(^) Guillet,
Histoire dcMahometII* LivreVU, pag,
57 5 , 375 »,
(e) Là-me-me, pag. 3 S r.
( 5 î) Hist.de Maho-met II,Livr. III »?*$• Z S9& fuiv.
(34) (fefi-à-dìre Spoíidedatô taContinua-tion desAnnales,
Il cite la ,Lettre -CCCLXXXdu Cardinalde Pavie , &il dit rjiCunepersonneaiant porteune copie dete voeu à %a- 'guz.e on letradujjìt enItalien » dron P envoi a •aitx Vénitienstfiìi le com -munis uerentau Pape.lAparemmentcette Piece futfabriquée oupat quelquehomme deloisir, oupar quelquePolitique,ajîn d? animera une guerre •de ligue lesPrinces Occi-dentaux.
S.r '
'(*) Isidor.'Phuten.
(3 s) GuilìctHist. deMahometII, ' Livr. VI,pag, 164& fuiv .
(z6) Guillet,Histoire deMahometII, Livr. III,P*&'Z 9 t , àPana. Í4SS»
tn)- Li-te*) LÀ-
ruìme, pag,2pp.
( 39 ) Ctst
B ANDEI(Matthieu)dont faidonné f \At mfide.
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MAHOMET II.
pour faire voir à ses soldats que la volupté n’étoit point capable d’amolir fa vertu guerrière, iîcoupa la tête à une maîtresse qu’il aimoit éperdument (/). Cela me semble un peu apocryphe.La plupart des Historiens Chrétiens, en parlant de lui, ont sacrifié la bonne foi à leur passion 8cà leur ressentiment {K). II mourut le troisième de Mai 1481 dans une bourgade de Bithynie,comme il entroit dans fa. ft année ( d ). II a été le premier des Sultans qui fe soit préparé un tombeau par-ticulier (e.). Je pense qu’il fut aussi le prémier Sultan qui aima les Arts 6c les Sciences (Z,). SonEpitaphe mérite d’être considérée (M). J’aurai quelques fautes à reprocher à Mr. Mo-
reri
„ Voila ce que fit cet habile Prince , pour obliger, par,, cette feinte douceur du commencement de son Empire,„ les Chrétiens Grecs à supporter plus doucement un joug,, qu’ils ne trouveroient pas fi dur, qu ils l’ont depuis ex-„ perimenté jusqu’à maintenant . Consultez Mr. Guil-let (33 ) qui raconte tout ceci amplement 8c exactement,8c qui raporte pluíìeurs choses qui furent faites par Maho-met en faveur des Grecs.. On en verra le précis dans laRemarque suivante.
(H) Il n y n nulle aparence qu'il ait fait le voeu qu onlui attribues ,,C’est dans Tannée 1469, que le Supplé-„ ment des Annales de Baronius q 34 ) affaire que Ma-„ homet, emporté de zèle pour fa Religion, fit solemnel-' ,, kment le vœu que voicy , contre la nostre. Je sait„ serment, zv proteste par un vœu , que s adrejje au seul Dieu,, Créateur de toutes choses, que je ne gousteray ny les dou-„ ceurs du sommeil, ny celles de la bonne chere ; que je re-,, nonceray mesme aux souhaits des voluptés , zy au plaisir„ des sens; cr que je ne tourner ay point mes regards de l’O-„ rient vers l'Occident , jusqu à ce que s aye foulé sous les„ pieds de mon cheval tous les Dieux que les adorateurs de,, Christ formerent de bois, d’airain , d'or, z? des cou-„ leurs de la peinture ; en un mot , que je n aye purgé la,, face de la terre de leurs impietez, depuis l’Orient jusqu a,,, i Occident, afin d’y faire éternellement retentir les louanges,, du vray Dieu, ZV de son Prophète Mahomet. Les Hiíto-„ riens Grecs de ce temps-là, qui pouvoient parler avec„ certitude des affaires de leur pais, & qui ne pardonnent„ rien au Sultan, ne disent pas un mot de ce vœu. Est-il„ possible que les Historiens Latins qui Tout rapporté, fans- „ citer aucun garant, ayent fait Mahomet fi zélé pour fa„ Religion, eux qui soutiennent qu’il n’en professait au-„ cune? Diront-ils que ce Prince ait voulu faire Thypo-„ crite, pour flatter ses sujets par ce faux éclat de pieté,„ luy qui toujours fier, & toujours persuadé de sa toute-„ puissance, n’a jamais daigné rien-ménager avec eux, 8c„ qtii ne s’y est point veu réduit par aucune sédition de„ Tannée ou du peuple, ny par aucune formalité des ce-„ remontes de fa loy? II luy estoit aisé de commencer à,, s’acquitter de ce vœu dans la Turquie , où fa nation,, sacrilège n’auroit pas mieux aimé que de seconder ce„ faux zèle. II est, évident que contre le but de cette pre-„ tendue Politique, il s'y seroit rendu ridicule, en faisant„ chaque jour à leurs yeux le contraire de ce qu’il avoir„ promis : car nous avons marqué ses foins à restablir