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Tome troisieme. K - P.
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MAHOMET

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reri ( Nj-, & je ne laisserai point passer au Pere Maimbotirg la témérité qu’il a eue, d’impu-ter au Schisme des Grecs les maux qu’ils íbufrirent. fous ce Prince Turc (O).

Landin Chevalier de Rhodes ramassa diverses Lettres que ce Sultan avoit écrites en Syria-que, en Grec, & en Turc, & les traduisit en Latin. Cette Traduction a vu le jour; j’en par-lerai ci-dessous (P)} mais on ne fait pas où peuvent être les originaux (/). Je parlerai aussi (n tv«sd’une Lettre que le Pape Pie 11 écrivit au même Sultan.- Elle a donné de l’occupation aux ^“«prec.Controversiíles (E)- Elle peut non seulement résister à un examen superficiel, mais éblouir isz.

aussi

dans l’Epitaphe de Mahomet aucun des desseins qu’il avoit gemtnt des Empires cy des Royaumes , er c est être au moinsexécutez, mais seulement les desseins qu’il vouloit exécu- temeraire que d'en attribuer la cause à l impiété ou aux he-ter: i, que cçs actions à venir furent marquées en Lan- r r ' ' *** ^

gue Turque. Cela est bien différent du narré de Made-moiselle de Scuderi. Comme ïambition efloit la passion do-minante au cœur de Mahomet, elle le suivit jusques-à lamort, ordonnant que l’on mist fur son tombeau cette Inscrip-tion en Langue Latine, âpres une grande narration de toutesses viCloires en Langue Turquesque .- II avoit inten-tion de ruiner Rhodes, et ea superbeItaiie. (49). Spandiginus (50) est conforme à ce narré .

rejies soit des Souverains , soit des sujets de ces Empires .Croyez-vous , continua-t-il , qu il soit permis de dire d’un Roy ,d’un Empereur hérétique , ou d’un Souverain dans les Etatsduquel il y a des hérétiques , lors qu on les en volt dépouil-lez .,, qu ils les ont perdus à cause de celles qui se sont élevéesdans leurs terres? Cela n’approche que trop, repartit Eucha-r’tste , de cette détestable doctrine , condamnée d’hereste dansle Concile de Constance (*)• Car fi l’on peut dire d un Princequi a perdu fa Souveraineté , qu’il m a été privé de Dieu jsi ce n’est qu’il ne dit point que les dernieres paroles fus- pour ses crimes, pour son herefie, ou pour celles qui régnaient TmnHSsent en Latin. Je trouve assez aparent que Selim I, poúr dans ses Etats , ríefi-ce pas dire que ces crimes méritent qu’ilrenchérir fur cette Epitaphe, s’en fit faire une où il disoit, r ~ : * J - r -- - » XT — pst

qu’il faisoit encore la guerre après fa mort (51).

(N) saurai quelques sautes à. reprocher à Mr. Moreri.jI. II n’est pas vrai que Mahomet ait subjugué la Carìnthhw la Stirie : ses troupes y firent feulement des courses 8cdes ravages, après la victoire du Lisoncio, qu’elles gagnè-rent fur les Vénitiens l’an 1476 (51). II. II est faux qu’ilait fait lui-même son Epitaphe en Latin. III. Et qu’ilsoit mort à Nicómedie : il mourut dans une bourgade deBithinie, corne par les anciens fous le nom d’Astacus , entreConstantinople cy Nicómedie , qui en font éloignées chacuned’une journée (53). Cette bourgade est nommée par quel-ques-uns Teggiur Tzair , & par quelques autres Geivifi,

IV. II n’a point vécu cinquante ans, mais un peu plus decinquante 8c un. V. On ne peut assez admirer que Mr.

Moreri ait été capable de dire que Mahomet ne manquoitpas de courage. C’est ainsi qu’on parle d’un homme soup-çonné de poltronnerie, & qu’on tâche d’en justifier; c’estainsi qu’on parle d’un Prince fort pacifique, & qui n’aiantjamais donné des preuves publiques de fa valeur , a faitnéanmoins conoître dans le cabinet, qu’il ne craignoit pas

soit privé de ses Etats ? Non seulement cette doctrine estséditieuse, mais aussi une imitation des plaintes qui furentfaites par les Païens contre l’Eglise Chrétienne (6a), á l’oc- («z) Volez.casion des ravages que les Goths firent dans Rome, & dans ? r ° seAatoute l’Italie & ailleurs. La ville de Rome fut aussi mal-. Jstraitée par les troupes de Charles-Quint Pan 1517,que celle gustin, dede, Constantinople le fut quand les Turcs la prirent. Le civitatePere Maimbourg trouverait-il bon que les Grecs lui dissent, Dei ’ ’ nque Rome fut alors ainsi désolée, à cause qu’elle avoit eul’ambitiond’éxigerquel’EgliseGrequeluirendítobéïflance? ' '*Que répondroit-il à cela, si ce n’est que Rome a raison,

