MAIM BOURG.
0 ) Préfacéde la Dé-tente de laTraductiondn NouveauTestamentimpriméà Mons,contre lesSermons duPere Maim-bourg Jé-suite, pag. 6 .
{4) imprimé«r Paris Can1672 . Il yfut réimprimé,P° «t U 5 foisCan 1682.
(S) C’ejl
celle quifaifoit alorstant de bruitentre Mtmfr.Arnauldir Monfr.Claude,
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ces faits-là. Mais comme ceux qui ont réfuté son Calvinisme n’ont rien dit d’un certain Sermon*qui a fourni un récit assez facétieux à un Ecrivain de Port-Roial (C), il fera bon que j’cn fesseune Remarque. J’en ferai une autre touchant les Oeuvres du Pere Maimbourg (Z»)j & une
autre
(C) Un de ses Sermons. . . a fourni un récit assez, facé-tieux à un Ecrivain de Port-Roial. ] On le trouve dans unePréface qui est au devant de la Défense de la Traductionde Mons, à l’Edition de Cologne 1668, 8c qui n a pas étérimprimée dans l'Edition qu'o n fit à Geneve de toutes lesPinces qui concernent cette Traduction. , Voilà pourquoice Conte n'est guere conu, 8c n’a point été mis en avantpar les Censeurs de l’Histoire du Calvinisme. II ne sera doncpas hors de propos que je l’insére dans cette Remarque.Le voici; c’est l’Auteur de la Préface qui parle.
,, II y a plus de vingt ans qu estant allé par hazard en la„ Chapelle du Collège de Clermont, je vis monter en„ chaire un homme d’une mine extraordinaire & qui n’es-„ toit pas de ceux dont l’Ecriture dit, q Ue la sagesse de leur„ ame reluit sur leur visage. On ne voioit au contraire„ que fierté dans ses yeux, dans ses gestes, 8c dans tout„ son air; & il auroit esté capable de faire peur aux gens,„ fi cette fierté n’eût esté meflée avec mille gestes de thea-
„ tre qui tendoìent à faire rire. Son discours fut
„ encore plus étonnant que son air; 8c la bìzarerie en fut„ si étrange, qu’il m’a esté impossible de l’oublier. C’es-„ toit le deuxieme Dimanche d’aprés Pasques, où l’on lit„ l’Evangile du bon Pasteur; il prit sujet fur cela de rele-„ ver l’état des Bergers, en remarquant que ce n’étoit pas„ autrefois la profession des gens de néant comme à pre-,, sent; mais que les Rois 8c les Princes ne la jugeoient„ pas indigne d’eux. II fit ensuite un grand denombre-„ ment des Princes Bergers. II n’y oublia pas les Patriar-,, ches, 8c il en conduisit le Catalogue jusques à David>, fur lequel il s’arréta fort long-temps; car il fit une des-,, cription badine de fa beauté, de la couleur de ses che-„ veux, de ses habits , 8c enfin de son chien. C’estoit,„ dit-il, un brave chien, n? qui avoit tant de courage, qu'il„ est à croire que cependant que son maiftre se battait contre„ Goliat, ce chien, pour ri avoir pas le déshonneur de demeu-,, rer fans rien faire, alla chercher de l'occupation contre les,, loups. Quand ce bon Pere fut une fois entré dans la„ matière des chiens, comme s’il y eût esté attaché par„ quelque scerette sympathie, il n’en put sortir, 8c il en„ tira la division de son Sermon, qui fut distribué en 4„ points, selon 4 especes de chiens. La premiere espece„ estoit des dogues d’Angleterre. La z des matins. La 3„ des bichons, 8c la 4 des bons chiens; dont il fit une„ application aux differentes sortes de Prédicateurs. Les„ dogues d’Angleterre estoient les Jansénistes, ou comme„ l’on parloit alors les Arnaudistes, qu’il representoit com-,, me des gens indiscrets, qui déchiroient indifféremment„ tout le monde, qui ne faisoient nulle distinction entre,, les innocens 8 c les coupables, qui acçabloient tout le„ monde de rudes pénitences. II décrivit les matins com-„ me des chiens poltrons qui ne font vaillans que fur leur„ fumier, & qui hors de là font toujours dans la crainte,„ ce qu’il appliqua aux Prédicateurs de cette humeur. Les,, bichons estoient selon lui les Abbez de Cour. ils font ,
disoit-il,, taillez, en lions , er ds font beaucoup de bruit,,, mais quand on les voìd de prés on se mocque de leur bruit.„ II décrivit sur cela leurs manchettes, leurs rabas, leurs” surplis, leurs gestes. Et enfin, les bons chiens estoient’, les Jésuites, & les Prédicateurs tels que lui. II est im-„ possible de s’imaginer de quelle forte il traitta ce ridicule„ sujet, 8c jusques à quel excés'il porta la boufonnerie de„ ses descriptions. Ce que je puis affeurer, y aiant esté„ présent, est que j’y vis tous les Révérends Peres,qui es-,, toient dans les galeries qui font au dessus, se tenir les cotez„ de rire. depuis le commencement du Sermon jusqu’à la„ fin, 8c le reste de l’auditoire ne put pas demeurer dans
une plus grande retenue. Ce n’estoit qu’éclats que l’on,, ne pouvoit empescher. Tout cela divertissoit le bon„ Pere, 6c lui donnoit une nouvelle ardeur à augmenter
toujours le ris de ses Auditeurs par de nouvelles grima-" ces. Après avoir esté spectateur de cette étrange profa-” nation, & m’estre informé du nom du Jésuite qui avoit„ presché, que l’on me dit être le P. Maimbourg, je sor-.,, ris plus scandalisé de la Société que de son Predica-„ teur (z).