la„ dignité de Patriarche, à entretenir une eipece de société„ familière avec les Patriarches Gennadius 8c Maxime, à„ authoriser de temps en temps Texercice de leur Religion,„ par des Lettres Patentes, qu par les reglemens de ses„ Cadis, 8c à peupler Constantinople des familles Chrê-„ tiennes qu’il tiroir de chaque ville Greque, à mesure„ que ses armes Ten rendoient maistre.il ne faut que con-„ siderer Testât présent de la Grece, où ses successeurs ont„ souffert Texercice du Christianisme, selon la libefté qu’il„ en donna quand il en fit la conqueste. On montre cn-„ core aujourd’huy dans les plus célébrés Monastères du.„ pais, lesSauve-gardes 8c les Titres d’exemptions qu’il,j accorda genereufement aux Çalogers. 11 ne défendit,, point aux Grecs, la vénération des Images fans. relief, qui„ leur est encore continuée contre les termes formels de,, ce vœu, 8c eut la mesme tolérance pour les Images enrelief, reverées par les Gennois de T Eglise Romaine es-ta'blis à Galata, 8c par les Albanois du mesme Rit, qui" avoient esté Sujets de Scander-beg. Les Historiens La-,, tins ont encore écrit, qu alitant de fois que Mahomet” faisoit rencontre d’un Chrétien, il (*) se croyoit souilléd’une tache spirituelle, 8c couroit incontinent aux ablu-" tious de l’Alcoran, en se lavant les yeux 8c la bouche:
mais cela estant , il avoit bien de ces fortes de purifica-” rions à faire, quand à la teste de son armée il en ren-’, controit une de cinquante ou soixante misse Chré-
„ tiens (35). , v
( Ij On dit qu ... U coupa la tête a. une maîtresse qu ilaimoit éperdument. ] Elle s apelloit Irene, 8c n avoit quedixfept ans (36). Un Sacha íavoit faite esclave à la prisede Constantinople , zy donnée au Sultan (37). Vous trou-verez dans Mr. Guillet les circonstances de cette Avanture;jnais comme il remarque (38) que tous ceux qui en ontparlé, l’ont copiée de Bandelli (39), Moine Italien quisemble en avoir ôté toute creance, par les fautes qu il y u fai-tes contre ïordre des tems, e? contre les noms zy le rang despersonnes qu il y introduit, je ne la tiens pas fort certaine.Mr. de Scttderi, qui avoit fait tant de Harangues fous le.nom des Dames issustres, fit des Discours Politiques fousle nom des Rois. L’un de ces Discours est la Réponse pré-tendue de notre.Sultan aux murmure? d,e son armée le jour-qu’il dçcapita cette belle fille.
(K) La plupart des Historiens Chrétiens . . . ont sacrifiéla bonne foi » leur passion a? à leur restentiment. ] Monsr.Guillet aiant observé que les Nations Occidentales ont don-né à ce. Sultan la qualité de Grand Seigneur , ou de GrandTurc, ajoute tout auffitôt (40): „I 1 est vrai que ce favo-„ rable témoignage de nos peuples a esté contredit par la„ plufpart des Historiens d’Occident qui écrivoient de son„ temps ; car il n’y a point d’opprobres ny de titres ou-,, trageux dont leur plume n’ait voulu ternir ce Prince. Á„ la vérité, il faut louer .leur zèle pour la Religion Ghres-,, tienne, quand selon Toccasion ils fe font emportés con-„ tre les impiétés de Mahomet; mais aussi selon Toccasion„ devoient-ils publier ce qu’il a eu de qualités louables.„ C'est le juste tempérament qu’ont fçu garder Philippes,, de Commines, Chalcondile, 8c la Lettre du Pape Pie II.,, qui ont parlé de ce Prince pendant fa vie, en se dépouil-,, lant des préjugés vulgaires,8c avec les sages réservés qu’il„ faut toûj ours avoir pour les testes couronnées. Car em„ fin, de tout temps, un usage peu honneste a banny la,, modération, qui devroit regner entre les Ecrivains de,, diverse Religion 8c de differens part s, 8c leur a sug-,, géré l’invective 8c Tanimosité; comme si la justice 8c la,, raison avoient besoin d’un secours si bas 8c fi honteux.„ Aussi faut-il avouer que si de toutes les injures publiées„ en ce temps-là .contre Mahomet, on en excepte quel-„ ques-unes qui font véritablement authorifées par la pm„ aeur 8c par la pieté, le reste est une louange déguisée,„ 8c la vaine menace de ceux qu’il faisoit trembler”. CetAuteur fait là un portrait qui ressemble à beaucoup degens répandus dans tous les Siécles, 8c dans toutes les Hâ-tions.
