(ïz) Ciceïo,de Divinat.Libr. II,Cap. L XI.
(13) Voiez.ci - dcjsml y .ArticleLOTICHIOS( Pierre )"Xemarq. (G).
(14) Cicero,de Divinat.Libr. II,Cap. L XI.
(15) Idem,Cap. LXIII.
(iS) Votez, la’Rpm. (D)de t’’. ArticleCAÏN I-TE5,
(t?) Volez,Cicéron,de Divinat.Libr. I,folio 711 . 311
A,
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M A J U S. M A K O W S K I.
daret ( rz ) ? Pourquoi fotst-ils plutôt part de leurs Prédic-tions à des gens d’un esprit foible, qu’aux plus fortes tê-tes? II est facile de répondre que ceux. qui veillent nefont pas propres à être avertis; car ils se regardent alorscomme la cause de tout ce qui se présente à leur imagina-tion , & ils distinguent fort nettement ce qu’ils imaginentd’avec ce qu’ils voient. En dormant ils ne font nulle dif-férence entre les imaginations & les sensations. Tous lesobjets qu’ils imaginent leur semblent présens, & ils nepeuvent pas retenir exactement la liaison de leurs images(13): & de là vient qu’ils se peuvent persuader qu ils n’ontpas enfilé eux-mêmes celles-ci avec celles-la ; d où ils con-cluent que quelques-unes leur viennent d ailleurs, & leuront été inspirées par une cause qui les a voulu avertir dequelque chose. Peut-on nier qu une machine ne soit pluspropre à un certain jeu, quand quelques-unes de ses pie-ces font arrêtées, que quand elles ne le font pas ? Disonsle même de notre cerveau. II est plus facile d’y dirigercertains mouvemens pour exciter les images présageantes,lors que les yeux St les autres sens externes font dans l’in-action , que lors qu’ils agissent. Savons-nous les facili-tez que donnent aux auteurs des songes les effets de là ma-ladie, ou de la folie? Pouvons-nous douter que les loixdu mouvement, selon lesquelles nos organes se remuent,& qui ne sont soumises que jusqu à un certain point auxdelirs des esprits créez, ne troublent & ne confondent lesimages que fauteur du songe voudroit rendre plus distinc-tes ? Cicéron croit triompher fous prétexte que ces imagesfont obscures & embarrassées. Jam vero quid opus efl cir-cuitione , e/ amfraHu, ut fit utenium interpretibus fomniorum
potitis, quam direblo (14) f. Venit in contentionem,
fit probabilms , deosne immortales, rerum omnium praftantiaexcellentes, concursare omnium mortalìum , qui ubique sunt,non modò leSlos, veròm etiam grabatos, ev, ohm stertentesaliquos vìderint , objieere his quadam tortuofa, cr obscura,qua illì exterrìti somnio ad conjeHorem mane déférant ; an na-turel fieri , ut mobiliser animus agitatus, quod vigilant vide-nt, dormiens videre vídeatur (15). Mais on peut répondreque toute créature est bornée & imparfaite : il peut doncy avoir des variations, & même des bizarreries, selon no-tre façon de juger, dans les effets qui font dirigez parlesdésirs d’un esprit créé. Ceci peut servir contre quelquesObjections que les Esprits forts allèguent à ceux qui leurparlent de l’existence de la Magie. Enfin, je dis que laconoissance de l’avenir n’est pas aussi grande que l’on s’i-magine, en suposant qu’il y ait des songes de divination :car lì nous examinons bien les relations & la tradition po-pulaire , nous trouverons que pour la plupart ces songesn’aprenent que ce qui se passe dans d’autres païs, ou cequi doit arriver bientôt. Un homme songe la mort d’unami ou d’un parent, & il se trouve, dit-on, que cet amiou ce parent expiroit à cinquante lieues de là au tems dusonge. Ce n’est point conoître l'avenir que de révéler unetelle chose. D’autres songent je ne sai quoi qui les me-nace de quelque malheur, de la mort si vous voulez. LeGénie auteur du songe peut conoître les complots, lesmachinations, qu’on trame contre eux; il peut voir dansl’état du sang une prochaine disposition à l’apoplexie, à lapleurésie, ou à quelque autre maladie mortelle. Ce n’estpoint conoître l’avenir qu’on apélle contingent. Mais,dit-on, il y a des particuliers qui ont songé qu’ils régne-roient, & ils n’ont régné qu’au bout de vingt ou trenteans. Répondez que leur Génie d’un ordre bien relevé,actif, habile, s’étoit mis en tête de les élever fur le thrô-nè ; il s’assûroit d’en ménager les occasions, 8c d’y réussir(16) ; & fur ces conjectures presque certaines il communi-quoit des songes. Les hommes en feroient bien autant àproportion de leurs forces.
