MAHOMET G A L A D I N. M A Y E R N E. 279
» esté aussi le premier des Rois de France qui ait embrassé„ l’Evangile, il ne luy fera pas moins honorable d’estre le-, premier des Monarques Ottomans qui fasse profession« de nostre Foy. II y a beaucoup de gens, qui,faisant re-„ flexion sur l’humeur inaccessible & farouche de Maho-„ met, ne trouvent pas vray-semblable qu’une Lettre aussi„ délicate que celle-là ait jamais esté rendue à son adres-„ se, ny qu'on ait osé en attendre la réponse. Ilsajoû-„ tent quelle eut du moins trouvé fort peu de docilité dans,, l'esprit du Sultan; & qu’à moins'd’un Miracle fa con--, version ne pouvoir pas eslre l'ester des remontrances
», d’tine Lettré, Aussi quand lès Italiens ont parlé dti peii„ de succès qu’il s’en faìoit promettre » ils ont dit agréa--,, blement en leur Langue, La penna Hon ttglie il silo alla.,, spada ; Que la plume n’émouife pas le trenchant dé l’E-„ pée. II est donc probable qu’elle fut publiée pármy les„ Nations Occidentales , aprés la prise de Trebizoride,», comme un Manifeste pour justifier les armes de la Croi-„ fade, & reveiller l’ardeur des Guerriers de la Chrestien-„ té, aprés leur avoir montré les vains efforts que le Pape„ avoit faits pour détourner les armes du Sultan par la„ voye tranquille des Remontrances.
MAHOMET GALADIN, Empereur du Mogol, se rendit illustre par ses belles qualí-tez, & fur tout par fa grande apiication à écouter les demandes & les plaintes de ses Sujets. IIaeneros'" * eur àanoit audience deux fois le jour; & afin que les personnes de basse condition, qui pourl’ordinaire ne peuvent ou n’osent s’aprocher du Tribunal, eussent lieu ù’exposer leurs griefs,H tnettre une cloche auprès de lui, & y attacher une corde qui donnoit clans la rue; & dèss ' qu’il entendoit le son de la cloche il sortoit, ou bien il faisoit entrer celui qui avoit tiré lal ””>‘d'soa°~ ^orde (a). II mourut l’an i 5 of,:sans que ì’on ait jamais pu savoir de quelie Secte il avoitGcnt îiesimo été (K). II pensa se faire Chrétien; mais les Prêtres Mahométans l’en détournèrent par deuxc °nfuuto. sa isons (y/).
(Ai) Les Prêtres Mahométans le détournèrent de se faireChrétien par deux raisons.'] Par une raison d’esprit, parune raison de cœur. Ils lui dirent que la Religion Chré-tienne lui proposeroit à croire des Mystères,où il ne com-prendroit jamais rien, & qu’elle l’engageroit à n’épouserqu'une femme. II y a beaucoup d’aparence que la der-niere raison fut plus forte que la prémiere; car ceux quiont été élevez dans la doctrine de la Polygamie, & quil'ont mise en pratique,se font une idée affreuse de la doc-trine Chrétienne sur ce point-là : & quand même l’on au-roit dit au grand Mogol que cette pratique Evangéliquen’incommode pas beaucoup les Princes Chrétiens, parcequ’ils s’ert dispensent presque tous; non pas à la vérité en
épousant plusieurs femmes, mais en se donnant des maî-tresses, il n’auroit pas laissé de la trouver dure, car enfinil y a beaucoup de différence entre pouvoir faire les chosesconformément à fa Religion, & ne les pouvoir faire fansvioler les Loix de fa Religion. Poco i>> mo.nco che non ac-cettajfe la nostra religione , e ne su ritirato da t Mulafi Sa-cerdotì Mahomettanì dal non poter cap'tr t mijieri délia fidecol lume naturale , e Vohligo dì contentais d’una solamoglie ( i ). Le Sieur Lyserus , grand Apologiste dela Polygamie , n’a pas oublié d’obsetver que la Loidu mariage d’un avec une retarde la conversion des In-fidèles (z).