(£) Je pense qu il sut ... le prémier Sultan qui aima lesArts C7 les Sciences. ] II lifoit souvent T Histoire d'Auguste,8c celle des autres Césars, 8c ajvec encore plus de plaisircelles d'Alexandre, de Constantin. 8c de Theodofe, parceque tous trois ont régné dans les pais de fa domination (41).
. De l’amour qu il avoit pour /’ Histoire, il passa avec
le tems à l'estime des Historiens, e? leur en donna des mar-ques . Il aima avec pajston la peinture e? la musique,
ejr s appliqua à la cizelure z? à f agriculture . . . (41) Laconnoistance des languis étrangères luy fut st-chere, contre legenie de fa .nation., qu il ne parloìt pas feulement celle desArabes , qui est ajfeélée aux Loix Ottomanes c/ à la Religiondu Legiflateur Mahomet, mais encore la Persane, la Grecque »Z? la Françoise, cest-à-dire, l’Italienne corrompue, fe faci-litant ainsi une communication avec les peuples qu'ál menaçaitde ses armes. Surtout, il excelloìt dans ■ l’Astrologie ; zrpour encourager fes troupes , ZP* estrayer fes ennemis, pubhoitque le mouvement cv les influences des corps celeftes luy pro-mettoient VEmpire du monde (43). Pour savoir combien ilse conoissoit en tableaux, on n’a qu a lire dans Mr. Guil-let ce que le Vasari raconte touchant Gentile Belino fa-meux Peintre Vénitien, qui fut quelque tems à la Cour deMahomet, 8c qui en revint chargé de préfens (44). II aportale portrait de cet Empereur ; 8c ainsi il n’a pas été malaisé aux Historiens de nous aprendre comment ce Princeétoit fait : néanmoins on le représente bien différemment.Le Pere Maimbourg maltraita un peu sur ce sujet le PereBouhours. Voiez la Critique Génerale de THistoire duCalvinisme (45). Finissons cette Remarque par ces paro-les de Paul Jove (46). Caterum Mahomet qui impietatisapud fuos, apud noftros vero perfidie, zt? inhumana cruddi-tatis notam fubiit, hanc faltem confestone omnium ctrtamlauderp à Barbaris repudiatam , non infulfe tulìste existima-tur , quod et literarum , zs" pracellentium artium decus cordìfuerit ; quando ciinblas claristimarum gentium Historias , stbiverti in Turcicam linguam juberet; ut inde hauftis militiapr&ceptis , adiionum fuarum difciplinàm , exemplorum varie-tate confirmant , zsr praclaros artifices piâlorefque prafertimìnfìgni liberalîtate compleâleretur. Nam zsr commentaria re-rum ab ipfo geflarum ct Liberto ejus Vtcentino ( 47 ) confcriptalegimus ; veraque ejus imagine furnus potiti , quam GentilisFellinus , e Venetiis Byzantium evocatus pinxerat ; quum ibiregiam multis tabulis rerum novarum ad obleílationem ju-cundistmam referststet.
(-AÍ) Son Epitaphe mérite dé être considérée.'] ,, On porta>, son corps dans la Mosquée de sa fondation, où Ton voit-- encore aujourd’huy son turban 8c son sabre. Mais ce« qu’il y a de singulier, TEpitaphe qu’on luy fit ne parloir-, point de ses grandes actions ,8c sembloit mesme les con-,, ter pour rien, en comparaison de ses dernieres pensées,
que Ton se contenta d’y exprimer comme le plus grand-, éloge, 8c le plus fidele tableau de son courage. L’Ins-,, cription ne coniistoit qu'en neuf ou dix paroles Tur-,, ques, expliquées par celles-ci : Je me propofois la con-», queste de Rhodes zy celle de la superbe Italies 48)”. C’estnous faire entendre très-dairement; 1 , Qu’on ne marqua
dans
(40) Guïïlet»HUt. deMahometII, Livr. Itt“g. 9 .
(41) Guil-let, Hist.Mahomet
11 , Livr. U
?- 8 - 15-
(42) LÀ-rA‘me, pag. I 6 -
(43) Li n*'me, pag. t>Voiez. /«r tí/rfceà le P,Maimbourg,Histoire daSchisme de»Grecs, livr»VI, pag. 2SI»qui cite
Phranz.
1. I. c. 3;.Leund.h ij.
(44) Lk-vûs
me, Livr * l*!pag. s OS ìrsuivantes. -Votez atíjfFlorent .Comte ,
I Tome duCabinet -des Singer"ritez, pfg’.
29 éi 3 ®
Edit. deParis 1 699’
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de Tsevosti
■Mai 170' 1 »
pag. 122Edition tioE rance.
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335 , ” 4 ’ .de la 5Edition- |
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