ì/r MAHOMET. MAHOMET II.
Sc de se scandaliser de son amitié pour une épouse de mauvais bruit. Ses Sectateurs crurent cnsistqu’elle étoit honnête5 car ils reçurent comme des Oracles l’interprétation qu’elle donnoit auxvìficiî'eJ" proies de leur Loi (PP)- Quelques Auteurs Chrétiens débitent un Conte fort ridicule tou-xrô/àâ chant la crédulité des Mahométans pour les miracles ( On a blâmé Monír. Simon de
src M °e rf' cei 'taines choses qu’il a publiées qui tendent à exténuer l’infomie du Mahométisme (z>). Voiez
virln's le dernier Chapitre de son Histoire Critique de la Créance 6c des Coutumes des Nations du Le-vant. Mais s’il a raison quant au fond, il mérite qu’on le loue j car il ne faut point fomenter lau fnr.’ìie* haine du mal en le décrivant plus noir Sc plus haïssable qu’il ne Test effectivement.
(i7ì) Tri-deaux, viede Maho-met , p. 1^.0.
{t) Car ellemourut la 58<^nnse del’Hcgjre.Elruacin.lib. 1. c. 7.
(1) Johcmnesv Andréas
Z.
(274) Pri-dcaux > pag.
142*
(t) w-
^ Andréas .
- 7 -
{**) líul -Teda, flottin-gerì Bìbtioth .Oriental, c, 2.Pocockit* 5 pec. Hist.iJÁrab, pag,362.
<tt) Joh.
Andréas , deConftíjìoncSeìla Maho-métan#, c, z,
(17s) Pri-àeaux, Viede Maho-met , (Ag.
142 .
(Z7ó) Voiez,
U %cmarque
(L).
6177) H«.belot:,Diblioth.Orientale,
AH Mot
Aifchah ,
{•g. $0,
{PP) ... Ses SeSlateurs reçurent comme des Oracles Vin-terprétation quelle donnoit aux paroles de leur Loi.] Soncrédit, après la mort du faux Prophète, fut assez grandpour empêcher qu’Ali,ne devînt Caliphe. Elle le haïssoitpour la raison qu’on a vue dans la Remarque précédente.Sa haine fut longue; car quoi qn'Alïsijfjeút droit au Trône•vacant étant gendre de l Imposteur , il en fut exclus trois foisconsécutives. Le Trô»e vaqua pour la 4 fois, c? Ali y par-vint enfin; mais Ayesha parut en armes contre lui, y quoiqu elle ne réussit point par cette voye , elle le perdit néant-tnoins en suscitant y en fomentant cette révolté , qui k lalongue ruina Ali O 1 fa famille, ( 1 ) Ayesha survécut qua-rante huidl ans entiers k Mahomet, elle jouit d'une granderéputation dans fa Secle qui ïappelloït la. Prophetesse y laMere des Ridelles. Elle étoit /'Oracle vivant de fa Seélequi la consultait dans tous les points difficiles de la Loi, pourapprendre d'elle quel avoit été le sens du Législateur. Quel-les que fuffient ses réponses , elles (j.) étoient reçues commedes Oracles, y ont toujours pajfé depuis parmi eux , pourdes Traditions Authentiques. Toutes leurs Traditions, quicomposent leur Sunnah, viennent selon eux d' Ayesha, ou dequelqu'un des 10 Compagnons de Mahomet, c est ainsi qu ilsappellent ces dix hommes qui se joignirent les premiers ,k ceSeduâleur, Mais le témoignage d 'Ayesha rend une Tradi-tion trés-authentique. Abdorrahman Ebn Auf tient le se-cond rang. Notez que ce ne fut point à elle que Maho-met (174) donna en garde ia Castette de son Apostolat, maisà Haphsa fille d’Omar. Cela est un peu étrange; car cettefille d’Omar n’avoit que le second (j) rang dans le cœurde son mari Mahomet. „Dans cette Cassette étoient tous„ les Originaux de ses Révélations prétendues, lesquels„ servirent de matériaux à la composition de l’Alcoran....„ Apres que ce Livre fut fini, Abu-Beker (**) en donna„ rÓriginal à Haphsa, pour le garder dans la même Cas-„ ferre. Ce qui sert à découvrir Terreur de Jean André,
„ qui prétend (f J) que c’étoit Ayesha , qui la gardoit.
