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Tome troisieme. K - P.
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263
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MAHOMET.

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(T). Monsr. Moreri raporte un Conte à quoi l’on a oublié de joindre une circonstance essen-tielle, c’est touchant cet homme qui fut accablé de pierres dans un puits sec (U). L’un des plus

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««f. Baudier (110) donne quinze femmes à Mahomet,fans les esclaves. Elmacin ne parle que de trois femmesde Mahomet; mais il omet la prémiere, qui étoit morteavant qu il épousât les trois autres. Je croy qu il rìy a riende bien affûré (c’est Bespier qui parle) à l’égard du nombredes femmes de Mahomet, zz encore moins d' Aly, de qui jus-ques ici, je n ay f oint lu qu il eút épousé d'autre femme que lafeule fille de Mahomet, nommée Fatime (m). Mr. Pfeifferraporte que ce faux Prophète prit jusqu à dix-sept femmes,selon quelques-uns, or jusqu k vingt-une selon les autres (m).Cela seroit peu étrange, mais ce qu’il y a d’extraordinaire,c’est ce que Belon raporte, & dontj’ai déjà parlé, ll estescrit dans un Livre Arabe, dit-il (113), intitulé des bonnescouftumes de Mahomet, le louant de ses vertus, c? de ses forcescorporelles, qu il fe vantoit de pratiquer fes onz.e femmes en unemême heure , l’ttne âpres Vautre (114). Plufîeurs se souvien-dront ici du Frere Fredon de Rabelais (115). Je ne saice qu’il faut croire de ce qu’on conte, que Mahomet eûtà faire avec son aneíse. Turcarum Legistator Mahumetes afel-lam qua vehebatur ex indomito libidinis ardore comprejfit (116).

( T) Il n osa pas être le seul qui jouît du privilège de la poly-gamie , quoi que pour l'inceste il ait eu Vaudace . de se

le reserver par un privilège spécial, ] Pour colorer son in-continence qui l’avoit pouffé a épouser plusieurs femmes,il suposa que Dieu lui avoit révélé que cela étoit permis.II salut donc qu’il insérât cet article dans son Alcoran. Maisparce que fes servantes lui donnèrent dans la vue, 8c qu’ilcoucha avec elles, il eut besoin d’une nouvelle Révélationen faveur de l’adultere ; il salut donc qu’il fît un Articleexprès touchant le concubinage des maris. II n’avoit en-core que deux femmes, lors que Marina fa servante, créa-ture très-jolie, lui plut si fort, qu’il coucha avec elle fansattendre qu’elle fût en âge nubile. Ses femmes le surpri-rent en flagrant délit, 8c s’emportérent. II leur jura qu’iln’y retourneroit plus si elles vouloientse taire; mais com-me il viola ce serment, elles firent beaucoup de bruit, &sortirent de chéz lui. Pour remédier à ce grand scandale,il feignit une voix du ciel, qui lui aprenoit qu’il étoit per-mis d’avoir à faire avec fes servantes. Voilà comme cetImposteur commençoit par faire le crime, 8c finiffoit par•e convertir en Loi générale. Cela ne sent point le Fana-w Cne bonne pierre de touche pour conoître si ceux

»i:n<tirmmt lVpUnu * ent d ’ Ins P lratl °ns, soit pour débiter de nouvel-1 ‘ faites vtms ‘ W _P etles > soit pour expliquer les anciennes, l’Apo-F? 1 , exem P le ,» y procedent de bonne foi, est d’e-1 £r 1 eur doctrine change de route à proportion quees tems changent, 8c que leur propre intérêt n’est plus lememe qu auparavant (r 17). (ri8) u quoque notandum (jeppi>'fr r sets de 1 autorité d’un célébré Théologien) leges istas in

" fuorum facinorum patrocinium, excogitatas ab ipso Jemper fuijsepojl commijsa illa, non ante ; ut ita manifeftìsstme liqueat , tftatn crtminum fuorum excufationem vel defenjionem ab eo com-menta dolo pejsimo fuijse -(119 ) Taie tstud quod de Mu-

