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Tome troisieme. K - P.
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M A I G N A N.

(/) Salmis-Jîffitwun ècontra tflis

(exercrra-tíonibusTheologi-CÌs) fìdemoffert ; râ-fugiujtte ut<t Uvinfcuiadubitatione -jic ab omni«urìosa m-dagìní) excjho AudiitscrutatoremMajeffatiscfprejptm tria. gloria.Idem, ibid.

pag. io.

(,?) °P»!

vere extmium4? ad ìllauscfue temporaintcntatum.

Idem, ibid,f*g* * 7 .

(h) Le FertSaguens,

fag. 25 ,

veut que Fï."ton, é“ non pasErnpeiode ,ftit i*’Auttufde la Physiqueélémentaire ,4? il citefour ala leTime c &Eusebe dePrarparat.Evangeì.Libr. X r.

été en cela son propre Maître. II fut tout autre dans son Cours de Théologie que dans celui dePhilosophie j car au lieu qu’en celui-ci il s’étoit montré fort incrédule, 6c avoit soumis touteschoses à un examen sévere, 6c aux discussions les plus subtiles de la Dispute,il se soumit humble-ment aux dogmes Théologiques (/) •* mais,pour ce qui est des raisons Péripatéticiennes que l’onemploioit pour les éclaircir, & pour les prouver, il ne se crut pas obligé de les admettre fans lesavoir examinées j 6c s’il ne les trouvoit pas solides, il les rejettoit, 6c ne faisoit nul scrupule depréférer les secours de Platon à ceux d’Aristote. Les preuves, qu’il donna de son esprit pendantles six années qu’il fut fur les bancs, le firent juger capable de monter en chaire pour y remplirles fonctions de Professeur, & h s’aquita de cet emploi si subtilement, 6c si solidement, qu’il fitvoler fa réputation au delà des Pyrénées, 6c des Alpes j 6c c’est pourquoi le Général des Minimesle fit venir à Rome l’an 16Z6 pour une semblable Profession. Sa capacité dans les Inventions deMathématique, 6c dans les Expériences Physiques, éclata bientôt, 6c fur tout par une contes-tation qui s’éleva entre lui 6c le Pere Kircher, 6c qui fut décidée de telle forte que la gloire del’Invention, lè sujet dc la Dispute, ne fut pas ôtée à notre Minime (F). Son Livre de Per-specîiva horaria , imprimé à Rome l’an 1648, aux dépens du Cardinal Spada, fut fort estimé.Personne n’avoit encore entrepris un pareil Ouvrage (g). On y trouvoit la méthode de faire destélescopes qu’il avoit inventée. II l’expliqua fort au long, 6c n’imita point ceux qui cachent commeun mystère les inventions de leur Art, 6c qui meurent avec leur secret. 11 n’eut pas cette maladie;car s’il se présentoit des ouvriers qui voulussent faire suivant ses découvertes 8c fa méthode quel-ques instrumens de Dioptrique ou autres, il leur communiquent le plus agréablement du mondece qu’il savoit là-dessus. II ne revint de Rome à Toulouse qu’en i6yo, 6c on le revit dans fa pa-trie avec une joie universelle. II fut créé Provincial cette même année, quoi qu’il souhaitât avecpassion de n’être pas détourné de ses études par les foins d’àucune Charge. II publia son Coursde Philosophie l’an 16 f z. C’est un Ouvrage où il a pu se promettre pour le moins le nom dcRestaurateur; 6c si, fous prétexte qu’il expliqua la Physique par les quatre élémens, on lui con-teste la gloire de l’invention pour la donner à Empedocle (/&), on ne peut nier qu’il n’ait fait àl’égard de cette Hypothèse ce qu’a fait Gassendi à l’égard de celle des Atomistes. La Charge deProvincial étant expirée au bout- de trois ans, notre Minime eut plus de loisir pour travailler àune Théologie Philosophique ; mais une longue maladie, 6c puis quelques volages pour les affairesde l’Ordre,retardèrent l’exécution de ce dessein. Nous verrons dans les Remarques en quel temsparurent les deux Tomes de cet Ouvrage (G). Si l’Auteur avoit eu de l’ambition, il auroit

trouvé

( ro ) §a-guens, tnÈlogio Em.Maignani,pag. 8 & 9 »

f n) ïdtm 9ibidem , pag,ïf.

