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ílalistes qu’on travaillé à faire fa Vie. Si je Pavois lue, j’euíTe fait très-volontiers un long Articlede cet habile Minime. Je dirai un mot de ses Ecrits (B). On l’a confondu avec un autre Phi-losophe nommé Magnen (C). Cet Article étoit déjà à í’Imprimerie, lors que j’ai découvert lePere Maignan hors de fa place (b) dans le Suplément de Moreri.
Depuis la prémiere Edition de ce Diótionaire j’ai vu un Ecrit (c) qui a pour Titre, DeVit a , Moribus , Scriptis R. Patris Emanuelis Maignani Doîofatis^ Ordìnis Mìnìmorum , Philosophieatcjue Mathematìciprastantìfsimi Elogium, II a été composé par le Pere Saguens (d), & impriméà Toulouse Pan 169/. J’en tirerai un bon Suplément. Emanuel Maignan né le 17 de Juillet1601, étoit d’une ancienne & noble Famille (D). II fit espérer dès le berceau qn'il auroit del’inclination pour les Lettres & pour les Sciences; car rien n’étoit aussi propre à l’empêcher depleurer, & de crier, que d’avoir en main quelque Livret. II en remuoit les feuillets & en con-lìdéroit les caractères avec beaucoup de plaisir, & l’on s’aperçut dès qu’il eut pasié Page de cinqans, qu’il méprisoit les petits plaisirs de l’enfance,& qu’il pretoit une attention merveilleuse auxprières, & aux instructions du Catéchisme. Cela fit qu’on s’apliqua plus soigneusement à lemettre de bonne heure sous la direction d’un Précepteur domestique. II sit ses classes aù Collegedes Jésuites, & s’aquita très-diligemment de tous les devoirs d’un bon Ecolier, soit à P égard desexercices litéraires, soit à l’égard des exercices de Religion. II fit paroître dans toute fa conduitece grand fond de pudeur & d’honnêteté qui fait craindre la contagion des entretiens sales ; Lcde la vint qu’il s’éloigna peu-a-peu du commerce de ses Condisciples, & qu’il aima mieux renon-cer aux divertissemens de son âge, que d’exposer son innocence a quelque péril (e). 8es heures
de récréation étoient emploiées à des promenades dans le Couvent des Minimes où il rencontrentun bon vieillard qui lui parloit de Paf aire du salut. Ce furent des semences de la vie religieuse alaquelle il se consacra quelque tems âpres, & il y fut encore fortement déterminé par une disgrâcequi lui arriva lors qu’il étoit en Rhétorique : il avoit composé un Poème pour disputer le prixd'Eloquence, & il crut qu’on lui avoit fait une injustice en adjugeant à un autre la victoire. Lesréfléxions qu’il sit pendant son chagrin le fortifièrent tellement dans la pensée de quitter le mon-de, qu’il demanda l’habit de Minime. On ne le fit point postuler long-tems, & s’étant fortbien aquité des épreuves du Noviciat, il fut reçu à P émission de ses vœux à l’âge de dixhuit ans ;c’est-à-dire Pan 1619. II fit son Cours de Philosophie sous un Professeur très-attaché à la doc-trine d’Aristote, & il ne perdit aucune occasion de disputer vivement contre tout ce qui lui étoitsuspect d’Hétérodoxie dans la Physique de cet ancien Philosophe. Cela fut pris pour un bon au-gure par son Professeur, qui bientôt après découvrit avec un fort grand étonnement que son Discipleentendoit très-bien les Mathématiques, fans que personne lui en eût fait des Leçons (A). II avoit
été
forte la place dil pain, que les mêmes intervalles précisé- fes, qu il fût possible que lés refraPíions se fissent comme il estment qui servoient de lieu au pain , sont ceux où le corps certain quelles fie font. C’est fur quoi le P. Maignan avoitdeJesus-Christ se range, laissent à la matière qui remplissoit principalement envie de faire des objections à Mr. Descartes
les pores du pain,les mêmes espaces quelle remplissoit au- *-’’—-. J - - «.<■—e.-; —- -
paravant. II s’ensuit de là que les parties du corps de Je-fus-Christ prenent la figure, la situation,& en général tousles autres modes du pain, & par conséquent qu’elles fontdu pain; car selon Mr. Rohault l’eíîence du pain, ou laforme qui le distingue de tout autre corps , n’est qu’unceitain afiemblage de modifications. II y a donc nécessai-ement du pain par tout où se trouve cet assemblage. Or1 le trouve dans le corps de Jcsus-Clirist au Sacrement de1 Jluchariíhe: ce corps donc n'est autre chose que du pain ;ix ainsi ce grand mystère coníìsteroit à détruire un mor-ceau de pain, & à remettre un autre morceau de pain àla place de celui qui a été anéanti. Cela est absurde, &tout-à-fait éloigné de la doctrine du Papisme. II est vraique dans cette fuposition il ne faut point de miracle pourexpliquer comment subsistent les aparences du pain àegaid de tout nos sens: ce doit être une fuite naturelle m il, oc
An ^ dU C ° rpS de nôtre Sei S neu r dans l’espace- vril 1648.
