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Théologie à Franeker, étoit né à Lobzenic l’an iy88. II commença un peu tard à étudier $mais il répara ce retardement par une grande aplication, & par fa vivacité naturelle. II fit sesétudes du Latin & son Cours de Philosophie à Dantzic, avec des progrès si considérables fousle fameux Keckermaft, qu’il se distingua glorieusement de ses Condisciples, & particulièrementà la dispute j & qu’étant de retour chez son pere, on le donna pour Gouverneur à quelques jeu*nés Gentilshommes ( 4 ). II voiagea avec eux, & cultiva en toute occasion, tantôt contre les Jé-suites, tantôt contre les Sociniens, son talent de bien disputer {A). II vit les plus florissantesAcadémies d’Allemagne, celle de Prague, celle d’Heidelberg, celle de Marpourg, celle de Leip-sic, celle de Wittemberg, celle d’Iëne j Sc puis il vint à Franeker, où il reçut le bonnet de Doc-teur en Théologie le 8 de Mars 1614. II donna tant de preuves d’esprit & d’érudition, queles Curateurs de l’Académie résolurent de le retenir, & pour cet effet ils le firent Professeur ex-traordinaire en Théologie le 1 d’Avril i6ip, & Professeur ordinaire l’année suivante. II exerçacette Charge pendant près de trente ans, c’est-à-dire jusques àsamort, qui arriva vers la fin dumoisde Juin 1644 (b), II avoit eu trois femmes, dont on pourra voir les familles, si on le souhaite,dans P Oraison funebre qui m’a fourni cet Article. Cocceius son Collègue, qui la prononça, nousaprend que Maccovius soutint avec un grand zèle, & même avec un peu trop de bile, la bonnecause contre les Arminiens, ce qui lui fut une source d’amertumes (B). Ce font les suites ordi-naires de cette forte de tempérament. II eut des affaires au Synode de Dordrecht (C). On verraoi-deffous le Titre de la plupart de ses Ecrits imprimez (D). Je laisse ceux qu’on trouva parmi
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(b) Le Dia*liuin Bio--graphicmnáu Sieur\Vitte la metàu 24 deJuillet : uqui ne peutêtre , puis queL Oraisonf/,nebre futprononcée le2 Juillet .Maccoviusétoit décédé'huit joursauparavant ,difí Lunxante octû*duum, ditCocceiusdans rOrai*Ton funebrede Macco-vius.
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(A) lì cultiva en toute oceajìon ‘ ’ . son talent de lien dis-puter.'] A Prague il attaqua les Jésuites dans une Dispute:à Lublin il entra souvent en lice contre les Sociniens; &pendant qu’il étudioit à Heidelberg, il alla à Spire afin dedisputer'contre les Jésuites, à h place de Barthelemi Cop-penius qu’ils avoient défié àu combat, & qui n’avoit puobtenir de l’Electeur Palatin la permission d’y comparoi-tre
( B ) Soft grand zèle . . . contre les Arminiens . . . lui fatme source d'amertumes. ] Cocceïus ( 1 ), après avoir ditque Maccovius ne fut pas un chien qui ne fût japperpendant les troubles de l’Eglise, mais qu’il combatit vail-lamment pour la vérité de la Grâce, ajoute, que ces for-tes de .guerres ayant accoutume de produire de mauvais soup-çons , des inimitiez, zsr des discordes, à cause de Vinfirmité hu-maine, il ne saut pas trouver étrange que l'infirmité de la chairait fait avaler à Maccovius beaucoup à'amertumes. Des espritsardens , poursilit-il, ont cela qu encore qu ils défendent la bonnecause , ils panifient quelquefois donner dans l'emportement. Illeur arrive souvent la même chose qu aux bons chiens (3) (qu ilme soit permis dSétendre jusques-la une comparaison empruntéede l’Ecriture) qui pendant quils gardent la maison de leursmaîtres, abboyent contre tous les ìnconus, faffent-ils les plusgrands amis de la maison-, ainsi les défenseurs de la vérité (aus-quels U Prophète Efiaie commande (4), comme aux dogues quigardent le troupeau, de bien abboyer) pendant quils s’agitentcontre l ennemi zsr qu ils ne songent quau combat, ne prennentpas garde bien souvent à ce qu ils font ; zsr répandent quelquefoismal a propos leur aigreur zsr leurs duretez fur des innocens.Apres cela il emploie la Comparaison des Matelots, quidans uhe violente tempête grondent & crient les uns con-tre les autres, quoi que le but général de tous soit de sau-ver le vaisseau. C’étoit assez déclarer quelle avoit été ladestinée de Maccovius. II avoit frappé à tors & à traversfur l’hétérodoxe & sûr l’orthodoxe, & il s’étoit fait frap-per à son tour de tous les deux. Voilà les fruits de la Dis-pute: les chiens au grand coller «'imaginent qu’ils voientle loup par tout, dès qu’on ne donne pas dans toutes leursHypothèses; & si c’est un Confrère qui s’en écarte, ilslaissent là l’ennemi commun, & fe ruent fur le compagnond’œuvre, comme fur un traître ($). Ori leur dit leurs ve-rsiez , hinc ilU lacrima. Considérez ces paroles de 1 un desPeres du Synode de Dordrecht: Arsi révéra primo quoqueaudìtu videbantur, exceptis uno aut altero , non fuisse tantimomentì, ut homo doblus de illis coram Synodo accusaretur :complurimi ipsorum erant ex ifta reccptìffima difiínblione agentisphyfice z? moraliter ab aceufatore maie intellefda (6).