(D) je ferai une Remarque touchant les Oeuvres du PereMaimbourgs J II publia à Rouen -deux Panégyriques l’an1640: l’un est celui de Louis XIII, ssir.ee que ce Princeavoit mis la France fous la protection de la Vierge ; l’aùtreest un Eloge des Rois de France. II avoit publié à Romel’an 1638 l’Oraison funebre de Nicolas Zappi Moine Au-gustin, 8c il publia à Paris l’an 1670 ses Sermons du Carê-me en deux Volumes ’m 8. Le Pere Sotuel, qui m’aprendcela, ne parle point des Lettres de François Romain > quiest un Ouvrage du Pere Maimbourg, dont le seul Titrefait comprendre qu’il roule fur la maniéré dont il faut con-cilier l’obéïíîance due au Pape, avec celle qui est due auRoi. Sotuel n’a pas oublié les Traitez de Controverse duPere Maimbourg. Ce sont trois petits Traitez dont l’un (4)est intitulé , La Méthode Pacifique pour ramener fans dis-pute les Protejlans à la vraie sot fur le point de l Eucha-ristie, au f u] et de la Contestation (5) touchant la Perpétuité
de la Foi du même mystère. Le second a pour Titre ,
De la vraie Eglise de Jefus-Chrifl , 8c le troisième, De lavraie Parole de Dieu. Le prémier de ces trois Ouvrages aparu fi bon aux Catholiques Romains, qu’il tient la cin-quième place entre les seize Méthodes de convertir lesHuguenots, qui furent recommandées par le Clergé deFrance aux Controversistes l’an i68z. Voici les paroles duMémoire qui fut dressé par cette Assemblée. La cinquièmeest la Méthode pacifique cr fans dispute, fondée fur le Synodede Dordrecht , que toutes les Eglises P. R. de France ont repu ,
Ctr qui a défini par l’Ecriture Sainte, que quand il y a con-testation fur quelque article controverse entre deux partis quifont dans la vraye Eglise, il s’en faloit raforter à son juge-ment , sur peine à celui qui refuse de s’y soumettre, d'êtrecoupable de schisme <&• d'herefie. C’est en cela effectivementque consiste toute la force de la Méthode du Pere Maim-bourg. 11 montre par la conduite qui fut tenue en Hol-lande , lors qu’il s’y éleva des Disputes entre les Arminiens8c les Gomariíles, que selon la doctrine des Protestans,c’est à l’Eglise dans le sein de laquelle il se forme des con-testations à faire droit aux parties, en décidant qui a tortou qui a raison; & qu’en suite de son jugement définitif,il faut qu’elles cessent de disputer,8c que ceux qui ne veu-lent pas se soumettre à la Décision soient réputez Héréti-ques, 8c soient retranchez du corps comme des rebelles.
