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MAHOMET II.
(73) Rivet,
Remarquesiìn la Ré-ponse auMystèred’íniquité,1 1 Part.paS- ct 7.
aussi ceux qui la lisent sans un esorit de critique, & leur faire paroître ce Pape fous une idéeavantageuse, & digne d'éloge. Ceux mêmes qui l’examineroient sévèrement, & qui ne consi-déreraient Pie II, que sous la notion d’un Prince souverain d'une partie de l’Italie, pourroientjuger que sa Lettre est dans l'ordre de la prudence : mais lors qu’on la pèse à la balance du sanc-tuaire, &C que l’on songe que celui qui l’a écrite se dit le Vicaire de Jesus-Christ, & par consé-quent le Protecteur de la Morale de l’Evangile, on ne le peut excuser. II y a donc diversesfaces dans cette question, 8c ainsi l’on ne devra point trouver mauvais que je raporte avec unpeu d’étendue les paroles des'Avocats qui ont plaidé cette cause. On doit considérer mon Com-mentaire , entre autres égards, fous celui du T orne où les Historiographes infèrent toutes entieresles Pieces justificatives dont ils ont parlé dans le cours de la Narration. Ceci soit dit une foispour toutes. II y a des gens qui croient que la Lettre de Pie 11 ne fut point écrite pour être
envoiée à Mahomet (
rien voir de si humble & de fi Chrestien, il ne se peutrien voir de si pieux & de si religieux, que cette epis-tre; 8c cependant du Pleíïìs en veut faire un trophéede l'insolence de son Autheur. ’Luy reste-t’il donquesune feule estincelle de modestie 8c un seul rayon de jus-tice? Voicy les lieux d’où il veut recueillir l’ambitionde Pie. si tu- veux , dit le Pape à Mahommet, efien-dre ton Empire parmy les Chrestiens, CT rendre ton nom glo-
„ tiscr, le paisible Empire de ce qu’il avoit usurpé, lui,, promettant que tous léseront juge de leurs débats, que de,, tout le monde on appelleroit à son jugement , (pensez si les„ Princes de lbng temps Chrestiens ne lui avoient pas une„ grande obligation.) Que plusieurs d'eux mesmes s’ajfuèjet-,, tiraient à luy, subiraient son tribunal, Cc. 11 adj ouste ,„ que la charité de VEglise Romaine sera envers luy non seule-ment comme envers les autres Roy s, mais d.'autans plus
rieux, tu nas que faire, ny d'or ,ny d’argent, ni d’armées,, grande, que plus il if estevé. Notez ce traict. En fin'd
„ ny de vaiseaux. Une petite chose te peut rendre le plus grand,„ le plus puisant, cr le plus célébré de tous ceux qui vivent au-„ jourd’huy. Tu demandes quelle elle est! Elle n est pas dijfi-„ cille à trouver, o- il ne la faut point chercher bien loin, elle„ se rencontre en toutes les parts du monde. C’est un peu d’eau„ pour te baptiser, cr te faire embraser la Religion des Chres-„ tiens, en croyantà l’Evangile. Si tu fais cela, il n y aura„ Prince en l’Univers qui te Jurmonte en gloire-, ou qui t’egalle„ en puisante. Nous Rappellerons Empereur des Grecs cr de„ l'Orient, cr ce que maintenant tu occupes avec violence, cr„ injustice , tu le posederas de droit cr avec équité. Tous les„ Chrestiens t’honnoreront cr te seront arbitre de leurs diffe-,, rents, crc. Et de rechef: Si tu estais baptisé, cr que tu,, entrases avec nous en la maison du Seigneur, les peuples ne„ redouteraient pas ton Empire, cr nous ne les asfterions pas„ contre toy ; mais pluftofi nous implorerions ton bras contre„ ceux qui usurpent quelquesfois'ce qui appartient à l’Eglise Ro-,, maine, cr qui lovent les cornes contre leur mere. Et comme,, nos predeceseurs Estienne, Adrian, cr Léon, appelleront à„ leur secours Pépin cr Charlemagne, contre Aftulphe cr Di-„ dier Rays des Lombards, cr apfés avoir esté par eux délivrés„ de ïoppreston des Tyrans, transférèrent h leurs libérateurs„ VEmpire des Grecs, nous aus nous employrions ton affistance,,, cr ne