MAHOMET.
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de ce Dictionaîre. On y voit entre autres choses beaucoup de preuves que Mahomet a été unImposteur, & qu 7/ a fait servir son Imposture à sa Cupidité (p). L’une de ces preuves est tiréede ce que les variations de son Esprit Prophétique répondoient au changement de ses intérêtsparticuliers (NN). Ce qu’on raporte de ses amours est assez étrange. II étoit jaloux au souve-rain point, & il ne laissa pas de prendre patience par raport aux galanteries de celle de ses épou-ses qui lui étoit la plus chere (00). II ne put jamais se résoudre à la renvoier, & il £t interve-nir les grandes machines de ses Révélations, pour faire ensorte que l’on cessât de médire d’elle,
Sc
(p) iffi- ,desurx, Viede Maho-met, p. ifj.
(JVJí) Les variations de son Esprit Prophétique répondoientau changement de ses intérêts particuliers .] Servons-nousâ-lux V- des paroles d< r , Mr - Prideaux (2.64). „ Presque tout sonde lvUho- e ” ^ coran ^ été (*) de cette maniéré , formé pour ré-p, i SS ' j> pondre à quelque dessein particulier qu’il avoir, suivant1 » que l’occalion le requeroit. S’il y avoit quelque chose1 )fd,ardi ' » de nouveau à mettre sur pié; quelque Objection con-, „ tre lui, ou contre sa Réligion , à répondre ; quelque
„ difficulté à refondre; quelque mécontentement parmi le,, Peuple, à apaiser; quelque Scandale à ôter; ou quel-„ que autre chose à faire pour le bien de ses Desseins, il„ avoit ordinairement recours à Y Ange Gabriel pour quel-„ que nouvelle Révélation ; 8c d’abord, il faisoit paroître„ dans soh Alcoran quelque augmentation propre à re-„ pondre aux fins qu’il se proposoit alors. De manie-„ re qu’il a presque tout été 1 composé en des occasions„ de cette nature , pour produire dans son Parti l’effet„ qu’il se proposoit. Et tous ses Commentateurs avouent„ assez la chose en faisant voir avec exactitude les rai-- „ sons pour lesquelles chaque Chapitre leur avoit été en-
„ voyé du Ciel. Mais cela fut cause des Contradictions„ qui font entrées en .abondance dans ce Livre. Car à„ mesure que les Affaires 8c les Desseins de l’Imposteur„ varioient, il se trouvoit auffi obligé de faire varier„ ses prétendues Révélations, ce qui est si bien con-„ nu parmi ceux de fa Secte, qu’ils confessent tous que„ cela est vrai ; c’est pourquoi là où ces Contradictions„ font telles qu’ils ne peuvent pas les sauver, ils veu-„ lent qu’on révoqué un de ces Endroits qui se contre-» disent. Et ils comptent, dans tout Y Alcoran, plus (**)c w 's lndT “ u ' ” âe 1 $0 Versets ainsi révoquez. , ce qui est le meilleurtracf‘ o1 ' » expédient qu’ils puissent prendre pour en sauver les con-*' 7 - Seh 3 >» tradictions , 8c les incompatibilitez. Mais en cela ils
„ découvrent extremement la legereté 8c l’inconstance de,, celui qui en étoit l’Auteur ”. Cette preuve d’Impostureí îS s) Dans a beaucoup de force: j’en ai déjà parlé ci-dessus (2.65);ts‘rn w <ji,c mais je dois ajoûter ici qu’on lui donneroit trop d’éten-due, fi l’on s’en vouloit servir fans exception contre tousles Explicateurs de l’Apocalypse, qui changent leurs Hy-1 ... „. P° thèses à proportion que les a faires générales prenent un
ait'nníulrp 1 ( z6 s' 11 se P eut faire quelquefois qu’il n’yChiméri- nn^nVf-^ r anatlsme dans Tinconstance de cesgens-là, 8cque, à - ÍA ^ Ji P°tut capables de s’apercevoir du mauvais état
fit 189 de ue leur tete, ils n aient pas moins de bonne foi lors qu’ils
" 1 Edition, varient , que s’ils ne varioient pas. Emploions donc unedistinction ; disons seulement que ceux qui changent leurSystème Apocalyptique selon les nouvelles de la Gazette,& toûjours conformément au but général de leurs Ecrits’debitent des fausserez, ou fans le savoir, ou le sachant
^duile est très-souvent une imposture, maisnon pas toujours.