„ En effet cette charge étant fi considérable parmi les Ma-,, liometans, quelle apparence que fi Ayesha en eût été„ mise en possession par Y Imposteur lui-même, Abu-Beker„ eut entrepris de T en déposséder, fur tout étant fa pro-„ pre fille ? Mais Haphsa, étant beaucoup plus vieille que,, Ayesha ,lui fut apparemment préférée pour cette raison,
„ pour veiller à la garde de ce précieux dépôt (275).
II y a quelque sujet de s’étonner que la Religion Maho-métane soit iì peu avantageuse au sexe féminin (27 6) ,pujsqu’elle a été fondée par un homme extraordinairementlascif; & que ses Loix furent mises en dépôt entre lesmains dune femme, 8c qu’une autre femme leur pouvoitdonner l’interprétation qu’elle vouloir. Nous venons devoir qu’Ayesha fut considérée comme une Prophetesse, 8ccomme un Oracle : ce fut une véritable Papesse parmi lesMusulmans. Mr. Herbelot ra porte (277) qu’elle eut parmieux une fort grande autorité, méme en matière de doctrine , yde Religion, & cyvìon recourait souvent k elle pour aprendrequelque tradition de Mahomet, & qu elle entreprit de con-damner elle-même le Khalife Othman d impiété. Elle eûtdonc dû mettre les choses fur un pied très-favorable à sonsexe. D’où vient donc qu’elle ne le fit pas? Etoit-elle del’humeur de certaines femmes, qui font les prémieres Seles plus ardentes à médire de leur sexe ì Peut-on ia con-sidérer comme une preuve de ce qu'on dit quelquefois,que Tautorité des hommes n’est jamais plus grande, quelors qu’une femme est fur le Thrône; 8c que celle desfemmes n’est jamais plus grande, que lors que le Sceptreest entre les mains d’un homme ? Je n’en íai rien. Queles spéculatifs s’exercent tant qu’il leur plaira fur cette ques-tion. Mais considérez , je vous prie , les influences dusexe sur la fondation du Musulmanisme, & comment lespassions de femme y répandirent bientôt les semences dela discorde. Suivez à la trace le Schisme d’Ali, vous entrouverez la source dans les impudicitez d Ayesha dont ilfut le délateur. Cette femme ne le lui pardonna jamais,
& l’empêcha trois fois de fuite de parvenir à la dignité deCalife, & après qu’enfin il y fut monté, elle se ligua con-tre lui (278), 8c se mit à la tête de trente mille hommes.Elle perdit la bataille, & y fut prise, & fut renvoie- àMédina où elle mourut, & fut enterrée auprès de Maho-met ; mais la Ligue qu’elle avoit formée pour venger lamort d’Othman ne mourut pas avec elle. Ali fut enfintué fous ce prétexte, & de là naquit un grand Schisme quisubsiste encore.
Je ne puis finir fans remarquer un petit défaut d’exacti-tude dans la Bibliothèque Orientale de Mr. Herbelot. IIdit dans T Article d’Aifchah que cette veuve de Mahometentreprit de condamner elle-même le Khalife Othman d’im-pieté; mais dans un autre endroit (279) il raconte qu’aiantété consultée par la faction qui portoit des plaintes contre
rf RhiUse» oll„ ■ '
(Z7S) HcV
belot, U-TïKrne , & 4 *mot Ali,
M- z 9 if,
Mr. HfK-
belot
critiqué.
(279) Déni
Arïlile
Othman,
t*£. 6 S>S,
(280) Inti-tulé Frog"aosticonActichíiíh*
ce Khalife, elfe répondit qu’on devoit le recevoir à péni-tence, 8í quelle le soutint depuis k Ali.- Je n’objecte pointcela comme une contradiction, mais comme un récit in-complet par tout. II faut croire 1, que cette femme ju-gea la cause d’Othman, 8c qu’elle le condamna d’impiété.
2, Qu’elle prononça qu’il faloit se contenter de sa péniten-ce/ Mr. Herbelot devoit joindre ces deux faits dans T Ar-ticle d’Aifchah , 8e dans T Article d’Othman , 8c non pasleS désunir dans l’un 8c dans l’autre, en mettant le pré-mier fans le second en un endroit, & le second sans leprémier en un autre lieu. Cet Avis est important à tousles Auteurs de Dictionaire, & 11 leur est très-mal aisé dene tomber pas dans cette faute. Je crains bien qu’elle neme soit échapée plus dune fois.
