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M A H O M E T. IL
(c) Visez, ceque Boziusa écrit contre
Machiavel.
fioJ Sep-tem-Cas-trensis , deMoribusTurcamm,Cap. x I,pcto. 40, aptídHottinger.Histor.Oriental.
ï“g. 3 38 .
(n) Ricaut,Etat prêtentde l’EmpireOttoman,Livre 11 ,Chap. III,í*g. m. 324,
(rel Le pre-mier en16-2 , le se-cond en 1695.
(13) Notez,que U Moquen*ejl point, anTurc comme'les Gazettesle fiipofiient.
(14) Conférezces parolesde Juvénal,Sat. VI,Vers 407.
Quofdamfacit ifleNiphatemIn populos,magnoqueillic cunfta.arva teneiiDiluvio,nutarc or-bes, fubsi-dere terras.
Commentles hom-mes tejouent dedifferensprincipestouchant laprospérité 8cradveiílté,
(15) II Epî-tre à Ti-moth. Chap.III, Vers. ir.
(iS)'I Epîtreà Timoth.Chas. IV,Vers 8.
(17) Invenie-tìs ontnia,prospéra eve-nijje squen-libus Deos 9adverse sper-ntmibus,
T * Livius,Lìbr % V,
(18) Careatsuccefsibus optaQuìsquìs abevtntu facianotandapHtat,
Ovid. Epist.PhyII. adDémo-phooat.
vertueux qui aient part aux faveurs de la fortune [c). C’est inutilement qu’on viendroit nous al-léguer, que fì les Princes Chrétiens n’eufl'ent pas été désunis, ils eussent batu les Mahométans (E)„
II
leurs pernicieux complots. Mais si le Parti qui moralise sibien forme peu après une entreprise de conséquence, 8cqu il la voie réiiffir, il ne veut plus entendre parler de la1 hêse générale : il dit à son tour que le bon succès est unemarque de la justice de cette affaire, 8c qu’il paroît bienque Dieu l’aprouve, puis quil l’a accompagnée si visible-ment de fa sainte bénédiction. Alors l'antre Parti n’aurapoint de honte de venir dire, qu’il ne faut point juger deschoses par l’événement, Careatsuccefsibus opto , crc; & dedébiter cent beaux Lieux communs. Y a-t-il rien de pluscommode que cela? N’est-ce point être fourni de princi-pes comme d’habits, les uns pour Pété, 8c les autres pourl’hiver (19)?
(£') C'est inutilement qu on alléguerait que fi les PrincesChrétiens neuffent été désunis ils eussent batu les Mahomé-tans. ] Une infinité de Livres font pleins de murmures,de ce que les Princes Chrétiens, s’entre-mangeant les unsles autres, ont laiffé perdre Constantinople, Plie de Rho-des, la Hongrie, Lee; ce qu’ils auroient pu empêcher fa-cilement, s’ils eussent uni leurs forces contre l’ennemi dunom Chrétien. On a raison de le croire, 8c de se plain-dre d’une discorde qui a été si utile aux Turcs. Mais onseroit bien ridicule, fi l’on emploioit cette Remarque àfaire voir que la fausse Eglise n’a pas été plus comblée deprospérités temporelles, que la véritable : car cette dis-corde des Princes Chrétiens est elle-même un très-grandmalheur; 8c s’il étoit arrivé que les Infidèles ne s’en fussentpas prévalus, elle n’eût pas laissé de prouver manifestementles adversttez du Christianisme. Remarquez bien que dansla question, si le Christianisme a eu plus de part aux pros-périté?. que les fausses Religions, il ne s’agit pas de savoirsi les Sultans ont remporté des victoires par la valeur deleurs troupes > ou par la foiblesse de leurs ennemis ; maiss’ils ont conquis des Roiaumes, 8c s’ils ont gagné des ba-tailles fur les Chrétiens. Qu’ils Paient fait par bonheur, oupar bravoure, c’est toujours une prospérité temporelle; 8cainsi l’on ne remédie à rien, en affoiblissant la gloire deleurs triomphes, fous prétexte qu’ils ont tiré avantage dela désunion des Chrétiens : c’est plutôt donner de nouvellespreuves de l’infortune du Christianisme. Comptons donc
qu’un Moine, qui a demeurélong-tems en Turquie, nousaprend fur les motifs qui retiennent ces Infidèles dans leurReligion. Secundum motivum est vidloria torum continua,contra Christianos : quod aliquos multum movet. XJnde vic-tores se nommant , e? gloriantur quasi_ vidlores totius mundi.Orant etiam pro vidloribus spécialiser in omnibus congregatio-nibus fuis; pmsertim in continuis pofi comestionem gratiarumadiionibus. Superbìunt infuper ZT Christianos feeminas defpicìen-do nommant , ZT se viros eorutn. Et ut ad hoc magis ac magisincitentur , antecefiorum viélorias deferibunt , décantant , lau-dant, ac praconízant (10). Joignons un autre témoin àcelui-là. „ L’heureux succès des armes de ces Infidèles est,, un autre argument dont ils se servent pour appuyer la„ vérité de leur Religion. Car comme ils croyent que„ Dieu est fauteur de tous les bons évenemens, ils con-„ cluent, que plus ils réussissent dans leurs guerres, 8c plus„ aulsi Dieu fait paroître qu’il approuve leur zèle 8c leur„ Religion. C’est cette persuasion qui fait que les T ures„ haïssent 8c détestent les Juifs par dessus tous les autres„ peuples du monde. Us les appellent abandonnez de Dieu,„ à cause qu’ils n’ont point de demeure fixe fur la terre,„ 8c qu’ils n’ont aucun Prince de leur nation, qui les pro-„ tege 8c qui les defende (n)