8c que les Grecs n’en ont point ? mais ne seroit-ce pas làla pétition du principe! On ne devroit pas s’ingérer autantque l’on fait dans les conseils de la Providence. Tous lesPartis ont besoin de cette leçon; ils attribuent trop sou-vent les calamitez du Parti contraire aux qualitez de sadoctrine: c’est mal profiter des déclarations de (63) Jésus- (<s 3 ) Evait-Ghrist (64). Le Pere Maimbourg n’auroit pas été beau- gíle de St.coup plus déraisonnable, s’il avoit adopté le Conte raporté Luc - cha (-par Chalcondyle. Cet Historien prétend que les Romains X1JI -descendus d’Enée, & s’intéressant encore

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la mort ni les périls : mais il est absurde de s’exprimer de lion, disoient que les Grecs n’aVoient soufert tant de maux « /»„ dghi ,la sorte, en-parlant d’un foudre de guerre, & d’un Con- à la prise de Constantinople, qu’en punition des ravages citation ( 2 ijquêtant tel que notre Mahomet, qui, pour me servir des qu’ils avoient commis autrefois dans le Roiaume dePriam.termes d’un Historien que Moreri devoir conoître (54) Eacetus est Chalcondyles dum ait Romanes feu Latines confian- au ssin,tut de la nature un corps extrefinement robuste , ©* capable ter ajfeverare, hanc cladem contigip Gracis in ultionem e o-de toutes les fatigues de la guerre , dont il fit son occupation rum qua ohm secijfent barbaris in destruélione llii: quod vide -, contl »uelle durant toute fa vie-, un tempérament tout de feu , Hcet dicantur Romani à Trojanis descendisse (65). Selon (^) SpoiuV-liT/f’ U sl naturcl impétueux, hardt, entreprenant, v msattabìe de ' ~

fag. ' E í0,re ’ »» coeur plus grand encore aue fa nailTanr. ™ r- f-,.

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plus grand encore que fa naissance zy fa for-tune, un courage intrépide. VI. Mr. Moreri s’exprime très-mal un peu après, lors qu’il assure qu'à parler ingénument,on ne peut entendre parler fans mépris des débauchés de Mahó-tnet ;• & ■ tout aussitôt il raporte que cet infâme voulut for-cer le Prince de Valachie. N’est-ce pas avec horreur, &uon pas avec mépris, qu’on entend parler de semblables de-reglemens i VIL Mahomet ne coupa point lui-même la tête« une femme, paree qu elle lui paroiffoit trop belle t ce fut àcause que -ses soldats murmuraientde voir qu’il perdîtréputation, 8c de belles occasions, entre les bras d’une fille.Encore n’est-ce pas un fait certain (yy).- VIII. II est faux'que ce Sultan, après la prise de Constantinople, ait déchargéfa colere fur le corps mort de l’Empereur Constantin. Le Chan-celier ^56) de cet Empereur,qui étoit dans Constantinople,Z? qui ria écrit que ce qu'il avoir vu lui-même (57), dit lecontraire : „ II nous assure que le Sultan ayant fait cher-» cher fort exactement par tout, pour s’éclaircir de ce-- dont on doutoit encore . à sçavoir, s’il estoit vif ou-> mort, son corps fut enfin trouvé parmi ceux de plusieursj, Turcs & Chrétiens entassez les uns fur les autres, fans,s doute à l’endroit mesme où ce brave Prince avoit esté« tué, avec ces vaillans hommes qui périrent avant luy,-, après avoir fait un grand carnage de leurs ennemis ; car„ dans les portes il n’y avoit que des corps de Chrétiens», ou étouffez dans la presse , ou tuez, tandis qu’ils s’ef--> forçoient de passer dans cet embaras. Il ajoute qu’on„ reconnut ce corps tout défiguré, par les botines de pour--, pre enrichies d’aìgles en broderie d’or, que les seuls Em-» pereurs portoient, & que Mahomet, qui voulut hono-» ter le courage 3 c la vertu d’un si grand Prince, com-manda qu’on luy rendist tous les honneurs funèbres qui’-> eltoient dûs aux Empereurs (58).

