M A L D O N A T.
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res à Paris 3 car non seulement on l’accusii d’Hérésie, mais aussi d’avoir volé une succession ( E),en séduisant le Président de Saint André, pour l’obliger à laisser son bien aux Jésuites. Pierre deGondi Evêque de Paris le justifia d’Hérésie (F), Lc le Parlement le déclara innocent de l’autrecrime. Mais cela n’empêcha point que Maldonat ne prît la résolution de s’aller cacher dans leCollege de Bourges, pour s’y apliquer tout entier à des Commentaires fur l’Ecriture. II fit unsonge que l'événement confirma (G). Etant allé à Rome par ordre du Pape, pour travailler àl’Edition de la Bible Greque, il y acheva son Commentaire sur les Evangiles, Lc le présenta au NatSlei"Général Aquaviva le zx de Décembre iy8z. Un peu après il tomba malade précisément selon son Sotueûsonge, & fut trouvé mort dans son lit la veille des Rois xy8z. II n’y a point de doute qu’une s«ip°or!t trop ardente aplication à l’étude ne lui ait abrégé les jours. II composa quantité de Livres soactac.^( H) , qui témoignent qu’il avoit beaucoup de capacité (a). Monsieur de Thou lui don- jis' 473 ^
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Du Rosier furent envoiez à Mets. L'on (16) crut à laCour de Fran'ce que Du Rosier aiant changé de Religion,& contribué beaucoup à l’Abjuration du Roi de Navarre,de la Princesse Catherine, du Prince de Coudé, de la fem-me & de la belle-mere de ce Prince, seroit un bon instru-ment de conversion à Mets; & c’est pourquoi on l'y en-vois, avec Maldonat. Le Duc de Mompenfier les priad’aller à Sedan , afin qu’ils désabusassent la Duchesse deBouillon sa fille, qui étoit fort bonne Huguenote (r7).
(E) Non seulement on ïaccusa d’Hérésie , mais aujsi sa-voir volé une succejfwn,] Citons Alegambe. Alienifflmo fanétempore , ab hofiibus variis calumniis appetitus est .- nam zsrPr&fidem Montibrunensiem S. Andrés moribundum circumve-nijfe, e? 1 pofteros ejus fortunis evertiffe , illi persuadendo utsua omnia Societati legaret, dicebatur, sedublor fimul z? prsdonuncupatus ; zy k nonnullis Lutetis zelo prspoftero, hsrefis estaccersitus ; verum ab bac eum injuria vindicavit Summi Pon-tifias Gregorii XIII auitoritate Petrus Gondius Parifienfis An-tistes: ab illâ verò publico Sénatus consulto liberatus est. Ve-rum auamvis sic ejus innocentia publicé satis testata foret, sa-tius tamen fore putavit , fi paucorum smulatìoni, prssertimingravefcente Mate viribufque labefattis , cederet , lucemqueillam homìnum fugeret (18).
Antoine Arnauld, plaidant contre les Jésuites l’an 15:49,fupose que Maldonat étoit effectivement coupable d’avoirséduit le Président de St. André, & que le Parlement deParis ne l’en avoit point absous. Rien n en fort, dit-il (19),tout y entre , & ab intestat, z? par les testamens qu ils captentchacun jour, mettans d'un cofté l'effroi de VEnfer en ses espritsproches de la mort, z? de l’autre leur proposant le Paradis ou-vert à ceux qui donnent k la Société de Jésus : comme fit Mal-donat au Prefident de Montbrun S. André , tirant de lui tousses meubles zy acquefis par une confeffion pleine d'avarice z?d'imposture, de laquelle Monsieur dePibrac appella comme d'abusne pleine audience. Je ne fat point ce que le Jésuite Richeomerépondit sur cet article; car je n’ai point l’Apologie qu'il
FW»? I e nom de François de la Montagne («1 contrele Platdoté d’Antoine Arnauld.
§. («) Des Montagnes est le nom que prend le JésuiteRicheome dans son Livre de la Vérité défendue, &c. Volezles Notes fur la Confession de Sand, Edit. de 1699. pag. 41 j.Rem. Cri t.