Le Moine que j’ai cité nous dit une chose qui est digned’attention; c’est tjue les Turcs, en fe regardant commedes hommes, considéraient les Chrétiens comme des fem-mes. Comment accorderons-nous cela avec nos Histoires,qui nous aprenent que les Turcs n’ont jamais vaincu lesChrétiens fans être dix 011 douze contre un, 8c fans perdrevingt fois plus de gens que les Chrétiens n’en perdoient?Si cela étoit vrai, les Turcs ne feroient-ils pas contrainsd’avouër que les Chrétiens font de bons soldats? Diraient-ils que ce font des femmes ? Je ne fai que dire fur ce su-jet ; mais je fuis persuadé d’une part que nos ChrétiensOccidentaux ont toujours été d’aussi bons soldats pour lemoins que les Ottomans, 8c de l’autre que nos Histoiresfont pleines de fables touchant le nombre des morts, 8ccelui des combatans : elles le grossissent prodigieusementdu côté des Infidèles ; 8c ne l’amoindrissent pas moins de.l’autre côté. Elles font ce que nous avons vu faire aux.
(ip) Ap/i-cjucZa ici ceque dìsoìt St*Hilaire' Libr, II aiConstant.contre les a st - "íiuas atquemenstruasdc Deo st-des, quiétoient plutôtfides tempo-l’um quamEvangelio-nim. VoieZaauffb /’Avisaux Réfu-giez,/^. 81-<sr ci-dessusla, fin de /<*%em. (G)de PcArt.AR1U5,
Gazetiers de chaque Parti dans ces dernieres campagnes,, pour un monument érigé par les Chrétiens à la fortune 8caux deux sièges de NaUiur (iz). Tour-à-tour les Gazettes, à la gloire des Turcs, tant de Harangues qui ont été pu-des assiégez ont parlé de plusieurs assauts imaginaires, où bliées pour exhorter les Princes Chrétiens à unir leurs forcesl’ennemi perdoit une infinité de monde : tour-à-tour elles, contre les Infidélles. Un tems a été que nos Professeurs enont tellement groíïi ses pertes dans les assauts effectifs, que. Eloquence n’auroient pas cru être dignes de leur pension ,qui joindrait ensemble les morts, les blessez, les déser- sîils n’avoient fait une Harangue de cette nature; 8c ce
teurs, 8c les malades de ces Relations, on ne trouveraitplus personne à l’armée des affiégeans, qui eût pu enten-dre batte la chamade. Quoi qu’il en. soit, les choses fontbien changées ; les Turcs ont montré, 8 c dans la Hongrie,8c dans la Grece, depuis Pan i68z, qu’ils font de pauvressoldats, 8c qu’ils ne sauraient résister aux troupes Chrétien-nes inférieures en nombre. S’ils avoient été toujours simalheureux, ils n’auroient pas pris la prospérité pour une.marque de la vraie Religion. Ils ont fait de très-grandespertes dans l’Europe: nos Nouvellistes ont prétendu qu’ilsen avoient fait de très-funestes dans P Asie; car combiende fois avons-nous lu dans les Gazettes que la Meque(rz),que le grand Caire, 8c que les Provinces voisines avoientété saccagées, 8c que la consternation étoit grande dansConstantinople à l’occasion de ces irruptions, 8c de cessoulevemens (14). C’étoient des hâbleries, 8c des fraudespolitiques, destinées à persuader aux peuples que toutesles troupes Impériales seraient bientôt fur k Rhin. Deux.ou trois petites conséquences très-aisées à tirer menoientd’abord là le Lecteur.
II semble que les Turcs depuis ces disgrâces devraientdouter que leur Religion fût bonne; cependant ils ne lefont pointais ne font pas plus capables que les autres hom-mes de raisonner conséquemment, 8c de suivre leurs prin-cipes; ils font ce que feraient les Orthodoxes, ils attri-buent leurs malheurs, non pas aux défauts de leur Reli-gion, mais an peu de foin qu’ils ont eu de la pratiquer.Qu’il me soit permis de dire un mot fur l’inconstance desraifonnemens de l’homme, à 1 égard de 1 adversité, 8c dcla prospérité. On a là-dessus des Maximes toutes opposées.
