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Tome troisieme. K - P.
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M A I G N A N. MAÏMBOURG. 283

trouvé un beau moien de se satisfaire lors que le Roi souhaita de l 'attirer à Paris. Ce fut en 1660,après que fa Majesté eut vu elle-méme dans la cellule de ce Religieux une infinité de machines,

& de curiolitez (H). Le Cardinal Mazarin, qui les avoit vues avec le Roi, fit savoir le lende-main au Pere Maignan les intentions de ce Prince, par Monsr. de Fieubet premier Président auParlement de Toulouse. Le Minime témoigna si modestement & si humblement l’inclination qu’ilavoit à passer toute sa vie dans l’obscurité du Cloître où il avoit été revetu de l’habit de l’Ordre,que l'affaire en demeura là. II eut donc la satisfaction d’éviter l’éclat à quoi l’on avoit voulu T en- jZlnlZcZgager, 6c il s’occupa tranquillemeut à faire des Livres, ôc des Expériences, 6c des Leçons. II in ^ihumétoit consulté par les plus grans Philosophes, & il avoit mille réponses à faire ou de vive voix, fZZZsfintou par écrit. Jamais homme n’aima moins que lui l’oisiveté : il travailloit même en dormant > utmUuiihcar ses songes l’apliquoient à des théorèmes (/), dont il suivoit les déductions, jusques à ce qu’ilfût parvenu à les démontrer: & il lui arriva bien des fois de s’éveiller subitement à cause du ^i>p‘ nd ' c cmgrand plaisir que lui donnoit la démonstration qu’il avoit trouvée. La bonté de ses mœurs, 6cla pureté de ses vertus, ne le rendoient pas moins digne d’estime, que son Esprit ôcsa Science.

II mourut le 29 d’Octobre 1676 (i). N’oublions pas, qu’étant allé à Paris l’an 1677, il fut ’dlZldu.admis avec de grans témoignages d’honneur aux Conférences Philosophiques (k) chez Monsr. Idem ,ibid,de Mommor Maître des Requêtes (/), 6c qu’il composoit avec beaucoup de facilité, 6c fans 48 ‘ratures (m).

où il réfuta ks Répliqués du Jésuite, & où il mêla de fortbonnes Observations touchant la propagation successive dela lumière, la scintillation des étoiles fixes, & les larmesde Hollande. Le troisième Appendix servit de Réponse àune Dissertation que Mr. Ducasse publia contre la raisonque le Pere Maignan avoit donnée pourquoi les larmes deHollande se brisent en mille pieces dès qu’on en rompt lepetit bout (17). Inexpérience en fut faite dans le Couventdes Minimes l’an 1662 en présence de beaucoup de person-nes. Le quatrième Appendix fut une Réponse à un Ecri-vain (18) que le Jésuite avoit chargé en mourant des inté-rêts de fa cause. Cet Ecrivain s’attacha à des accessoires,& abandonna le principal de la dispute, qui étoit l’accula-tion de paralogisme. II se plaignit du Pere Maignan com-me d’un Auteur qui avoit choqué les plus célèbres Jésuites,Suarez, Vasquez, Mendoza, Zacchi, 8cc. Le Minimesatisfit à toutes ces plaintes, & n’oublia pas de représentertout de nouveau les preuves de l’accusation de paralogisme.Ce quatrième Appendix fut imprimé en 1667 à Bourdeauxoù P Auteur étoit allé pour les affaires de l’Ordre. Le cin-quième Appendix fut une Réponse au Pere Théophile Ray-naud, qui avoit écrit contre l’Hypothese dont notre Mi-nime s’étoit servi- pour expliquer la conservation des acci-dens du pain 8c du vin de l’Eucharistie. Ce Jésuite avoittémoigné qu’il n’entendoit rien dans l’état de la question,puis qu’il avoit cru que l’opinion du Pere Maignan étoitla même que celle d’un certain Sicilien nommé Chiavetta.On répondit dans le même Appendix à deux autres Adver-rnì eS ’a^ UÌ àoient le Pere Vincent Baron, 8c le Pere Ni-as Arnu tous deux Jacobins. Ces cinq Appendix, im-pnmez en diveis tems, furent redonnez au public tous en-lemble l an 167a (19). J’ai déjà parlé (20) de la secondeEdition de son Cours de Philosophie, 8c des deux Traitezdont elle. fut augmentée, l’un contre les Tourbillons deMr. Des Cartes, l’autre touchant la Trompette du Che-valier Morland. J’ajoûte id que ce Pere inventa une ma-chine dont il fit voir le jeu à plusieurs Savans, 8c qui ren-verfoit ce que Des Cartes supose touchant la maniéré dontd’ 1 ) j sS V?formé, ou auroit pu fe former,8c touchanttort de s éloigner du centre du mouvement par des tan-gentes (21).