Je ne donne point ceci pour des preuves, ou pour defortes raisons, mais seulement pour des Réponses aux Di-ficultez que l’on propose contre l’opinion commune: &c ilfaut même que l’on sache que je me renferme dans lesbornes des lumières naturelles; car je supose que les dispu-tans ne se voudroient point servir des autorisez de l’Ecri-ture. Je souhaite aussi qu’on remarque que ceux qui sou-tiennent qu’il y a des songes de divination, n’ont besoinque d’énerver les Objections de leurs Adversaires ; car ilsont pour eux une infinité de faits,tout de même que ceuxqui soutiennent l’existence de la Magie. Or quand on enest là il sufit qu’on puisse répondre aux Objections; c’est àcelui qui nie ces faits à prouver qu’ils font impossibles:lans cela il ne gagne point fa cause. Je dois aussi avertirque je ne prétens nullement excuser les anciens Paiens,soit à l’égard du soin qu’ils ont eu de raporter tant de son-ges dans leurs Histoires, soit à l’égard des démarches qu’ilsont faites en conséquence de certains songes. Quel-quefois ils n’ont point eu d’autre fondement pour établircertaines cérémonies, ou pour condamner des accusez (17).®uum ex ade Herculis paiera aurea gravis surrepta effet , insomniis vidit (Sophocles) ipfum deum dicentem , qui id fe-cijjet. Gpuod femel Me, iterumque neglexit , ubi idem fepius ,afcend.it in Ariopagum : detulit rem. Ariopagita comprehendijubent eum, qui h Sophocle erat nominatus. Is, quaftioneadhibita, confejfus efl, pateramque retulit. ®uo faílo, fa-
num illud Indicis Herculis nomìnaHlfiì ïst ( 18). Oil se p List (18) Idem,moquer fort justement de la faiblesse d’Auguste (19), & ibidem, Cap*plus encore de la Loi qui ordonnoit en certains païs à tous xxv -les particuliers, qui auroient songé quelque chose concer- , , Stmn - tnant la République, de le faire savoir au public, ou par pZ!une affiche, ou par un crieur (zo) ; & si l’on excepte „eam aiimaquelques songes particuliers, j e consens que l’on dise de d ‘ fi mfligt-tous les autres ce que nous lisons dans Pétrone (2,1) : Hinc /, 7 au ”usto"' 1scies Epicurum hominem ejfe divinmn , qui ejufmodi ludibria xciZfacetiffìmâ tatione condemnat.
Somnia qute mentes ludunt volitantibus umbris,
Non delubra Deum, nec ab sethere numina mittunt;
Sed sibi quisque facit. Nam cùm prostrata soporeUrget membra quies, & mens sine pondéré ludit :
Quidquid luce fecit, tenebris agit. Oppida belloQui quatit, & flammis milérandas Revit in urbes, &c. *• ^ z -
(zo) Vexez.Calaubonfur Suetonein Aug. Cap*X CI j (jtiicite Arremí' -dore, U b,
Et je persévéré dans le sentiment quej’ai déclaré ailleurs (zz), ^ Vct a í °~qu’il n’y a point d’occupation plus frivole & plus ridicule I7Í msque celle des Onirocritiques. Notre Junius Majus méri- Tlpter. 1693.toit une censure plus rude, que celle que Martin del Riolui a faite. Si nous voulions comparer avec ce qui nousarrive une infinité d’images qui s’élevent dans notre esprit, ( 22 ) Dmsquand nous nous abandonnons en veillant à tous les objets l'Articlequi voudront s’offrir à nous, je fuis sûr que nous y ver- d ’ A RTE ‘rions autant de raport à nos avantures, que dans plusieurs ^ZarZ^hsonges que nous regardons comme des présages : 8t je ne & (c).fais aucun cas de la raison qui paroit lì forte à bien desgens: c’est, disent-ils, que non seulement nous voions ensonge les objets ; mais nous leur entendons dire des chosesqu’ils ne nous ont jamais dites en veillant, & dont parconséquent nous n’avions aucune trace'dans notre cerveau.
