M A H O M E T. II.
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« lution rapide, ou d’une fortune aveugle qui l’ait conduit de victoire en victoire, sans que la„ prudence j ait contribué. Le sang, qu’il a perdu dans de grandes occaíions, prouve que ses
des
„ avantages lui ont été
ribué. Le sang, qu’il a perdu dans de grandes occaíions, prouve que: disputez. II a levé des íieges, fait des retraites précipitées, 6c perdu
î, batailles} mais les disgrâces, qui rebutent les esprits communs, encouragement„ plutôt l’instruisoient pour l’avenir} 6c le jugement lui faisoit réparer par la pâtir
le íìen, ouréparer paria patience ce qu’il
(b) Guillet,
„ avoit perdu par l’impetuoíìté. Infatigable au delà de l’imagination, on l’a vu plus d’une fois Histoire de„ commencer glorieusement une campagne en Europe, 6c Palier achever encore plus glorieuse- Mahomet.,, ment en Asie (h) Sa bonne fortune Fa fait naître dans un siécle, où la valeur de ses enne- u aumis étoit infiniment propre à relever la gloire de ses triomphes (B). II n’est pas nécessaire dechercher parmi les Turcs dequoi se former une juste idée de son mérite} les Chrétiens lui 33.’ Barier.’ont dresse des monumens (C), qui donnent plus de relief à ses victoires, que les AnnalesOttomanes, 6c que tout ce que les Turcs ont su inventer pour éterniser la grandeur de ses ac- Bapt.
tions. II est donc bien étrange qu’il se trouve des Ecrivains distinguez dans le Christianisme, quisoutiennent que la prospérité est la marque de la bonne cause (D), 6c qu’il n’y a que les Princes
ver-
Egnat. deOiig. Turc.Fhil. Loni-cer. lib. r.
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failli.
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», parlent de lui, ils suppriment ordinairement son nom que les préparatifs qu’avoit fait le Pape pour se retirer à„ de Mahomet, quoi qu’en leur langue il ait la signifi- Avignon ; en cas que l'Italie fut attaquée par Mahomet», cation glorieuse de Loué ou à’Aymé (*), & le distin- en personne. Achmet qui commandoit dans Otrante en», guent des autres Sultans par les titres magnifiques de partit pour aller trouver son maître, „ 8r conférer avec„ Botuc 8c à'Abmlfctch , dont l’un lignifie le Grand 8c Tau- „ lui sur le progrès de ses armes en Italie, où mesme il se
t 1 ). Guillet,«■stoite de
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tre le Pere de la Vìéïoire. On lui reproche que pendant„ sa vie il a recherché ambitieusement le premier de ces„ titres; mais 11’a-t-il pas travaillé aisés pour le mériter?„ Les Chrestiens mesme ne le lui ont pas contesté, & l’onj, convient qu’il a esté le premier des Empereurs Ottomans,, à qui nos Nations Occidentales ont donné la qualité de„ Grand-Seigneur , ou de Grand Turc, que la postérité a„ conservé à ses descendans (r) ’’.