du pain détruit; maïs cet avantage ne résultant que d'uneHypothèse qui enferme des absurditez incompatibles avecle dogme de la Transubstantiation , 'ne peut point faireque le Cartésianisme égale id f explication du Pere Mai-gnan , quoi qu’elle ait besoin d’un miracle particulier pourla continuation des aparences du pain & du vin de l’Eu-charistie.
(■B) Je dirai un mot de fes Ecrits,] II fit imprimer àToulouse un Cours de Philosophie en 4 Volumes in 8 Fan
IÓ52. II Fa redonné au public in folio (4) Fan 167 3 > avec gnanus Confiliarius Regius Referendarius e? Decanus in Can-beaucoup d’Ádditions, & Fa dédié au Président d’Onovil- cellaria Tolofana vir aquttatem servans, gy conjpicuus splen-le, si loué dans le Voiage de Mrs. de Bachaumont & la didisfimi generis antiquâ nobilitate indubitatâ. Siqtúdem utChapelle. II y a joint entre autres choses la Critique des omnes novìmus , Maignani Tolofates ifii Jlirpem suam tra-Tourbillons de Mr. Des Cartes, & une Dissertation fur la hunt ex illis, quos Eluz-a urbs nunc obfcura, fied antiquita-Trompette à parler de loin , inventée par le Chevalier te celeberrima ad Geïtfám amnem fita in Comitatu Arminta-Morland. On a aussi de lui un Ouvrage de Théologie in- co Barones suos strenuos , opulentes , magnificos per multastitulé Pbilosophta Entis fiacri , & une Perfpeâliva horaria, non interruptarum generationum succejfiones reverenter , acimprimée à Rome Fan 1648 in folio, & c. Voici ce qu'on peramanter complexa est. Matrem habuit Gaudiosam de Alva-trouve dans Mr. Baillet à F égard de ce dernier Livre. Mr. rez. charàm filtam celeberrimi ïllius Medìci Emanuelis de Al-Carcavi manda à Mr. Descartes qu il y avoit a. Rome un varez, quem Tolosa urbs Literarum omnium amantijsima pre*Minime nomme le Pere Maignan plus intelligent zy plus pro- cibus ac pollicitationibus multis ex Lufitania advocavit per-fond que le Pere Mersenne , qui lui faifoit esperer quelques funblurum munere Regii Professons. Hic ongmem suam du-objeclions contre fes principes. Ce Pere . . . s’appellott Em- cebat ex antiquissima Pamilia Alaiareziorum de Ruhendya.manuel, gy étoit Toulousain de naissance. Mais il demeurait in regno Lufitanu , gy fuit parent lustricus Maignani nos-pour lors à Rome , oû il enseignoit la Théologie au Couvent tri, qui ex illo nomen Emanuelis obtinutt (o).de la Trinité du mont Pincio , qu on apelle autrement des ( E ) Il entendait tres-bien les Mathématiques, fans que per-Minìmes François. Il avoit mis au jour depuis un an (j) en sonne lui en eût fait des Leçons.] Voici un second exem-Latin un Ouvrage curieux divisé en quatre Livres, touchant .pie de ce qu’on verra ci-deffous dans 1 Article de Monsr.les horloges gy les quadrant solaires ; gy il avoit écrit vers le P a s c a t. Le Pere Saguens n a pas manque de confirmer