(12) Idem 9ibidem %

frz) Nullitésbac in re >inquit,furtì TTiìhìfi* m conscius ,iiiji fanévnanui meas,opus quodilaboravc-runt j mentifubripuijsequis finxerit .Saguens,in ElogioEm. Mai-guani, PPí-16.

lucem ajserebat , ìntellexit eum ejse Geometram ; stupuitque,ex curiose requìfiit causam , ac methodum comparais ., e? «òusque occultait erudìtionis. Verutn ut responsuri juvenis mo-destie parcam , dicam ipse ego paulb liberiìts , quod multo poftad fuadenda rtrum Mathematicarum studia enarrabat Jibiobtigijfe, ut intra horas umus anni libéras , feu recisas à tem-pore ad entera Chori , zsx Schola ministeria ufitato , tot Theo-remata , ac Problemata Geometrica per se ipsutn adinveniret ,ut deinceps non plura deprehenderit contineri totis sex priori-bus libris Euclideorum Elementorum. An non diceres illumtaletn fuijfe , qui nist extitijfent Elementa Euclidis edidijfet.Simile quid refertur de clarijjlmo viro Pafcalio inter Geome-tras hujus saculi celeberrimos annumerando : ita ut yideaturutrique heus prastantifiìma illius disciplina anticipationemcopiofijsìmam contulijse. Tum neque mirum est , inquiebatMaìgnanus , quod levés istos Mathematici tyrocinii conatusultra promoverim : an nescitis Crucem Matheseos messMagistram habui ? Cum enim frttstratus omnì instrumento-rum figuris exarandis inservientium apparatu nec normamhaberet , nec circinum .- circint quidem vice , duobus tignulisligneis ex parte una libéré affixis infixerat ex altéra duasacus futorias. Át pro normâ, aut quod oportunum nihil oc-curreret, aut potius quod mallet sua schemata omnia appo-fito Crucis ftgno communiri, ut à plerisque more Catholicoillud appingitur summis. capitibus paginarum , cruce ligntautebatur (10).

(F) Hans une contestation qui s'éleva entre lui & le Pere

Kircher . la gloire de l’Invention ne fut pas ôtée à

notre Minime. ] Le Pere Saguens s’arrête fur deux Ouvra-ges d’une merveilleuse invention, & d’un artifice tout-à-fait industrieux, qui furent faits dans le Monastère de FOr-dre à Rome par EmanuelMaignan. L’un étoit un ouvraged’Optique, ôc l’autre de Catoptrique. Le premier étoitune Perspective dont on trouve la Description dans leThaumaturge opticus du Minime Niceron ( 11 ). L’autreétoit une représentation du ciel avec tous les Cercles As-tronomiques , catoptrica anacamptica , compleíiiturque inte-gram coeli faciem fuis omnibus ad res Astronomicas fpeélan-tibus circuits mterfiinliam fiz)^ Le Pere Kircher ne l'eutpas plûtôt considérée, qu’il dit à un Gentilhomme Allemandqui Faccompagnoit, de quoi vous étonnez-vous, n’est-cepas la figure de mon Livre? Squid stupes , an non h te estfigura mei libri ? Un Minime qui entendit cela, & quicomprit que le Pere Kircher s attribuoit toute la gloire deFinvention, répondit affez brusquement, au contraire c estle livre de vôtre figure, imo hic est liber tut figura , Sc ra-porta bientôt la chose au Pere Maignan, qui comme ilétoit fort humble fe contenta de dire qu il ne se sentoitcoupable d’aucun larcin, à moins qu'on ne fupofât que sesmains avoient dérobé F ouvrage à son esprit (13). La chosen’eût point passé plus avant, si les amis de l’un Sc de l’au-tre ne F eussent jugée digne d’une plus ample information,attendu qu’il s’agissoit, ou de la gloire d’un MathématicienAllemand, ou de celle d’un Mathématicien François; carla principale louange est toûjours celle de l’Inventeun LePere Maignan alloit perdre son procès, lors qu’un Jésuiteraconta ingénument qu’il avoit vu un semblable ouvrageen France lait par le Pere Maignan. Ainsi les Savans de

