez à la guerrequ’à l’étude, n'ont point composé d’Histoires qui égalentleurs actions; mais les Chrétiens, fertiles en gens d’esprit,ont composé des Histoires qui surpassent tout ce qu'ils ontfait. Ce manque de bons Historiens n’empêche pas queces Infidèles ne sachent dire, que le Ciel a de tout temsrendu témoignage à la sainteté de leur Religion, parlesvictoires qu’ils ont remportées (7 3). II leur faloit laisserce Sophisme, & ne les point imiter mal à propos, com-me a fait un Pere de FOratoire (74). Son Ouvrage estscandaleux 8c de pernicieuse conséquence; car il roulefor cette fausse suposition, que la vraie Eglise est celle queDieu a le plus enrichie de bénédictions temporelles. A vui-der par cette réglé les disputes de Religion, le Christianis-me perdrait bientôt son Procès. La prudence ne souffrepas qu on le mette en compromis, fans se retrancher surles Confessions de Foi, 8c fans stipuler qu’on n’aura égard,ni à l’étendue, ni au plus grand nombre de victoires. Jene sai si l’on devroit se bazarder à être jugé par les mœurs ;mais st les Infidèles consentoient que l’on adjugeât la pré-férence à l’esprit, à l’érudition, 8c à la vertu militaire, illes faudrait prendre au mot, ils perdraient infailliblementleur cause à l'heure qu’il est. Ils sont fort au dessous desChrétiens a 1 égard de ces trois choses. Bel avantage qued’entendre beaucoup mieux qu'eux Fart de tuer, de bom-barder , 8c d’exterminer le genre humain (75)! Notez, j evous prié, que la Religion Mahométane a eu bonne partautrefois à la gloire temporelle, qui consiste dans la cul-ture des Sciences. Elles ont fleuri dans l’Empire des Sar-razins avec un très-grand éclat (76). On y a vu de beauxEsprits, 8c de bons Poètes: on y a vu de grans Philoso-phes, 8c de fameux Astronomes, 8c des Médecins très-illustres. Pour ne pas dire que plusieurs Califes se sont a-quìs une très-belle réputation par leurs qualitez morales,

8c par ces vertus de paix, qui ne font pas d’un moindreprix que les vertus militaires. II n’y a donc aucune especede prospérité temporelle dont cette Secte n’ait été favori-sée avec une insigne distinction.

J’ai dit qu’il ne serait pas trop sor, de laisser juger parles mœurs st le Christianisme est la vraie Eglise. Cela de-mande une petite explication. Je ne prétens pas que lesChrétiens soient plus déréglez quant aux mœurs que lesInfidèles; mais je isolerais affirmer qu’ils le soient moins.Ces Relations des Voiageurs ne Raccordent pas: il y en ajui donnent beaucoup d’éloges à la probité, à la charité,a la dévotion des Turcs, 8c qui représentent les femmesTurques comme la pudeur 8c la modestie même: il y ena auffi qui parlent très-mal des mœurs de cette Nation.Hottinger cite un Auteur qui admire la vertu des Tur-ques, 8c qui Foposc à la conduite des Chrétiennes. Certemihi magna admiratìo oritur quando honesiatem quam viditn fœmineo sexu inter Turcos considéra , esr impudicijfimos ,tmprobos çy damnatos mores feeminarum inter Christianostpnspicio (77), L es femmes Turques ne montrent jamaisle visage, sortent peu, 8c croiraient 1e déshonorer fi essesassoient à cheval. Les discours qu’un mari tient à fa fem-ne dans son logis sont si modestes, qu’on n’y remarque^ en , de sensuel, non plus que dans fa contenance. Etiamomtbus propriis viri tum uxore nunquam in aSlibus çp*t’ Hs (Momione minimum indicium laficm* vel m-

honestatis deprehendi potest (78). Mr. Chardin nous aprendqu’en Perse on se marie fans se voir, er qu’un homme nevoit fa femme que quand il a consommé le mariage, LV sou-vent il ne le consomme que plufieurs jours après qu’on l’aconduite chez lui, la belle fuyant er se cachant parmi lesfemmes, ou ne voulant pas laisser faire le mari. Ces saponsarrivent souvent entre les personnes de qualité, par ce qui leuravis cela sent la débauchée de donner fi-tôt la derniere faveur.Les filles du sang royal en usant particulièrement de la fapon ,il saut des mois pour les réduire (79). II parle tout autre-ment des Géorgiennes, qui font profession du Christianis-me; car après avoir donné aux Géorgiens tous les défautsimaginables, il ajoûte, Les femmes ne font ni moins vicieusesni moins méchantes, elles ont un grand foible pour les hom-mes, çr elles ont assurément plus de part queux en ce torrentd’impureté qui inonde tout leur pais (80). L’Auteur cité parHottinger n’éleve pas moins les mœurs des Turcs au des-sus des mœurs des Chrétiens, que la conduite des Turquesau dessus de la conduite des Chrétiennes (81). D'autresRelations accusent les Turcs d’un extrême dérèglement,8c n’oublient pas la multitude de leurs concubines, qu’ilsachetent au.marché, 8c qu’ils visitent 8c touchent par toutavant que de convenir du prix (82.), tout comme font lesbouchers, quând ils achetent quelque bête. Vere ut Pius11 . (lib. 1 Epist. IZI cr Boskhierus ex eodem Philip. 10,pag. 362) de Turcis scripserit esse populum lambentem,fellatorem, Lesbiatorem, fœminarum omnium concubi-tum gustantem 8c delibantem, addimus çr vere fornicato-rium, utpote, qui non tantum Virgines violant (scribente Bar-tholomao Georgieviz.) (cap. 6 8c 7) etiam ante ora patrum,sed etiam mafculos captivas, indomita libidinis hi hommes fibisubfiernunt (Boskhier. pag. 61 8c 89.) Insoro vénales, nu-dofque exponunt vires, fxminasque, videndos esr coram omni-bus contreâlandos, etiam quà pudor natura debetur, nudoscurrere, saltare jubent, qui vitia,sexus, atas, corruptio veltntegritas appareant (83). Voilà un Pape qui impute auxTurcs beaucoup de sales actions; mais ce que des Ecri-vains Catholiques ont écrit de la Cour de Rome, 8c ceque l’on peut écrire de plusieurs Nations Chrétiennes,n’est pas meilleur : desorte qu’il semble qu’on puisse a filtreren général, que les Chrétiens 8c les Infidelles n’ont rien àsc reprocher; 8c que s’il y a quelque différence entre leursmauvaises mœurs, c’est plutôt la diversité de climat qui enest la cause, que la diversité de Religion.