( C ) Il eut des affaires au Synode de Dordrecht. ] On lutdans la CXXXVÍII Session la Requête qu’il présenta àla Compagnie: il se plaignoit d’avoir été accusé d’Hérésiedevant les Etats de Frise par son Collègue Sibrand Lub-bertus, & il suplïoit très-humblement le Synode de vou-loir juger ce Diférent, ou de permettre que l’Accusateur& lui choisissent des Commissaires dans cette Assembléequi informassent du fait, & qui en rendissent compte à laCompagnie. Lubbertus interrogé là-dessus nia qu’il l’eûtaccusé , & soutint qu’il n’avoit été que la bouche de laClasse de Franeker, la véritable accusatrice de Maccovius,8c qu’ainsi il ne vouloir point être reconu partie dans ceProcès. II fut ordonné qu’on lìroit les Actes quiétoient ve-nus fie Frise touchant, cette afaire. Ils furent lus dans laCXL Session, & l’on y trouva d’abord cinquante Erreursdont Maccovius avoit été accusé , qui parurent presquetoutes de peu d’importance, & fondées fur le mauvais sensque l’Accusateur donnoit aux paroles de l’Accusé (7). Onut deux Apologies de Maccovius; & il y eut des Députezétrangers qui dirent que l’on auroit pu réduire à quatre lessaquante chefs d’Accusation, & que le crime d’Hérésie£ Puté à Maccovius ne paroissoit nulle part. Quidam exa j tens Theologis dicebant, potuiffe illos quinquagmta errores,
a qumque vel etiam quatuor reduci; nec ullum crimen htre-Je ° S s-W ut 0 ^l e6lt, -tn fuerat, in illis deprthendi (8), Quand1 O M, m.
Lubbertus opina il fe mit fort en colerè contre tm desmembres de la Compagnie, & il produisit un nouveau rô-le des Erreurs de Maccovius. On lui répondit que l’onavoit ouï dire à des personnes dignes de foi, qu’encorequ’il ne voulût point être partie, c’étoit lui qui avoit ex-trait des Thèses & des Leçons de Maccovius les Proposi-tions prétendues erronées. II s’échauffa , & jura deux foisque cela n’étoit pas vrai, Quod ut audiebat D. Sibrandus ,vehementiffime commotus, bis Deum vindicem in animam suamprecabatur si isthíic ver a essent; adeo ut D. Prases eum fapiusmodestia sanHa., or reverenth Synodo débita jufserit meminis-fi (9). Dans la CXLII Session il fut trouvé à propos de (9) ibidemine point lire devant le Synode la troisième Apologie de 2 -Maccovius, parce qu’elle contegoit plusieurs choies per-sonnelles contre Lubbertus. Elle ne fut lue que dans uiiComité particulier, dont Scultet (10) voulut bien être, (10) Déçut!quoi qu’il fût mal propre à être Juge, puis que les Théo- d» palatin*-logiens d’Heidelberg avoient déjà déclaré quils condam- ^noient l’Accusé. Certe Exteri mirabantur D. Scultetum no-minatum fuisse à. Provmcialìbus ; multo m agis, D. Sculte-