(O) Le P. Maimbourg a eu la témérité d'imputer au Schis-me des Grecs les maux qu’ils souffrirent fous ce Prince Turc. ]Il ne cesse de répéter (59) que la prise de Constantinople,« la ruine de leur Empire, furent Ja juste punition de leuropiniâtreté à refuser au Siégé de Rome la soumissionstu’ils lui dévoient. II ne profita guere des censures qu’ilpour avoir dogmatisé d’une lemblable maniéré dans

e ffuia,

L 5 P à Accident

Histoire des Iconoclastes. On lui fit voir que cette doc-J’o 6 • e1 '' ^àieufe. II avoit dit (60) que Dieu ôta i Empirecctdent aux Grecs , en punition de leur révolté fi souventq^ 0U 7 f^‘ e cont >e l’Eglise, & voici comment on le criti-U a (oi); if rfy Dieu-qui ctnwoijse-la cause du chan-

cette belle chimere il ne faudrait pas hisser les nombres

dans le Decalogue tels qu ils y font. II faudrait croire que n um. 17,

Dieu visite l’iniquité des peres fur les enfans, non pas jus- (“g- m. 30.

qu’à la quatrième, mais jusqu’à la millième génération,8c

ce ferait ici que la prescription n’auroit jamais lieu, De-

liéla majorum immeritus lues Romane ( 66 ). La France au- ( 66 ) Hora-

roit sujet de craindre que d’ici à deux mille ans, une ir- tìus, od.

ruption de barbares ne vînt venger les injures que les Ro- lv Libri 1IZ '

mains 8c les Grecs reçurent des Brennus.

(P) La Traduction de ses Lettres a vu le jour : f en par-lerai ci-dessous. ] Elle fut imprimée à Lion in 4 Pan152.0, & puis à Bàle avec Içs Epîtres de Symmaque, chezFrobenius (67 ). Elle fut inférée ensuite dans un Recueil (67) Epi-de Lettres , que Jean Oporin publia à Bâle l’an 1554 j» tome Bi-ll (68). Ce Recueil avoit été compilé par Gilbert Cousin, wi ° th - Ges *8c intitulé, Farrago Epistolarum Laconicarum cy seleclarum. llen ’ í- S33 'On réimprima à Marpourg la Traduction de Landin in 8 ( fi8 ) lb u.l’an 1604, 8c on l’a réimprimée à Leipíic in n l’an 1690 ï«g. 5 co."par les foins de Simon Gxbelius Romhildenfis Francus (69).

Melchior Junius, Professeur en Eloquence à Strasbourg,publia à Mombeliard en 159; un Recueil de Lettres, qui ^nimadv.en contient trois qui avoient été écrites à Scanderbeg par ram usMahomet II. Le Compilateur les a tirées de l’Ouvrage p<*£. zs.de Marin Barletius de vita cy gestis Scantkrbegi. II y a jointles trois Réponses qui furent faites au Sultan. La férocitéTurque ne paraît aucunement dans les trois Lettres deMahomet : elles font écrites en termes d’honnêteté, 8ccomme les pourraient écrire les Princes Chrétiens les plusdébonnaires.

(6j_) Une Lettre que le Pape Pie II écrivit au même Sul-tan .. a donné de ï occupation aux ComroverfifiesiJ

Mr. du Pleffis Mornai fut l’Aggreífeur par ces paroles (70):

L’ambition de Pie 11 ne peut mieux estre reconnue qu en sonEpiftre 396 , oìt il offre cy promet l Empire des Grecs a Ma- a jLmc , u , thumed Roy des Turcs, s’d fi veut faire Chrefiien cy secourir f fl'Eglise, feavoir fin parti-, lui aider a defchtrer la Chrestien-tê, comme il faisoit par guerres continuelles ; lut faisant en-tendre qu’il estoit en fa donation, cy qu'ainfi aurotentses Pré-décesseurs donné l’Empire d’Allemagne à Charlemagne. Coef-feteau enfla les voiles de son éloquence, ou plutôt de facolere, en répondant à cet endroit de du Pleffis. Est-ilpossible, dit-il (71), Me „ l’herefìe esteigne ainsi toute coef-'„ .ingénuité pour condamner ce qu il y a de plus louable set. Répon-jj és actions de ceux qu on veut diffamer, II ne se peut ^rien voir de plus docte ny de plus éloquent, il ne fe„• peut' rien voir de si solide 8í dé si nerveux’, il ne se peut h 97 , '

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(70) DaÈlestîs ,Mystèred’Iuiquité,

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