te ferions point ingrats du bien-faiál que nous aurions,, receu. Lecteur qui lis 8c qui médités ces choses fans„ passion, remarque tu doncques aucune trace de l’ambi-„ lion d’Eugene en cette epistre? Plustost n’est-ce pas son,, zele qui le fait ainsi parler pour toucher le superbe cou-„ rage de ce barbare? Et promet il rien à Mahomet,dont,, toute la Chrestienté ne l’eust adv.oiìé, si ce Barbare eust„ voulu recevoir ces conditions que Pie luy proposoit " ?Voilà un langage très-capable de prévenir contre Mr. duPlessis ceux qui ne font pas accoutumez à la lecture desLivres de Controverse , j'en tens une lecture de discus-sion, 8c par laquelle l’on confronte 8c l’on collationne lesPieces, pour bien comparer ensemble les Réponses 8c lesRépliqués. C’est presque le seul moien de bien aprendreque ceux qui se donnent les airs les plus triomphans, 8c
luy reprejente, que l’Eglise Romaine implorerait son bras,
„ contre les mauvais enfans qui s’estevent contre la mere : Et,, pour fin se ventant que les Papes ont transféré l’Empire'„ des Grecs aux François, il promet aussi que s’estant servi„ de, luy aux necestez. de l’Eglise , il luy rendra la pareille„ pour ses benefices. II faudroit un long commentaire sur,, ce discours. En peu de mots , cette façon de convertir,, les hommes, en leur promettant la domination du mon-„ de, n’est pas Apostolique, z. C’est chose ridicule de,, promettre à un Prince estranger 8c puissant, ce dont il„ est desja eri possession. 3. C’est chose contraire’ à la„ charité, qui n’a point d’acception de personnes, d’estre„ plus grande envers ceux qui font plus eflevez au monde.„ 4. Contre la mesme charité de descouvrir à un infidèle„ les maux de la Chrestienté, 8c desirer sa conversion, pour„ se servir de lui contre les Princes desja Chrestiens. ç. C’est,, vanité, ambition, 8c présomption, de se venter qué„ l’Empire de Charlemagne est une rémunération du Pape,
„ 8c de prétendre qu’il puisse rémunérer en semblable mon-„ noie, celui auquel il parle. Et que le lecteur soit juge,
„ si ce discours estoit séant, à celui qui se disoit assis sur„ la chaire de S. Pierre: Est-ce la un discours humble „
„ Chrestien, modeste, cr pieux! Sont-ce là conditions 8c„ promesses dont toute la Chrestienté l’eust aàvoué” fj’ignoresi Coeffeteau ou quelque- autre Catholique a répondu à cetOuvrage de Rivet, 8c si j'a vois en main la seconde Piecedes Antagonistes de du Plessis, je la produirois ici tout dulong, afin qu’il ne manquât rien à l’instruction du Procès-8c que mes Lecteurs pussent prononcer avec connoissancede cause sur l’Accusation intentée à Pie 11. II ne semblepas possible de répliquer quelque chose 1 de bien fort auxRemarques de Rivet, oc il semble au contraire qu il'soittrès-possible de les rendre plus victorieuses : car q.u y a-t-ilde plus horrible, 8c de plus honteux à la Religion Chré- -tienne, que de voir que Mahomet 11, l’un des plus granscriminels qui aient jamais vécu, un homme qui avoit ré-
_a» r_ s. n _:n 1 1 ,
pandu tant de sang, 8c qui avoit dépouillé de leurs biens
, . . tant de personnes par une fuite continuelle de cruautez 8c (7 î) car •
qui poussent les exclamations les plus tragiques, font pour d’injustices,devienne possesseur légitime de toutes ses ussir- n0U! . ”tp"*Ìl’ordinaire dans quelque fâcheux détroit, 8c dans la néces- parions, pourvu qu’il se fasse'baptiser ? Que deviendra cet-fité de supléer par des figures de Rhétorique ce qui man- te Loi inviolable de la Morale Chrétienne, que ie prémier u'fTroleJ*que à leurs raisons. Ceux qui font rompus dans l’espece pas d’une repentance expiatoire du vol est la restitution du Dieu, amtntde lecture que j’ai marquée, 8c qui outre cela ^intéressent bien mal aquis? Que diroit-on si un Juif, coupable dune fl»fieuri._