tum id munus voile fabire, cum facultas Théologien Heìdelber- f„) Bal-genfis, cujus ipfe pars effet, thefis Mas, qua examlnanâa fant, canquallus,]am haèìenus tanquam otiofas, metaphyficas, z? falfas damna- Epist.vent (u). Le Jugement des Commissaires fut que Mac- Theoi’covius avoit été accusé mal-à-própos', & qu’il n’étoit cou-, S73}pable, ni de Paganisme, ni de Judaïsme,ni de Pélagianis-me, ni de Socinianisme, ni d’aucune autre Hérésie; mais (u) Bal-qu’il auroit dû ne se point servir de Phrases obicures 8t canqualkvs,ambiguës, empruntées des Scholastiques, & ne pas nier cer-raines Propositions. On les verra dans le Latin que je m’envais raporter: on saura par ce moien qu’il étoit Supralap- ( tJ ) cegi-faire, & qu’il s’exprimoit durement fur des doctrines où tm , & peril faut choier la délicatesse des oreilles. Legitur judicium P lu ™deputatorttm à Synodo in causa Maccoviana : cujus famma h&c faséuurerat; D. Macovium nullius Gentilismi, Judaismi, Pelagianis- p mtC ntia 'de-mi, Socinianifini, aut alterius cujujcunque hœrefeos reum tene-putayurum in.ri, immeritoque illum suisse accufatum ,peccajfe eum,quod qui- ‘"{1,busdam ambigitis , zjr obfiuris phrafibus Scholastìcis ufus fit : mm ^ ^4quod. fcholafiicum docendi modum conetur in Belgicis Acadtmìis í, Arc p asl-introducere ; quod eas fielegerit quafiiones difeeptandas, quibus vendum cen-gravantur Ecclefia Belgtca: Monendum effe eum, ut cum Spi- faermt-, filrit u Sanêlo loquatur, non cum Bellarmino aut Suareúo: hoc >
vitio vertendum ipfi, quod diflinttmem sujficientiœ e? efficientiamortis Christi afseruerit esse fatilem ; quod negaverit humanum dn m com-genus lapsm efje objeslum pradestinationis ; quod dixerit Deum ™°d,immvelle,zjr decernere peccataiquod dixerit Deum nullo modo velie vcrborum'foomnium hominum falutem ; quod dixerit duas effa elebliones. s or mis exJudicant denique , liticulam hanc inter D. Sibranàum, z? D. sacra Scrìp~Macovium componendam eff'e, ztr deinceps neminem debere eum <«r* çetitistalium criminum infìmulare (11). Le Synode aprouva leJugement des Commissaires (13) ; & voilà quelle fut fis- ■feprebcnsumemlue de ce Procès. II y eut un Député de Frise qui de- hunmremanda que l’on procédât contre les Accusateurs, & qui quasdams’offrit de prouver par des Pieces authentiques, que Lub-bertus avoit eu ordre de fe porter pour Accusateur. Cette d; J}fainstance remua si fort les humeurs, que les Députez Poli- <gi rtas .tiques recoururent aux coups de marteau, dont ils fe fer- .Balcanquai-voient quand ils vouloient imposer silence, Commuai col- fis , ibidem*legarum nomine coram Synodo proteftari , salvo jure ut agant co f r .contra accusatores ; partes autem accusatorias domino Sibrandoeffe demandatas, confiare ex literis quibufdam publicis, quas e (14.) Bal-Jmu deprompfit, ac coram Synodo legi poftulavit: mcrebescentt canquall US *hac in expoftulatione plunum servons ac multiloqmo, modum Epist.imponum Delegati pditici malleo suo , quo mos est sdentmm
obfirepentibus imperare (14). ... par. ; 7 g,
(D) Voici le Titre de ... fis Ecrits imprimez.] Je le col utire du Diarium Biographicum du SieupWitte, ou fe trou-vent ces paroles (15): Reliquit Collegia Theologka : Locos <L) ^ -4Communes: Distintliones c? Régulas Theol. ac Philosophicas: JkL ií44 'opuficuld Philofaphica : ripsmw favêof Anabaptifiarum : n f S-rov faSboç, five ostenjionem prtml Talfi Arminianorum : Pra-httiones pro Perkmfa contra Arminium ; Disceptationes deO o z Trimo