(F) Pierre de Gondi . le justifia d'Hérésie.’] Les
Bibliothécaires des Jésuites n’ont point dit de quelle Héré-sie il fut accusé ; mais en voici un petit détail que Mr. Si-mon me fournit. „ II étoit difficile qu’un homme de ce„ mente, & qui faisoit profession de dire librement ses„ sentimens, fans s’arrêter aux préjugez des autres, plût à,, tout le monde. Quelques faux zêlez l’accuferent d’avoir„ enseigné des Heresies. Leurs accusations allerent si loin,„ qu’aiant été portées à Rome, le Pape Grégoire XIII„ les renvoia à l’Evêque de Paris,pour être examinées fur„ les lieux. Les faits de l’accuíation consistoient en ce„ qu’il avoit enseigné, contre le sentiment de la Faculté„ de Théologie de Paris, qu’il n’étoit point de foy que la„ Sainte Vierge eut été conçue fans péché originel. Les,, Docteurs poursuivirent cette affaire avec tant de chaleur,„ que Maldonat, qui rendoit de si bons services à la Reli-- „ gion & à l’Etat, fut obligé de comparoître au tribunal
„ de l’Evêque, où il fut absous. Ses Confrères jugèrent„ à propos de faire imprimer la Sentence de son absolution. 3, à la tête de son Commentaire, de la maniéré quelle
» a voit été publiée. Elle ne se trouve cependant que dansc titìqu ' » les premieres Editions, c’est-à-dire dans celle de Pont àdes CoJ^. „ Mousson qui parut en 1596, & dans les autres jusques à
<Eta ateu « » 1615, auquel tems îes Rstàs retouchèrent ce Commen-Te^ 0Hv «au » taire dans une Edition de Lyon : & je voy qu’on a suivi>> presque toujours dans la fuite cette Edition reformée,T- c>z a . n ‘ 3, d’où l’on a ôté la Sentence d’absolut m n que je reporterai. » ici entiere, comme je l’ay lue dans l’Edition de Pont à
” Mousson f zo) Mr. Simon , aiant raporté toute la* Sentenceçu), ajoute qu’encore qu’elle fût bien favorable,
l J7j. “ r Maldonat jugea qu’il étoit plus à propos d'abandonner entie-
rement ses Leçons de Théologie, que de donner occasion k seshist^ tn °n, ennemis de luy susciter de nouvelles affaires. II se retira àCti t °v e °urges,poury étudier en repos dans le College de fa Société (f f).
Coíj,, Reportons ici quelques Extraits des Regitres de la Fa-
«Jifx^eurs sie Théologie de Paris. Jean Maldonat faisoit des
Le ǰns fur le Maître des Sentences au College de Cler-Ch «P. jc? 1 ’ - mont Un 1574,8c disputoit ardemment sur la Conception113 Immaculée de la Sainte Vierge contre la Faculté de Théo-rie» qui faisoit jurer à ses supôts qu’ils croiroient comme
11e
un article de foi cette Conception. Le Recteur de l’L T ni-versité de Paris convoqua les quatre Facilitez; & d’un com-mun consentement elles résolurent de se plaindre de ce Jé-suite à Pierre de Gondi Evêque de Paris. La Faculté deThéologie s’étant assemblée, tous les Docteurs hormis huitou neuf déclarèrent formellement qu’ils tenoient commeun article de foi que la Sainte Vierge avoit été conçue fanspéché originel. De là vint que l’Evêque de Paris publiaune Censure contre le Recteur, & contre les principauxMembres de l’Université,mais volant que son procédé ex-citoit beaucoup de tumultes il changea d’avis, & lança uneexcommunication fur le Doien, & fur le Syndic de la Fa-culté de Théologie. Les quatre Facultez en apellérentcomme.d’abus au Parlement qui desaprouva la conduite de1 Evêque. Vous trouverez ceci en Latin dans un Livre deMr. Joli (13). Vous y trouverez aussi (2.4) ce que je vaiscopier. „ Cinq mois & un jour après la Sentence de„ Monsieur PEvesque de Paris, par laquelle Maldonat fut„ renvoyé de l’accusation d’Heresie à luy imposée, au su-„ jet de la Conception. Et âpres que le Recteur & ses,, principaux Supposts, le Doyen & Syndic de la Faculté„ furent excommuniez, pour avoir contrevenu au Decret„ du Concile de Trente, rapporté cy-devant. Toutes les„ Facultez le 18 Juin 1575 déclarèrent que Monsieur l’E-„ vesque de Paris n’avoit point la puissance d’excommu-„ nier ny le Recteur, ny les Personnes-principales de l’U-„ niversité, & condamnèrent en outre les paroles de Mal*-„ douât d’Heresie. Voicy les paroles tirées des Registres„ de la' Nation de France. Rursus■ 18 ejujdem menfis Junii,,, eadem Facultates fuerunt convocata super anathemate Ëpiz-„ copi Parifienfis qui■ quoniam Dominus Tiffart Ketïor propo-„ suerat omnibus Facultatibus ditíos articulos Maldonati cum
3, ZST esteri Accademia . percujstt, declaratum
„ est e? conclusum Episcopum Parifiensem non poffe ferire„ anathemate neque Reétorem , neque esteras Academia pro-,, cens, eademque Congregatìone fuit condemnata opinio Mal-,, donati tanquam Hsretica ’’. Ceux qui conoissent l’étatprésent de la Controverse de l’immaculée Conception, ad-mirent sans doute qu un Jésuite ait été persécuté par laSorbonne pour un tel sujet.