hammede narrant, eum cumpuellâ formofâ,fed infra atatem,Marina m adulterìo deprehensum , d conjuqtbus fuis uiasâ çp*Chadigâ juramento adaâlum promisJse ,modo tacerent,ab ifihacpuellâ pofihac abfienturum, verum quod non servarit : quaretlU eum . deseruerint, z? ad patrias revers* fint *des. Quemtumultum ut sedaret iterum more solito divinum commentushoc responsum fuit, quod est cap. de prohibition e, quo daturviris cum ancillis congrediendi pot estas (ancilla quippe Muha-medis erat etiam illa Marina, ) quando ZZ quousque libuerìt ,Xequidquam reclamantibus zs 4 emulantibus uxoribus. Sedjamunte banc confiHam legem id facinus commiserat,zsr fidem de nonc °mmittendo interposuerat , perjurus adulter e /stuprator (12.0).■Avec úne impudence dont on ne sauroit s’étonner suffisam-ment, il suposa que Dieu défendent l’inceste aux autreshommes, mais qu’il le lui permettoit par une grâce parti-culiere. Aliis fevere ipfe interdicìt, cap. de mulieribus, nel'tafcunque sr consanguineas ducant : ne commiseeamini cumwulieribus, quse cognitee fuerunt à Patribus vestris, quo-ni am turpe^est 8c malum, 8c iniquum ; prohibitae sont vobispitres vestrœ, & filiœ fratris vestri, & filiae sororis vestraefs- Sibt vero licentiam tribuit, quasi ex oraculo dtvino ,quam-‘ bet potiundi. Cap. de hseresibus, vel feâlis. O Propheta,*j 0s certe concedimus tibi, inquit ei Deus, potestatem in«xores tuas omnes quibus dederis mercedes suas, 8c quas-cunque acceperit manus tua, 8t Mas patrui tui, 8c Mast nutae tuae, 8c Mas fratris matris tuae, 8c Mas materterm■ ® > quse peregrinatse sont tecum, Lc quameunque mu-r i£ ® credentem, quœ se tibi Propheta; prostituere volue-C ìdque tibi speciatim, 8c singulariser conceditur; nona ^^ìbuscunque. Dìgnttm certe Propheta prïvilegïum !tecfi c C0 P u lare cum quacunque ex illis tibi libuerìt, 8ccrim? 1 ■ C hdiabitare quameunque volueris, 8c non erit tibi* n °Lco Qil ' autem" ' Ve ^ a dhanc accedere, vel ab illa recedere. Hoc’ Afl 'Ucdu l n tta Parum est; verum etiam gratum habeant ipfe quid-

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quid tibi libuerit, Lc non contristentur, 8c conìplaceant sibíde quacunque re qua m illis dederis. Propudium hominis ! sibtprimas in promiscuâ esr turpifpmâ libidine explendâ concèdentpartes { m). II n’ osa pas toûjours étendre fes prérogati- (irî)ves; car il se fit défendre d’enlever à l’avenir la femme de Hoornbeelt,son prochain. II se contenta d’aprendre au monde que SummaDieu aprouvoit le passé, à condition que l’on n’y retom- '

bât plus. Pour bien entendre ceci, il faut savoir que Ma- fhom et, mari déjà de neuf femmes, en épousa une dixièmequ’il avoit ôtée à son valet. On en murmura; le valet criacontre cette injure. Le faux Prophète, pour faire cesserle scandale , fit semblant d’avoir envie de restituer cequ’il avoit pris ; mais comme ce n’étoit pas fa pensée, iltrouva bientôt le moien de s’en dispenser. II feignit queDieu l’avoit censuré de cette résolution, 8c lui avoit ordon-né de garder sa dixieme femme, sans avoir la complaisan-ce de déférer au scandale humain au préjudice de l’apro-bation celeste. Illam (uxorem servi fui Zaidis) conftupratammox quasi ex divine iterum oraculo desponfavit in uxorem ,quamvis novem aliis Jìipatus. Quare ut, tum aliis hoc indig-nantibus faâium, tum fervo Zaidt fatisfaceret, tntroducit inAlkorano, capite citato, Deum fe reprehendentem, quod cogi-tajfet uxorem Zaido réddere, ob ojfenfam, quam hinc nempehommes capiebant : 8c cum diceres lili, cui Deus bénéficiacontulit, 8c tu quoque contulisti ; accipe tibi uxorem tua m,

8c time Deum, 8c abfcondebas in corde tuo quod Deusoperabatur, 8c timebas hommes, 8c Deus dignior est uttimeas eum. Cum ergo Zaidus illam cognoverit, feu de-floraverit eam, nos copulavimus eam tibi, ne fit fidelibuspeccatum m uxoribus desideriorum eorum, cum cogno-verint eas, 8c imperium Dei completum est; non est im-putandum ad culpam Prophetse illud, quod Deus illi spe-ciatim permisit (izz). II s’aperçut bien que cela jetteroit {»**)/<&«,l’allarme dans lame de tous les maris; c’est pourquoi il eut Mí*

l’adresse de rassurer, tout le monde: il publia qu'à l’avenir 7 *par ordre de Dieu il laisseroit aux maris leurs femmes, en-core qu’il en devint amoureux (izz). (tu) zv-,