Rome laissèrent à chacun des concurrens toute la gloirede Finvention. Ce n’est là qu’un abrégé de ce que vouspourrez voir plus au long dans ce Latin du Pere Sa-guens (14): Totaque res ibi substitijfet, nist visa fuijfet com-mttnibus amicis digna diligentiof i examine ; quodque ducebant ibidem ,vertendum ad gloriam non mtdiocrem aut Germant , autGalli Mathematici. Omninò enim in quovis artìum , ex doc-trinarum genere primum fuisse ita gloriosum est-, ut id poftt-ritas omnis , quia imitari non poteft , invid'ta dignum put et.

Primus labor plerumqut fibi aut totum honorem vìndicaf,aut secundo non nist magna ex parte imminutum relìnquit; ■vel quod dìfficultatem perle omnem , qttam in rébus invententdis maximam este constat , exhauriat : vel quod non parumemolliat : vel denique quod prtftantioris cujusdam ingéniéaciem , judiciique demonftret. Ecce ìtaque inter Hoílos certa-tur , ex ambigitur uter é duobus extmit illius prima excogi-tationis Catoptrico-Gnomonica laudem fit relaturus , gravijst .moque tandem judicio declìnabant ad partes Kircheri , quiprior typss nuper eam commtseratnist in testem acernmumcompellatus occurrijfet alius R. P. ejusdefn Societatis Mathe-matkus, qui felititer Romam accejferat, ex ingénue enarra-bat vidtjfe fe multos ante annos in Gallia , ex in Conventstquidem hujus Aquitanict Provìncit nostrt Albaterrenfi taitquoddam opus Catoptricum à P. Maignano elaboratum. Resita erat; ex Maìgnanus quidem me audiente non fetnel retulìtcogitationem illam horographicam fibi adhuc juniori subitoimmoderatoque impetu occurrijfe; tantaque voluptate mentemoccupasse, quá nuliam majorent in vita senfisfet. Htnc eru-ditorum Romanorum cohors fiuam utrique palmam contulit,protulitque paria esse in gignendis fortunatijftmi ingtnii VìrisGermania Galliaque imperia.

II n’est pas impossible qu’une même chose soit inven-tée par deux personnes, fans que l’une soit en rien aidéede l’autre.

(G) Nous verrons . ... en quel tems parurent lesdeux Tomes de fa Théologie Philosophique. ] Le pre-mier fut imprimé l’an i66z, Scie second Fan 1671. IIy auroit -u moins d’intervalle entre la publication de l’un& la publication de l’autre, si F Auteur n’avoit été obli-gé de répondre à quelques Ecrits qu’on publia contre lui.

Le premier Antagoniste qu’il repoussa fût un (ij) Jé- , 1fuite du College de Toulouse, qui dans son Ouvrage de Lalourc 16 'Cycloide avoit prétendu que le Pere Maignan s’étoit trom-pé à l’égard de plusieurs dogmes touchant la structure 8c« pesanteur des corps, l’accélération du mouvement, Sclégalité des angles d’incidence 8c de réfléxion, 8cc. LeMinime soutint qu’il y avoit du paralogisme dans la dé-monstration du Jésuite , 8c ce fut là un long sujet dedispute dont le résultat contribua notablement à confir-mer cet Aphorisme de Physique Géométrique , un ex-cellent Physicien médiocrement versé en Géométrie réussitmieux à éclaircir la Physique qu un excellent Geometre peuPhysicien. Plus proderit, inquit Maìgnanus, in rébus Phy-ficis peritìjfmus Fhyficus mediocriter in Geometricis verfatus, (16) ^quàm perttijfimus Geometra parum phyficus. Tum addit: '

At fi utroque genere excellât , nihil prorfus optabilius ejsepotest (16). Cette Réponse du Pere Maignan fut imprimée *iaig naia ’comme un Apptndix, Sc fut suivie d’un second Appendix, gag. i>-

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