(G) Il fit un songe que l'événement confirma.] II crutvoir un homme pendant quelques nuits, qui l’exhortoit àcontinuer vigoureusement son Commentaire,& qui l’assû-roit qu’il l’acheveroit, mais qu’il ne survivroit guere à laconclusion. En disant cela cet homme marquoit un cer-tain endroit du ventre, qui fut le même où Maldonatsentit les vives douleurs dont il mourut. Cum autem ins-tituiffet primum in quatuor Evangelia Commentarios feribere ,per altquot noSìes •visùs est fibi videre quendam, qui ut stre-nue cœptum opus profequeretur , exhortabatur, fore enim utillud ex sententia perficeret : sed operi parum diu supervidlu-rum ; a t que hac cum diceret , intenta dìgtto certam aliquamventris partem illi pgnabat. Hoc vifum quanquam profomni ludibrio habitum , comprobavìt eventus ; nam k Gre-gorio XIII Pontifice Maximo 'e Galliâ in urbem accersitus,ut operam suam prsftaret ad editionem Gracam txx lnter-pretum , quam parabat , non diu Roms superftes fuit. lbtlucubrationem illam suam absolvit , zsr Claudio Aquavivarecens in Prspofitum generalem eleùío ad diem xxi Decem-bris, anno mdlxxxii obtulit-, ac secundum id, acerrmuseum dolor incejfit eá corporis parte, qu& tanto jam prius illisuerat per noblurnam fignata vìfìonem (2.5 ). II àì tres-probable qu’on a su cela de Maldonat siiême, & st u B n apoint prétendu tromper ceux à qui il le racontoit. 11 estd’ailleurs probable que le hazard ait été cause de cettegrande conformité, entre le songe de ce Jésuite &1 évé-nement. De tels faits, dont l’Univers est tout plein, em-barrassent plus les Esprits forts qu’ils ne le témoignent.
(H) Il composa beaucoup de Livres .J II ne publia rienlui-même ; tout ce qu’on a vu de lui a été mis fous lapresse depuis fa mort. Le premier de ses Ouvrages qui aitvu le jour, est le Commentaire fur les quatre Evangiles.Mr. Simon en a dit beaucoup de bien. Voici ses paroles ;elles font Critiques & Historiques en même teins.(zó) De„ tous les Commentateurs- dont nous avons parlé jusques,, à présent, il y en a peu qui ayent explique avec tìant de„ soin, & même avec tant de succès, le sens literai des„ Evangiles, que Jean Maldonat Jésuite Espagnol. Etant„ mort à Rome avant qu’il eût atteint l’áge de jo ans,„ Claude Aquaviva General de sa Société , à qui il re-„ commanda son Commentaire en mourant, donna ordre„ aux Jésuites de Pont à Mousson de le faire imprimer,
Oo z „ sur
( 23 ) IpitulíPrescrip-tions tou-chant J aConceptionde N. D.dr impriméPitn 1676 .Voicz.-y la
19 , drj'uìv. & Ia89 & [títVi
( 14 ) kA Iapage 95 &'§ 5 .
(25) Ale-gambe ,Biblioth.Societ. Jeiu,pag. 2. s 6 .
(26) Simon,Hist. desComment,du N. Testipar. 618 .