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n’étoit point un jeu d’esprit, ou un exercice d’Ëcolier,comme les Déclamations qu’on faisoit à Rome fur Anni-hal (2.0), 8 c fur Sylla (2.1) ; c’étoient des discours sérieux& graves., destinez à persuader aux Princes une promte li-gue & une célèbre expédition. Jérôme Reusnerus a re-cueilli plusieurs volumes de ces Harangues. Ce n’étoientpas seulement les Princes qui avoient besoin qu’on les ex-hortât à la concorde; il y avoir une autre efpece de désu-nion qui n’étoit pas un petit mal dans la Chrétienté. Lesgens d’Eglife fe repofoient fur les laïques,8c ceux-ci atten-doient qu’il plût aux Ecclésiastiques de fournir aux frais dela guerre. Platine nous représente naïvement les mauvaiseffets de cette attente réciproque. Mahometus Arabs, dit- -
il ( 22 ).. magnum in Christiano populo excitavit in-
cendïum : ct ita magnum , ut verear ne ejus seâla nostra po-tijjimum itate reliquias Chrifiiani nominis penitus extinguat .-adeo tepescimus : ZT anima ac corpore ■ languidi interitum nos-trum exjpediantes concìdimus. Invalescit ejus sella nunc mtdtomagis quam antea. Nam tota Afia zr Aphrica, magnaquepars Europst Mahometanis principibus subjedla est. Instantnunc Thurci terra ac mari; ut n'os tanquam cuniculos, ex hisEuropa latebris' eruant. Sedemus ociojt : alter alterum expec-tantes , quasi hoc malttm unherfe reipublica Christianst nonimmineat. Expédiant faceitlotes ut à fœcularibus hoc tantumhélium (T tatn necejsarium sumatur. Expédiant item sacu-lares ut Presbyteri tuenda 'religionis causa pecunias in fump-tus bellicos polliceantur cr subministrent , ne in pejores ususeffundant , quemadmodum facere plerique consuevere , pecu-nias eleemofynis CT sanguine martyrum comparatas , in aureaZT argentea vasa b pergrandia quidem sundentes : parum de
( 2 °) 1otoms Cr f&vàscarre perAlpesVt puaispinceas &declamatìtfias. T11 vch»Sat. X,
Vers 1 66.
(21) Et «osergo manitraserula subir"ximus il o* sConfiíi umdsdimusSylU priva-rus ut altur*Dormirtt.Idem, Sa r -”Vas. iz.
(22) Plat-'na, in B 0 'nifacio Vt
On vous dira, 8c que ceux qui veillent vivre selon la piété futuro solicitì; Dei quem tantum utilitatis gratta colunt, ZTfoufriront persécution (15), & que la piété a les promessesde la vie présente, 8c de celle qui est à venir (16). Onvous dira, 8c que Dieu laisse prospérer les médians en cettevie, 8c que lì nous y prenons garde de près, nous trou-verons véritable la Maxime dc Tite Live, que ceux quicraignent Dieu réussissent dans leurs desseins, 8c que îesimpies ont la fortune contraire (17). Ce n’est pas le tout:dans la Thèse générale on conviendra qu’il ne faut pointjuger des choses par l’événement, 8c que ceux qui le fe-ront méritent d’être malheureux ( 18 ). Mais représentonsnous deux grans Partis opofez, dont l’un sonne une impor-,tante entreprise. Si elle réussit, il ne manque pas d’en in-férer qu’elle est juste; il soutient que ce bon succès est une
hominum contemptores.
C’est donc avec beaucoup de justice qu’on fe moque deBellarmin, qui a osé mettre la prospérité entre les marquesde la vraie Eglise, 'situas ultimo ponit loto notas Bellarmi-nus IX, 8c X infelicem exituin Ecclesiam oppugnantium,felicitatem vero Ecclesiam defendentium, nomen notarumadeo non merentur, ut mirum fit non cogitasse Cardinalemfuriofis hac ratione Muhammedanìs contra nos suppeditariarma (23). C’est aux Mahométans qu’il convient de dog-matiser de la sorte , comme le fait voir Hottinger, quimontre d’ailleurs que le nom de Catholique; l’Antiquité;une longue durée non interrompue; l’étendue; la succes-sion des Evêques; les miracles; l’austérité des mœurs; le
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marque de l’aprobation de Dieu: l’autre Parti soutient au témoignage des Adversaires;8ctelles autres marques,à quoicontraire qu’il s’en faut tenir à la Thèse générale, 8c au C a- Bellarmin prétend que l’on reconoisse la vraie Eglise, sont.reat juccejjibus opto, e-v, Lc que Dieu permet tres-souvent les mêmes que les Sectateurs de Mahomet allèguent à l’a-.pour punir les hommes, que les médians réussissent dans vantage de leur Religion.