(OO) Il étoit jaloux au souverain point , & il ne laissapas de prendre patience par raport aux galanteries de celle deJet épouses qui lui étoit la plus chere.'] „ Comme il s’étoit„ rendu brutalement esclave de l’amour des Femmes, il« étoit auffi extremement jaloux de celles qu’il avoit épou-,» fées. Ainsi pour les détourner de ce qu’il craignoit,(t) alcoran " (t) il les menaçoit d’un Châtiment une fois plus grand*• iz. ’ » que celui des autres Femmes tant dans ce monde quen dans celui qui est à venir, suposé qu’elles lui fussent in-„ fidelles. Et lors que quelques-uns de ses Settateurs fre-„ quentoient trop fa Maison, 8c y conversoieht avec quel-» ques-unes de ses Femmes, il en étoit si fâché, que pour» empêcher que cela n’arrivât plus, il fit paroître commeJP Un. » de la part de Dieu, ces Versets de Y Alcoran, (J) ou”* » il leur dit qu’ils ne dévoient pas entrer dans la maison
» du Prophète fans permission, 8c que s’ils étoient invitez» à dîner chez lui, ils dévoient en sortir immediatement» aprés le repas,fans entrer en conversation avec ses Fem-» Mes; que quoi que le Prophète eût honte de leur dire»> de s’en aller, cependant Dieu n’avoit pas honte de leur« dire la vérité. Et dans le même Chapitre il défend à» ses Femmes de parler à aucun Homme, â moins qu’el-»> les n’eussent le visage couvert d’un voile. Enfin il porta» cette Jalousie jusqu’au delà du Tornbeau. Car ne pou-(t) " va nt soufrir qu’aucun autre eût afaire avec ses Femmes
*•33. " quoi qu’aprés fa mort; (J) il défendit severement à
" ions ses Setlateurs d’aller jamais vers elles tant qu’elles" vivroient. De forte que quoi que toutes les autres Fem-» îues répudiées ou devenues Veuves eussent la liberté de" Pe remarier, cependant toutes ses Femmes se trouvoientA) 7 »htn. " ex f luës de ce Privilège. C est pourquoi toutes cellesc t ’s**dr IIUt " st u ’dlaissa en mourant (j j) resterent toûjours Veuves," ^oi qu’il y eût de bien jeunes, comme particulié-" remei st Ayesha qui n’avoit pas alors tout-à-fait zo ans,
,, 8c qui vécut encore plus de 48 ans aprés : ce qu’on re-,, gardoit dans ce Païs chaud comme une Contrainte où„ elles se trouvoient severement réduites (z6 7).
Vous voiez dans ces paroles de Mr. Prideaux, que la ”q e
même femme que nous avons apellée ci-dessus Aaifie (268), de Maho-s’apelle ici Ayesha. Les deux Auteurs que j’aì citez en met, pag.cet endroit-là s’expriment mal : ils disent que Mahomet *53 & fuív.fut enterré dans le tombeau à'Aaifie; mais comme ellevécut plus que lui, ils eu fient mieux fait de dire qu’il fut *
enterré dans la chambre de cette femme. C’est ainsi que (EEssci'tauMr. Prideaux s’est exprimé (169). II nous aprend (170) (107)!qu ’Ayesha fille de Abu-Seker étoit celle de toutes ses fem-mes que Mahomet aimoit le plus tendrement ... ; CT 1 quoi rri *.que ce fût une (( J) femme galante , toûjours occupée de quel- ^Maho- 6que intrigue, Mahomet ne pût jamais se refondre à la r en- me t ;voyer. Il composa donc le 24 chap. de l’Alcoranfiour inno- 134.cerner sa femme , esr pour se disculper en même tems de cequil la gardoit. Il y déclare donc à fis Musulmans de la ( 2 7 °) f.ì-part de Dieu, que tous ces bruits qui couroient au dcjavan- m - me >tage dé Ayesha étoient des impoftures , de noires calomnies,leur défend d'en plus parler, <y menaceant en même tems de Dijpu-peines terribles en cette vie c? en l’autre ceux qui oseraient tntío chris-médire des femmes de bien. Mahomet Vayant épousée jeune, tient c. 6.