(H) Sd Majesté vit elle-même dans la cellule de ce Re*ligieux une infinité de machines & de curiofitez., ] Le détailqu’on va donner peut servir à faire conoître l’industrie 8cla diligence du Pere Maignan. Properabat Rex ad célébrant

das nuptias suas . Sed cafu Toloft parumper confiitit :

nec inter res, qua oculìs Regiis digna cenfiebantur , infima fuitcellula Cœnobitica Patris Maignanì, que inter Religiofa eges-tatis angustias , fi quid Mathefis pulchrum coluit , include -bat; tubos omnìs generis Telefcopicos, Microscopicos , Poliop-tricos, Hygrofcopicos, Thermometricos ; ut non adjieiam ma*chinamenta Pneumatica , Hydraulica , Magnétisa multa ,fileamque de plamfpheriis , tabellis opticis, sabresaílìs tum adfigurati torni indufirias , tum ad vires ftaticas attinentibusingeniofijfimis plurimis : fpeculisque ustorïts , qualía nec capa~cìoris Sphertt , nec nitidioris forma , nec demum incendii perni-cìoris ullibi tune temporis prodebantur. In quo copiofijstmofupelleítilis Mathematicst apparatu non tam mirabatur Rexsuo cum Aulico Comitatu manum artìficem , qua totum elabo-raverat , quàm mentem ad multo plura utiliora Reipu-blìce molimina perficienda instruftam. Square recogitare apudse ipsum occApìt , quantus Matheseos fulgor per universamGallium irradiaret , fi Vìr ille bonus ex Tolosano , ut fie lo~quar , eremo in popularem RegU civitatis , cr Aula frequen-tationem educereturspi). ..

( 7 ) Ses songes Vapliquoient à des théorèmes. ] Voici unfait qui confirme une Observation qu’on a vue ci-des-sus (13). H est d’ailleurs de la nature de ceux dont jeparle au commencement de la Remarque ( E ). Raportonsle donc selon les termes de l’Original. Mentem laboribuststis ita féliciter ajsuefecerat (Maignanus) ut emensa diemstudio , in nullam noclurna corporea quietis partem veniret.Suo d rarum aliis , frequentijfimum Maignano fuit , ut idemastiquer et ur somni, csr somnii alicujus eruditi initium redeuntemente ad solita sua theoremata , nec abfifiente donec de illisdemonstratíonem obtinuistet , cujus inopinata voluptas âor-mienti sape fuit pro suscitabulo. Tum ne illa fulguris adinstar emicaret <jr fugeret , cretam suo sub cervicali reconde-bat , quâ notulis , quantum id tenebra patiebantur , in parrata charta exaratis eam stfteret ( 24). Si nous étions autems des pointes, nous dirions que c’étoit un Géomètre àqui le bien venoit en dormant.

ftz) Idem,ibid. pag m31 , 32 .

( 23 ) ct-

dejfus dems1“ Rem. (G),'Rum. II, dtl’^irtic. LG-

tichius

(Pierre),

(24)

ibid. pàgT"47 9 48 .

MAIMBOURG (Louïs) naquit à Nanci Tan 1610, & fe fit Jésuite Tan 1626. IIenseigna les Humanitez pendant six ans, après quoi ses Supérieurs Impliquèrent aux fonctions dePrédicateur. II les exerça dans les principales villes du Roiaume (s), & je pense qu’il les finit („) T , v -contre la Version de Mons. Les Réponses, que les Jansénistes publièrent à ses Sermons contre àana-icette Traduction, le firent conoître d’une maniéré un peu désavantageuse. II fit trois Traitez de Eibiiofh.Controverse (b ), qui ne sont pas mal tournez j mais il s’aquit encore plus de réputation par plu- ^ 1 j t 6 ’ 7 { efu ’sieurs Histoires qu’il publia (c). Les Jansénistes critiquèrent celle de TArianisme, & celle desIconoclastes, & laissèrent passer toutes les autres. Celle qu’il fit du Calvinisme Tan 168r lui W ususcita une rude guerre, dont il laissa toutes les opérations à ses ennemis : il fe tint dans l’inac-tionj il n’agit point oftensivement, & ne fe tint point fur la défensive. II étoit déjà sorti dechez les Jésuites par ordre du Général de la Compagnie, lors qu’il publia cette Histoire du Cal-vinisme. La raison, qui obligea ce Général à le dégrader,fut qu’il s’étoit déclaré trop*fièrement Mote» mpour les Doctrines de l’Eglilè Gallicane, contre celles des Ultramontains. II fe retira dans l’Ab- ubaie de Saint Victor, & il y mourut le 13 d’Août 1686, après avoir fait un Testament quitémoigne qu’il étoit mal satisfait des Jésuites (aí), II avoit eu beaucoup de part à l’amitié du jsoffjyPere Ferrier Confeíleur du Roi ( B ). J’ai dit ailleurs (d) qu’il étudia à Rome sous Jean de iugo,Lugo. Les Livres qui ont paru contre lui sont si communs, & contiennent si amplement ce quiregarde le caractère de son esprit, 6c sa conduite, qu’il n’est nullement nécessaire de compiler ici

.{A) ll fit un Testament qui témoigne qu’il étoit mal sa-tisfait des Jésuites.l Voiez les Nouvelles de la Républiquedes Lettres, Mois de Septembre 1686 (1).

. ( -B ) ll avoit eu beaucoup de part à ïamitié du Pere Ter-ner Confesseur du Roi.] 11 nous l’aprend lui-méme dans sonr Léon ; car après avoir expliqué ce que c’est qu une opi-nion véritablement probable , contre la fausse idée que quel-ques-uns s’en font formée , il a joute : „ Et c’est aussi ce" on trouvera trés-solidement prouvé dans le petitx o m. m ■ r

ces

Livre del’Opinion probable, composé par le feu PerePerrier Confesseur du Roy , 8r 1 un des plus sçavansThéologiens que j’aie jamais connus, de qui la mémoire (z) Maim-me fera toujours en singulière vénération; tant pour son bourg,

" mer ite trés-distingué, que pour ks obligations trés-par- Eà dn” ticulieres que je lui ai, 8c dont je ne puis m’acquiter de'st Leon.„ que par ce petit témoignage de ma gratitude, que j’en Lhr.'iv, 'veux laisser à la postérité (z). /><«;. z4,

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