(z) Volez, st îolygamia triumphatrix, pag. j>2.
MAYERNE (Théodore Turqjtet Sieur de) l’un des plus fameux Méde-^P“ns me cins de son tems, naquit proche de Geneve (a) l’an iyyz, ou environ (b). II reçut à Mont-P ellier te grade de Bachelier en Médecine l’an iyptf; & le Doctorat en la même Faculté le20 de Février ifç’j. ' II s’en alla à Paris quelque tems après, & s’attacha avec chaleur à la pra-îistue de la Chymie. C’étoit une étude fort décriée èn ce tems-là, & fort odieuse aux Médecinsiéfubiiqut de Paris. C’est pourquoi ils sc déchaînèrent avec le dernier emportement contre Mayerne &IsllM contre du Chesne (c), Sc s’efforcérent de les faire joasser pour les ennemis jurez de la Médecine.£ C’est ce qui paroit par un Ouvrage qui fut imprime l’an i6o; contre ces deux Médecins. Mayer-
M P ayemi!. ne le réfuta par un autre Ouvrage qui fut réfuté à son tour (A). La chose n’en demeura point là ;car la Faculté de Médecine lança un Décret d’interdiction contre lui, ce qui n’empêçha pointque Mayerne ne fût apellé à la Cour, Sc n’y obtînt une place de Médecin ordinaire de Henri leGrand. Il sc retira en Angleterre après la mort de ce Prince, & y fit une fortune très-éclatante.11 y aquit l’amitié de plusieurs personnes illustres, 8c il gagna de telle forte les bonnes grâces dulavant Roi Jaques, qu’il fut non feulement son prémier Médecin, mais auffi en quelque maniéréIon Favori. II en fut comblé d’honneurs (z/), Sc vit croître encore fa fortune fous le Roi Char-les I. II fut aggrégé d’un consentement unanime au corps des Docteurs des deux Universitez duRoiaume. Sa réputation Sc fa pratique furent extraordinaires, & il amassa de grans biens. IIeut deux fils & une fille qui fut mariée à Mr. le Marquis de Ruvigni (e). II mourut à l’âgedre < ^ U p tre ' V * n ® t ^ eux ans - Voilà ce que je tire de la Préface de ses Oeuvres imprimées à Lon-s an 1700 (£). Nous donnerons dans les Remarques un récit plus étendu & plus
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(A ) Mayerne le réfuta par un dutre Ouvrage qui fut ré-futé à son tour. ] Guy Patin a fait mention de cette Dis-pute, mais en homme qui se plaìsoit à médire, & qui étoitennemi des Médecins innovateurs. Le Sieur de Mayerne,dit-il (r). Médecin du Roi i' Angleterre, est , à ce que j'a-prens , natif de Genève , fils d’un homme qui et fait l’His-toire d’Espagne (z), qui est aujourd'huy imprimée en deuxVolumes in folio. Ce Pere a auffi fait un Livre intitulé, la Mo-narchie Aristodémocratique (3), qui fut contredit par Louisd'Orléans (cest celuy qui a fait des Commentaires fur Ta-cite) dans fa Plante humaine imprimée à Lyon c? à Paris.Turques fit une Réponse à Louis d’Orleans en 16x7. Il de-meufoit à Geneve , ou près de id, dans la Religion du Pais,
.(4) Je croy que son fils est Médecin de Montpellier.