(Jj.) prit foin de la faire instruire dans toutes les Sciences ttommmt.qui avoient cours en Arabie , fur tout dans l élégance e? la f corm.politesse du langage, ztr la connoistance de leurs Antiquitez;elle profita extremement des foins de son mari, & devint po- {\\) Appen-lie c?' savante. (*) Elle hdijsoìt Ali avec fureur, par ce que <hx ad Geo-ce fut lui qui découvrit fin Incontinence & ses désordres à sstsj ssMahomet. Voici une autre preuve de la tendresse avec “ J ‘ 'laquelle elle étoit aimée de son mari: ,, Sewda étoit. celle Difput,, des femmes (f) de Mahomet, qu’il aimoit le moins; chriflimi' '
,, II avoit même résolu de la renvoyer; mais elle le fié- c. « Eimn-„ chit par l’empressement avec lequel elle lui demanda “»• tib - 1,, qu’elle pût continuer à jouïr du nom de femme de Ma- j 4> 's hal„ homet, lui promettant quelle n’exigeroit rien déplus, .ÂTâ-sedM„ 8c que quand fou tour viendroit de coucher avec lui ire. '
„ elle le cedèroit à Ayesha. L’amour de Mahomet pour„ Ayesha le fit consentir trés volontiers à ce traitté, ainsi (t) Gemlut„ Sewda demeura dans fa maison pendant qu’il vécut, aux ad
„ conditions qu’elle s’étoit imposées (271). SaíLs
On croira peut-être que je parle improprement,lors que p. 568.j’assûre que Mahomet prit patience par raport aux galan-teries de l’épouse qu’il aimoit avec le plus de tendresse : ^71) Pri-car on s’imaginera qu’il la crut très-innocente ; 8c en ce âe^à!io-°cas-là il ne le faut plus considérer comme un mari tendre met, p. 143.8c jaloux, 8c en même tems insensible aux infidélitez con-jugales. Où fera donc cette singularité de caractère dontj’ai parlé? Je répons qu’il n’y a nulle aparence qu’il aitdouté des galanteries d’Ayesha. II les aprit par le raportde son gendre Ali, 8c ne discontinua point d’avoìr pourlui autant d’amitié 8c de confiance qn'aupatavant; 8c finsdoute il 11’en auroit point usé de cette maniéré, s il 1 eutpris pour un Calomniateur dans un point auffi délicat quecelui-là. Croions donc qu’il fut convaincu de la vérité duraport , 8cconsidérons de plus que si les intrigues amou-reuses de fa femme n’eussent pas été certaines, on n’eneût point fait de contes 8c de médisances, qui obligèrentle faux Prophète à recourir à l’Autorité céleste pour enarrêter le cours. Ses Sectateurs, s’étant une fois laissé per-suader qu’il leur parloir de la part de Dieu, avoient durespect., non seulement pour sa personne, mais auffi pourses femmes, 8c pour ses enfans. Ils 11’étoient donc pascapables de forger une Satire calomnieuse contre Ayesha,mais ils l’étoìent bien de conoître les désordres effectifs desà conduite, 8c d’en murmurer, 8c de s’en plaindre com-me d’un scandale insuportable qui deshonoroit i’homme dcDieu. Et il faut noter que la jalousie n’est p» s toûjoursuniforme dans ses causes, 8c dans ses effets: elle s’écartede ses réglés, ou de fa route ordinaire plus souvent quel’on ne pense. II y a des gens qui seroient jaloux s’ilsétoient moins amoureux : le souverain degré de la ten-dresse produit dans leur cœur une confiance qu un moin-dre degré n’y produiroit pas. IIT a des_jaloux qui ceflent fsfi\sf"sd’aimer quand ils se croient trahis. II y en a d autres f 0HV ; ent e '_qu’une infidélité comte ne guérit pas (zqz). Mahomet tore ie upouvoit bien être de cette dernieie claiie à 1 égard de la chanson <juiplus chere de ses femmes. II faut bien se souvenir qu’il «»»»»«l’aima toûjours, 8c c’est principalement ce qu’on doit con-sidérer; car s’il l’eût feulement gardée afin d cviter le ridi- d'm.Amant.cule, à quoi il auroit pu s exposer pai 3 e divorce, il ne Une infídé-faudroit lui attribuer qu’une patience politique, assez ordi- ihé cruellenaire dans le genre humain. Le nombre de ceux qui pré- ““fLférentà l’éclat d’une rupture, une continuation de com- traits d’unemunauté de vie avec un objet odieux, n’est pas petit. infidèle,
{PP) &c -
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