(â_ÌL) Or Conte fort ridicule touchant la crédulité des Ma-hométans pour les miracles fi] Un Bénédictin du Pais-Baspublia un Livre (280) en Latin 8c en Flamand à D éven-ter Tan 15:24, où st débita bien des fotifes, & entre au-tres celle-ci: Un Génois eut une si grande curiosité devoir ce que les Maures ou les Sarrazins pratiquent dansleurs Mosquées, qu’il y entra furtivement, quoi qu’il fûtfort bien leur coutume de faire mourir tous les Chrétiensqui y entrent, ou de les contraindre d’abjurer le Christia-nisme. 11 se trouva environné d’une telle foule, qu’sl neput sortir lors qu’un accident lui survint qui demandoitqu’sl fût hors de là, car une nécessité naturelle le pressoirbeaucoup. 11 n’en fut point le maître, 8c il se vit peu.après en danger de mort, vu que la mauvaise odeur quise répandoit autour de lui sit conoître son avanture. II fctira de ce mauvais pas, en faisant entendre qu’aiant étéconstipé depuis long-tems, il étoit venu se recommanderà Mahomet, & qu’auffitôt sl avoit été soulagé. Là-deffuson prit ses chauffes: on les apendit à la Mosquée; on criamiracle! miracle! Voici les termes de ce Moine: Cutnibi effet in medìo maxima multitudinis , y non pojfet exire ,necejfuasque ei veniffiet superfiuum pondus corporis deponendi\stercoriz,avit in femoralibus. Cum autem fœtor effet in illaM ost haa, omnes cìrcumspicìebant qui hujus fœtorìs causa fuis-fit. Invemruntque ipfum ’fanuenfem , quem volentes occiàere,ille , qui forte linguam eerum feiebat , eis dixit , vel per inter-prètent mendacium hoc fignificavit , [cilicet , quod cum ipfe nompostes per longum tempus habere beneficium ventris , intravittemplum, ut Mahometo st commendaret , y statim habuit be-neficium ventris. Hoc autem audientes y credentes lili homi-nes bestiales, acceperunt femoralia illa stercore infebla, y fus-penderunt in Moschea , clamantes , miraculum ! miraculum(281)/ Voilà comment la moitié du monde se moque de (zíi)
T autre; car fans doute les Mahométans n’ignorent pas tout nolìicc>"ce qui fe dit de ridicule touchant les Moines; & s’il étoit Antl . c , W .i/jxlvrai qu’ils n’en fussent rien, on ne laisseroit pas de pou-voir croire raisonnablement, qu’ils font courir des men-songes , 8c des fables impertinentes contre les Sectes Chré-tiennes. S’ils favoient le Conte du Bénédictin Flamand,ils diroient peut-être, ces bons forgerons dé miracle nousen fabriquent de bien grossiers: ce n’est pas qu’ils n’en sa-chent inventer de bien subtils, mais ils les' gardent poureux ; ils boivent le vin, 8c nous envoient la lie.
Reviui» 'Historia
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f 4 ) Valíz U
MAHOMET II, onzième Sultan des Turcs, ne a Andnnople le 24 de Mars 1430, a été1 un des plus grans hommes dont 1 Histoire fosse mention, íï l’on fe contente des qualitez néces-saires aux Conquerans5 car pour celles des hommes de bien, il ne les faut point chercher dansfo vie. II n’est pas vrai que fa mere fut Chrétienne (a). II a fort bien mérité le titre deGrand, qu’il souhaita avec beaucoup d ambition, & que les Turcs ne manquent pas de luidonner {A)-, car „ il a signale son Régné par Ia conquête de deux Empires, de douze Rovau-» mes, & de deux cens villes considérables. Mais fes progrès n’ont pas été l’effet d’une Revo-
( A ) il a fort bien mérité le titre de G a and . . • ■ • »que les Turcs ne manquent pas de lui donner .j L® » .
„ que toutes les Conquestes de fes Successeurs ont eu 1 »
,, lution
» siennes pour fondement & pour modeste, 8c qu’il leur» a esté bien facile de suivre un chemin qu’il leur a ou-» vert,8c dont sl a levé tous les obstacles. Aussi,lors qu’ils