tendrement à la gloire 8c à la mémoire de Mr. du Plessis banqueroute frauduleuse de trois millions, obtenoit par la Corint
Mornai, liront fans fraient toutes les paroles de son A d- simple cérémonie du baptême, 8c sans être obligé à resti- yS : L ’versaire; mais s’ils étoicnt des novices, 8c qu’ils ne fussent tuer quoi que ce soit, une pleine absolution de ses crimespas secourus très-promtemcnt par le préjugé, que Coeffe- & j e droit de posséder ces trois millions ? Les Infidèles (74) 0 ro-seau, étant un Dominicain, ne manie pas fidèlement la n’auroient-ils pas une raison très-valablc de décrier le Chris-Controverse, ils auroient bien peur que du Plessis ne se tianisme, comme la peste de l’équité, 8c de la Morale na- 7“' Usfût trompé, ils le croiraient batu sans ressource, 8c ils s’in- tutelle? Ce qu’on feroit à l’égard du banqueroutier ne se- 7 /Z 7 Jformeroient impatiemment si lut ou ssi^ue autre n ont roit pourtant qu’une pecadille en comparaison des ofres que t m p 4 ‘pas répondu à Coeffeteau Quelle qu eut été leur inqme- Pie II a faites à Mahomet, de le rendre légitime postés- f**! **tude, ils ne pourroient plus douter de la victoire de leur feur de ses conquêtes, moiennant quelques goûtes d’eau ° v ,! Jl r uï 'champion, en examinant la Répliqué de Rivet. Et ceci qu'on lui verscroit fur le visage. Que diroient les Apô-
doit nous tenir bien avertls ss ue P°ut obéir au precepte tres à la vue d’une telle dispensation ,* 8c d’un tel usa- Vers. n-.
ge des clefs ? Est-ce là ce que disoit saint Paul (73)? .., eCt
Mais que diroit Ovide même, qui n’étoit qu’un Poète ( 7 s J G j. ‘
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{R) ll y a des gens qui croient que la Lettre de Pie II t>ne /ut point écrite pour être envoiée k Mahomet, j Je n’a- />«£. 4*V"^,jouterai rien aux paroles que j’emprunte d’un Ecrivain *Catholique (75). „ C’est icy qu’il faut dire un mot de» cette longue Lettre que (f) Francesco Sansovino a pu- m frottas*
» Miée.sous le nom du Pape Pie(7Ó),au Sultan Mahomet: ,
» car elle marque que ce Pape l’écrivit dans le temps que fide» la Conqueste de Sinope 8c de Trebizonde faisoit crain-» dre aux Princes Latins un pareil effort des armes Otto- “
» manès. Elle montre fort au long les avantages de la % fer’ íl '’
audi cr alteram partem , entendez, aus l’autre partie , il nesustt pas d’examiner ce que Jean dit, & ce que Pierrerépond ; il faut aussi s’informer de ce qu’on répond, àPierre.
Rivet répondant pour du Plessis avoue, que la longueLettre de Pie II à Mahomet contient de sort bonnes cho-s f s contre la creance des Turcs, pour la confirmation de lafoyChreftienne. Mais, ajoúte-t-il (7 z), „ outre que le deslein„ semble assez inutile, d’avoir voulu convertir ce Prince„ par une Epistre, qui n’estoit pas choie apparente, il y
a une malice Diabolique. C’est qu’au lieu de faire pa-„ roiílre que les pauvres Chrestiens Grecs, fous l’Empire» de ce Barbare, saisissent pitié à ceux de deçà, 8c l’exhor-,, ter à les traicter humainement, il semble avoir entrepris,, cet escrit pour }es desnigrer, comme faux Chrestiens, 8c„ faire paroistre quç leur perte ne touche guere les Latins.„ Nostre Histoire adjoustoit ce traict d’ambition, par le-t> quel proposant à Mahomet, moyennant qu’il se fist bap-
» Religion Chrétienne sur la Mahométane, 8c prétend ap- que “ ,rl» pester le Sultan au Baptesme par de grands Exemples,
Lettre
„ luy représentant que comme il a esté fort glorieux au„ Grand Constantin d’avoir esté le premier des’Empereurs des \,s r “
dont
,j Romains qui se soit fait Chrestien, 8c à Clovis d’avoir ds
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