(6jJ il n a nullement mis le beau sexe dans fies intérêts.']La permission qu’il accorde aux hommes d’avoir plusieursfemmes, 8c de Les fouetter quand esses ne voudront pasobéît (84), 8c de les répudier si elles viennent à déplaire(85), est une Loi très-incommode au beau sexe. Ilsegarda bien d’accorder aux femmes la permission d’avoirplusieurs hommes, 8c il ne voulut pas même qu’elles pus-sent quitter des maris fâcheux, à moins qu’ils n’y consen-tissent (86). II ordonna qu’une femme répudiée ne pût seremarier que deux fois, 8c que st elle étoit répudiée deson troisième mari, 8c que le premier ne la voulût pointreprendre, esse renonçât au mariage pour toute fa vie (87).Bien loin de leur permettre de montrer la gorge, ou dumoins le cou, il 11e voulut pas qu’on leur vît les pieds:leur mari seul pouvoit avoir ce privilège. Mulieres itaquebona se curent, ne lunaticum aspiciant, suoque peplo tegentescollum & pebíus, omnemque fuatn pukhritudinem, nifi quan-tum apparere nécessitas coget, cèlent omnibus , fpeciemque pe-dum etiam eundo nifi maritis fuis (88). Mais il est vraiqu’en cela il ne fit que retenir la coutume qui s’observoitdans F Arabie ; car nous aprenons de Tertullien que lesfemmes de ce païs-là couvraient tellement leur visage,qu’elles ne se pouvoient servir que d’un œil. j ludìcabuntvos Arabia feemina Ethnica, qua non caput, sed saciem quo-que ita totam tegunt, ut uno oculo liberato contenta fint di-mìdiam srui lucem, quam totam saciem prostituera (89). Jecroi qu’on se trompe (90), quand on débite que Mahometa. permis aux hommes d’épouser autant de femmes qu’ilsvoudraient; car il modifie fa proposition, 8c il la limitede telle sorte, qu’on voit bien qu’il a seulement voulu per-mettre qu’ils en épousassent jusqu’à quatre, s’ils se sentoientcapables de les contenir en paix. §uotcunque placuerit,duas scilicet, aut tres vel quatuor uxores dtictte, nifi timue-

ritis eas pacificarepasse (91). Mais on ne se trompe point,quaiîd on assûre qu’il ne leur a point limite le nombre desconcubines. Aussi voit-on que les Turcs en peuvent avoirtout autant qu’ils font capables d en entretenir. La con-dition des quatre épouses n est-ellc pas déplorable, fous uneLoi qui donne droit au mari de leur ôter ce qui leur estdû 8c de le détourner fur de jolies esclaves, autant qu’ilen pourra acheter? Ce divertissement des fonds matri-moniaux ne réduit-il pas a 1 indigence 8c à une extreniesoufrance ? Qu'on ne me dise point que 1 a Loi y a pour-vu, aiant accordé aux quatre épouses de coucher une foischaque semaine avec le mari. De sorte que s il s’en trouvequelqu’une qui ait passé me semaine entiere sans jouir de ce pri-vilège, elle est en droit de demander la nuit du Jeudy de laK k 3 semaine

(78) ZtóJibidem ,

(79) Nou*vestes de laRépubliquedes Lettres,Olf. lS8«,

m 9,

dans F Ex-trait desVoiages deMr. Char-din.

(80) Lk-mê*me, j. 1129,

(8iJ Sep-tem-Cas-ttensis , deTutcammMoribus,

Cap. VIII,pag. z s, aptsd

Hotting.Histor.Orient, pag.B04.

(.82) Conférer,ce qu'on citedt Suetoneci-clejfusCitation (64)dt F \Articlek Or. VIE.

(83) Corné-lius Oyrha-gius, in An-tichristoMahomete ,pag- Z 7 «.

(84) épaa fiforte praetptanon observa •»verint, avobis correëfsè& ca/h'gntee ,in domibttsUSHfve detm -ta verberenrtur , usfufi(juo vestrì*nuiibus <èrpraceptis pa~reant. Alcor*Sttrat. IX %

Í«S) Quandoilìet nonAmpltus tìbtplacent com -mut are taslicet . Ibid.Surat. VII r*

(86) Muli erad fugam s epraparansinvito marítorecuperetur ab€0. AlcOxan oSurat. m,

(» 7 ) Ibid.

(88) Ibid.XXXIV.

(89) Tcr-tuli. de

Virginibus

velandis.

(90) Voìez,

Ric aut,

Etat del’EmpireOttoman.Livr. 11,Ck«p. XXI,& les Notesde Bespier.

(91) Alcor.Surat. VIU ,