(B) La valeur de ses ennemis étoit .... propre à rele-ver la gloire de ses triomphes.'] C'est un bonheur qui amanqué au grand Alexandre ; car il ne trouva dans l’Asieque de foibles ennemis, quoi qu’ils fussent innombrables.II ne semble donc pas qu’il ait été le mignon de la fortuneau même point que Mahomet, qui presque toûjours avoità vaincre de braves gens: ce qui le distingue des autresgrans Conquérans avec beaucoup d’avantage. Prouvons ce-ci par les paroles d’un Auteur moderne qui nous a donnéUne belle Histoire de ce Sultan.' ,, On ne peut pas dire», qu’il ait eu affaire à des ennemis obscurs, 8c à des Na-», tions peu belliqueuses, puis qu’entre les Capitaines illus-», tres qui firent chanceler fa fortune, on conte Huniade», & Mathias Corvin, avec les forces de Hongrie; Scan-„ derbeg, avec celles des feroces Albanois; le Valaque» Uladus aussi intrépide qu’eux, bien qu’à la vérité moins», honneste homme; les Empereurs de Grece 8c de Tre-», bizonde, les Rois de Perse, de Naples, 8e de Bosnie,
„ promettoit de l’amener. Les menaces qu’il en fit en„ s’embarquant jetterent les Italiens dans la derniere cons-„ ternation, Sc leur firent craindre une Campagne d’au-„ tant plus funeste, que la garnison Ottomane continuoit-, chaque jour ses courses avec de nouveaux avantages ; de .„ forte qu’Otrante regorgeoit d’Esclaves Chrestiens, 8c de,, butin. L’italie a souffert de plus grands maux , mais„ elle n’a jamais eu de frayeur pareille, Sc il scmbloit que„ les peuples y estoient déjà condamnés à porterie Tur-„ ban. II est certain que le souverain ( s s ) Pontife Six-,, te IV, croyant déjà voir Rome enveloppée dans l’af-„ rieuse destinée de Constantinople > fit dessein de la con-fier à la protection des Apostres, 8c ne songea plus qu’àfaire équiper des galères pour passer en Provence, 8ctransférer une seconde fois le saint Siégé à Avignon.Les Historiens de ce tems-là ont écrit qu’il n’y avoitplus de salut pour l’Italie, parce qu’en effet on n’yvoycit pas une feule place de guerre à l’épreuve de centmille Mahométans, qu’on supposoit y devoir estre en-couragés par la prefence du Sultan. Parmy tous les té-moignages de cette consternation,je ne rapporteray queceluy de Sabellicus, qui estoit du pais, & qui vivoit de
(tt) Cusfi-man, in Vxt*Mahom,
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ce tems-là. (*) Il n y a point de doute que c’estoit fait de (*) SaUtU.
,, l’Italie, fi la. souveraine providence n’eût arrefté le cours IO -
„ d’un mal fi horrible par la mort de Mahomet (4) J e 7 '
___ x , . citerai bientôt (j) un Passage de Platine, qui pourroit être / ■) Gll!lleti
» les Princes de Grece, de Servie, de Sinope, 8c de Ca- joint aux précédens. Hist.de Mal
" f /í nani . e - le s Républiques de Venise Sc de Germes, les Voici un autre monument élevé par les Chrétiens à la homet u,” , 5 . j? rs à Rhodes, Sc les armées de la Croisade, gloire de ce Prince sure. Ils se réjouirent de sa mort L,vre VII >” c elt-a-dire, 1 ehte de nos Nations Occidentales. II n’y avec des excès qui valent les plus beaux Panégyriques de {“fi. E 4 ’
" j P*ì s 5 1 ? s U . 'v tant â ennemis qu’il n’ait esté chercher la Grece. Laissons parler encore Mr. Guillet. Les nouvel- iJo’. 4,, e deliem lormé, par une bravoure extraordinaire, Sc les de la mort de Mahomet surent receue s dans la Chrestienté„ qui naît a la fin cédé a fa valeur ou à fa prudence, avec les plus grands transports de joye qu elle ait jamais fait (s) Omt L*
éclater. Rhodes, oie elles furent pluftost annoncées qu'ailleurs, i! I m - ( £ J*en fit des rejoúijfances folemnelles. Mats elles n' egalerent pascelles de Rome. Le Pape Sixte fit ouvrir toutes les Eglises,cejfer le travail des Artisans, ordonna des Pestes qui durerenttrois jours , avec des prières publiques et des Protestons genera-les , commanda que pendant ce tems-là toute l’Artillerie duChafteau de Saint-Ange fist des décharges continuelles ; c? cequi est plus remarquable, fit cejfer les apprêts du voyage d A-•vignon, où il alloìt chercher un asyle contre les Armes Otto-manes ( 6 ). L’Historien aiant senti que tant de démonstra-tions de joie peuvent faire tort au nom Chrétien, parcequ’elles ne font pas une marque de cette noble grandeurd’ame dont l’ancienne Rome s’est piquée, a éludé ou ré-futé cette objection par une Note pieuse. Il faut avouer,dit-il (7), que la Religion Chrestienne a bien mis de la dijfe- (7) Là-v.í-