11 vint d Paris l’an lóoz , ey comme il fie piquoit d'êtregrand Chymlste, il eut querelle avec quelques-uns des nôtres,d'où vins qu on fit un Décret, de ne jamais consulter avec luy.11 eut pourtant quelques amis de nôtre ordre, qui voyoient desmalades avec luy. Ds cette querelle provint une Apologie du-dit Théodore Mayerne Turques, de laquelle il n’est non plusl' -Auteur que vous rit moi. Deux DoÛeurs de nôtre Compa- •gnit y travaillèrent , Seguin nôtre ancien , qui a toûjours
porté les Charlatans, ev son Reaufrere Acakia .(y) Ce
■Mayerne est encore aujourd’hui en Angleterre fort vieux &Presque en enfance. On dit qu’il a quitté le partis du Roy,^ qu’il s’eft rangé du côté du Parlement. J’ay vú un de fesans en cette ville étudiant en Médecine , qui depuis estmort en Angleterre. On dit qu il est fort rude d fies enfatts ,lafit U e ji avarteieux , cy qu’il les laisse mourir de faim. Ile fi grand Chymiste, fort riche, CT fait le moyen de fe fairedonner force Jacobus, d'une consulte de cinq ou six pages. IlVf entr 'autres Baron d'Aubonne, belle Terre dans le Pais deaux proche de Genève, de laquelle étoit Seigneur l’an 1560
un certain Evêque de Nevers, nommé Paul Spifame.
(6) Cette Apologie de Mayerne ne manqua pas de réponse.Monsieur Riolan le Père y répondit, par un Livret exprèsélégant & savant d son accoutumée.
Mr. Browne, comme je l’ai déjà dit (7), a observé queMayerne eut un compagnon de fortune dans la persécutionque lui firent les Médecins de Paris. II nomme Spuerceta-nus cet Associé dont le nom François étoit Du Chesne. Pa-tin ne dit rien de cette jonction; mais il parle très-satiri-quement de ce Quercetanus. Cette même année 1609, ilmourut, dit-il (8), un méchant pendart ey Charlatan quien a bien tué pendant sa vie ey après fa mort par les mal-heureux écrits qu il nous a laissés fous son nom , qu’il a f altfaire par d’autres Médecins cy Chymifies depa cy delà. C'estJosephus Quercetanus, qui sefaifoit nommer d Pari t, le Sieurde la Violette. Il étoit un grand yvrogne cy un franc igno-rant: qui ne savoit rien en Latin, ey qui n étant de son pre-mier métier que garçon Chirurgien du Pais d Artyágnac, quiest un pauvre pais maudit <& malheureux, puffa Paris cyparticulièrement d la Cour pour un grand Médecin , parce.qu’il avoit apris quelque chose de la Chymie^ en Allemagne.
II faut que je dise que l’Histoire generaïe d’Espagne;composée par Loys de Mayerne Turquet , Lyonnois, fut pré~mierement imprimée l’an 1587 , & puis chez Abel 1 Ange-lier l’an 1608 à Paris, & puis encore dans la même villechez Samuel Thibouít lan 163;. La seconde Edition,comprend XXX Livres,& s’étend jusques à la fin de Tan-née xy8z. La troisième Edition est augmentée de six Li-vres qui s’étendent jusques à la fin du XVI Siecle.
( B ) Voilà ce que je tire de la Préfacé de fies Oeuvres im-primées d Londres lan 1700.] Elles font un assez gros infolio, divisé en divers Livres; le prémier contient Confi-lia, Epistola f, cy Observât mes, & le second Pharmacopeeat»
varias-
(b ) Mori net1605 , ftnz.a,
fkperjì âicjual jcKii
W- M*-
Giormile àcLetternti,du 27 Juin1669, p • sZ idans i*Extraitdu Gent UJesìmoconfutato*
(1) GÎofria*le de Lette*rati, d» 27de Juin 7669,p *£. 8z , dansÛ Extrait du
Gentilcsimoconfutato deDon Clé-ment Toíì^
Volet,
dam la Tyc-marque ( C)son vrai journatale
(c) Volet U%em. ( ^4 )Citation (î )q
(d) Volezdans Umarejue ( 5 )V Inscriptionde sa Taille*douce j
(e) C*es tmeTante. Votezla ‘pemarqwt
(O-
(6) Là-mt-
me,pag. 39 «
( 7 ) Dans lcCorps de cetxArtìcle t
Ci talion (t)
(S) ?atin 9Lettre 'XXXI, pag^142 d» £Tome^