{V) Un homme. . . fut accablé de pierres dans un puits sec. j tìbí

On verra cette Avanture à la fin d’un long Passage desCoups d’JEtat qui va être raporté, 8c qui contient plusieurs ut australchoses touchant notre faux Prophète. „ (114) Voyant,» qu’il estoit fort sujet à tomber du haut mal, il s’avisa„ de faire croire à ses amis que les plus violens paroxis-„ mes de son épilepsie essuient autant d’extases 8c de si-», gnes de l’esprit de Dieu qui descendoit en luy ; il leur„ persuada auísi qu’un pigeon blanc, qui venoit manger des„ grains de bled dans son oreille, étoit l’Ange Gabriel qui„ luy venoit annoncer de la part du même Dieu ce qu’il dé^Coups„ avoit à faire. En fuite de cela, il fe servit du Moine Ser- d’Etat,

„ gius pmr composer un Alcoran, qu il seignoit luy estre diSléde la propre bouche de Dieu. Finalement, il attira un fa-

uxores aviris fuis,ètìamst earumfulchritudinecaptas futris .Apud eum-dem, ibid.

(124) Nau-

Chap, III,pag. m. J2ï.

e.

«îscul

lest.

J- & c. 10. sect. 2. & j. ijr à Vincent de Ledits

11 faim dire Vincent de

Beauvais.

„ meux Astrologue,pour disposer les peuples par les prédictions„ qu’il faisoit du changement d’Estat qui devoir arriver,

„ 8c de la nouvelle loy qu’un grand Prophète devoir éta-,

,, bhr , à recevoir plus facilement la sienne , lors qu'il,, viendroit à la publier. Mais s’eslant une fois apperceu,» que son Secretaíre Abdala Ben-falon, contre lequel il„ s’étoit piqué à tort, commençoit à découvrir 8c publier„ telles impostures, il l’égorgea un soir dans fa maison,

„ Lc fit mettre le feu aux quatre coins, avec intention de„ persuader le lendemain au peuple, que cela estoit arri-„ vé par le feu du Ciel, 8c pour chastier ledit Secretaire,

„ qui s’estoit efforcé de changer 8c corrompre quelques„ passages de l’Alcoran. Ce n’estoit pas toutefois à cette„ finesse que dévoient aboutir toutes les autres; il en falloir„ encore une qui achevast le mystère; 8c ce fut qu’il per-„ sua da au plus fidelle de fes domestiques de descendre„ au fond d’un puits qui estoit proche d’un grand chemin,

„ afin de crier lors qu’il pafferoit en compagnie d’une„ grande multitude de peuple , qui le soivoit ordinaire-„ ment, Mahomet est le blen-aymé de Dieu, Mahomet est le„ bien-aymé de Dieu : 8c cela estant arrivé de la façon qu’il„ avoit proposé, il remercia soudain la divine bonté d’un„ témoignage si remarquable, 8c pria tout le peuple qui„ le soivoit de combler à l’heure même ce puits, 8c de„ baítir au dessus une petite Mosquée pour marque d’un„ tel miracle. Et par cette invention ce pauvre domesti-„ que sot incontinent assommé,8c ensevely sons une greíle„ de cailloux, qui luy ôterent bien le moyen de jamais,, découvrir la fausseté de ce miracle ; Excepit sed terra so-„ num, calamique loquaces (12.5) • On a oublié de nousaprendre comment le public a so que Mahomet subornacet homme. Que n’a-t-on eu l’industrie de suposer que cemisérable avoit révélé tout le secret à sa femme , qui ne

manqua pas de le dire à fes voisines, 8c aux passans, dès ,..

qu’elle eut apris la fin tragique de son mari ? Les mots La- f Apologietins que Naudé cite ne sont qu’une ingénieuse aplication deS sraIlSd’une circonstance de la Fable de Midas; mais- elle n’éclair- ac°cutedecit rien, 8c insinue qu’on ne s’est jamais avisé d’inventer Magie,/*®

un

(125) L?His-toire de cethomme acca-blé de pierresdam un puitsse trouve dansun autre Livrede Naudé ,savoir dans