l’un par l’autre. Voions le détail qu’il donne. Ce font deces faits particuliers qu’il faut principalement recueillir, &insérer dans des Ouvrages semblables à ce Dictionaire.Multo celfiorem de illo optnionem accepit (Magister Ruffa-tius (9)) qu-ttttt occafione data schematïs Mathematïci , quoipse ad explanationem reconditioris cujusdam Physici myfierïtN n lucem
{e) cÀd oihr*nés vit £ suaalhís & usa*advocabat:honeflnm acmodefhìmillum pudo -rem , quiabborret abomhi inqm-namentolascivientiscòllocjuìì.Quare cœpítpaulatim de*clinare k so~ciis , prœdi -gens omnijjco abjhnere zcjukm faccreveí Uvijfmtimverecundiaf’4ce periculum .
Saguens, £àElogio Em*Maignani,
M* 5 -
selon qu il poHvoit savoir mandé a Monsr.* Carcavi un anaprés (5). N’oublions point la Dijfertatio Theologica de usu~licito pecunh, publiée par notre Minime Fan 1673 in 12.Elle fut censurée par quelques Evêques.
(CJ On l’a confondu avec un autre Philosophe nomméMagnen.] Quelques-uns (je me fers des termes de Monsr.Baillet (6) ) ont confondu mal-à-propos Emmanuel Mai-gnan avec Jean Cliryfostôme Magnen Professeur de Pavie,qui avoit publié en 1648 le D emocrìte ressuscité , qui fitcroire aux Hollandois que c’étoit un Philosophe Cartésien:Mr. Baillet cite Revît Statera pag. 243. Ce Jean Chrysos-tôme Magnen étoit de Luxeuil dans la Franche-Comté, Seprofessent la Médecine à Pavie. .Outre le Democritus revi-vifient, imprimé à Leide Fan 1648 in 12, Sc dontl’Epi-tre Dédicatoire est datée du 30 d’Avril 1646, j’ai vu delui un Traité de Manna (7), imprimé à la Haie l’an 1658tn 12, Se dont l’Epitre Dédicatoire est datée du 3 d’A-Ces Editions de Hollande ne font pas les pré-
imeres.
(X>) Il étoit d’une ancienne gy noble Famille . J Son pere,Conseiller du Roi, Référendaire & Doien de la Chancel-lerie de Toulouse, comptoir parmi ses ancêtres les Baronsde Maignan qui ont fait une très-grande figure dans l’Ar-magnac. II épousa la fille d’Emanuel de Alvarez Profes-seur Roial en Médecine dans FUniversité de Toulouse.Voilà le pere & la mere du Minime dont nous parlons,Sc voici le texte de son Elogiste. Pater eifuìt Petrus Mai-
(s) Baillet j-Vie de DeîCartes,
Tarn. II,
P“g. 37 9,
3 8 o ,k
164s.
(6) Lì-rnêt
mt,
Os) On U
joint aveccelui de Tá.7bacco du>mémottWsk
quadrans fila
Ptême tems au Pere Mersenne encore vivant, (J) que par fisprincipes Physiques il avoit' trouvé géométriquement la mêmeproportion des réfractions que celle de Mr. Descartes. Mats1 ne croioit pas que les principes qu il établijfoit pour le mcyi-fwent d’un corps lumineux qut s enfle gy qui fi désenfle,pussent véritables ; ny même quand on fuppofiroit ces princi-f O M. U/,
(Q Saguénijm ElogioEmanuelisMaignani,P a S- 3.
( 9 ) C est UN.om du Mi-nime fouslecjuel le PereMaignan fitson Cours dePhilosophie 4