Nous croions voir quelquefois en songe un Livre nouveaudont jamais nous n’avions ouï parler, & nous y lisons leTitre, la Préface, & cent autres choses. Cette raison estnulle. Ne faisons-nous pas tout cela en veillant ? Ne nousrepréfentons-nous pas un tel & un tel, qui nous tiennent centdiscours dont nous sommes les Architectes? Nc nous si-gurons-nous pas, s’ií nous plait, qu’un tel vient de publierun Livre qui traite de telles & de telles choses ? Ainsicette prétendue grande raison n’est d’aucun poids : mais jecroi en même tems que l’on ne sauroit douter de certainssonges dont les Auteurs font mention, ni les expliquer pardes causes naturelles, je veux dire fans y secOnoître del’Inspiration, ou de la Révélation. Voiez Valere Maxi-me (23), 8e les Lettres de Grotius (z4). Quant aux Ob- r 2 ^ y A iei,jections de Cicéron, très-fortes à la vérité, & presque in- Maxitnus,solubles, elles ne font fortes qu’en suposant que Dieu lui- Libr. I,même est sauteur immédiat de nos songes (23 ). Primum Ca t- vlUigitur, dit-il (26), intelligendum est, nullam vim ejfe dìvi- , r 0 .nam effeSlncem fomniorum. Atque illud quidem perfpicuum A/, Ep i&est, mtlla visa fomniorum proficijci à numine deorum. Nosr cc’ccVt ra enìm causa dû id facerent, ut provider e sutura pojfemus. FartmSjuotus ìgitur est quisque, qui somniis pareat ? qui intellì-gat ? qui miminerit ? quàm multi vero , qui contemnant, Sv»
eamque fuperstìtior.em imbecilli animì , atque anilis putent ? icsStoùheuQuid est igitur, cur his hominibus confulens deus , somniis d’où vie» 1moneat eos, qui illa non modo cura, fed ne memoria quidem 9 ae íott “ ■digna ducant ? nec enim ignorare deus poteft , qua mente dans ClC m(*jquifquesit: nec frustra, ac fine causa quidfacere, dignum deoest : quod abhorret etiam ab hominis constantia. ita fi pie- Libr. U 1raque somnia aut■ ignorantur, aut negliguntur ; aut nefeit hoc fibdeus, aut frustra fomniorum fignificatione utitur. Sed borum s! rU oìq,neutrum in deum cadit. Nihil igitur à deo somniis fignifi-cari fatendum est. Voilà fa prémiere raison: nous avons non. o& n 'í,vu la seconde ci-dessus (27). Voici la troisième (28): Deos.P^Jam vero quis dicere audeat, ver a omnia ejfe somnia? Ali- st u Ì’. àPJ squot somnia vera, inquit Enntus-, sed omnia non est ne- [mmoûa 1 /'cefle. §U£ est tandem ifia distinâio ? qutt vera , qua f alfa bus ho 1 ? 1 *'habetì ev si vera à deo mittuntur , f alfa unde nafeuntur? Jlibu . s .*cnam fi ea quoque divìna, quid inconstantius deo? quid in-scitius autem est, quam mentes mortalìum saisis,. c? menda- tàmiiia-cibus vifis concitare ? fin vera visa divina sunt .- falsa au-tem , & inania , humana : qua est ista designandi Ucentia, (16) . c íf/r.’ut hoc deus, hoc natura feceritpotitis, quàm aut omnia deus,quod negatis , aut omnia natura? II en propose une qua- b' 1 !’trierne fondée sur l’obscurité des songes: on l’a déjà vu (29);mais on va le voir encore mieux. II n’y a personne, dit-, (27J c '''fil, qui ait assez de capacité pour bien expliquer les son- tionges; 8c par conséquent li les Dieux nous parîoient par cette (fcet°>voie, ils feroient semblables aux Carthaginois, qui haran- fj piví 11 ***'gueroient en leur Langue le Sénat de Rome, & qui n’ah ’ffr. l 1 ’,meneroient aucun trucheman. Vide igitur , ne etiam fi di- c»p. 'vinatìonem tibi ejfe concejfero , quod nunquam faciam , ne- L^I d ‘mmem tamen dìvinum reperìre poffimus.mens est deorum , fi neque ea nobis signifie, ^ _
tpfi per nos intelligamus : neque ea , quorum interprètes ha- '(14)-bere poffimus .? fimiles enim sunt dît , fi ea nobis objicittnt,quorum nec scìentiam , neque explanatorem habeamus , tan-quam fi Pœni, aut Hifpani in fienatu nostro loquerentur fine . , 0 ]interprète. Jam vero qûo pertinent obscuritates, es? anigma- 0 °^j V j n íit’ta fomniorum ? intelUgi enim à nobis dii velle debebantea, jjfr.llfgqua noftra causa nos monerent (30). ^ py. LXÛ' 1
S^ualis autem ifia , tf.irt't in somniis. aua í * 9 .
MAK.OWSKI (Jean) en Latin Maccovius, Gentilhomme Polonois & Professeur en
Théo-