», Chrétiens ou Mahométans, tous estoient en butte à font,, ambition, 8c les interests de fa Religion n’entroient ja-» ruais dans les maximes de fa politique. Jusqu’icy, il a" àé le seul de tant de Sultans qui ait osé faire passer desíj) Guillet, ” tr ouppes réglées en Italie, où en divers temps elles onthistoire de ,, gagne une bataille rangée, & pris une bonne place : non,, pas par une insulte inopinée, à la maniéré des Gorsai-,, res ; mais par les droites attaques d’un siégé dans les for-„ mes (z). \
(C) Les Chrétiens lui ont drejfé des monumens.] Envoici la preuve: le même Historien me l’a fournie. „ Je„ ne croi pas être blâmable de renouveller la mémoire de„ ce Conquérant, puis que d’ailleurs il est impossible qu’este„ périsse, 8c (f) qu’il n’y a jamais eu de Prince Instdellequi ait laissé parmi nous de semblables Monumens. L’E-
(6l Guillet,Hist. de Ma-homet 11,Lion VII,f'S.- 384-
», glife (j.) Catholique prend le foin de nous faire souve--, nir de lui chaque jour dé Tannée, par un signal remar-», quable 8c perpétuel ; car les coups de cloche qu’on sonne„ chaque jour pour la prière de niidy, n’ont esté ordon->, nés par un de nos Papes, que pour avertir le peuple de-, recommander à Dieu les Fidelles qui combattoient con-», tre ce Sultan, (i) Pour une Bataille qu’il a perdue ,-, nous rendons encore chaque année des actions de grâces-, au Ciel, en solemnisant la Peste de la Transfiguration-, du Sauveur, qui fut instituée pour cette Victoire. Mais» ce qui né mérité pas moins de réflexion , luy seul a», donné lieu à la convocation d’un Concile général, 8c», au projet de plusieurs autres. Ses (**) armes seules ontVi, n l' e ] tr xn ” réduit les Chrestiens à luy opposer celles d’une Croisa-nen s. Mn , „ d e > q U j S - e fl- distinguée évidemment de toutes les guer--- res Saintes, puis qu’un Pape y marcha en personne,sui-», vy du College des Cardinaux. Enfin, luy seul a obligé„ un des Empereurs d’Occident à instituer l’Ordre des (ff),, Chevaliers d’Austriche, cui fous ce grand nom, tiré de» la Maison de son fondateur, 8c sous les auspices de Saint», Georges, s’engagerent par des vœux formels à traverser» ues progrès st étonnans. Un (j.j.) Archevefque, un
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^ & t F,/, 11 f av eur de nos autels (3 ) ’’. L’aveu qu’ont fait nos de plus forte preuve de la justice de leur cause, que lesHistoriens n’est pas un mn'irMre rémnimaoe de ià sloire. nrospéritez éclatantes dont Dieu l’a favorisée. Voici ce
ce entre les mœurs des anciens Romains z? des modernes,qu ellel’y a mise avec une justice qu on ne fiauroit trop respefter. Carl' ancienne Rome, prevenue de ses maximes orgueilleuses , e?d’une politique ou le faste avoit plus de part que la générosité,ne se seroit pas rejouée de la mort de ses ennemis, de peur d estresoupçonnée d'avoir honteusement appréhendé leur puijjance.
A'tnfi César ajseâla de pleurer la mort de Pompée, cy l HistoirePayenne est remplie des traits d’une pareille ostentation. Maisdans le fiecle de Mahomet, la defiruflion des Autels sacres,çr la profanation de nos plus saints mystères , demandoit légi-timement une joye éclatante pour le trépas de ce fameux sacri-lège , comme une pieuse reconnoijfance que Rome devoit au Cielpour le bonheur de la Chrestienté. J ai deja dit (8) que les (8) Dmi laChrétiens ont donné à ce terrible ennemi le surnom de
Grand Seigneur. , , ...
(D) Bes Ecrivains distinguez, dans le Christianisme . . .soutiennent que la prospérité est la marque de la bonne cause.]
J'ai déjà montré simpertinence de ces Ecrivains, dansl’Article de M a h o m e t le faux Prophète (9). J’ai marqué (s) ^«nor-qu’en matière de triomphes l’étoile duMahométifme a pré- ?" (V-va]u fur 1 étoile du Christianisme, 8c que s il faloit juger dela bonté de ces Religions par la gloire des bons succès tem-porels, la Mahométane pafferoit pour la meilleure. LesMahométans font íì ceftains de^cela,qu ils n allèguent point
l’est pas un moindre témoignage de fa gloire, prospérité:
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Voici cequ.’un