Suivant ce principe, dira-t-on,les Protestans doivent reco-noítre, que c’étoit au Concile de Trente à prononcer endernier ressort fur les Disputes de Luther 8c de Calvin; 8cqu’après la Décision de ce Concile il n’a. plus été permisde se quereller, mais qu’il a falu que chacun se conformâtà l’Arrêtdéfinitif avec les Docteurs Romains, à peine demériter les foudres de l’excommunication comme un Hé-rétique, 8c comme un rebelle. Ce n’est pas ici le lien d’é-xaminer fi cet Argument ad hominem a quelque force (6) : (6) Monfr.il suffit de dire que l’Eglise Protestante ne sauroit être 1*
blâmée d’avoir établi un ordre, sans lequel il est impossible x^ilsencequ’aucune Société puisse subsister. II faut que dans toutes de l’Eglist»les Sociétez il y ait un Tribunal, qui prononce en dernier page 323,ressort fur les Disputes des particuliers, 8c qui ait le droit avoued’infligcr les peines de la rébellion à ceux qui refusent de dresse & dese soumettre à ses Arrêts; car autrement il ne seroit pas z’élprit dampossible de remédier à aucun désordre, ni d’empêcher que ce Livre de ^les Disputes ne durassent éternellement. Je sai bien que Maimbourgil’on objecte qu’à cc compte il n’y a point d’autre différenceentre l’Eglise Romaine 8c l’Eglise Réformée, à l’égard de L>u donnel’Autorité, si ce n’est que l’une déclare qu’elle est infailli- ì u difficultéble, 8c qu’il n’est point permis aux particuliers d’examiner ases Décisions; au lieu que l’autrese reconoît faillible, 8c blouïfltiu,permet aux particuliers d’examiner tout, pourvu qu’enfin & jetteils se soumettent à ses Arrêts; je sai bien, dis-je, que l’on dans l’essobjecte qu’à ce compte, la voie de l’Autorité n'est pas F ic Udjfmoins le dernier refuge pour les Protestans, que pour lesPapiítes; mais je sai auffi ce que répondent les Protestans. f ultéTrois de leurs Auteurs (7) ont réfuté cette Méthode duPere Maimbourg. Celui que je nomme le dernier a pris le (7) Savoirsmeilleur expédient qui se pouvoit prendre: ses réstéxions t, Monfr.font belles 8c bonnes; mais il ne s’elt pas toûjours aperçusi ses Réponses étoient un Paralogisme. J’en vais donner un aat';ihns< irexemple. L omg, P ,ft
U le propose cette Objection dans. la page 347. „ Si *
„ l’on n’est pas obligé de se soumettre aux Décisions des„ Conciles 8c des Synodes; s’il est toûjours permis d’en ^ Berlin.
„ appeller;si chacun est en droit de regarder ces Décisions z, Vn„ comme de simples conseils, 8c de les rèjetter quand On fi» *
„ ne les juge pas conformes à la parole de Dieu; il n’y„ aura pas de moien de vuider aucune Controverse, ni de ZJ J-„ la terminer (8) . II répond entre autres choses que dessous,ceux qui font fi fort valoir cette difficulté , ne la levent 3 -point par le dogme de l'infaillibilité de l’Eglise. II le prou-ve (9) par les deux cens hérésies qui selon le calcul de Bel- lettres su^larm'm ont fait de grans ravages dans l’Eglise Romaine, qui la kmÛA,a toûjours déclaré, dit-on, quelle étoit infaillible. J1 ajoû- de *te (ioj qu’il y a dans la naissance des Hérésies ce qu on '%%£*?**apelle éslovrì, quelque chose de surnaturel; 8c qu’ainfi il ne 1677-faut pas s’imaginer que nous ayons des moyens d’arrêter cesmaux , fans que Dieu s’en mêle d’une maniéré extraordinaire. (8lU y a deux grans défauts dans cette Réponse : r, c’est , Tl puîí&' ,ceavouer aux Adversaires que Dieu n’a laissé à son Eglise au-cun moien ordinaire qui soit capable de terminer les Dis- vuputes: 2,que la multitude des Hérésies, qu’on a vue dans le num-Christianisme, fait voir que le dogme de l’Autorité n’est 34pas propre à les éteindre. Comment cet Auteur n’a-t-il . i( rpoint vu que ces Hérésies n’auroient jamais pu durer, si ^juutP^'leurs Sectateurs avoient adopté ce dogme? Elles ne se sont 34 8.maintenues qu’en le rejettant : cela prouve-t-il quelquechose contre la bonté du remede ? Un malade qui ne gué- pairrit point, parce qu’il rejette tout ce que le Médecin luiordonne, peut-il être un témoignage que les remedes .dece Médecin ne valent rien ? Cela soit dit en passant, pouravertir les Lecteurs qu’il y a une ample moisson de criti-que dans les Ouvrages de Controverse.
Je reviens aux Livres du Pere Maimbourg fans donner